Saint Paul TCHEN

Martyr of China

 

 

 

 

 

 

Dans la chapelle de la Sainte-Enfance (ou Enfance Missionnaire), située dans la bas-côté Nord, est déposé le reliquaire de Saint Paul TCHEN.

Le mardi 2 octobre 2007, après avoir présidé l’eucharistie, le cardinal Yvan DIAS, Préfet de la Congrégation de l’Evangélisation des Peuples, s’est recueilli dans cette chapelle de l’Enfance Missionnaire, devant les reliques de Saint Paul TCHEN, perpétuant ainsi la dédicace de cet autel.

 

 

Saint Paul TCHEN

Le 1er octobre de l’Année Sainte 2000, en la fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus patronne des missions, Jean Paul II canonise 120 martyrs de Chine. Ce groupe comporte des missionnaires européens et chinois, des évêques, des prêtres, des religieuses, des séminaristes, des catéchistes des catéchumènes et de nombreux laïcs. On compte 87 chinois, 13 français, 12 italiens, 6 espagnols, 1 belge et 1 hollandais. Ils résument une tranche d’histoire d’évangélisation de la Chine qui va du XVII ème siècle à 1930.

Parmi eux Jean-Pierre Néel (MEP) , François Régis Clet (lazariste)…et Paul CHEN, séminariste chinois.

 

Paul Tchen ( Chen Changpin) est né le 11 avril 1838 à Sintchen dans la province chinoise du Kouy-tcheou ( Guizhou). Sa famille n’est pas chrétienne .Il est instruit grâce à la Sainte-Enfance et est admis au petit séminaire en 1853 où il est baptisé et confirmé le jour de Noël de cette même année. Il fait sa première communion en 1854. Doux et paisible de caractère, il travaille assidûment
En 1857 son père lui demande de rentrer chez lui mais il refuse énergiquement car sa vocation est solide.
En 1860 il entre au grand séminaire de Tsin-gay, c’est ici qu’il est arrêté et qu’il est décapité le 29 juillet 1861 avec un autre séminariste Joseph Tchang, un chrétien Jean-Baptiste Lô et Marthe Wang, la cuisinière du séminaire. Le séminaire est détruit par les soldats.

Ces quatre martyrs sont déclarés vénérables en 1879 puis béatifiés le 2 mai 1909 par le pape Pie X.
Aujourd’hui canonisés, les 120 martyrs de Chine sont fêtés le 9 juillet.

 

L’on peut lire dans les Annales de l’œuvre de la Sainte Enfance le récit de l’office au cours duquel les reliques de Paul Tchen furent portées à Notre-Dame :

"Le jeudi 10 juin 1920, Notre Dame de Paris recevait les restes précieux d’un jeune martyr chinois, séminariste élevé par la Sainte Enfance. Déjà l’illustre basilique avait accueilli de grands morts : cette fois pourtant ses murailles pouvaient s’étonner. Celui qui franchissait leur seuil réclamait en effet autre chose et mieux que l’éclat, l’incomparable éclat qu’elles ajoutent à toute pompe funèbre. Sur son passage nul appareil de deuil. Tout au contraire : le maître-autel, magnifiquement, déployait la parure d’un celum de pourpre, et dans la pourpre encore, parmi les feuillages et les fleurs, une chapelle attendait.

Comment donc ce fils de l’Asie venait-il à Paris chercher une sépulture ?

Par quel étrange mystère Notre Dame devant son cercueil brisait-elle avec des usages auxquels s’étaient pliés les plus grands rois eux-mêmes?

Nous le dirons en quelques mots.

Quand un chrétien, si humble qu’il soit, verse son sang pour Jésus Christ, ce ne sont pas des funérailles que l’Eglise lui prépare, mais c’est la gloire, c’est le triomphe.
Voilà pourquoi le jeune martyr, entrant à Notre-Dame recevait ces honneurs.

Recueilli et élevé par l’œuvre de la Sainte Enfance, il devait son salut à la Sainte Enfance, il était donc tout naturel qu’il fut amené en Europe et qu’il apporta à Paris, centre et berceau de l’œuvre, la palme de sa victoire.

Il est 4 heures du soir. La vaste basilique est depuis longtemps envahie par les associés de la Sainte- Enfance. Les députations des orphelinats, des écoles, des collèges, des patronages remplissent et débordent la nef centrale : au milieu d’eux, nombre de prêtres, de religieux, de religieuses.

Dans le chœur ont pris place les trois séminaires des missions : celui des Missions Etrangères, celui de Saint Lazare, celui des Pères du Saint Esprit. Devant le chœur, on voit un groupe de jeunes Chinois. Mais tout à coup un cortège se déploie.

