Cathédrale d’art et d’histoire

Mausolée du comte d’HARCOURT

Position dans la cathedrale +

Sur le mur oriental de la chapelle Saint-Guillaume est adossé le mausolée du comte Claude-Henry d’HARCOURT, lieutenant-général des armées du Roi, mort le 5 décembre 1769 à 65 ans.

Cette œuvre de marbre blanc fut réalisée en 1776 par le sculpteur Jean-Baptiste PIGALLE (1714-1785).
Le thème de cette composition, dite la réunion conjugale, était défini dans le contrat, daté du 1er juillet 1771, que le sculpteur passa avec la comtesse :
À l’une des extrémités du sarcophage, sera l’ange tutélaire dudit seigneur comte d’Harcourt qui, voyant venir ladite dame comtesse d’Harcourt, lèvera d’une main la pierre du tombeau et de l’autre tiendra le flambeau de l’hymen ; M. le comte qui, après avoir paru reprendre un moment de vie à la chaleur de son flambeau, se débarrasse de son linceul et tendra à son épouse ses brans languissants... Derrière M. le comte sera la mort tenant un sable pour montrer à Mme la comtesse que son heure est venue. Mme la comtesse, au bas du sarcophage, exprimera par son attitude l’impatience qu’elle a de se réunir à son époux ; à la vue de cette réunion, l’ange tutélaire éteindra le flambeau de l’hymen.
Plusieurs drapeaux et un trophée d’armes, avec un bouclier portant cette légende : Gesta verbis prævenient, décorent les soubassements de ce monument. Une pyramide sur laquelle on lisait de longues inscriptions relatives à la vie du comte d’Harcourt, formait le fond du tableau.
Pigalle reçut pour son travail et pour la fourniture du marbre des quatre statues, du sarcophage, du socle et du fond, 60 000 livres.

La comtesse d’Harcourt, décédée le 2 mai 1780, fut inhumée dans cette chapelle.

Transporté aux dépôt des Petits-Augustins [1] pendant la Révolution, le mausolée fut replacé dans la cathédrale en 1820 par le statuaire Deseine, aux frais de la famille d’Harcourt-Beuvron.

La chapelle d’Harcourt

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© NDP

Cette chappelle, aujourd’hui sous le vocable de Saint-Guillaume, était avant les travaux de restauration entrepris par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, la chapelle Saint-Pierre et Saint Étienne, dite d’Harcourt.

Par délibération et acte capitulaire du 9 mars 1746, le Chapitre de Notre-Dame concédât la chapelle de Saint-Pierre et de Saint-Étienne à l’abbé Louis-Abraham d’Harcourt-Beuvron, Chevalier, Commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, et Doyen Honoraire de la cathédrale Notre-Dame de Paris, mort le 27 septembre 1750, âgé de 56 ans, pour lui servir de sépulture, ainsi qu’à sa famille. Il fit aménager cette chapelle à ses dépens et la fit décorer de panneaux et lambris de marbre, accompagnés d’ornements de bronze ; le marquis de Caylus en avait inspiré les dessins exécutés par Pierre Petiteau.

Le vitrail de cette chapelle était remarquable tant par la beauté de ses teintes très vives que par son antiquité ; dans la partie supérieure était représentée la cour céleste, en bas, des papes, des empereurs, des rois, des reines, des légats, des cardinaux, des archevêques, des Évêques, des religieux et religieuses de différents ordres et beaucoup d’autres personnages de tous états en contemplation devant les joies que leur réservait le Paradis. Il fut détruit en 1774, à la demande de Pigalle, et remplacé par des verres blancs, pour procurer un jour vrai au mausolée du feu comte d’Harcourt.

L’ensemble du décor de cette chapelle disparut à la fin du XVIIIe siècle, pendant la période révolutionnaire.

Les actuelles peintures murales de cette chapelle, restaurées à la fin des années 1990 par le service des Monuments Historiques, furent réalisées d’après les dessins d’Eugène Viollet-le-Duc qui, dans les années 1860, fit décorer les 23 chapelles et les transepts au cours de la grande campagne de travaux qu’il menât. Le monogramme de la famille d’Harcourt fut choisi pour illustrer le mur où s’appuie le mausolée.

 

 

 

D’après
Description historique des Curiosités de l’Église de Paris par le Chanoine Montjoye, 1763
Description historique de la Basilique métropolitaine de Paris par Gilbert, 1821
Histoire description et annales de la basilique de Notre-Dame de Paris par M. Dubu, 1854
La cathédrale Notre-Dame de Paris, notice historique et archéologique par M. Aubert, 1950

 

[1] Le couvent des Petits-Augustins fut aménagé par Alexandre Lenoir, pendant la période de la Révolution et le Premier Empire, en « Musée des monuments français » avec les éléments de sculptures françaises les plus remarquables. À sa fermeture en 1816, les lieux furent affectés à l’École des beaux-arts.

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