Messe pour les victimes du tremblement de terre en Haïti

Samedi 16 janvier 2010 à 18h30

Le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris et président de la Conférence des Evêques de France, présida cette messe qui était dite en communion avec l’Eglise d’Haïti, pour les victimes du tremblement de terre que l’île vient de subir, pour toutes les personnes blessées ou éprouvées par cette catastrophe majeure, pour leurs familles, leurs proches, pour le peuple haïtien et la communauté des haïtiens qui vivent en France.

Près de 3000 fidèles étaient rassemblés, fidèles du diocèse de Paris mais aussi de toute l’Île-de-France dont de nombreux membres de la communauté haïtienne.

Étaient aussi présents :
- Son excellence le Nonce Mgr Luigi VENTURA, Noce apostolique en France
- Mgr Bravi, Mgr Beau, Mgr Nahmias, Mgr de Moulins–Beaufort, Mgr de Dinechin, Mgr Aupetit, Mgr Rambaud, Mgr Hérouard, le Père Pignel, le Père Ribadeau-Dumas, le Père Jean-Louiner Saint-Fort, aumônier de l’aumônerie catholique des Haïtiens de Paris, le Père Szulbowski, vice-recteur de la mission polonaise
- M. Christian FREMONT, directeur de cabinet du Président de la République, représentant le Président de la République
- M. le Préfet Dominique VIAN, conseiller spécial, représentant de M. Gérard LARCHER Président du Sénat
- Mme Marie Luce Penchard, ministre de l’Outremer
- Mme Aurélia DEVOS, conseillère au Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères représentant le Ministre des Affaires Etrangères
- Mme Emmanuelle PAVILLON, conseillère au Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères
- M. Philippe PÉJO (conseiller de cabinet, pour la francophonie) représentera M. Alain Joyandet secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie
- M. Simon FIRTION, du cabinet de M. Alain Joyandet secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie
- M. Olivier POUPARD, Conseiller pour les affaires religieuses au Ministère des Affaires étrangères et européennes.
- M. Philippe DUCLOUX, représentant de M. HUCHON, président du Conseil Général d’Ile-de-France
- Mme George PAU-LANGEVIN, député de Paris et Présidente de l’Assemblée du Groupe France-Haïti.
- Mme veuve DROUINAUD, épouse de l’ancien ambassadeur d’Haïti en France
- des membres de l’ambassade d’Haïti en France

 

Pour télécharger la feuille liturgique de cet office, cliquez ici.

 

message du cardinal André Vingt-Trois à Monseigneur Louis Kébreau
président de la Conférence épiscopale d’Haïti

Excellence,

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la nouvelle du dramatique tremblement de terre qui a touché Haïti et en particulier la région de Port au Prince, la capitale.

Nous sommes de tout cœur à vos côtés dans cette épreuve et notre prière veut présenter à Dieu les nombreuses victimes, décédées ou blessées, ainsi que leurs familles. Que le Seigneur donne à tous les sinistrés force, courage et Paix devant les conséquences de la catastrophe !

Les nombreux liens humains et spirituels qui unissent, de par l’histoire, nos deux pays doivent pouvoir être l’occasion de manifester concrètement notre profonde solidarité avec tous ceux qui sont aujourd’hui victimes du tremblement de terre.

En vous renouvelant, Excellence, l’assurance de la prière des catholiques de France, je vous assure de mon amitié et de mon soutien dans ces douloureuses circonstances.

† André Cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris
Président de la Conférence des évêques de France

 

Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Mes pensées vont à la population, durement frappée il y a quelques heures par un fort séisme ayant causé la mort de nombreuses personnes,
sans compter les disparus, mais aussi causé de graves dégâts et privé de toit beaucoup de gens. Je vous invite à vous unir à ma prière
pour les victimes de cette catastrophe et ceux qui les pleurent. J’exprime ma solidarité à qui a perdu sa maison et plus généralement
à tous ceux qui ont été touchés, implorant Dieu de leur accorder réconfort et assistance. J’en appelle aussi à la générosité internationale afin
que ces frères et soeurs dans le besoin et la souffrance reçoivent le soutien solidaire de la communauté internationale. Par le biais de ses institutions
caritatives, l’Eglise catholique a immédiatement assuré Haïti de sa participation aux besoins les plus urgents de la population.

