Homélie du dimanche 12 février
publié le 24/02/2017 dans Non classé

le dimanche 12 février 2017 à 11h30

J’espère que vous n’êtes pas déçus, mais le Christ n’a pas aboli les commandements, il n’a pas enlevé un iota de la loi ; mais alors pourquoi propose- t-il une loi nouvelle ? Il propose surtout une nouvelle interprétation de la loi par rapport à celle faite par les scribes et les docteurs de la loi. En effet, ces derniers font porter un fardeau écrasant à ceux qui veulent en vivre, parce que leur interprétation est étriquée et culpabilisante, car impossible à vivre.

Le Christ dans son Sermon sur la Montagne propose une interprétation qui paraît encore plus difficile et qui cependant est plus facile à vivre, car le Seigneur nous en donne les moyens. Quel est le fondement de son interprétation ? C’est la charité, car la charité est la plénitude de la loi.

Le premier commentaire qui porte sur le meurtre est un appel à la charité. Heureusement on ne tue pas tous les jours ! Mais la colère excessive comme un jugement dur peuvent tuer quelqu’un, ou tout au moins le blesser au plus profond de lui-même.

Le deuxième commentaire sur l’adultère porte sur la fidélité à son épouse ou son époux. Dans notre monde où l’on aime tant le voyeurisme, où l’on aime étaler sa vie intime, où l’on passe des heures sur internet et je pense que ces heures ne sont pas toujours édifiantes, où dans le métro, on vous propose des sites de rencontre pour tromper son épouse, voilà que le Christ nous dit : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » Là encore le critère du Christ est bien le respect de l’époux, de la femme, en nous exhortant en même temps à la chasteté du regard.

Quant à la répudiation, là encore il s’agit de protéger la femme renvoyée qui n’avait plus de statut.

Enfin le dernier commentaire invite à la vérité et à la franchise. Avec le Seigneur, ce n’est pas oui mais ! c’est oui tout court ! « Que votre parole soit oui, si c’est oui, non, si c’est non. »

La loi nouvelle est en effet exigeante, mais par la grâce de l’Esprit Saint nous pouvons l’accomplir. En ce sens, cette loi ne provoque pas de fausses culpabilités, mais nous montre qu’il n’y a qu’une seule vraie culpabilité, ne pas savoir aimer comme le Seigneur nous le demande.

Mais “aide-toi et le ciel t’aidera” ; la grâce n’est pas automatique. Dieu respectera notre liberté.

Le livre de Ben Sirac dit: «Si tu le veux, tu peux observer les commandements. » Quelle parole de Sagesse ! Saint Augustin a découvert la maladie de sa volonté; quand je veux lever le bras, je le lève quasi automatiquement ; quand je veux dire du bien de mon prochain, je n’y arrive pas ! Tout simplement parce que dans le premier cas, je veux “vraiment”, dans le second, je veux, mais pas vraiment, sans aucune motivation spirituelle. Finalement suis-je capable de prendre une décision spirituelle ?

Comme je vous le disais un peu plus haut, cette loi nouvelle est signe de contradiction par rapport à ce que nous vivons dans notre monde d’aujourd’hui.

Cette loi « n’est pas la sagesse de ce monde, elle qui nous déshumanise », c’est la Sagesse de Dieu. Le Christ est venu nous révéler le mystère caché depuis la Création. Ce mystère, c’est le Messie Crucifié pour nos péchés. Ce mystère, il nous faut à notre tour le révéler à ceux que nous rencontrons. À travers la loi nouvelle, le Christ révèle le dessein d’amour de son Père. Il ne nous propose pas un monde de l’interdit et des obligations, mais bien une morale du bonheur, car fondée sur l’amour.

Comme notre monde a besoin de réentendre cette loi nouvelle ! C’est ainsi que nous construirons une nouvelle civilisation, celle de la vie et de l’amour.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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