Cathédrale d’art et d’histoire

Châsse de la Sainte couronne d’épines dessinée par Viollet-le-Duc

Bronze doré, argent doré, diamants, pierres précieuses
1862
Hauteur : 88 cm
Largeur : 49 cm

Réalisé d’après les dessins de Viollet-le-Duc par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand. Ont collaboré Geoffroy-Dechaume pour la sculpture des figures, Villemot pour celle des ornements, Bastié, chef d’atelier de Poussielgue, pour les travaux d’orfèvrerie.

C’est vraisemblablement à la fin des travaux de restauration des sacristies et du Trésor de Notre-Dame, à la fin des années 1850, que s’imposa la réalisation d’un nouveau reliquaire pour la Sainte Couronne d’épines (celle-ci était jusque-là conservée dans le reliquaire et la châsse de 1806 réalisés par l’orfèvre Charles Cahier).

On peut lire à ce sujet dans les archives du Chapitre (vol. VIII, 26 février 1589) que l’archevêque d’alors, le Cardinal Morlot, annonçait aux fidèles au cours du Carême 1859 que des artistes de la plus grande habileté s’occupent activement de la confection d’un reliquaire. Le Cardinal Morlot faisait alors appel à la générosité des fidèles pour l’ornementation du reliquaire par l’offrande de quelques pierres précieuses.

Viollet-le-Duc s’inspira du style du reliquaire médiéval tel qu’on pouvait le voir sur des miniatures représentant l’intérieur de la Sainte Chapelle : une couronne fleurdelysée. Comme en témoignent ses dessins, plusieurs solutions furent retenues pour le support de cette couronne :
- deux anges agenouillés (dessin du Musée d’Orsay) ;
- Saint Louis, Sainte Hélène et le roi Baudouin, debout (dessin de l’Agence des travaux de Notre-Dame) ;
- Saint Louis, Sainte Hélène et le roi Baudouin, assis, trônant dos à la couronne, projet finalement retenu.

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Le roi Saint Louis tenant la Sainte Couronne d’épines

© NDP

Neuf chimères soutiennent un premier plateau, orné de rinceaux en filigranes et de pierres précieuses. Sainte Hélène tenant la croix, le roi Baudouin II, empereur de Constantinople, sceptre et globe en main et Saint Louis tenant dans ses mains la Sainte Couronne, trônent sur des fauteuils à accotoirs en tête de lion, dans des attitudes hiératiques, la tête légèrement tendue vers l’avant. Une petite plateforme et un nœud orné de feuillages supportent la monstrance circulaire, qui fait alterner des arcatures ajourées trilobées et des niches abritant les douze apôtres sous de petits dais à tourelles. Enfin, de hautes fleurs de lys, enrichies de rinceaux et de pierres précieuses, surmontent le tout. Toute cette partie supérieure repose à la fois sur une colonne centrale et sur les montants des trois trônes. C’est dans cette monstrance que prend place le reliquaire circulaire qui renferme la Sainte Couronne.

Ce qui est frappant c’est la différence de style à moins de soixante ans de distance, entre cette pièce et celle qui lui fait face, exécutée sous Napoléon Ier pour la même relique insigne : au style néo-classique a succédé le style néo-gothique qui entend mettre à l’honneur « notre architecture nationale ». (P.M. Auzas)

Sur la base de la colonne centrale, on peut lire la signature des artistes : E. VIOLLET LEDUC / INVENIT / P. POUSSIELGUE-RUSAND / FABRICAVIT / 1862

Sur les bords du plateau, de part et d’autre des trônes est gravé : AN.M.DCCCLXII FABRE FACTUM. CONDENDIS + PASSIONIS X. SACRIS. LIPSANIS. A. REGE. S. LUDOVICO + SANCTAE. PALATI. CAPELLAE INLATIS. AN. MCCXXXIX.

Poinçons de fabricant sur la tranche du socle : PPR (Placide Poussielgue-Rusand), une croix, une ancre en sautoir et un coeur

D’après l’article d’Anne Dion-Tenenbaum dans le catalogue de l’exposition "Le trésor de la Sainte-Chapelle", Paris, Musée du Louvre, 2001, p.279

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