Benoît XVI
Audience générale du 13 janvier 2010

 

Message des evêques de France, associations et mouvements présents dans les diocèses

Avec les prières ferventes des communautés chrétiennes de Paris, beaucoup de générosités se manifestent pour soutenir le peuple haïtien profondément éprouvé :

« Avec les Evêques de France, les associations, mouvements et services présents dans les diocèses et paroisses de l’Eglise en France appellent
d’une seule voix à prier pour les Haïtiens. Des millions de personnes sont aujourd’hui dans la détresse ; prions pour qu’elles trouvent un réconfort
matériel et moral au coeur de leur misère, une lueur d’Espérance.En Haïti, des centaines de milliers de personnes sont soutenues depuis des années,
à travers des programmes menés par ces organismes d’Eglise. Plusieurs milliers d’hommes et de femmes y sont aussi engagées au nom de leur Foi
auprès des plus pauvres. La présence et l’engagement de l’Eglise en Haïti constituent un signe concret et vivant de l’action des chrétiens. D’abord au plus près des populations, toujours dans la durée, porteur d’Espérance.Au coeur de nos communautés, ces organismes de l’Eglise de France sont ainsi les témoins de l’actualité des valeurs de l’Evangile. Associez-vous par la prière et par le don à leur mission. »

 

Signataires au 15 janvier 2010 :
Conférence des évêques de France, Secours Catholique, CCFD Terre solidaire, Aide à l’Eglise en Détresse, Délégation Catholique pour
la Coopération, Société de Saint-Vincent de Paul, OEuvre d’Orient, OEuvres pontificales missionnaires, Scouts et Guides de France, Ordre
de Malte France, Les Guides et Scouts d’Europe, Pax Christi, Les Scouts Unitaires de France

 

SOUTIEN AU PEUPLE HAÏTIEN

Avec les prières ferventes des communautés chrétiennes de Paris, beaucoup de générosités se manifestent pour soutenir le peuple haïtien profondément éprouvé.
 

Pour l’assistance humanitaire d’urgence les personnes qui le désirent peuvent envoyer des dons au Secours Catholique, au CCFD Terre solidaire, à l’Aide à l’Église en Détresse, à la Délégation Catholique à la Coopération, à la Société de Saint-Vincent de Paul, à l’Œuvre d’Orient… Dans le diocèse de Paris, la Fondation Notre-Dame collecte des dons qui seront transmis à ces associations agissant sur place.
Ceux-ci doivent être envoyés à la Fondation Notre-Dame – 7, rue Saint-Vincent – 75018 Paris, chèques à l’ordre : FND-Haïti.
 

De plus, en vue de préparer l’avenir, le cardinal André Vingt-Trois propose aux paroisses et aux communautés chrétiennes du diocèse d’inscrire – entre autres projets - le soutien au diocèse de Port au Prince parmi les offrandes de Carême. Les fonds rassemblés seront affectés à la reconstruction de la cathédrale, des églises et des infrastructures paroissiales détruites.
Ils doivent être envoyés à ADP-Haïti – 7, rue Saint-Vincent – 75018 Paris, chèques à l’ordre : ADP-Haïti.

 

Mot d’ouverture de la célébration par le Cardinal André Vingt-Trois

Frères et sœurs,

Nous sommes rassemblés ce soir en mémoire des victimes du tremblement de terre qui a frappé Haïti cette semaine. Nous célébrons cette messe en communion avec ceux qui ont échappé à la mort et qui connaissent des conditions de vie particulièrement difficiles en ces jours, et en communion avec tous les Haïtiens résidant en France, en Ile-de-France et à Paris. Beaucoup d’entre eux sont présents dans cette cathédrale pour exprimer leur chagrin et leur douleur, mais aussi leur espérance et leur confiance. Oui, nous essayons de mettre notre espoir dans le Seigneur, car nous sommes sûrs de sa Parole. Nous savons qu’Il n’abandonne pas ses enfants.

