Récital aux grandes orgues par Éric LEBRUN

Mardi 10 mars 2009 à 20h30

 

 

 

 

 

Éric LEBRUN ouvrit cette série de trois récitals aux grandes orgues de Notre-Dame de Paris, récitals confiés à des organistes parisiens, titulaires d’instruments prestigieux et pédagogues reconnus.

 

 

 

 

Ce concert fut enregistré par France Musique et diffusé le lundi 13 avril 2009 dans l’émission Organo Pleno.

 

 

 

programme

- César Franck (1822-1890) : Troisième choral

- Gaston Litaize (1909-1991) : Lied (extrait des Douze pièces pour grand orgue)

- Louis Vierne (1870-1937) : Fantômes (extrait des Pièces de Fantaisie)

- Gaston Litaize : Pièce en trio

- Charles Tournemire (1870-1937) : Fioretti n° 3, dédié « à son ami Gaston Litaize »

- Gaston Litaize : Vingt-troisième prélude liturgique

- Jean Langlais (1907-1991) : L’annonciation (extraite des Trois poèmes évangéliques)

- Gaston Litaize : Epiphanie

- Vincent Paulet (1962) : Salve regina

- Gaston Litaize : Prière (extraits des Douze pièces pour grand orgue)

- Éric Lebrun (1967) : Sonata sacra pour grand orgue (Trois Mystères du Rosaire) :
I. L’Annonciation
II. L’Ascension
III. Assumpta est Maria

- Gaston Litaize : Final (extrait des Douze pièces pour grand orgue)

 

À l’occasion du centenaire de la naissance de mon maître et ami Gaston Litaize, je suis heureux et profondément ému de lui rendre hommage lors de cette soirée à Notre-Dame. J’ai choisi d’insérer un bouquet des ses œuvres magnifiques dans un programme évoquant quelques-uns de ses maîtres, amis et disciples. Elève de Charles Tournemire et de Louis Vierne (qui le précéda une génération plus tôt à l’Institut National des Jeunes Aveugles), Litaize se sentait un "petit-fils" de César Franck. Tournemire, dont il suivit avec passion les cours d’improvisation, lui dédia la troisième pièce des ses Six fioretti. Vierne lui aurait destiné sa septième symphonie, si la mort ne l’avait pas cueilli à Notre-Dame un dimanche de 1937, en présence de son jeune élève. Comment ne pas évoquer une autre figure, inséparable, celle de son ami Jean Langlais ? Gaston Litaize jouait avec délectation son Annonciation, écrite pour le Cavaillé-Coll de Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts. Enfin, le pédagogue, comme l’on sait, savait stimuler l’imagination de ses élèves... Nous en entendrons deux ; deux maîtres, deux disciples.
Des connections parfois subtiles cimentent ce programme. En voici une : le second thème du
Final, dédié à un autre de ses maîtres, Marcel Dupré, est une réminiscence du Lied dont la mélodie racée évoque Ravel. L’empreinte harmonique de ce dernier parfume avec douceur le petit Trio de 1934, qui n’aurait pu être qu’un simple exercice d’école : mais il est signé par un compositeur déjà fort inspiré ! Les œuvres les plus récentes, Salve Regina et Sonata sacra tissent implicitement des liens avec des pages plus anciennes, comme L’Annonciation de Jean Langlais.
Puisse cette soirée contribuer à une meilleure connaissance de cette musique, mais surtout, permettre de situer à sa juste place l’exceptionnelle personnalité de ce maître si chaleureux !

Éric LEBRUN

 

À propos de sa Sonata sacra pour grand orgue (Trois Mystères du Rosaire), Éric LEBRUN écrit :

Depuis sept ans, j’élabore patiemment l’édifice de mes Mystères du Rosaire. D’abord conçu comme un hommage au merveilleux recueil de Biber (Quinze Sonates des Mystères pour violon seul), ce projet s’est élargi lorsque le Pape Jean-Paul II a proposé cinq nouveaux Mystères, dits lumineux, portant le total à vingt pièces. A l’origine, seules quinze pièces étaient destinés à quatre instruments représentant des familles bien distinctes :
- le violon et le violoncelle (les cordes)
- le hautbois (les vents)
- l’orgue (les claviers)

Parmi ces poèmes musicaux quelques-uns sont réservés à l’orgue seul. Trois d’entre eux forment une sonate en trois mouvements, écrite à l’intention de Pierre Lacroix, commanditaire de cette partition.

L’Annonciation est un prélude assez bref, basé sur la sonorité d’un accord donné dès la première mesure sur le tutti de l’instrument, une mélopée tourmentée, qui donnera naissance à une polyphonie en trio, se coulant dans les contours de l’Ave Maria grégorien. Une deuxième section réexpose ces idées sous une forme variée, la pièce se concluant sur un léger « coup de cymbale » au pédalier. Cette pièce assez ramassée est l’évocation du surgissement de l’Archange Gabriel, venu annoncer à la Vierge Marie la venue de l’Esprit-Saint en elle. L’Histoire, notre Histoire se met en marche à partir de cet instant.

