Homélie du Jour de Noël, lundi 25 décembre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Avec les bergers, nous demeurons devant la crèche pour non seulement contempler ce petit enfant, le Fils du Père Éternel, mais pour entrer dans le mystère que nous sommes en train de célébrer.

Au cours de la nuit sainte, la liturgie de la Parole nous a tous conduits à Bethléem ; mais la liturgie de la Parole de la messe du jour oriente nos regards vers plus loin, dans le Royaume de Dieu, mieux dans le mystère Trinitaire.

« Au commencement était le Verbe ». Avant même la création du monde, Dieu avait ce dessein d’amour de créer l’homme à son image et de l’accompagner dans sa vocation, à savoir de vivre saintement dans l’amour en présence de Dieu. Le Fils et l’Esprit Saint, les deux mains du Père ont créé avec lui notre monde, œuvre d’amour et de communion.

Quant à l’auteur de l’épitre aux Hébreux, il nous invite à contempler le Fils assis désormais à la droite du Père, après avoir accompli la mission de la rédemption du monde.

Le prologue de Jean que nous venons d’entendre nous propose ce cheminement spirituel. Le Verbe est la source de la vie qui n’est que lumière ; la lumière s’est incarnée, mais le monde l’a-t-elle accueillie ? Dieu parle, mais l’homme a-t-il répondu ?

En ce commencement, Dieu vit son premier abaissement : son amour s’y révèle, mais dans la pénombre d’une promesse ignorée. L’homme est appelé, mais sera-t-il l’accueil, la réponse, le vis-à-vis du visage adorable ? Tout le drame de l’histoire est entre ce don et cet accueil : la passion de Dieu pour l’homme et l’homme, nostalgie de Dieu.

Le temps des promesses s’achève avec Jean-Baptiste ; c’est un temps encore blessé par l’absence mais soulevé par l’attente. Puis c’est la plénitude du temps avec Marie qui accueille la Parole.

 

C’est l’accomplissement des promesses, l’entrée de la présence de Dieu au pays de l’oubli, l’irruption du jour dans l’obscurité de la nuit, l’avènement du fleuve de vie dans le désert de notre mort. À Noël surgit Le mystère et la folie du mystère est d’entrer dans la mort, de l’affronter et de la vaincre.

« Ceux qui croient en son nom… sont nés de Dieu. » Voilà les grands cadeaux de Noël : la vie qui ne meurt plus, la plénitude de grâce : « nous avons reçu grâce après grâce », et la vision de la gloire de Dieu : « nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père ». La contemplation de cette gloire nous irradie.

C’est le reflet resplendissant de la gloire du Père qui illumine le visage du Fils ; alors en regardant le visage du Fils, nous sommes saisis dans la lumière divine, tout comme les visages de Marie et Joseph.

Frères et sœurs, au plus profond de vos cœurs, vous avez ce désir de la vision de Dieu, car cette vision est source de bonheur éternel.

À Noël, ce désir se réalise : « Qui m’a vu a vu le Père. »

Ne vous lassez pas de voir le Fils, belle préparation pour voir le Père en sa paternité ; oui nous le verrons face à face et nous lui serons semblables.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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