Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

dimanche 3 janvier 2010

 

Le premier dimanche après le 1er Janvier, la solennité de l’Épiphanie du Seigneur célèbre la présentation de l’Enfant-Jésus aux trois Rois mages. Le mot Épiphanie désigne la manifestation de Dieu aux hommes en la personne de Jésus-Christ, et plus précisément, sa venue dans le monde en un temps historique donné. C’est le sens profond de la fête de l’Épiphanie qui, avec l’évocation des mages venus d’Orient, rappelle également la dimension universelle du message évangélique. Le mystère de Noël et de l’Epiphanie constitue, à l’intérieur de l’année liturgique, comme le commencement de l’œuvre de notre salut, qui a son point culminant à Pâques et à la Pentecôte.

 

 

 

 

Samedi 2 janvier 2010
- 17h45 : Office des premières vêpres de l’Épiphanie
- 18h30 : Messe anticipée de l’Épiphanie
- jusqu’à 20h45 : Nocturne de la crèche

 

Dimanche 3 janvier 2010
- 8h30 : Messe présidée par le Père HOMBERT, Chapelain
- 9h30 : Laudes solennelles de l’Épiphanie présidées par le Père GUEGUEN, Chanoine
- 10h00 : Messe grégorienne présidée par le Père GUEGUEN, Chanoine
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble de solistes
- 11h30 : Messe solennelle
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble de solistes, direction Lionel Sow
- 12h45 : Messe présidée par le Père PELLETIER, Chapelain

- 16h30 : Audition aux grandes orgues par Sunny SON (St.Lawrence Catholic Campus Center, Kansas - USA)
- 17h45 : Vêpres solennelles de l’Épiphanie présidées par le Père Sicard, Chanoine Chapelain
- 18h30 : Messe solennelle de l’Épiphanie présidée par Monseigneur Éric de MOULINS-BEAUFORT, évêque auxiliaire de Paris
retransmise en direct sur KTO, Télévision Catholique.
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble de solistes, direction Lionel Sow
- jusqu’à 20h45 : Nocturne de la crèche

Grand orgue : Olivier LATRY
Orgue de chœur : Yves CASTAGNET

 

Dans l’Évangile de Saint Matthieu...

Chapitre 2, versets 1 à 12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent.
Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

JPEG - 106.5 ko
Les mages venus d’orient devant Hérode, les chefs des prêtres et les scribes d’Israël.

Portail Sainte Anne de la cathédrale. XIIème siècle. © NDP

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

Frères et sœurs, les trois mages dont l’évangile de saint Matthieu évoque le périple depuis l’Orient jusqu’à Bethléem pour venir rendre hommage à celui qui est révélé comme le Sauveur du monde sont perçus dans la tradition chrétienne comme les représentants des nations païennes. Lors de la naissance du Christ, que nous venons de célébrer à Noël, les anges avaient rattroupé des bergers pour les entraîner à la crèche afin qu’ils y découvrent le signe donné par Dieu de l’enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. D’une certaine façon, ces bergers représentent une partie du peuple d’Israël, ceux que l’on appelait les pauvres du Seigneur, capables de reconnaître celui que Dieu envoie pour accomplir la promesse qu’il avait faite à son peuple de lui donner un Messie de la lignée de David.

Mais le signe de l’enfant emmailloté donné aux bergers n’est pas encore la révélation plénière du mystère du Christ tel que Paul l’évoque dans l’épître aux Ephésiens. Car si la venue du fils unique de Dieu dans notre chair par la naissance de Jésus à Bethléem accomplit la promesse qui a été faite à Israël de lui envoyer un Messie, elle suppose aussi que s’accomplisse la vocation d’Israël à être le témoin de l’Alliance et de la Loi non seulement pour lui-même mais encore pour l’ensemble des nations. En effet, tout au long de l’histoire séculaire de l’Alliance entre Dieu et son peuple, cette vocation universelle est toujours apparue comme le but ultime de l’élection particulière que le Seigneur a faite d’Israël. C’est pourquoi le Messie n’est pas simplement envoyé pour Israël, mais il est envoyé en Israël, juif parmi les juifs, pour être l’accomplissement de la promesse selon laquelle le salut vient des juifs, mais est destiné à tous les peuples, dans la perspective universelle de l’alliance conclue avec Moïse et même de l’acte créateur de Dieu. La visite des mages est donc le développement normal de ce qui s’est produit dans la nuit de Bethléem. Il s’agit bien de révéler aux hommes le mystère caché depuis des siècles, à savoir que les païens eux aussi sont appelés à participer à l’Alliance.

Ainsi la joie de la Nativité se redouble dans celle de l’Epiphanie. Quand nous faisons mémoire de la visite des mages, nous découvrons une dimension nouvelle et plus riche du mystère de la Nativité qui était confiné au secret de l’étable entre Marie, Joseph et les bergers. Avec l’arrivée des mages et avec les offrandes qu’ils font à l’enfant, c’est le tribut des nations à l’adoration du Messie d’Israël qui est offert.

