Obsèques de Monseigneur Émile BERRAR

Mercredi 14 octobre 2009 à 10h30

Monseigneur Émile BERRAR, archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris de 1967 [1] à 1983, est retourné vers le Père le vendredi 9 octobre 2009, en la fête de Saint Denis, patron du diocèse de Paris, en la 71ème année de son sacerdoce.

Ses obsèques ont eu lieu à la cathédrale le mercredi 14 octobre 2009, à 10h30, présidées Monseigneur Michel COLONI, archevêque émérite de Dijon, et concélébrées par Monseigneur Renauld de DINECHIN, évêque auxiliaire de Paris, Monseigneur Jacques PERRIER, évêque de Tarbes et Lourdes, ancien curé-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, Monseigneur Michel GUYARD, évêque du Havre, ancien curé-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, Monseigneur Claude RECHAIN, curé de Sainte-Odile à Paris, ancien recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, Monseigneur Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Pontoise, ancien recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, Monseigneur Patrick JACQUIN, recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, le doyen et les chanoines du Chapitre cathédral, ainsi que de nombreux prêtres venus rendre un dernier hommage à Monseigneur BERRAR.

 

 

Pour télécharger la feuille liturgique de cette célébration, cliquez ici.

 

 

Monseigneur Émile BERRAR (1912-2009) est un lorrain qui s’est mis au service du diocèse de Paris depuis son ordination en 1938. Il fut d’abord enseignant de théologie au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, puis, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, aumônier diocésain des étudiants. C’était une mission difficile que de faire converger les dynamismes vigoureux qui se déployaient alors dans le monde des jeunes. Il en favorisa la coopération.

Simultanément s’appuyant sur la Maison diocésaine des étudiants qu’il dirigeait, il fut l’artisan remarquablement efficace du Centre Catholique des Intellectuels Français. Son nom ne figurait pas sur les affiches mais, sans son animation, la Semaine des Intellectuels Catholiques, la revue Recherches et Débats n’auraient connu le développement des années 1940-1960. C’était un service remarquable du diocèse de Paris mais plus largement du catholicisme dans notre pays. Cette présence des croyants en plein monde, en dialogue avec toutes les convictions, dont nous rêvons toujours, ce dialogue de la raison et de la Foi pour notre temps, il en fut un initiateur efficace, discret, estimé.

L’archevêque de Paris lui confie ensuite une nouvelle mission, curé d’une paroisse au cœur du monde intellectuel : Saint-Germain-des-Prés (dans le VIème arrondissement de la capitale). Son impulsion s’y poursuivra même après un séjour assez court car il devient en 1967 archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame où il restera jusqu’en 1983. Une cathédrale multiséculaire dans un monde étourdi d’innovations. Monseigneur BERRAR saura lui garder son style de "sanctuaire de la capitale", mais en ouvrant la cathédrale à de nouveaux auditoires passionnés de musique, de confrontations intellectuelles, autant qu’aux jeunes des écoles qui entreverront à travers une vieille église une parole qui peut être encore lumière pour leur génération.

Alors que Dieu l’accueille dans sa Paix.
Notre prière peut se faire remerciement pour les services multiples assurés aussi modestement qu’efficacement.

Monseigneur Michel COLONI
Archevêque émérite de Dijon

 

Hommage de Monseigneur Jehan REVERT

À l’issue de la célébration, Monseigneur Jehan REVERT, Maître de Chapelle émérite de la cathédrale Notre-Dame de Paris, rendit hommage à Monseigneur Émile BERRAR en ces termes :

C’est donc le moment liturgique de dire « à Dieu », le moment de remettre à Dieu notre cher Père BERRAR. Et en disant ces mots, je ne peux m’empêcher de repenser que c’est lui, le Père BERRAR, qui pour la messe qu’il avait instaurée, le dimanche soir à Notre-Dame, cela ne s’était jamais fait avant, en même temps qu’il souhaitait avec Pierre COCHEREAU y préluder par un beau concert d’orgue, il avait demandé à la nouvelle chorale, suscitée à son initiative, pour cette messe du soir à Notre-Dame, de chanter à la fin de la communion le répons des complies In manus tuas Domine, Entre tes mains Seigneur, je remets mon esprit. Ces derniers mots de Jésus sur la croix. Alors tout simplement au moment de remettre liturgiquement notre cher Père entre les mains du Seigneur, je voudrais reprendre quelques-unes des phrases que j’ai dites en son honneur et dans l’action de grâce lorsqu’il a quitté la cathédrale en 1983 :

