Homélie du dimanche 26 novembre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Notre année liturgique s’achève avec cette fête du Christ-Roi ; et la liturgie de la Parole nous fait contempler notre Roi.

Notre Roi n’est pas à l’image des grands de ce monde. Point de palais grandiose ! il ne sait pas où reposer la tête. Sa garde rapprochée ? Ce sont ses disciples qui ont renié ou disparu au moment de la Croix. Sa couronne ? C’est celle que nous vénérons dans cette cathédrale grâce à la foi audacieuse de saint Louis. Son discours-programme ? Nous pouvons le relire dans l’évangile de Matthieu, les chapitres 5 à 7 ; cela n’a pas fait recette auprès des courtisans. Et cependant, Il est le Roi de l’univers.

Le prophète Ézéchiel, tout comme le psaume 22, nous le présente comme le Bon Berger. Ce qui le caractérise, c’est sa proximité avec chacune de ses brebis. Vous avez bien compris que les brebis, c’est vous, c’est moi. Quel amour pour chacun d’entre nous ! Il nous accompagne et si nous voulons nous émanciper, il vient nous chercher ; il nous soigne, nous guérit, nous porte sur ses épaules pour nous faire reposer sur des prés d’herbe fraîche.

Proximité, mais aussi tendresse d’amour.

Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens associe la royauté du Christ à son retour en gloire : « C’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. »

La finalité de son pouvoir royal est de remettre tout à son Père pour que Dieu soit tout en tous ; telle est d’ailleurs notre vocation. Ce pouvoir n’est donc pas une domination, mais un service. À nous de devenir les serviteurs de notre roi comme lui-même est serviteur de son Père. Par l’amour répandu en nos cœurs, nous ferons ainsi advenir le règne de Dieu.

Quant à l’Évangile, c’est le Christ lui-même qui nous dit comment se passera le jugement dernier. Pour bien comprendre ce passage que nous appelons la justice distributive, c’est-à-dire la justice qui distribue les châtiments mais aussi les récompenses, il nous faut méditer en même temps le discours de Jésus à Nicodème en

 

saint Jean : « Celui qui croît dans le Fils échappe au jugement ; celui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »

On ne pourra jamais faire naître de la vengeance dans le Cœur de Dieu, car Dieu est Amour. Donc s’il y a jugement, cela vient de l’homme qui force Dieu à le juger.

La foi sauve ; si vous êtes croyants, disciples du Christ, alors vous êtes déjà sauvés, mais la foi sans les œuvres est morte. On ne peut pas séparer les trois vertus théologales : la foi sans la charité « n’est qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante ». Et saint Paul termine son hymne à la charité en disant : « ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité ».

Nous comprenons alors pourquoi le Christ centre tout son discours du jugement dernier sur la charité.

Nous serons jugés sur l’Amour. C’est ainsi que le Pape François a demandé qu’en cette fête du Christ-Roi, nous soyons attentifs à la pauvreté et que nous posions des actes concrets : l’accueil, une main tendue, un sourire, une parole, un partage… que sais-je ?

La charité a deux caractéristiques : la gratuité et l’universalité qui va jusqu’à l’amour des ennemis…

Heureusement saint Jean rappelle que « notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur ».

Cela signifie que la justice distributive peut être englobée par la justice salvatrice ! Mais cela est l’affaire du Bon Dieu ! Ne réglons pas ses problèmes !

À vous d’être des témoins de l’Amour et alors Dieu sera tout en chacun d’entre nous.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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