Homélie du vendredi 10 février
publié le 24/02/2017 dans Non classé

le vendredi 10 février 2017 à 18h15

Le passage du livre de la Genèse nous rappelle l’histoire du péché des origines. Pourquoi l’auteur inspiré a-t-il écrit un tel récit ? Ce récit est théologique.

Si vous dites que ce texte est un mythe, encore faut-il expliciter ce que vous mettez dernière ce mot. Certes le texte n’est pas historique comme on le comprend aujourd’hui, mais ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain ! L’auteur sacré veut nous expliquer le pourquoi de notre situation. Le péché des origines est celui de l’orgueil. L’homme veut devenir comme des dieux et il tombe dans le piège du démon. Il croit qu’en mangeant du fruit, il sera comme un dieu. Dit autrement, il pense devenir comme dieu par ses propres forces. Ce péché d’orgueil, il est encore bien présent. Que de fois, on nous annonce la mort de Dieu ; que de fois aussi, lorsque l’homme se prend pour Dieu, l’humanité se déshumanise. En disant cela, je ne pense pas au progrès scientifique qui est au service de l’homme ; mais je pense à l’homme qui joue à l’apprenti sorcier.

Mais revenons à ce désir que tout homme porte, “devenir Dieu”. Si nous avons ce désir, c’est parce qu’en nous créant à son image et à sa ressemblance, Dieu l’a mis en nos cœurs. Et si Dieu met un tel désir, Il nous donne les moyens de le réaliser. Oui, l’homme est appelé à devenir comme Dieu mais par pure grâce. Adam et Eve ne le savaient pas ; ils ont été trompés. Oui, l’homme est appelé à devenir comme Dieu, mais non pas à prendre sa place, mais en le voyant. Moïse voulait lui aussi, voir Dieu, mais voir Dieu, c’est mourir. En revanche, avec l’Incarnation, on peut déjà voir Dieu : « Qui m’a vu a vu le Père », mais nous le croyons, après notre mort qui est devenue consécration, une véritable pâque, un passage de la vie à la Vie, une entrée dans la Vie, comme dit la petite Thérèse ; alors nous le verrons face à face et nous lui serons semblables, ajoute saint Jean.

L’Eucharistie, tout comme la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ sont source de vie éternelle.

Que le Christ nous ouvre les oreilles et nos lèvres pour que nous puissions être vraiment à son écoute en faisant sa volonté. Que notre langue se délie pour annoncer les merveilles que le Christ fait en nous. Cette merveille, c’est notre Salut ; le mal est vaincu par la Croix. Désormais nous pouvons manger du fruit de l’arbre ; il n’est plus défendu, bien au contraire !

Le Corps donné et le Sang versé sont les plus beaux fruits de l’arbre de la Vie. Nous n’avons plus à nous cacher aux regards du Seigneur ; nous avons plutôt à chercher son regard. Nous voulons voir Dieu. Tel est bien notre désir lié à celui d’être comme Dieu.

En cette fête de sainte Scholastique, la sœur de saint Benoît, demandons de raviver en nous ce désir de la contemplation pour goûter la douceur de l’amour de Dieu. Ce sera le comble du bonheur que nous pourrons vivre dès maintenant en attendant d’être dans la Communion des saints.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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