Je remercie Mesdames et Messieurs les représentants des autorités publiques qui ont bien voulu se joindre à notre prière. Ils manifestent ainsi que la part que la France prend à la souffrance d’Haïti trouve aussi son expression dans ce temps de prière partagée.

Nous nous tournons avec confiance vers le Seigneur et nous lui demandons qu’Il nous pardonne nos péchés.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

Is 62, 1-5 ; Ps 22 ; Cor 12, 4-11 ; Jn 2, 1-12

Frères et sœurs,

Avec vous tous ici rassemblés, avec Mgr le Nonce apostolique que je remercie de sa présence, avec les évêques qui m’entourent et les prêtres qui nous accompagnent, j’ai souhaité que nous célébrions cette Eucharistie pour que nous puissions nous soutenir les uns les autres dans la foi. Car notre foi est mise à rude épreuve par ce désastre horrible qui a frappé Port-au-Prince et Haïti, semant la mort et la désolation, détruisant et anéantissant les biens de tant de personnes, coupant des familles, des amis et des proches les uns des autres et les ensevelissant dans la mort ! Comment les survivants qui ont à faire face à cette situation pourront-ils reprendre pieds dans l’existence !?

Et tout cela est survenu en ces semaines où l’Église célèbre la Nativité et la manifestation du Christ. Après nous avoir conduits à adorer Jésus dans la crèche de Bethléem, après nous avoir rendu témoins de sa manifestation aux Nations dans son Épiphanie et de sa désignation comme le Fils bien-aimé du Père dans son baptême, la liturgie propose aujourd’hui à notre méditation le premier signe accompli par Jésus aux Noces de Cana. Dans l’évangile de Jean, cet épisode est le signe de l’Alliance des noces éternelles entre Dieu et l’humanité que Jésus vient accomplir.

Mais comment pouvons-nous accueillir cette manifestation de Dieu dans sa puissance et sa miséricorde, au moment où les éléments frappent de façon aveugle et jettent la mort dans votre peuple ? Ce n’est pas une question anodine. Cette interrogation habite chacun de nos cœurs. Tout Haïtien, toute personne qui croit en Dieu et qui essaye de vivre de cette foi ne peut pas ne pas être touchée au cœur par le malheur qui détruit et par la malédiction qui touche votre pays. Tous s’interrogent : « Où es-tu Seigneur ? Que fais-tu Seigneur ? »

Le Christ a accepté l’invitation aux noces, il est venu participer à cette fête familiale très simple. Mais il n’est pas seulement avec les hommes aux moments où tout va bien. Toute sa vie publique, son enseignement et ses miracles montrent que le Fils de Dieu s’est fait proche des pauvres, des malades et des pécheurs. Le Christ n’est pas venu pour vivre une vie tranquille, mais pour apporter l’espérance à ceux qui étaient dans la désolation. « Pour les habitants du pays de la mort une lumière a resplendi » (Is 9, 1). Et il a partagé notre condition, non seulement dans les joies et les peines quotidiennes ou à travers les tâches de sa mission et la fatigue des jours, mais par dessus tout, dans l’offrande qu’il fait de sa vie pour le salut des hommes. Le Christ qui change l’eau en vin à Cana est aussi celui qui livrera son corps sur la croix, et dont le cœur transpercé laissera couler de l’eau et du sang, que la tradition chrétienne reconnaît comme la source de la vie nouvelle.

Celui qui a changé en vin nouveau l’eau des anciennes urnes destinées au rite de purification des juifs, va donner une dimension nouvelle à l’existence humaine. Le Christ ne vient pas pour nous faire échapper aux malheurs, aux maladies, aux accidents et à la mort. Il connaîtra lui-même les malheurs et la mort, il côtoiera les malades. Mais l’offrande qu’il fait de sa vie ouvre un chemin par delà la mort par lequel nous discernons comment ce qui semblait être une victoire de la mort peut devenir source de vie. Les péripéties de nos existences, les malheurs qui nous frappent et la mort qui nous rattrape tous à un moment ou à un autre, peuvent devenir le lieu où nous est adressée une parole d’amour et d’espérance, mais aussi une occasion de nous interroger sur ce que nous faisons de notre vie.

