Homélie du dimanche 11 février 2018
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Voyez l’audace et le désir de ce lépreux qui tombe aux genoux du Christ pour l’implorer de le purifier. Nous l’avons entendu dans le livre des lévites, le lépreux habite à l’écart, exclu de la communauté. Mais ce lépreux sait que si le Christ le veut, il peut le purifier ; bel acte de foi pour obtenir le salut ! Le lépreux connaît son mal et sait que seul le Christ peut le guérir. Dans toute démarche de salut, il faut d’abord connaître sa maladie et oser présenter à l’Unique médecin sa blessure. Ce n’est pas si simple !

Qu’est-ce qui est blessé en moi ? Quelle blessure paralysante m’empêche de progresser spirituellement ? C’est notre volonté qui est blessée : elle veut, mais elle ne veut pas vraiment ! Nous sommes alors incapables de prendre une décision spirituelle ! Et la lèpre du péché nous enchaîne, car le péché appelle un autre péché et nous fait perdre notre liberté. Le péché devient pulsionnel ! Que de personnes esclaves de leur téléphone portable, d’internet, de drogues… Tout le monde sait que c’est un combat difficile.

Je pense à nos jeunes abîmés par toutes ces images qui ne peuvent que provoquer de la violence. « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Est-ce que nous croyons que la grâce du Christ peut nous guérir ? Naturellement, comme tout bon malade, il faut aider son médecin. La grâce n’est pas magique ! Quelle stratégie vais-je mettre en place pour me désintoxiquer ? Il faut parfois une décision une peu brutale, parfois emprunter un chemin qui conduit à une liberté progressive. Mais, ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il faut oser nommer sa blessure, oser la présenter au Christ dans le sacrement de pénitence et s’appuyer sur la grâce reçue pour s’en sortir. Il faut aussi faire mémoire de ses victoires ! Car nous devons nous rappeler que nous sommes capables de mener le bon combat.

« Imitez-moi, vient de nous dire saint Paul, comme moi aussi j’imite le Christ. » Saint Paul avait aussi son écharde dans sa chaire ; il a supplié le Seigneur de lui enlever, mais le Seigneur lui répondit : « ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Cor 12, 9). N’oublions jamais que là où le péché abonde, la grâce surabonde. Naturellement ce n’est pas un encouragement à rester dans le péché, mais bien plutôt un encouragement à nous jeter dans les bras de la miséricorde.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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