Portée par quatre diacres aux riches dalmatiques rouges, les plus belles de la cathédrale, voici venir la chasse du martyr. Quatre clercs la précèdent et quatre autres la suivent : tous sont revêtus de tuniques de pourpre, tous à la main portent des palmes.

A ce moment l’enthousiasme, l’enthousiasme est irrésistible. Un chant s’élève, c’est le chant du triomphe : Magnificat !

La chasse est déposée en avant du chœur, et les yeux de tous sont fixés sur elle.

A cet accueil ému, le martyr triomphant devait prendre la parole. Un vénérable évêque, le doyen des évêques d’Asie, S. G. Mgr Reynaud, vicaire apostolique du Tché-Kiang oriental, fut son éloquent interprète. Comme il gagnait la chaire, tous ceux qui suivent de près l’histoire des missions se rappelaient la longue et magnifique carrière fournie par cet apôtre et comment, dernièrement, la République chinoise avait récompensé par une de ses décorations sa charité et son dévouement.

Le Cardinal Amette qui préside la cérémonie est venu s’asseoir au banc d’œuvre. Jamais sur son visage on ne vit joie plus rayonnante. Autour de lui se sont groupés cinq évêques missionnaires. Ce sont : Mgr Roy, évêque d’Alinda et supérieur des Pères du Saint Esprit; Mgr Cuaz, évêque d’Hermopolis Mineure, Mgr Barilion, évêque de Malacca, Mgr Lemaître, vicaire apostolique du Sahara, Mgr Lerouge, vicaire apostolique de la Guinée française.

Les jeunes associés sont heureux de voir le zélé Directeur de l’Œuvre, Mgr de Teil. N’est-ce pas lui qui a su organiser cette fête et dont l’activité, inlassable toujours malgré tous les obstacles se déploie avec tant de foi, de piété et de dévouement au service de l’œuvre ? On distingue également Mgr Graffin et Mgr Dieu ; de très nombreux amis, des protecteurs ou représentants de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance.

En des termes exquis, Mgr Reynaud remercie le Cardinal Amette pour le précieux encouragement que sa présence apporte à l’œuvre. Il dit merci également au vénérable Chapitre qui reçoit dans sa cathédrale les restes du martyr. Puis il adresse un cordial salut aux évêques missionnaires ses vénérés frères d’armes. « Nous travaillons, dit-il, sous des climats divers mais nos joies sont communes comme aussi nos douleurs. Il y a quelques mois nous pleurions ensemble la perte des vaillants missionnaires morts au bord de l’Afrique : hier, nous acclamions avec l’Eglise universelle les Jeunes martyrs du Continent Noir. Aujourd’hui, c’est le triomphe d’un séminariste chinois qui nous réunit, martyr d’une province où travaillent les Pères des Missions Etrangères. »

Avec une grande simplicité, mais quelle distinction savoureuse l’évêque raconte aux associés de l’œuvre l’histoire du martyr. La place nous manque malheureusement pour reproduire ce touchant récit. En l’écoutant, on avait les larmes aux yeux.

Mgr Reynaud félicite les jeunes associés dont l’œuvre magnifique a produit aux missions des résultats si consolants.

Savez-vous, dit-il aux enfants, ce que par vos aumônes, vos petits sacrifices vous accomplissez ? Le voici en trois mots : vous donnez aux petits enfants qui ne connaissent pas le Christ les trois plus belles, les trois meilleures choses du monde : la vie, des mères, le ciel.

La vie, car aujourd’hui encore, malgré les lois et les prescriptions l’infanticide sévit en Chine et grâce à vos aumônes 100.000 pauvres petits sont chaque année arrachés à la mort. « A ces enfants vous donnez des mères, car de quel autre nom appeler les bonnes sœurs tendres et dévouées qui les recueillent, les baptisent, les élèvent ?

« Les associés doivent aimer les sœurs missionnaires. Ils doivent même se montrer fiers d’elles. Ces précieuses auxiliaires du prêtre en pays de mission sont aujourd’hui en effet plus nombreuses que les missionnaires. Leurs congrégations et communautés portent différents noms, mais toutes n’ont qu’un même but : la Sainte-Enfance. Elles sont comme un rameau, l’un des plus beaux rameaux de l’œuvre.

