Homélie du Jour de Noel
publié le 28/12/2016 dans Actualité

Le dimanche 25 décembre à 10h

Nous sommes toujours dans l’émerveillement de la nuit sainte; émerveillement devant la crèche, le cœur plein de joie.

Joie, car « de nos propres yeux, nous avons vu le Seigneur ». En effet, rappelez- vous Moïse qui souhaitait voir Dieu et qui ne l’a vu que de dos ! À Noël, ce désir se réalise : les bergers, les pauvres, les petits, les grands de ce monde, tous voient l’Enfant-Dieu, le Fils du Père Éternel : « Qui m’a vu a vu le Père. » Ainsi la première grâce de l’Incarnation est la vision de Dieu. Certes, nous ne verrons le Père qu’après notre Pâque, mais nous le verrons face à face et saint Jean d’ajouter, « nous lui serons semblables ».

Cet enfant est le rayonnement de la gloire de Dieu, l’expression parfaite du Père ; c’est pourquoi son visage irradie la lumière divine, lui qui est lumière née de la lumière.

Ainsi la crèche est une véritable théophanie ; c’est pourquoi il nous faut prier devant nos crèches qui nous révèlent combien Dieu est vulnérable, bien que Tout- Puissant. En effet, il vient mendier notre amour. À travers la fragilité d’un petit enfant, Dieu se révèle si proche de chacun d’entre nous ; révélation de la puissance du Père qui n’est pas écrasante, mais qui est de l’ordre du don.

Mais qui accueille ce don ?

Toute la vie du Christ sera ce combat contre les ténèbres : « le monde ne l’a pas reconnu ». Mais ce combat, même s’il se termine sur la Croix, sera une victoire : la lumière irradie la crèche, comme elle irradie la Croix car elle a une ombre qui s’appelle aurore, c’est la Résurrection.

La deuxième grâce de l’Incarnation est notre divinisation. « À tous ceux qui ont reçu le Verbe, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ». Cette filiation est source de vie divine. Désormais, non seulement nous sommes créés à l’image de Dieu, mais nous retrouvons la ressemblance.

Par les sacrements nous devenons progressivement comme Dieu, non pas pour prendre sa place, mais pour devenir participants de sa vie divine.

« Nous avons reçu grâce après grâce, » c’est pourquoi en ce jour de la Nativité, nous ne pouvons que rendre grâce, c’est-à-dire rendre les grâces reçues pour en recevoir davantage. Cette divinisation progressive est source de joie car nous réalisons notre désir profond, devenir comme Dieu, en n’oubliant pas qu’il sera toujours la source de toutes grâces.

La troisième grâce est la connaissance de Dieu. Cette connaissance est, elle aussi, source de vie éternelle. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi et celui que tu as envoyé. »

Le Christ, Plénitude de la Révélation, par ses œuvres, ses actes, sa Parole nous dit qui est le Père. Il vient nous parler de son dessein d’amour ; plus, il l’accomplit sous nos yeux.

« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. »

Alors en cette fête de Noël, purifions toutes nos représentations de Dieu. Le Tout-Puissant vient nous rejoindre dans nos fragilités ; le Dieu trois fois Saint vient nous rejoindre dans nos blessures pour nous guérir. Et il nous guérit en révélant à travers son Fils, son visage de tendresse.

Comment ne pas évoquer ici la Vierge et saint Joseph penchés sur l’Enfant- Dieu, émerveillés par l’œuvre du Salut.

Marie retenait ces évènements en son cœur pour en rendre grâce.

À chacun d’entre nous d’être des messagers de cette Bonne Nouvelle, celle de l’Amour et de la Paix.

à voir aussi
Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

allumer une bougie à notre-dame