Cher Monseigneur et Père,
Vous avez été seize années durant la clef de voûte de cette cathédrale, j’entends bien par son côté humain de ses activités, car bien sûr c’est l’Esprit-Saint qui fait croitre le Corps du Christ et qui soutient l’édifice spirituel, vous-même le rappeliez souvent ! Mais enfin, il y a les hommes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses, qui y ont aussi leur part. L’heureux renouvellement de la liturgie dans l’esprit du Concile, le soin de la prédication, de la réflexion sur la Foi par les conférences, le sens de l’accueil étendu à toute la journée et toute la semaine dans la cathédrale avec l’aide efficace et fidèle du cher Père Jacques LECLERCQ… Par votre exemple, vos initiatives, vous avez su susciter un certain style, donner un élan, qui se perçoivent encore dans la vie de la cathédrale aujourd’hui. Et je rends hommage au nom de tous et de toutes à cet esprit d’initiative apostolique qui nous a stimulé mais en même temps au respect que vous avez eu pour tous vos collaborateurs dans leurs réussites comme dans leurs insuffisances. En cela vous avez été pasteur, sachant toujours équilibrer délicatesse et stimulation, directive, souplesse et compréhension.

Merci encore et surtout, cher Père, de nous avoir appris ce que vous-même avez toujours tenté d’observer : que c’est la cathédrale elle-même qui nous enseigne et qui doit nous mener. Notre-Dame l’Accueillante, Notre-Dame la Contemplative, Notre-Dame la Théologienne, Notre-Dame, Reine de toute beauté ! C’est une litanie qui vous était familière et qui nous restera comme une sorte de testament. Toutes et tous nous sommes heureux d’avoir servi cette Notre-Dame là avec vous tous le temps que Dieu l’aura voulu.

 

JPEG - 93.2 ko

© Ch. YEZEGUIELIAN - NDP

 

Prière pour le soir de la vie

Cette prière, écrite par le Père Michel HUBAULT, o.f.m., fut lue après l’homélie par le Père Jean-Claude HUVÉ, s.j., dont le Père BERRAR a été le père spirituel au moment de sa vocation. Cette prière, chère à Monseigneur BERRAR, fut imprimée et donnée à tous les fidèles ayant assistés à la célébration.

 

Ô Seigneur, Dieu de tendresse,
Toi dont j’ose, de moins en moins, parler ;
Toi, que je pressens, de plus en plus,
au-delà de tout ce que j’ai entendu dire de toi ;
Toi, que nulle pensée et aucun mot ne peuvent contenir ;
Toi, qui es l’aube, le crépuscule et le terme de ma vie,
Écoute ma prière :

D’une vieillesse paisible et sereine, fais-moi la grâce, Seigneur.

D’une vieillesse dont les rides, les yeux et les mains
disent ton infinie bonté, fais-moi la grâce, Seigneur.

D’une vieillesse toujours attentive au bonheur des autres
et à l’étonnante aventure de cette terre, fais-moi la grâce, Seigneur.

D’une vieillesse qui sait encore écouter, émerveillée,
le chant des enfants, le chant des oiseaux et celui des étoiles, fais-moi la grâce, Seigneur.

D’une vieillesse qui sait entendre tes pas dans la brise du soir
et y puiser la vraie sagesse du cœur, fais-moi la grâce, Seigneur.

D’une vieillesse repliée sur elle-même
et sur d’inutiles regrets, préserve-moi, Seigneur.

D’une vieillesse hantée par les fautes du passé
que ta Miséricorde a déjà pardonnées, préserve-moi, Seigneur.

D’une vieillesse nostalgique qui ne sait plus goûter les joies
et la nouveauté de chaque instant présent, préserve-moi, Seigneur.

Et si le doute m’assaille, éclaire-moi, Seigneur.
Si l’approche de la mort m’angoisse, apaise-moi, Seigneur.
Si la maladie éprouve mon corps, fortifie-moi, Seigneur.
Si la solitude attriste mon cœur, visite-moi, Seigneur.

Que la mort me surprenne soudain ou s’approche lentement de moi
dans une longue agonie, ne me lâche pas la main, Seigneur.

Accepte l’offrande des années qui me restent encore à vivre,
transforme-les en dernier chant d’amour et en humble prière.
Et que, jusqu’à mon dernier souffle,
la lumineuse Espérance de la Résurrection illumine ce pauvre cœur
que Tu as créé pour ton Éternité, Seigneur.

Michel Hubault, o.f.m.

JPEG - 55.7 ko

De G. à D. : Mgr Fleischmann, Mgr Guyard, Mgr Riocreux, Mgr Perrier, Mgr de Dinechin, Mgr Coloni, Mgr Rechain, Mgr Baronnet, Mgr Guiberteau, Mgr Jacquin.
© Ch. YEZEGUIELIAN - NDP

 

 

[1Le 4 juillet 1967, le cardinal Veuillot, alors archevêque de Paris, érigeait "paroisse" la cathédrale Notre-Dame. L’abbé Émile BERRAR fut nommé curé-archiprêtre avec la charge de recteur de la cathédrale et installé le 22 septembre 1967.

Images
Diocèse de Paris Notre-Dame de Paris 2013 Facebook Google Twitter Flickr Youtube Foursquare RSS
Français
English
Faire un Don
Calendrier
Horaires
Visites
Contacts
Newsletter
Crédits