Homélie du samedi 17 juin 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

« Si on comprenait l’Eucharistie, on en mourrait d’amour », aimait redire le Saint Curé d’Ars. La messe doit être sans cesse source d’émerveillement et pour cela, il nous faut contempler ce mystère qui nous comble de grâces.

La première question que Le Seigneur nous pose : « Avons-nous faim de Dieu ? » Nous sommes souvent des êtres repus et nous n’avons plus de désir ! Pourtant dans l’Eucharistie, il nous faut ce désir pour entrer dans son mystère.

« Mon âme a soif du Dieu vivant » – Il nous faut donc raviver le désir d’être avec le Christ, car c’est sans doute la plus grande grâce de ce sacrement.

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui », vient de nous redire le Christ. Faites mémoire de ses paroles dans vos cœurs. Oui, le Christ ne peut pas nous abandonner. Il demeure en nous. Le Christ en instituant l’Eucharistie a repris la berakha juive ; c’est ainsi que les préfaces de la messe reprennent toutes les merveilles que Dieu fait pour nous. L’Eucharistie s’adresse à Dieu le Père et le Fils nous permet ainsi de répondre à notre vocation, d’être vivante offrande à la louange de Dieu le Père. Il nous était impossible comme créatures blessées, de s’offrir au Père. À la messe, nous entrons dans l’acte eucharistique du Christ, dans un mouvement d’amour ; c’est pourquoi, le Concile a insisté sur la participation active des fidèles. Cette participation consiste à l’offertoire à présenter tout ce que nous voulons donner au Père, nos joies et nos peines, nos demandes d’intercession. Point n’est besoin de lui donner de la richesse, mais nos pauvretés, notre volonté et notre liberté blessées et à la communion, nos pauvretés nous seront rendues sous forme de richesse ; admirable échange eucharistique.

À la consécration, il s’agit de redire dans vos cœurs, les paroles du Christ prononcées par le prêtre : « Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang ». L’acte d’offrande va jusque-là ; c’est tout notre être qui s’offre au Père. C’est la dimension sacrificielle qui n’a pas été supprimée lors de la réforme liturgique, mais le bienheureux Paul VI a voulu y mettre tut le mystère Pascal et donc la résurrection du Christ.

 

 

Le Christ vous redit ce soir que l’Eucharistie nous donne la vie éternelle ; c’est bien son Corps réellement présent sous forme sacramentelle que nous recevons. Ainsi l’Eucharistie me divinise progressivement, puisque je reçois la vie qui ne meurt plus. N’allez pas voir une fusion, mais une synergie qui me prépare à la vision de Dieu, source de bonheur éternel.

Nous sommes non seulement divinisés, mais nous demeurons dans le Christ. C’est là le sens de la communion. Le Corps du Christ m’unit au Seigneur en faisant grandir la présence Trinitaire dans mon cœur. Notre cœur devient un véritable ciel. Prenons le temps, après avoir reçu le Christ, de faire silence pour entrer dans ce lieu habité par le Seigneur. Ne cherchons pas ailleurs.

Le Christ est là ; profitons de cette proximité pour lui parler et tout simplement demeurer avec lui. C’est ainsi que nous serons forts dans le combat spirituel, si toutefois nous nous appuyons sur sa présence !

Enfin, l’Eucharistie a un aspect compromettant. Recevant l’amour, il nous faut le partager. Nous ne pouvons pas garder pour nous ce trésor. À la fois partage du don reçu en étant proche de nos frères dans le besoin, et partage de notre foi en annonçant les nouvelles que Dieu fait en chacun d’entre nous ; l’Eucharistie est le sommet de l’évangélisation, et source de tout amour divin répandu en nos cœurs.

Oui, si on comprenait un peu plus l’Eucharistie, on courrait pour aller à la messe ; on se préparerait un peu plus à entrer dans le mystère et on prierait aussi pour les vocations sacerdotales, car il n’y aura plus de messes, si les prêtres venaient à manquer ! Nous commençons à le voir malheureusement en province.

Oui, si on comprenait la messe, on en mourrait d’amour.

 

 

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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