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Le Jugement dernier
Le portail du Jugement dernier date des années 1210 : il est installé après les deux autres portails de la façade. Il représente, dans l’iconographie chrétienne du Moyen Âge, le jugement de dieu lorsque l’âme du défunt ressuscite. Selon la tradition chrétienne, Dieu jugera les vivants et les morts. L’évangile de saint Mathieu rapporte les paroles de Jésus : « ce que vous avez fait au plus petit de l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).
L’archange Michel
Au linteau inférieur, les morts ressuscitent et sortent de leur tombe. Les anges sonnent la trompette. Parmi ces personnages, figurent un pape, un roi, des femmes, des guerriers, et un homme africain : une manière de rappeler, dès le XIIIe siècle, que le salut offert par le Christ est destiné à toute l’humanité. Au linteau supérieur, l’archange Michel pèse les âmes et deux démons essaient de faire pencher la balance. Les élus s’avancent librement vers le Christ tandis que les damnés tiennent eux-mêmes leurs chaînes : image saisissante de la liberté humaine devant le salut. Le jugement n’est pas représenté comme une condamnation arbitraire imposée de l’extérieur, mais comme la conséquence d’un attachement que l’homme refuse de quitter. À l’inverse, plusieurs élus semblent encore tourner leur regard vers ceux qui se perdent, comme si la charité demeurait plus forte que la séparation elle-même. Cette scène constitue une véritable pédagogie catéchétique accessible à tous : même sans connaître les Écritures, chacun peut comprendre que Dieu appelle l’homme à la liberté et que le salut chrétien n’est jamais une aventure solitaire.
Une hiérarchie céleste
Au tympan, le Christ en majesté est assis en gloire. Il montre les plaies de ses mains et de son flanc. Deux anges portent les instruments de la crucifixion : la lance et les clous pour l’un, la croix pour l’autre. Marie et saint Jean sont agenouillés de part et d’autre. Comme dans les autres portails, la cour céleste occupe les voussures : anges, patriarches, prophètes, docteurs de l’Église, martyrs et vierges. L’enfer occupe la droite des voussures. Les vierges sages (à droite de Dieu) symbolisent l’espoir de gagner le paradis. Car elles portent des lampes allumées, les vierges folles des lampes éteintes. Au centre du portail, sur le trumeau entre les deux portes, le Christ enseignant se tient sur un socle.
Les apôtres dans les ébrasements
Les sculptures représentent les douze apôtres de part et d’autre des portes, dans les ébrasements. A gauche figurent Barthélemy, Simon, Jacques le Mineur, André, Jean et Pierre, à droite Paul, Jacques le Majeur, Thomas, Philippe, Jude et Mathieu. En 1792, les révolutionnaires détruisirent ces statues. Au pied des douze apôtres, des médaillons représentent les vertus et les vices, thématique reprise sur les vitraux de la rosace occidentale.
Au cours des siècles
Le portail du jugement dernier subit deux modifications importantes au XVIIIe siècle. La première, en 1771 lorsque l’architecte Germain Soufflot supprime le trumeau et la partie centrale des deux linteaux car l’archevêque souhaite faciliter le passage du dais lors des processions. Une arcade en bois évoquant Marie rehaussée d’une couronne portée par deux anges remplace le vide. Deux portes remplacent les lourds vantaux, l’une sculptée du Christ portant sa croix ; l’autre de Maria dolorosa, Marie pleurant de douleur la mort de son fils. La deuxième modification date de la grande campagne de restauration du XIXe siècle. L’architecte Viollet-le-Duc rétablit alors l’état d’origine du portail. Il fait refaire le trumeau, les statues des vierges sages et les vierges folles et les statues des douze apôtres placés aux ébrasements.



