Icône de la Sainte Trinité

par Jean-Marc Vingerhoets (2025) d’après Andreï Roublev

Écrite d’après la célèbre Icône de la Trinité de Roublev, cette œuvre de Jean-Marc Vingerhoets, exposée à la sacristie, représente la visite de trois anges à Abraham une scène emblématique de l’Ancien Testament (Gn 18, 1-8).

Dans les écritures : Abraham et la Trinité dans l’icône de Jean-Marc Vingerhoets

Cette représentation s’inspire d’un chapitre du livre de Genèse : Dieu vient à la rencontre d’Abraham. Alors que la Bible ne cesse de rappeler l’unicité de Dieu, Abraham aperçoit ici trois Personnes venant à sa rencontre :  Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente […] Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur » (Livre de la Genèse chapitre 18, versets 1 à 3). Abraham est-il face à l’unique Dieu ou à une manifestation trinitaire ?

La lecture patristique analyse justement ce texte comme l’une des révélations de la Trinité : Dieu est un dans son essence divine, mais révélé en trois Personnes que sont le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est cette dimension théologique que Jean-Marc Vingerhoets met en lumière d’après l’icône de Roublev.

La Trinité dans l’icône de Jean-Marc Vingerhoets

L’icône ne représente pas Abraham. Elle place le spectateur face aux trois anges, comme si nous étions à sa place. Cette posture invite à la contemplation : ce qu’Abraham voit, nous sommes appelés à le voir aussi.

Les trois anges se ressemblent beaucoup : ils ont les mêmes traits de visage et la même posture. Par-là cette icône signifie l’unité de la Trinité : lorsqu’on voit une Personne de la Trinité, on La voit tout entière.

L’icône de la Trinité : une perspective renversée

L’art iconographique inverse la perspective contrairement à l’art classique. En effet, le point de fuite – là où vont converger les différents traits – n’est pas à l’intérieur de l’œuvre (derrière les personnages représentés), mais devant l’œuvre, à l’extérieur.

Cette perspective renversée a un but : nous faire entrer dans le mystère représenté. La douceur des visages et l’harmonie silencieuse des regards invitent à une rencontre intérieure.

Jean-Marc Vingerhoets, auteur de l’icône de la Trinité

Jean-Marc Vingerhoets est un oblat de l’abbaye bénédictine de Chevetognes en Belgique. Il a abordé plus de 70 thèmes bibliques et liturgiques, exposés en France et en Belgique depuis 1996. Cette détrempe et dorure sur bois de chêne, réalisée entre 2015 et 2025, a été écrite d’après la célèbre icône d’Andreï Roublev.

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