Messe pour le centenaire du FRAT

Dimanche 17 février 2008 à 18h30

 

 

 

 

 

Le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, a présidé cette messe d’action de grâces pour les cent ans du Fraternel (FRAT) en présence des evêques d’Ile de France, de nombreux prêtres des membres des équipes d’animation et des jeunes du FRAT.

 

 

 

 

Qu’est ce que le FRAT ?

FRAT, quatre lettres qui sont l’abréviation de FRATERNEL.

Le FRAT est un pèlerinage voulu et animé par les évêques d’Île-de-France (Diocèses de Paris, de Meaux, de Versailles, d’Evry, de Nanterre, de Saint-Denis, de Créteil et de Pontoise). Temps de pèlerinage des jeunes chrétiens (collégiens et lycéens) des huit diocèses, il est aussi un temps de rencontre et de partage entre pèlerins, dont des personnes handicapées et malades.

Le FRAT de Jambville s’adresse aux jeunes qui sont en aumôneries de collèges, ce qui correspond à la génération des 13-15 ans (4e et 3e). Celui de Lourdes s’adresse aux jeunes des lycées, aux 15-17 ans.

L’inscription d’un jeune au FRAT se fait toujours au sein d’un groupe, grand ou petit, groupe paroissial, Aumônerie de l’Enseignement Public, Etablissement Catholique d’enseignement, Mouvement ou communautés étrangères en Ile-de-France.

Quatre éléments rentrent dans la composition de la recette du Frat :
- des temps de rassemblement
- des petits groupes qui partagent
- un témoin devant les jeunes
- une multitude de propositions pour découvrir Lourdes et son Message

Quelques dates

À la fin du XIXe siècle, des associations destinées essentiellement à l’animation et l’encadrement des jeunes ouvriers prennent de plus en plus d’ampleur dans les paroisses parisiennes : on les appelle les patronages, ou patro.

C’est dans ce contexte que va naître le FRATERNEL en 1908. Cette année-là, on célèbre en effet le cinquantenaire des apparitions de la Vierge à Lourdes. L’objectif de la création de la Colonie Fraternelle est de permettre aux jeunes garçons de quitter leur vie parisienne pour se rendre en pèlerinage à Lourdes. A l’époque, seuls les garçons pouvaient participer au FRAT.

- 1908 : 21 garçons parisiens partent en pèlerinage à Lourdes. L’expérience dut être concluante et fut renouvelée par la suite. Il y a de plus en plus de monde (300 jeunes en 1926, 4 200 en 1930)

- À partir de 1928, le FRAT prend la forme d’une association pour mieux répondre aux nombreux jeunes qui souhaitent y participer. À partir de ce moment-là, un second rassemblement accueille également les jeunes filles.

- 1962 avec la création des carrefours, les quatre piliers du Frat sont désormais en place : liturgies et veillées, témoins, carrefours et vie de groupe.

- 1978 le Frat devient mixte à Lourdes.

- Lors de la Pentecôte 1979 est organisé le premier Frat à Jambville. Seuls les diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis répondent à l’appel. Il y aura 1 200 participants. Ces premiers diocèses seront rejoints par ceux de Versailles, Pontoise, Meaux et Evry-Corbeil-Essonne en 1988. Désormais, une année sur deux, le FRAT se déroule à Jambville pour les 4e/3e les années impaires, et à Lourdes pour les lycéens les années paires.

- 1992 le Frat de Lourdes s’achève par une grande célébration au Palais Omnisports de Paris Bercy qui réunit tous les jeunes avec leurs parents et leurs amis !

- En 2008, année du cent-cinquantenaire des apparitions à Lourdes, le Frat a 100 ans.

 

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Carrefours dans les prairies des Sanctuaires de Lourdes.

© FRAT

 

Le FRATernel, une histoire d’amour

Article du Père Thierry FAURE, responsable du FRAT 2008, paru dans le revue Vocations.

Le FRATernel, une histoire d’amour.

