Homélie du 3e dimanche de l’Avent
publié le 11/12/2016 dans Actualité

le dimanche 11 décembre 2016 à 11h30

« Prenez patience, tenez fermes » En ce dimanche de la joie, le Seigneur nous invite à être aussi endurant que les prophètes. Oui, le Seigneur vient ; encore quelques jours avant Noël ; oui, le Seigneur est déjà venu et c’est le si beau mystère de l’Incarnation ; oui, nous attendons le retour du Seigneur et là, seul le Père en connaît le moment, car il est la source ! L’attente produit la joie ; joie de la future rencontre ; mais aujourd’hui la joie en contemplant l’œuvre de la Rédemption.

Le prophète Isaïe annonce le salut promis par le Seigneur : « se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. »

Quant au Christ, il ajoute que les lépreux sont purifiés et que les morts ressusciteront ! Regardons de plus près si cela nous concerne ; tout d’abord les aveugles voient. Nous sommes tous, à notre façon, des aveugles ; aveuglés par nos idôles, aveuglés par l’apparence qui scintille et le Seigneur vient nous guérir de notre cécité. Désormais, si nous nous laissons guérir, alors nous voyons le Christ à travers nos frères. Ce changement de regard nous fait grandir dans l’amour. On ne voit plus ce que l’autre a, mais ce dont il a besoin par exemple.

Les yeux guéris, nous voyons aussi l’œuvre de Dieu dans l’Eglise, dans le monde et en nous. Cela nous permet de toucher du doigt l’action du Seigneur.

Ensuite « les boiteux marchent et bondissent ». Les boiteux, c’est vous, c’est moi ! Nous sommes comme paralysés par nos peurs, nos conforts que nous ne voulons pas quitter. La grâce du baptême et les sept dons de l’Esprit, donnés à la confirmation, nous font bondir un peu partout pour témoigner de l’Evangile. Oui, nous sommes nous aussi guéris, prêts à marcher à la suite du Christ, là où il veut nous mener et sans résistance.

« Les lépreux sont purifiés », nous le savons bien, la lèpre est identifiée au péché. Les lépreux sont exclus de la société. Le Christ en mourant sur la Croix nous purifie de tout péché, la lèpre qui nous ronge est guérie si toutefois nous lui demandons : « Si tu le veux, tu peux me guérir. » Oui, le Christ le veut, car il est venu pour cela.

Purification du corps, mais aussi et surtout du cœur et cette purification me permet de voir déjà Dieu : « Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu ».

« Les oreilles des sourds vont s’ouvrir. » La surdité nous enferme sur nous- mêmes, la surdité nous isole. Le Christ a ouvert nos oreilles pour entendre d’abord sa Parole, mais aussi pour entendre les paroles de nos frères qui sont en attente d’un signe de la tendresse de Dieu. Malheureusement il y a tant de bruit ! Il faut du silence intérieur, du recueillement pour être attentif à ce que le Seigneur veut nous dire. Mais le silence fait peur ! « La bouche du muet criera de joie. » Ah ! nous parlons beaucoup, mais parfois nous restons muets face à tel événement. Il y a des silences peu courageux ; notre bouche est comme paralysée ! Parfois c’est préférable… il nous faut tourner notre langue avant de parler… et le Pape François dit qu’il est préférable de se mordre la langue… ça évite de manquer à la charité.

« Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent. » Là aussi nous sommes des prisonniers. Et le Christ vient libérer notre liberté. Mais il vient aussi nous libérer du péché et de la mort. Nous pouvons être victorieux dans le combat spirituel si nous acceptons de changer de point d’appui. Ne plus s’appuyer sur nous, mais sur le Christ qui habite en nous.

Nous sommes libérés aussi de la mort puisqu’elle n’est plus repli sur soi, retour au néant, mais une véritable pâque qui nous conduit là où le Père nous attend.

Voilà ce que nous avons à annoncer : « les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle ». Les pauvres de cœur qui sont prêts à tout recevoir.

Mais il faut des témoins joyeux, pas des témoins qui ont des visages de piments vinaigrés comme dit le Pape François.

Nous sommes habités par la joie parce que nous-mêmes, nous avons fait l’expérience du salut.

« Es-tu Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Le Christ est l’unique Sauveur, l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Alors n’attendons pas ceux qui se prennent pour Dieu, mais préparons nos cœurs à accueillir « ce petit Enfant, le Fils du Père Eternel ».

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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