Pour la plupart d’entre-nous, qui ne sommes pas nés dans le judaïsme, la fête de l’Epiphanie est une source de grande joie. Pour reprendre l’image de l’épître aux romains, nous sommes comme des rameaux greffés sur le tronc du peuple élu. C’est par la manifestation du Christ aux païens que la porte de la foi nous est ouverte, que l’entrée dans l’Église nous est rendue possible, et que nous participons comme nos frères aînés du judaïsme à la révélation de Dieu et au mystère de sa miséricorde. Mais prendre conscience de ce don qui nous est fait lorsque le Salut est ouvert aux païens, nous aide à comprendre que, en même temps que nous entrons de plein droit dans l’Alliance avec Dieu et la communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint, nous recevons, comme Israël l’avait reçu au moment de l’Alliance avec Moïse, la mission d’étendre cette grâce à toutes les nations, à chaque homme et à chaque femme vivant sur cette terre. C’est pourquoi l’Église rattache fortement la célébration de l’Epiphanie à la prière pour les missions. Car si Dieu veut rassembler tous les hommes en une seule famille et communiquer à tous la grâce de son amour, il faut qu’il y ait tout au long des siècles des témoins qui annoncent cette bonne nouvelle, des hommes et des femmes qui ouvrent les trésors qu’ils ont reçus pour les partager avec leurs contemporains. Et pour nous qui vivons dans un pays de vieille culture chrétienne nous mesurons combien cette mission doit être accomplie pour que tous entrent dans la pleine célébration de la Nativité du Christ. Certes, tout le monde ou presque fête Noël, mais tout le monde ne sait pas pourquoi, ni ce que signifie le signe donné par Dieu de l’enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Si nous nous réjouissons que pour les hommes et les femmes de notre temps la fête de Noël soit restée comme un repère et un signe qui évoque pour eux des valeurs très réelles de l’existence humaine (de compassion, de solidarité, de joie, de communion entre les personnes), nous ne pouvons pas prendre notre partie que ces valeurs soient purement et simplement coupées de leurs racines et qu’elles deviennent comme une sorte de vulgate laïque pour laquelle le fait historique de la naissance de Jésus de Nazareth n’a plus aucune importance. Il nous revient non pas de condamner cette ignorance mais au contraire de nous appuyer sur les souvenirs et les traces qui restent de l’importance de la Nativité pour annoncer quel en est le sens, pas simplement par des déclarations publiques - encore qu’il nous faille en faire de temps en temps - mais surtout par le témoignage que nous rendons autour de nous, dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos relations, sur nos lieux de travail… C’est ainsi que nous pouvons rappeler que ce temps de la Nativité n’est pas simplement un temps de vacances païennes (de moins en moins vacances de Noël et de plus en plus vacances de début d’hiver), mais que pour nous cette fête a une dimension tout à fait particulière qui n’est pas celle de la fête des lumières ou de n’importe quelle fête de nouvel an et qui est de célébrer la naissance du Christ et la naissance du Christ pour tous les hommes !

Ainsi, pas à pas, semaine après semaine, après avoir médité devant le Christ nouveau-né dans la crèche, manifesté aux bergers comme le sauveur d’Israël, nous sommes invités à accompagner les mages venus des pays lointains pour l’adorer comme le sauveur de l’humanité toute entière et nous pouvons alors nous associer à eux pour porter témoignage de ce que nous avons vu. L’évangile de saint Matthieu nous dit que, avertis en songe, ils repartirent dans leur pays par un autre chemin. Il nous est très profitable de réfléchir sur ce nouveau chemin. Quand quelqu’un a rencontré le Christ, il ne repart pas par la même route que celle par laquelle il est venu. Il découvre une dimension nouvelle de l’existence, et est entraîné à une nouvelle manière de vivre. Ainsi, notre rencontre avec le Christ doit nourrir une nouvelle manière de porter chacun notre existence et d’aborder les personnes que Dieu place sur notre route. Qu’il mette en nos cœurs le désir ardent de faire partager notre joie en annonçant qu’un enfant nous est né et que cet enfant est le sauveur du monde.

Amen.

† André, cardinal VINGT-TROIS
archevêque de Paris
Notre-Dame de Paris, 4 février 2009

 

JPEG - 88.3 ko
L’adoration des Mages - Crèche de Notre-Dame de Paris, Noël 2009

© Benedicte Sévenet

Diocèse de Paris Notre-Dame de Paris 2013 Facebook Google Twitter Flickr Youtube Foursquare RSS
Français
English
Faire un Don
Calendrier
Horaires
Visites
Contacts
Newsletter
Crédits