C’est ainsi qu’un supérieur de séminaire définissait la vocation presbytérale s’agissant de l’histoire des jeunes hommes qu’il formait avec ce Dieu qu’ils allaient servir toute leur vie.
Peut-être faudrait-il parler d’une vocation du FRATernel depuis ses commencements avant de voir ce qu’il permet pour les jeunes qu’il rassemble, leurs animateurs ainsi que les prêtres, nombreux, qui y participent.

Cette véritable histoire d’amour que Dieu a tissé avec tous les participants au FRAT, histoire qui se poursuit avec tous ces jeunes attendus en avril prochain, commence au début du siècle dernier. Depuis la fin du XIXème siècle, des associations destinées essentiellement à l’animation et à l’encadrement des jeunes ouvriers prennent de plus en plus d’ampleur dans les paroisses parisiennes : on les appelle les patronages ou « patros ».
C’est dans ce contexte que naît le FRATernel en 1908. Cette année là, on célèbre en effet le cinquantième anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes. L’objectif de la « Colonie Fraternelle » est de permettre à des jeunes garçons de quitter leur vie parisienne pour se rendre en pèlerinage à Lourdes. A l’époque, seuls les garçons pouvaient participer au FRAT.
A partir de 1928, le FRAT prend la forme d’une association pour mieux répondre aux nombreux jeunes qui souhaitent y participer. A partir de ce moment-là, un second rassemblement accueille les jeunes filles. Il faudra attendre 1978 pour assister à la naissance du premier FRAT mixte à Lourdes.

La Pentecôte 1979 voit la naissance du FRAT de Jambville destiné aux collégiens. Seuls les diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis répondront à l’appel. Il y aura 1200 participants.
Désormais, une année sur deux, le FRAT se déroule à Jambville pour les 4ème/3ème les années impaires, et à Lourdes pour les lycéens les années paires.
En 1988, le FRAT rassemble les huit diocèses d’Ile-de-France car ceux de Versailles, Pontoise, Meaux et Evry-Corbeil-Essonne choisissent de se joindre au pèlerinage.
En 1993, le FRAT connaît un véritable essor et devient l’un des plus grands rassemblements de jeunes catholiques.

Et nous voilà en 2008 où 12000 jeunes lycéens d’Île de France sont attendus à Lourdes pour fêter dignement mais sûrement le 100ème anniversaire du FRAT et le 150ème anniversaire des Apparitions de Lourdes et ainsi contribuer à faire l’histoire de ce rassemblement FRATERNEL.

La lecture de l’historique de notre rassemblement nous montre qu’à l’origine, le FRAT était un patronage, c’est-à-dire une œuvre de bienfaisance, d’éducation chrétienne destinée aux enfants et adolescents, et visant à leur proposer des distractions et activités pendant les vacances et les jours de congés.
Puis le FRAT est devenu un pèlerinage en tant que tel.
Souvent le mot pèlerinage est associé à un voyage que l’on entreprend vers un lieu de culte pour y rencontrer, y célébrer Dieu et ses saints. Celui où se rendent les lycéens est Lourdes. Celui ou se rendent les collégiens est Jambville, le château, son parc et ses villages de tentes dispersés autour du chapiteau-église.
Pérégriner, c’est constituer sa besace, se mettre en route, cheminer, persévérer dans l’effort, savoir se reposer, ne pas perdre de vue son objectif en s’autorisant des chemins de traverses, apprendre de ceux qui marchent à nos côtés, gérer son rythme, se faire aider dans les passages difficiles, tendre la main pour assister son compagnon de route, connu ou inconnu, c’est prier, rencontrer, chanter, pour progresser, grandir, avancer et finalement arriver…

Le FRAT propose durant ces 4 jours :
-  des temps de grand rassemblement, sous Pie X ou sous le chapiteau de Jambville, avec des liturgies importante comme la messe, la réconciliation, le sacrement des malades,
-  des temps de groupe,
-  des temps de carrefours et d’échanges où les jeunes sont répartis par 8 avec un animateur,
-  des temps de rencontre de témoins,
-  à Lourdes des temps d’espaces où ils sont invités à découvrir et habiter le message de Lourdes, à Jambville des temps de village où ils se retrouvent à plusieurs aumôneries pour célébrer, fêter, jouer…
-  mais aussi des temps de rencontre plus personnels, avec des écoutants, les prêtres ou leurs animateurs se rendant disponibles, à leur écoute,
-  et surtout… c’est la rencontre avec le Christ que nous voulons leur proposer !

