Cathédrale d’art et d’histoire

Fondation de l’école
épiscopale

Dès les premiers temps où l’Eglise sortit des catacombes (avec l’édit de Milan instaurant, en 313, la liberté de culte), elle commença à s’organiser en paroisses et en évêchés. Des besoins liturgiques et musicaux se firent sentir et bientôt, sous l’impulsion des monastères les plus puissants, se développèrent des rites et un répertoire de chants religieux. Les évêques fondèrent des écoles, les scholæ , où l’on enseignait aux enfants le chant et les sept arts libéraux (au nombre desquels la musique, considérée sous ses aspects théoriques et mathématiques). Les jeunes élèves de ces établissements, ancêtres de nos maîtrises, assuraient aux côtés des chantres la partie chorale des services religieux.

Paris eut dès le IVe siècle son école épiscopale, qui aurait compté parmi ses premiers élèves saint Marcel, neuvième évêque de Paris, né en 350. Marcel enseigna à son tour, et ainsi l’école se perpétua-t-elle d’évêque en évêque. Elle connut un développement notable sous le règne de Childebert Ier qui, à l’instigation de l’influent évêque de l’époque, saint Germain (ca. 496-576), reconstruisit entièrement la première cathédrale, dédiée à Saint-Etienne. Il fallait que la magnificence de la liturgie fût à la mesure du nouvel édifice, auquel viendrait bientôt s’adjoindre une seconde église, Sainte-Marie. Des témoins relatent la somptuosité des hymnes entonnées dès mâtines dans la nef flambant neuve, sous l’égide de l’entreprenant Germain. Un peu plus tard, on commença à faire venir des maîtres de la schola de Rome, institution ancienne à laquelle saint Grégoire, pape de 590 à 604, avait donné tout son prestige.

A la mort de Charlemagne en 814, malgré l’impulsion que l’empereur avait donnée à l’enseignement, de nombreuses écoles épiscopales périclitèrent. Mais celle de Paris continua de briller d’un éclat international. Sur son modèle, on avait créé plusieurs établissements en Angleterre.

La cathédrale s’assura elle aussi une solide notoriété grâce à Pierre Abélard (1079-1142), l’amant tragique de la belle Héloïse. Esprit particulièrement brillant et rebelle, qui batailla contre saint Bernard et les plus grands théologiens de son temps, il est l’auteur de chansons d’amour alors très populaires (mais aujourd’hui perdues), ainsi que de 133 hymnes destinées à la liturgie (dont 2 seulement nous sont parvenues avec leur musique) et de 6 planctus, lamentations placées dans la bouche de personnages bibliques.

En 1108, le chanoine Guillaume de Champeaux quitta la cathédrale infestée de querelles et d’intrigues ; il fonda cinq ans plus tard, sur la rive gauche de la Seine, un couvent de chanoines réguliers, l’abbaye de Saint-Victor. Une école y fut immédiatement créée, qui diffusait les idéaux de saint Augustin. De nombreux clercs de Notre-Dame, y compris de hauts dignitaires, aimaient à s’y retirer de temps à autre, offrant par ailleurs des subsides bienvenus à l’abbaye. Saint-Victor jouit d’un rayonnement musical considérable, qui culmina à la fin du XIIe siècle grâce à un autre transfuge de Notre-Dame, le precentor (chantre) Adam, dit Adam de Saint-Victor (ca. 1110-1192). Même s’il avait fait don des revenus de sa prébende à l’abbaye, Adam conserva jusqu’à sa mort son poste à la cathédrale. Et les travaux biographiques les plus récents indiquent qu’il composa la plupart de ses poèmes et musiques, telle la séquence Laudes crucis, pour la cathédrale, et non pour le monastère rival.

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