Homélie du dimanche 24 juin 2018
publié le 31/05/2018 dans Non classé

En cette fête de la nativité de Jean-Baptiste, nous sommes invités à nous mettre à son école. Naturellement, il ne s’agit pas d’imiter sa vie ; nous sommes à une autre époque ! Il s’agit bien plutôt d’imiter sa manière d’annoncer le Seigneur.

Mais commençons par le début. Dans le ventre d’Élisabeth, il a fait une première expérience du Seigneur. Lorsque Marie, enceinte de huit jours, vient aider sa cousine, c’est bien plutôt la rencontre entre Jésus et Jean dans le ventre de leurs mères. Jésus confirme le choix du Père : Jean sera le plus grand des prophètes. Isaïe fait un portrait du prophète qui annonce Jean. « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé. » L’élection divine nous dépasse ; elle est gratuite. Le Seigneur lui met sa parole dans sa bouche ; cette parole est une épée tranchante, une flèche. La parole du prophète est là pour convertir les cœurs ; c’est pour cela qu’il faut que la Parole blesse le cœur.

« En toi, je manifesterai ma splendeur ». Tout prophète est transfiguré. Il est le serviteur de son Seigneur. Jean est le modèle de l’humilité. Il est venu en ce monde pour annoncer le baptême de conversion et désigner l’Agneau de Dieu.

Que de merveilles dans le sein d’une Mère ! Combien il est important de parler, de prier avec l’enfant que l’on porte en son sein ; et dès le début de la conception !

La naissance souligne que l’obéissance à Dieu redonne la parole. Zacharie n’avait pas pu achever la liturgie car il était devenu muet par manque de foi ! En ce jour, il la retrouve et bénit son Seigneur.

L’obéissance de la foi nous donne l’audace apostolique. Nous savons que c’est le Seigneur qui parle à travers nous.

« La main du Seigneur était avec lui. »

Frères et Sœurs, je vous rappelle que par la grâce du baptême, vous participez à la fonction prophétique du Christ. Nous sommes un peuple de prophètes.

Il nous faut nous rappeler sans cesse notre vocation.

 

Être prophète dans sa famille ; ce n’est pas simple, le Christ nous l’a dit ! Être prophète dans son milieu professionnel ; ce n’est pas simple dans notre société obsédée par la laïcité !

Mais si le prophète annonce la Parole, il ne l’impose pas ! Souvent on nous fait peur avec le prosélytisme, la tolérance. Voilà ce qui paralyse ! Mais n’ayons pas peur et osons dire que le Christ est l’unique Sauveur et qu’il n’y en a pas d’autre.

Tout homme est appelé au Salut grâce au Christ mort pour nous et ressuscité par le Père.

Quelles sont les qualités du prophète ? À L’école du Baptiste, l’humilité ; le prophète ne s’annonce pas et ne cherche pas à faire la une des médias.

Ensuite le prophète se nourrit de la Parole de Dieu qu’il doit annoncer. Il nous faut demeurer dans sa Parole. Il ne s’agit pas de l’adapter à notre époque ; il faut que notre monde s’adapte à l’Évangile. Sinon nous enlevons la saveur de la Parole.

Notre vie doit être conforme à ce que nous prophétisons, sinon nous serons comme les pharisiens qui disent, mais ne font pas.

Le prophète est pécheur, mais il annonce la miséricorde dont il profite.

Le prophète par sa vie, montre que la Bonne Nouvelle du Salut l’a rendu libre et c’est cette liberté créatrice qui lui donne son zèle.

Enfin le prophète annonce le Salut jusqu’au bout. Il peut connaître le martyre. Nous pensons à nos frères qui dans le monde sont martyrisés parce qu’ils refusent de renier le Seigneur !

En cette fête, rappelons-nous notre mission prophétique ; ravivons notre grâce baptismale.

Qui enverrai-je ? À nous de répondre avec humilité.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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