Cette dimension de pèlerinage traduit bien l’histoire d’amour de Dieu avec les hommes et des hommes avec Dieu, une histoire qui est réponse à un appel qui nous précède, un appel qui nous mobilise, à la suite ou avec d’autres, nous rassemble, nous déplace, nous met en route, nous transforme et nous envoie.
Le FRAT veut servir cet appel de Dieu adressé à tous ces jeunes, lui donner d’être entendu et permettre aux jeunes d’y répondre personnellement :
-  Il veut avant tout servir l’humanité de ces jeunes et par eux, de leur génération.
-  Il veut, dans un même mouvement, servir leur vie chrétienne, encourager leur croissance spirituelle.
-  Il veut enfin les aider à grandir en sainteté, sur un chemin de bonheur voulu par le Christ.

Nous espérons qu’il porte en eux et par eux les fruits que Dieu peut en attendre, qu’Il a su déployer en Bernadette durant et après les apparitions : une vraie charité en acte, humble, la joie du témoignage, une vie spirituelle renouvelée, et une participation effective à la vie de l’Eglise.

La journaliste d’une grande chaîne de télévision, traversant la prairie de Jambville remplie des 12000 jeunes en temps de carrefours, répartis par 8 avec un animateur, nous fait la remarque : « c’est la première fois que je n’ai pas peur au milieu de tant de jeunes ! » Et pourtant, les jeunes qui viennent au FRAT sont bien de leur temps, de leur génération, colorés et divers, bruyants aussi, vivant les mêmes réalités que les autres. L’appel de Dieu les rejoint, comme Bernadette, avant tout dans leur humanité. Nous pourrions avoir tendance à apprécier négativement le monde dans lequel ils évoluent, mais nous prenons le parti, sans naïveté, ni aveuglement, de positiver la réalité pas tant de ce monde, que de ce qu’ils sont au milieu de ce monde, de ce qu’ils portent de qualités, de dons, de talents, et de tout ce que Dieu a déposé en eux, leur confie. Nous voulons, et c’est souvent le sens de la célébration de l’Accueil, les aider à se sentir appelés donc capables, aimés donc aimables, les faire entrer dans le regard que Dieu porte sur eux, sur les autres, sur ce monde...
Une autre dimension que veut honorer et servir le FRAT est la diversité qu’ils constituent, diversité sociologique, géographique, ethnique, et quasi-religieuse dans une même foi chrétienne… leur diversité humaine ! Les groupes, constitués au sein d’une aumônerie, d’un lycée public ou privé, d’une paroisse, d’un mouvement, rassemblent déjà pour la plupart des jeunes très divers. La rencontre des autres groupes, des frateux de leurs carrefours, des autres pèlerins de Lourdes, des témoins, leur permet d’apprécier la richesse de l’autre, de la parole donnée et reçue, passer de la tolérance à la bienveillance, et pourquoi pas à la communion.
De ce fait, nous voulons nous faire les relais de ce Dieu qui veut les faire grandir, chrétiens, dans cette humanité telle qu’elle est, qu’ils aiment ou qu’ils craignent, où Il veut leur ouvrir ou encourager un avenir possible, ensemble.

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Célébration dans la prairie devant la Grotte de Lourdes.

