Homélie du dimanche 26 février
publié le 24/02/2017 dans Non classé

le dimanche 26 février 2017 à 11h30

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Le Christ condamne- t-il ceux qui ont de l’argent ? Sûrement pas ! Non, ce qu’il condamne, c’est de considérer l’argent comme un Maître, c’est-à-dire comme une idole qui peut me rendre esclave.

Il peut y avoir une course pour l’argent ; nous sommes parfois prêts à tout pour avoir de l’argent ; pensons aux héritages qui sont des sources de conflits. Quelle attitude avoir si nous avons un peu d’argent ? Celle de la liberté spirituelle. Ne pas gaspiller et ne pas engranger ! Il nous faut chercher le juste milieu, avec une dimension de partage.

Il est vrai que la situation économique est bien fragile et que nous avons le réflexe de garder “au cas où”; oui pour la prudence ; on doit être responsable, surtout si nous avons une famille. Là encore, quelle est la liberté face à nos peurs de manquer ?

« Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. »

Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter de faire les courses pour le repas de demain, mais quelle est ma liberté par rapport à notre société de consommation au gaspillage parfois ?

Il me semble que le Christ nous invite à faire un peu plus confiance à la Providence divine, là encore en étant des êtres responsables ! Celui qui passe sa journée allongée dans un transat, il est clair que la nourriture ne tombera pas du ciel !

Chaque jour et plusieurs fois par jour, nous disons dans le Notre Père : « Donne- nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » N’est-ce pas la demande de confiance ? Les Pères de l’Église y ont vu l’Eucharistie ; le Seigneur nous donne quotidiennement cette nourriture qui nous vivifie ; mais il y a aussi cet abandon au Seigneur, car il ne peut pas nous abandonner.

« Même si une mère t’oubliait, moi je ne t’oublierai pas », dit le Seigneur. Parfois, il nous arrive de désespérer, car on ne voit pas la sortie du tunnel ; les épreuves s’accumulent et comme Job, nous avons l’impression d’être abandonnés ; mais Dieu est là et il nous faut le chercher et le trouver. Il est souvent dans le silence de sa présence.

« Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. » chante le psalmiste. Belle prière de confiance et d’abandon. Il pose un acte de foi : seul Dieu peut me sauver. Ce repos est celui de la paix intérieure qui me permet de prendre du recul sur ma situation. Cette paix oriente alors les décisions à prendre. Encore faut-il prendre le temps de s’asseoir et de laisser le Seigneur s’installer dans ma cellule intérieure. Il s’agit ainsi de se mettre à son écoute avant de lui répondre !

Vous avez cette liberté à l’égard de vous-mêmes, mais aussi à l’égard des autres ; car votre décision pour mener votre vie sera éclairée par le Seigneur. Comme saint Paul, « je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement. » Là aussi liberté par rapport à ce que pensent les gens ; nous ne sommes pas des moutons de panurge. En disant cela, je ne veux pas faire de vous des marginaux, même si on est toujours un peu marginal par rapport aux autres, surtout si nous sommes disciples du Christ !

L’essentiel est d’être en conformité avec sa conscience. En n’oubliant pas que « Même si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur. » Le sacrement de la réconciliation est là pour que « la conscience ne me reproche rien ».

Rien de plus terrible que de traîner une culpabilité pendant des années et parfois même dans la tombe comme le dit le grand poète Victor Hugo : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. »

Faisons confiance au Seigneur qui nous remettra la couronne de gloire au temps voulu ; elle ne se flétrira pas, c’est celle de la sainteté.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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