Concert de Chant grégorien "Adam de Saint-Victor"

Jeudi 25 septembre 2008 à 20h30

Par la Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble grégorien et instruments médiévaux.
Sylvain Dieudonné, direction

 

 

 

Ce concert fut consacré à Adam de Saint-Victor, auteur de nombreuses proses ou séquences dont il a su réformer en profondeur la structure. Ce grand poète et musicien du XIIème siècle fut, avant d’entrer dans l’abbaye de Saint-Victor de Paris, chantre de la Cathédrale Notre-Dame. Son œuvre est d’une très grande richesse poétique, théologique et mélodique. A quelques-unes de ces proses, dont certaines ont peut-être été crées ou tout au moins pensées dans la Cathédrale, furent associés, pour ce concert, quelques conduits, motets et rondeaux du répertoire de l’École de Notre-Dame (fin XIIème - XIIIème siècle) qui témoignèrent, avec une lyrique spécifique, de la permanence dans le temps de l’esprit poétique de l’œuvre d’Adam. Quelques œuvres plus tardives témoignèrent également de l’influence de la séquence telle que la concevait Adam sur des formes musicales ultérieures.

C’est avec joie et émotion que nous entendîmes donc au cours de ce concert résonner sous les voûtes de Notre-Dame ces chefs d’œuvre trop oubliés, témoins pour nous aujourd’hui d’une époque créatrice foisonnante qui vi en particulier s’élever en plein cœur de Paris, la Cathédrale qui nous invite à ce concert.

 

 

L’Abbaye de Saint-Victor de Paris

Dans le cadre du 900ème anniversaire de la fondation de l’Abbaye de saint Victor de Paris par Guillaume de Champeaux, écolâtre de Notre-Dame de Paris, une commémoration réunissant les Chanoines réguliers de Saint-Augustin eut lieu en la cathédrale le 2 mai 2007.

Celle qui fut l’une des plus célèbres abbayes parisiennes naquit d’un petit prieuré dédié à saint Victor, soldat martyr marseillais. C’est en 1108 que Guillaume de Champeaux, archidiacre de Paris et écolâtre de Notre Dame où il enseignait, se retira avec quelques uns de ses disciples aux portes de Paris, sur les bords de la Seine. Là, ils prirent l’habit des chanoines réguliers et commencèrent à bâtir un monastère de clercs. Soutenue par les rois de France, encouragée par les papes et les évêques promoteurs de la réforme grégorienne, la jeune abbaye allait devenir un des monastères canoniaux les plus célèbres d’Occident, un heureux modèle de vie religieuse et sacerdotale qui attira des clercs de toute l’Europe. Centre intellectuel et scientifique, les noms d’Abélard, d’Hughes de Saint-Victor, le second Augustin et figure de proue de l’école, Adam de Saint-Victor, comme ceux de saint Bernard et de saint Thomas de Cantorbery qui y séjournèrent, furent mêlés de très près à son histoire. Poètes, philosophes, théologiens la rendirent célèbre durant tout le Moyen-Âge. Dès le XIIIè siècle, l’ordre de Saint-Victor comptera une quarantaine de maisons (France, Angleterre, Italie, Danemark) se réunissant chaque année en chapitre général. L’abbaye parisienne restera au long des siècles un centre canonial vivant jusqu’à la tourmente révolutionnaire qui dispersera ses derniers membres. A travers ce passé prestigieux, les victorins nous lèguent, dans la lumière de saint Augustin, une soif de sagesse et du salut, un amour et un esprit de service désintéressé de l’Église : Pour les victorins, il n’y a de vie spirituelle que dans l’Église et par l’Église (Jean Chatillon).

C’est dans les murs de cette abbaye qu’en 1196 se retira Maurice de Sully, évêque de Paris, sous l’épiscopat duquel avait été entreprise en 1163 la construction de l’actuelle cathédrale Notre-Dame.

La première église du XIIème siècle fut presque entièrement rebâtie au XVIème siècle à l’exception de sa tour romano-gothique. Inachevée, cette église abbatiale comprenait une nef, de deux travées avec bas-côtés et chapelles, et un choeur, profond de quatre travées, avec déambulatoire et chapelles droites et rayonnantes. Ce grand édifice possédait sans doute une des plus belles collections de vitraux du XIIème au XVIème siècle et de remarquables stalles de la Renaissance. Au sud, avait subsisté un grand cloître du XIIIème siècle et la chapelle de l’infirmerie qui lui était contemporaine. Cet ensemble prestigieux, tant du point de vue de l’art que de l’histoire, fut fermé en 1790. L’abbaye resta néanmoins debout jusqu’en 1811, date à laquelle ses bâtiments firent place à ceux de la Halle aux vins, eux-mêmes remplacés par ceux de l’actuelle université de Jussieu.

 

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Face Nord de l’église abbatiale de Saint-Victor au XVIIème siècle.

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