Procession et Messe de clôture de l’année jubilaire de Sainte Élisabeth de Hongrie

Dimanche 18 novembre 2007 à 18h30

2007 marque le VIIIème centenaire de la naissance de sainte Élisabeth de Hongrie. À cette occasion, de nombreuses manifestations ont été organisées à la paroisse Sainte-Élisabeth à Paris (IIIème arrondissement).

 

Une procession et une messe, présidée par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, concélébrée par Monseigneur Guy Thomazeau, archevêque métropolite de Montpellier et chapelain général de l’Ordre Souverain de Malte en France, clôtura à Notre-Dame de Paris cette année jubilaire.

 

La semaine du 10 au 18 novembre fut marquée par plusieurs grandes célébrations parisiennes données en l’honneur de sainte Élisabeth de Hongrie (offices, messes, colloque, conférences, expositions, concerts...). Vous pouvez retrouver tout le détail de ces manifestations ainsi que de nombreuses photographies sur le site de la paroisse Sainte-Élisabeth à Paris en cliquant ici.

En clôture de cette semaine de festivités, une procession avec la relique du cœur de sainte Élisabeth partit à 17h00 de la paroisse Sainte-Élisabeth (195 rue du Temple, Paris IIIème) en direction de Notre-Dame de Paris. À cet effet, Monseigneur François Garnier, archevêque de Cambrai, avait accepté que cette relique quitte provisoirement la cathédrale Notre-Dame de Grâce de Cambrai, cathédrale où elle est conservée, pour cette procession à Paris, de l’église paroissiale jusqu’à la cathédrale. La relique fut portée par l’abbé Denis Lecompte, archiprêtre de la cathédrale de Cambrai, auquel se joingnirent des Pèlerins du Diocèse de Cambrai. Outre les paroissiens de Sainte-Élisabeth et de nombreux fidèles de Paris, la paroisse allemande, la paroisse chinoise, dont l’église Sainte-Élisabeth est l’un des deux lieux de culte à Paris, et la paroisse hongroise participèrent à la procession ainsi que des chevaliers et des dames de l’Ordre Souverain de Malte dont l’église Sainte-Élisabeth est l’église conventuelle. De nombreuses bannières dont celles des saints franciscains entourèrent celle de sainte Élisabeth qui avait été bénie par le cardinal Jean Louis Tauran le 11 Novembre 2007.
Tous assistèrent à la messe de 18h30 à la cathédrale ainsi que de nombreuses autorités religieuses et civiles parmi lesquelles les ambassadeurs d’Allemagne et de Hongrie en France. Un panneau sculpté représentant la sainte fut béni par le cardinal André Vingt-Trois à l’issue de la célébration.

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Arrivée de la procession sur le parvis de la cathédrale

© Paroisse Sainte-Élisabeth

 

Sainte Élisabeth de Hongrie : Une sainte pour notre temps !

Par le Père Xavier Snoëk, curé de la paroisse Sainte-Élisabeth à Paris
Extrait de la feuille paroissiale du 19 novembre 2006 pour l’ouverture de l’année jubilaire.

Sainte Élisabeth a vécu au Moyen Age. Sa vie pourrait, donc, ne pas présenter beaucoup d’intérêt pour nous. Or il n’en est rien.

D’abord Sainte Élisabeth est une sainte qui, d’une certaine façon, a participé à la construction de l’Europe chrétienne. En effet, si elle est peu connue en France et dans les pays latins il n’en est pas de même dans les pays germaniques où de nombreuses œuvres d’arts et des églises lui sont consacrées. Elle a même suscité des œuvres musicales, un lied et un opéra de Wagner. Si elle a été choisie comme patronne de notre église c’est parce qu’elle est la patronne du Tiers ordre franciscain et que notre église a été chapelle de religieuses franciscaines.

Cela montre que sainte Élisabeth a été reconnue comme une des figures principales de la famille du poverello d’Assise. Elle a, en effet, été séduite par l’idéal de pauvreté de saint François, comme Saint Louis d’ailleurs. Cet idéal de pauvreté est toujours et plus que jamais d’actualité. Sainte Élisabeth parvient à épouser Dame Pauvreté tout en restant l’épouse aimante du duc de Thuringe. Voilà qui est intéressant pour nous !

En effet Sainte Élisabeth est une épouse comblée, follement amoureuse de son époux pour lequel elle accepte de porter ses plus beaux atours de princesse ; mais dès qu’elle est seule, elle s’habille très pauvrement. Elle se dévoue également au service des pauvres jusqu’à l’épuisement. Elle donne littéralement sa vie à la suite du Christ. Au cœur de notre monde toujours soucieux du paraître, Sainte Élisabeth nous montre le chemin de l’essentiel, celui de l’amour. Le paraître doit être motivé par le désir de faire plaisir, le désir de montrer son amour. Quant à la vie quotidienne, elle doit être marquée par la simplicité et, même au cœur d’un palais, une vie austère peut être vécue.