« Vous donnez le ciel aux petits enfants qui ne connaissent pas le Christ. Chaque année les sœurs missionnaires, les prêtres, les catéchistes baptisent près de 500.000 petits enfants. En leur procurant le salut, quels amis et quels protecteurs les associés s’assurent dans le ciel. »

S.E. le Cardinal remercie Mgr Reynaud de son beau discours et de ses conseils. Il tient à exprimer sa joie de voir sa cathédrale, cette immense cathédrale, toute remplie des jeunes associés de la Sainte Enfance. Il les exhorte à être de petits apôtres par la prière et les sacrifices et de tout cœur il leur donne sa bénédiction.

Les jeunes séminaristes aspirants des missions entonnent dans le chœur le chant du départ de Gounod : Partez hérauts de la Bonne Nouvelle

Les orgues de leur voix puissantes accompagnent ce chant. Précédée et suivie des lévites qui portent les palmes, la chasse alors descend dans la grande nef. L’émotion est intense. On évoque, on croirait revoir une scène des catacombes.

Lent, majestueux le cortège est en marche. L’ordre parfait, le noble déploiement, l’intelligence des cérémonies, ce sont là, on le sait, des traditions à Notre-Dame. Mais soudain, ô merveille comme d’une gerbe dénouée, à profusion.

Le soleil répand sur la chasse et sur les pas des clercs les fleurs multicolores de l’une des rosaces du transept. Cependant le chant continue. Aux mains des clercs les palmes frémissent.

Cette fois la procession a gagné la nef latérale. C’est là, dans la chapelle attribuée à la Sainte Enfance au temps de Mgr Darboy, que les lévites déposent la chasse du bienheureux Paul Tchen ; c’est là qu’elle sera exposée à la vénération des foules, là que souvent, en un pieux pèlerinage, aimeront venir s’agenouillez les petits associés de l’œuvre.

Mais il convenait, après avoir loué et fêté le martyr, de célébrer l’Eucharistie où il avait puisé sa force. Un salut du Saint Sacrement pendant lequel la schola de Bièvres et les deux autres séminaires firent entendre leurs plus beaux chants, termina la cérémonie.

 

Une chapelle, sous l’invocation de JESUS ENFANT, voit, avec l’autorisation de Mgr l’Archevêque de Paris et sur la proposition de M. l’abbé de Piace, Archiprêtre de Notre Dame, d’être affecté à l’œuvre de la Sainte Enfance dans l’Eglise Métropolitaine.

En provoquant cette précieuse faveur, le Conseil Général a pensé qu’il serait heureux que l’œuvre eût un centre où tous ceux qui se préoccupent du Salut des Enfants qui ne connaissent pas le Christ, quel que soit le pays auquel ils appartiennent, puissent ainsi se réunir d’esprit et de cœur devant l’autel de JESUS ENFANT, dans l’église placée sous l’invocation de son immaculée Mère. – Ils pourront plus aisément, dans une commune prière, intéresser Dieu en faveur de leurs petits protégés et le remercier des bénédictions dont il ne cesse de combler la Sainte-Enfance.

Le Conseil Central désire en même temps perpétuer le souvenir de la fondation de l’œuvre en 1843, honorer la mémoire de Mgr de Forbin-Janson, évêque de Nancy, qui en a eu la première pensée, et ne point séparer de ce nom à jamais cher à la Sainte Enfance celui de M. l’abbé Jammes, ancien Vicaire Général et chanoine titulaire de l’Eglise de Paris qui, après la mort de Mgr de Forbin-Janson, a propagé avec tant de zèle l’œuvre commencé par lui.

Les Membres du Conseil ont d’abord ouvert entre eux une souscription destinée à la disposition et à l’ornementation de cette Chapelle, ils n’ont point voulu détourner ni directement, ni indirectement de leur destination la moindre des sommes recueillies pour subvenir aux Œuvres de la Sainte Enfance; mais ils n’ont point voulu non plus priver les fidèles qui désireraient contribuer à l’appropriation de ce sanctuaire de la consolation d’y prendre part."

 

Extrait des Annales de l’œuvre de la Sainte Enfance pour l’année 1920
 

L’Œuvre de la Sainte Enfance

Cette œuvre, appelée aujourd’hui Enfance Missionnaire, est née en France le 9 mai 1843. Mgr de Forbin-Janson (évêque de Nancy) connut la passion pour le salut des enfants chinois condamnés à la pauvreté et à mourir sans recevoir le baptême. La dynamique s’étend maintenant au monde entier.

Pour plus d’informations sur l’activité actuelle de cette Œuvre, cliquez ici.

 

 

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Le Cardinal Yvan DIAS se recueillant devant les reliques de Saint Paul TCHEN

dans la chapelle de la Sainte-Enfance, le 2 octobre 2007 à Notre-Dame de Paris. ©NDP

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