La Conversion de saint Paul

par Laurent de La Hyre (1637)
Le May de 1637, peint par Laurent de La Hyre, met en scène la conversion de saint Paul. Alors qu’il est en route pour Damas afin d’y arrêter les chrétiens, tout à coup, il rencontre Jésus lui-même dans une lumière éblouissante.

Saint Paul

Saul est un juif de la diaspora, fabricant de tentes, originaire de Tarse en Cilicie (actuelle Turquie). Il appartient au mouvement juif des pharisiens et se décrit lui-même comme « débordant de zèle pour les traditions de ses pères. » (Ga 1,14) Élève de Gamaliel à Jérusalem, il approuve le martyre d’Étienne, auquel il assiste. Étant aussi citoyen romain, il est au carrefour de trois cultures puisqu’il est d’origine juive et parle grec, la langue commune à l’époque dans le pourtour méditerranéen. On comprend qu’après sa conversion il ait été tout destiné à devenir l’apôtre des païens. Il mourra en martyre à Rome vers 67.

Dans les écritures

« Saul, ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur, alla demander au grand prêtre des lettres pour les synagogues de Damas. S’il trouvait là des adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amènerait, enchaînés, à Jérusalem. Poursuivant sa route, il approchait de Damas quand, soudain, une lumière venue du ciel l’enveloppa de son éclat. Tombant à terre, il entendait une voix qui lui disait : ‘‘Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? – Qui es-tu Seigneur ? demanda-t-il. – Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.’’  Ses compagnons de voyage s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ne voyaient personne. Saul se releva de terre, mais bien qu’il eût les yeux ouverts, il n’y voyait plus rien et c’est en le conduisant par la main que ses compagnons le firent entrer dans Damas où il demeura privé de la vue pendant trois jours, sans rien manger ni boire. » (Actes 9, 1-9)

Le tableau

C’est par sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas que Paul se convertit radicalement. Une précédente esquisse avant la réalisation de ce tableau ne présentait pas la figure du Christ dans le ciel. C’est sans doute à la demande des chanoines, et pour une meilleure compréhension de la scène, que La Hyre l’y fait figurer. Pour expliciter ce que cette conversion a de fulgurant, l’artiste interprète la chute de Saul comme une chute de cheval, la monture des guerriers et des puissants, animal symbolique de l’orgueil. Une fois à terre, il n’est plus Saul, mais devient Paul, en latin paulus, le petit, le faible. Mais pourquoi cette tenue de cavalier de l’armée romaine ? C’est la lettre de Paul aux Éphésiens à propos du combat spirituel qui nous en donne la clé : « Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. » (Ep 6, 14-17)

Les attitudes agitées des personnages offrent une grande dynamique à la scène. Dans l’ensemble, la grande expressivité des visages témoigne de l’esprit baroque. La lumière éblouissante au milieu d’un ciel orageux accentue l’effet dramatique. Dans les années 1640, La Hyre abandonnera le lyrisme baroque pour aller vers plus de classicisme.

Laurent de la Hyre (1606-1656)

Laurent de la Hyre reçoit une première commande pour les Mays de Notre-Dame en 1635. Il peint alors Saint Pierre guérissant les malades de son ombre. Grâce au succès de cette première œuvre, il est sollicité une seconde fois pour représenter La Conversion de saint Paul. Son goût pour la peinture de paysage se ressent dans la lumière du ciel. Le tableau se trouve dans la chapelle d’Abraham de Notre-Dame.

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