Alors, nous qui vivons dans une société repue, essayons d’entendre cet appel à la pauvreté que nous lance notre sainte patronne à travers les siècles. Séduits par la personnalité de Saint François mais peut être désarçonnés par sa vie monastique, laissons-nous entraîner par celle qui, au milieu de son peuple, a répondu à sa vocation de baptisée, recevant la Béatitude : Heureux les pauvres de cœurs ils seront appelés fils de Dieu.

 

Sainte Élisabeth

Sainte Élisabeth, naquit à Presbourg en 1207 ; elle était le troisième enfant du roi André II de Hongrie, descendant du saint roi Etienne, et de Gertrude, fille du duc Berthold IV de Méranie.

Elle quitta la Hongrie à quatre ans, promise en mariage au fils du landgrave Hermann I° de Thuringe (mort en 1217), Louis (né en 1200) qu’elle épousa en 1221. L’influence de son mari, qu’elle aima d’un grand amour, lui apporta un équilibre humain et spirituel durant les années heureuses de leur vie commune dont naquirent deux enfants (Hermann en 1222 et Sophie en 1224).

Élisabeth, dit sa dame de compagnie, Guta, rappelle fréquemment la présence de Dieu, dans toutes ses actions elle invoque le Seigneur et rapporte tout à lui.

Élisabeth rêvait de vivre en foyer l’idéal franciscain et Louis était apte à partager les aspirations de sa femme. Mais, le 24 juin 1227, Louis de Thuringe dut partir pour la cinquième croisade. Au bout de trois mois, il mourait sur un bateau, en rade d’Otrante, en s’écriant : Voyez donc toutes ces colombes blanches ! Je vais partir avec elles vers mon Dieu !

Encore qu’elle l’avait pressenti (Malheur à moi, pauvre femme, sur terre je ne reverrai plus mon bien-aimé !), le coup fut terrible pour Élisabeth, qui attendait son troisième enfant, Gertrude (née vingt-sept jours après la mort de son père) : Désormais, j’ai tout perdu sur la terre. O cher ami de mon cur, mon excellent et pieux époux, tu es mort et tu me laisses dans la misère. Comment vais-je vivre sans toi ? Pauvre veuve abandonnée, faible femme ! Que le Dieu d’amour, celui qui n’abandonne pas la veuve et l’orphelin, me console ! O Mon Dieu ! O mon Jésus, fortifiez-moi dans ma faiblesse !

Elle aurait eu besoin alors d’un François de Sales à ses côtés ; or elle avait pour directeur un maître qui la terrorisait et n’hésitait même pas à la frapper. Spoliée de ses biens, elle enfermée par son oncle, l’évêque de Bamberg qui la veut remarier, jusqu’au retour de la dépouille de son mari (1228) : Mon Dieu, merci de me consoler miséricordieusement par ces restes mortuaires de mon mari. Si grand que soit mon amour envers Louis, vous savez, Seigneur, que je ne me repens nullement de notre commun sacrifice pour le secours de la Terre-Sainte. Si je pouvais ramener à la vie mon cher époux, je donnerais le monde en échange. Pourtant, contre votre volonté sainte, je ne saurais racheter sa vie, ne serait-ce que pour un seul de mes cheveux ! Que la volonté du Seigneur soit faite !

Cédant à une recherche fiévreuse de la pénitence, elle rompit avec sa famille, qui la prenait pour folle, et elle confia à d’autres le soin de ses enfants, tandis qu’elle revêtait l’habit du Tiers-Ordre, à Marburg sur le Lahn, pour se donner au service des pauvres et des malades les plus abandonnés, en qui elle reconnaissait le Christ : Quelle joie pour moi de servir Notre-Seigneur en ses membres souffrants les plus éprouvés ! Sa santé ne put résister à toutes ces austérités. Élisabeth mourut le 16 novembre 1231, à minuit, âgée de vingt-quatre ans : C’est l’heure où Jésus vient racheter le monde. il me rachètera aussi. Quelle faiblesse j’éprouve donc ! Pourtant, je ne ressens pas de douleur. O Marie, venez à mon secours ! Le moment arrive où Dieu m’appelle à l’éternelle noce. L’époux vient chercher son épouse ... Silence ! Silence !

Grégoire IX canonisa Elisabeth en 1235 ; elle est, avec saint Louis, patronne du Tiers-Ordre franciscain et, en 1885, Léon XIII la proclama patronne des femmes et des jeunes filles allemandes.

Cette biographie est extraite du site internet de la paroisse Sainte-Élisabeth de Paris.

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