Homélie du dimanche 3 décembre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

« Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. » Telle est notre prière de demande tout au long de cet Avent ! C’est là notre seul désir de voir ta face et vivre en ta présence.

Le prophète Isaïe en racontant le chemin spirituel d’Israël, nous renvoie à notre propre histoire spirituelle. Face à la patience de notre Dieu, parce qu’il est fidèle à son Alliance, nous avons encore la nuque raide et nous sommes encore esclaves de notre histoire de péchés.

« Tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes, » dit encore Isaïe. En effet loin du visage de Dieu, nous oublions celui qui est le tout de notre vie et nous retrouvons nos idoles. Mais en ce temps de l’Avent, le Seigneur fait croître notre désir de la vision de notre Père. En effet voir Dieu est source de salut ! Voilà la nouveauté apportée par le mystère de l’Incarnation. Rappelez-vous Moïse demandant à Dieu de voir son visage : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie ». (Ex 23,20). Avec le Christ désormais nous pouvons voir le Seigneur et connaître la vie qui n’a pas de fin.

Voir le Seigneur, telle est notre vocation ! Voir la face du Père et vivre en sa communion. Saint Paul vient de nous le rappeler dans sa première lettre aux Corinthiens : « Dieu est fidèle, lui qui nous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ Notre Seigneur ». Mais que signifie : vivre en communion ? Entrer dans l’intimité du Christ, épouser ses sentiments. Cela suppose de prendre un temps gratuit de silence et de recueillement pour entrer dans l’intimité du Fils, tout comme le Fils se retirait dans le désert pour parler à son Père et surtout écouter sa volonté. Concrètement, pourquoi ne pas profiter de l’Avent pour reprendre une prière silencieuse, un temps d’oraison pour être à l’écoute ? Le Christ vient de nous le redire : « restez éveillés, veillez donc, » pour ne pas passer à côté de la rencontre. Dieu vient visiter son peuple, allons-nous lui ouvrir la porte de nos cœurs.

 

Mais il nous faut aussi préparer nos cœurs pour l’accueillir ; le temps de l’Avent est un appel à revenir vers le Seigneur : « Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés. » À la différence du carême, où c’est le Seigneur qui nous appelle à la conversion ; ici, c’est le cri de notre cœur ! Nous voulons revenir vers lui, mais nous savons bien que nous y arriverons uniquement grâce à lui.

Que ton visage s’éclaire ! C’est-à-dire montre ta présence en nous, à côté de nous. Alors non seulement le visage du Seigneur s’éclaire, mais il devient source d’illumination.

« Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main ».Notre être se transfigure si nous nous laissons travailler par l’Esprit Saint ; se laisser façonner pour ressembler de plus en plus à Dieu.

Pendant ce temps liturgique que l‘Église nous offre, essayons de nous laisser remodeler par la Parole de Dieu priée chaque jour, pour qu’avec le psalmiste, nous puissions dire en vérité au Seigneur : « Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ».

La source de la vie est au ciel, mais la grâce de Noël qui resplendit au-dessus des chérubins, sera une abondance de bienfaits et comme dans le prologue de saint Jean, nous pourrons dire : « Nous avons eu part à la plénitude du Christ et nous avons reçu grâce après grâce. »

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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