© FRAT

Le FRAT est un temps fort d’Eglise, les aidant à réaliser qu’ils ne sont pas seuls, mais en nombre, chrétiens, et qu’ils peuvent, avec le soutien et le modèle d’adultes, être encouragés et s’encourager mutuellement à suivre le Christ, à vivre l’Evangile, à servir Dieu comme leur prochain. Les témoins présents auprès d’eux, avant tout leurs animateurs, les prêtres, les témoins qu’ils rencontrent dans des temps spécifiques, ouvrent pour eux les perspectives d’une vie chrétienne, qui si elle reste modeste souvent, peut trouver par la foi, dans l’Eglise, à travers sa diversité de communautés, de mouvements, d’associations, de talents mêmes individuels mais partagés, la grâce d’une réelle fécondité.
L’enjeu est de redonner goût et force à leur foi, à leur espérance, et à leur capacité d’aimer vraiment, comme ils se découvrent ou se savent déjà aimés par Dieu.
L’Eglise leur propose aussi d’éclairer leur vie et leur conscience à la Lumière du Ressuscité de Pâques. Beaucoup de nos jeunes éprouvent déjà dans leur vie, des difficultés graves, de tous ordres. L’équipe d’Ecoutants présent durant les 4 jours, relève chaque année l’ampleur des dégâts, chez les jeunes comme chez les animateurs, dus aux situations familiales, professionnelles, sociales souvent dramatiques et inquiétantes.
A Lourdes, la mémoire de Bernadette, petite, pauvre et misérable jeune fille, 1ère pèlerine, la présence de tous ces pèlerins d’aujourd’hui et d’hier, dont beaucoup malades ou handicapés, y compris au sein de groupes du FRAT, venant trouver là réconfort et guérison, ouvre comme sur un autre monde, un monde nouveau, où rien ne fait plus obstacle à la foi, à l’espérance, à l’amour. Là, chacun a sa place, et l’autre, même différent, si blessé parfois, n’est plus dérangeant. A la procession aux flambeaux, le visage éclairé de la lumière faible et vacillante d’un flambeau, quelque soient ses blessures, toute personne trouve dignité et beauté, comme se laissant contempler comme Dieu la regarde !
Aussi, l’expérience de la réconciliation célébrée dans une ambiance saisissante, du fait en particulier du nombre de prêtres présents, du sacrement des malades proposé encore cette année, de la rencontre des frères et sœurs de personnes handicapées… et d’autres rencontres, fait entrer le mystère pascal de manière extrêmement marquante dans leur existence. Le fondement de notre foi chrétienne peut ainsi devenir pour eux ce rocher sur lequel ils pourront toujours s’appuyer, la lumière qui éclairera toujours leur route, même assombrie par les difficultés rencontrées, la source qui désaltérera toujours leur soif de croire, d’espérer, d’aimer, ces 3 symboles de la foi si présents à Lourdes !

Enfin par des thèmes approfondis durant les 4 jours du rassemblement, nous voulons les conduire à approfondir dans leur vie chrétienne comme dans leur environnement humain ni plus ni moins que la vocation à la sainteté, ce chemin de bonheur, propre à chacun, que le Christ propose et donne la grâce de parcourir avec Lui.
La sainteté, pas comme un état de perfection inatteignable, une destination inaccessible, une imitation parfaite des grands saints de la chrétienté, surtout de leur martyre… mais une disponibilité à la grâce de la communion avec Dieu, de l’humilité, à la vérité sur soi, sur les autres, à la force du don et du témoignage… à la joie de la confiance, comme l’a vécue Marie, l’Immaculée, Bernadette... et tant d’autres.

Et les fruits attendus sont ceux dont Bernadette a témoigné durant les apparitions et par la suite à Nevers : des actes qui induisent une charité effective, une parole, des mots qui témoignent sans peur de Celui que nous avons rencontré, qui nous fait vivre, une vie de prière qui rappelle l’importance du lien avec Celui qui nous a aimés le premier, et enfin, le goût et le désir de servir l’Eglise, notre Mère, où le Christ Se donne et Se fait reconnaître sacramentellement.

Telle est cette histoire d’amour entre Dieu et les jeunes que nous sommes heureux de servir au FRAT, qui se poursuit inexorablement, qui témoigne de la vitalité de l’Eglise aujourd’hui, de ses fidèles, laïcs et religieux, prêtres, qui augure de son avenir, et rend compte de l’œuvre en elle de l’Esprit, hier, aujourd’hui et demain.

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