Les bâtisseurs

La première pierre de la cathédrale est posée en 1163 par l’évêque Maurice de Sully. Il engage un chantier colossal en coordination avec les meilleurs architectes maçons de son époque. Ensemble, ces bâtisseurs imaginent un nouvel art religieux, appelé depuis le XVIe siècle « art gothique ».

Maurice de Sully

Au XIIème siècle, Maurice de Sully est un évêque influent. Célèbre jusqu’en Angleterre pour ses sermons, il jouit également de la confiance de la famille royale de France.
Bâtisseur ambitieux, il fonde plusieurs églises, abbayes et hospices dans son diocèse et en réorganise les fiefs et les revenus. Toutefois, son œuvre majeure reste la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il la fait édifier à partir de 1160 sur l’emplacement de la cathédrale existante, Saint-Étienne. Ambitieuse par ses dimensions et ses innovations architecturales, cette édification contribue à la vie de la communauté des paroissiens. Le réaménagement du plan urbain des abords de la cathédrale en facilite les accès.

Un édifice aux dimensions hors normes

L’architecte de l’édifice, resté anonyme, conçoit donc un édifice aux dimensions exceptionnelles : 127 mètres de long, 40 mètres de large et 33 mètres de hauteur. Jusqu’au milieu du 13e siècle, la cathédrale est le plus vaste monument religieux du monde occidental. La prouesse des techniques de construction initiée à la basilique Saint-Denis se poursuit sur le chantier de Notre-Dame. Considérés immédiatement comme des chefs d’œuvre, ces nouveaux édifices religieux sont nommés « œuvre française ». Le concept et le style sert de modèle en France et en Europe, avant de tomber en désuétude à la Renaissance.Les Italiens renomment alors ce style en “gotico”, dénomination péjorative l’art des Goths.

L’art gothique rayonnant

Les évêques Eudes de Sully (1196-1208), Pierre de Nemours (1208-1219) et Guillaume de Seignelay (1220-1223) se succèdent jusqu’à l’achèvement de la cathédrale. Le projet de Maurice de Sully est remanié vers 1220-1230 pour apporter davantage de lumière dans la nef :

  • modification des parties hautes
  • ajout d’une coursière coursière
  • aux tours ajourées
  • percement des fenêtres hautes
  • réfection complète de la charpente
  • intégration à la toiture  d’un système complexe d’écoulement des eaux pluviales.

Ce style monumental adapté aux édifices religieux se dit « gothique rayonnant ».

Parallèlement, l’art musical se développe à Paris avec l’invention de la polyphonie dont l’école de Notre Dame gagne une renommée dans toute l’Europe.