La structure de l’Ascension est plus complexe. J’ai retenu du récit des Actes des Apôtres ce sentiment assez ambigu de la « présence-absence » : Jésus disparaît définitivement du regard des hommes ; il annonce, comme jadis l’Archange Gabriel, la venue de l’Esprit… Qui sait dans quelle inquiétude morale et spirituelle se trouvaient les Apôtres à ce moment ? La pièce s’articule en plusieurs sections clairement dessinées (introduction d’un premier thème, puis d’une chaconne au contrepoint assez serré), le centre de la partition étant constitué par un récit de tierce en taille sur la première idée. Symétriquement, un développement aérien, symbole d’immatérialité (sur la flûte de 4’), basé sur le motif de chaconne, prépare le retour du thème initial dans une harmonisation douce et expressive. La pièce s’interrompt sur une longue interrogation.

La dernière pièce, l’Assomption, joue sur les résonances, à partir d’une mélodie aux contours délicats, dialoguant avec une évocation de l’incipit du Regina Caeli. J’ai été saisi par une petite phrase commentant ce Mystère glorieux : « comme un papillon sort de sa chrysalide…ainsi Marie tu t’élances dans l’azur pour rencontrer l’intimité du cœur de Dieu… » J’ai souhaité terminer ce petit cycle par une musique surgie du silence, et conquérant l’espace par petites touches mélodiques, formant une sorte d’arc-en-ciel joyeux entre le Ciel et la terre. La pièce se termine par l’intervalle de sixte la bémol-fa bécarre, ces deux notes ouvrant et fermant la musique de l’Annonciation.

 

Éric LEBRUN

Elève de Gaston Litaize, Eric Lebrun fait ses études au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il en sort muni des plus hautes distinctions, dont un premier prix d’orgue dans la classe de Michel Chapuis.

Il étudie entre autres auprès d’Anne-Marie Barat, de Daniel Roth, du pianiste Bruno Rigutto, des musicologues Jean Maillard, Brigitte François-Sappey, Jean Saint-Arroman, avec qui il participe à la reconstitution de la musique d’offices complets du XVIIème siècle.

Lauréat du concours international « Grand Prix de Chartres » en 1990, il est nommé la même année organiste titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint Antoine des Quinze-Vingts à Paris, où il enregistre notamment les œuvres complètes de Jehan Alain, Maurice Duruflé et César Franck.

Il constitue un duo à quatre mains avec Marie-Ange Leurent, et collabore comme soliste avec de nombreux orchestres et chœurs (Ensemble Orchestral de Paris, Orchestre National de Budapest, Ensemble Instrumental Jean-Walter Audoli, Chœur de Radio-France, Chœur régional Vittoria d’Ile-de-France, Ensemble Vocal Michel Piquemal…) Il est le créateur de nombreuses partitions contemporaines, parfois écrites à son intention (V.Aubertin, J.Castérède, Thierry Escaich, Kamilio Lendvay, Gaston Litaize…).

Comme compositeur, il est l’auteur d’une vingtaine d’œuvres, allant du violon seul à l’oratorio, dont un cycle de Mystères du Rosaire, Trois poèmes liturgiques (commande du Festival de musique sacrée de l’abbaye de Sylvanès), Sonata sacra pour grand orgue (commande du Festival du Comminges), Canticum fratris solis d’après François d’Assise (création France-Musique).

Eric Lebrun est professeur d’orgue au Conservatoire National de Région de Saint-Maur des Fossés et chargé de cours au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il est aussi professeur invité permanent du Conservatoire de Zwolle en Hollande. Il signe en 2006 une biographie de Dietrich Buxtehude (Bleu-Nuit Editeur), dont il enregistre la même année l’œuvre d’orgue en 6 CD avec Marie-Ange Leurent (Bayard-Musique), qui obtient le Grand prix du disque de l’Académie Charles Cros, puis l’intégrale de l’œuvre d’orgue de Boëly (Choc du Monde de la Musique), accompagnée d’une biographie co-signée avec Brigitte François Sappey.

 

Autres récitals du cycle

- Mardi 28 avril 2009 à 20h30 : Christophe MANTOUX

- Mardi 16 juin 2009 à 20h30 : Vincent WARNIER

 

Diocèse de Paris Notre-Dame de Paris 2013 Facebook Google Twitter Flickr Youtube Foursquare RSS
Français
English
Faire un Don
Calendrier
Horaires
Visites
Contacts
Newsletter
Crédits