Le malheur qui frappe ceux qui sont en Haïti vous atteint cruellement, vous qui êtes si loin des vôtres, vous qui ne savez pas encore ce que sont devenus vos proches et qui êtes rongés par l’inquiétude. Dans cette période difficile entre toutes, il est beau que vous donniez le témoignage de votre foi. Il est beau que vous soyez affermis dans la foi, même de manière fragile et timide, pour vous tourner vers le Seigneur avec confiance. Il est beau que vous vous remettiez à l’amour maternel de Notre-Dame, que vous aimez invoquer sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Il est beau que vous receviez de sa bouche les paroles qu’elle a dites aux serviteurs des noces, « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5).

Aujourd’hui, au cœur de votre douleur, à travers les larmes que vous pouvez verser, l’inquiétude qui vous habite et l’incertitude de l’avenir, une flamme continue de briller pour vous. C’est la flamme de l’espérance. Non, « votre terre ne sera pas désertée, elle sera nommée d’un nouveau, le nom de l’épouse » (Is 62, 4). Dieu fait alliance avec les hommes de tous les pays, de toutes les races et de tous les temps. Dieu fait alliance avec les hommes et les femmes d’Haïti. Il a scellé son alliance avec ceux qui croient en Lui, et Il la propose à ceux qui ne croient pas encore en Lui. Dieu n’abandonnera pas ce peuple qu’il aime. Il le soutient et le soutiendra. Vous le savez, nous le savons, les années qui viennent seront des années difficiles pour les Haïtiens. Il faudra reconstruire les bâtiments bien-sûr, mais il faudra aussi travailler à cette reconstruction beaucoup plus profonde des existences brisées, des cœurs détruits, des amours interrompues et traversées par la mort… Vous devez être convaincus que Haïti peut être relevée, que la vie des Haïtiens est un témoignage pour l’avenir et que votre foi vous permet de surmonter cette épreuve gigantesque et d’engager vos enfants et les enfants de vos enfants, vers l’espérance et non pas dans le malheur et la résignation.

Frères et sœurs Haïtiens, ce soir nous avons voulu prier avec vous. Cet acte de foi commune est aussi le signe que nous, français, nous sommes interrogés par ce qui vous arrive. Ce drame nous provoque et nous appelle à revoir notre manière de vivre, à peser l’espérance qui nous habite, et à partager ce défi avec vous pour que Haïti ait un avenir. Vous l’avez entendu sur les ondes et à la télévision, beaucoup se sont mobilisés pour apporter un peu d’aide, si peu que ce soit. Beaucoup sont sensibilisés et prêts à un acte de générosité pour partager avec vous ce malheur. Puisse le Seigneur permettre que cette communion dans la souffrance ne soit pas seulement l’emballement d’un instant sous l’effet de la publicité qui est faite à ce drame ! Puisse cet élan se prolonger longtemps après que la période de crise aura été surmontée ! Puissions-nous tous ne pas vous oublier et continuer d’être proches de vous pour vous apporter l’aide nécessaire ! Nous nous y engageons. Pendant le carême qui vient, je demanderai aux chrétiens de Paris d’offrir une partie de leur offrande pour la reconstruction des églises et des maisons d’Haïti, parce que rebâtir une maison est le signe de ce que les vies aussi peuvent être reconstruites et pourront donner tous leurs fruits.

Frères et sœurs, dans la foi, nous nous tournons vers Dieu. Comme nous l’avons chanté tout à l’heure, nous pouvons dire : « Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa parole ». Amen.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

Diocèse de Paris Notre-Dame de Paris 2013 Facebook Google Twitter Flickr Youtube Foursquare RSS
Français
English
Faire un Don
Calendrier
Horaires
Visites
Contacts
Newsletter
Crédits