Récitals aux Grandes Orgues de Notre-Dame de Paris

Hommage à Louis VIERNE

2007 marqua le 70ème anniversaire du décès de Louis VIERNE. Organiste, compositeur, improvisateur et pédagogue, il tenu les claviers du grand orgue de Notre-Dame de 1900 à 1937. La cathédrale et l’association Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris lui rendirent hommage au cours de la saison de concerts 2007-08.

Furent ainsi données, en six récitals-évènements, l’intégrale des Six Symphonies pour orgue que Vierne composa. Chaque concert présenta l’une des Symphonies, celle-ci mise en regard avec d’autres œuvres de Louis Vierne (comme sa Messe solennelle en ut dièze mineur pour deux orgues et chœur), ou des oeuvres d’autres compositeurs contemporains ou élèves de Vierne (Liszt, Wolf, Tournemire, Dupré, Duruflé, Alain) ou de ses successeurs à Notre-Dame (Leguay).

 

 

Pour consulter l’article du site consacré à Louis VIERNE, cliquez ici.

 

I. Mardi 23 octobre 2007 à 20h30

-  Troisième Symphonie de Louis VIERNE :
Allegro maestoso
Cantilène
Intermezzo
Adagio
Final

-  Evocation de Marcel DUPRÉ :
Moderato
Adagio con tenerezza
Allegro deciso

Par Yves CASTAGNET au grand-orgue

Les deux œuvres au programme de ce concert sont sans conteste parmi les plus représentatives de leurs compositeurs, et probablement parmi les plus abouties.
Il est bien sûr difficile d’établir un « palmarès » des six Symphonies de Louis Vierne. Mais s’il fallait le faire, il est évident que la troisième y occuperait une place de choix pour la densité musicale de ses cinq mouvements. La fougue de l’Allegro, la poésie de la Cantilène, l’humour de l’Intermezzo, la profondeur de l’Adagio et le souffle ardent du Final font de cette Symphonie une parfaite synthèse de l’art de Louis Vierne. D’aucuns diront – probablement avec raison – que sa musique d’orgue était « en retard » sur son temps. Peut-être… Mais c’est assurément la musique d’un authentique et grand poète.
Le dédicataire de cette
Troisième Symphonie de Vierne n’est autre que… Marcel Dupré, un autre grand architecte de la musique d’orgue française.
Dans son poème symphonique
Évocation, Marcel Dupré a voulu rendre un double hommage : tout d’abord à son père, Albert Dupré, qu’il admirait tant et dont il tenait sa passion pour l’orgue ; et ensuite à l’instrument dont ce père était l’heureux titulaire : le grand-orgue de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen, l’ultime chef-d’œuvre de Cavaillé-Coll, cet instrument mythique qui a bercé l’enfance de Dupré et qui reste encore aujourd’hui l’un des derniers témoignages intacts du génie de son concepteur.
Dans
Évocation, Dupré donne lui aussi toute la mesure de son talent de coloriste et d’harmoniste. Il va au plus profond dans l’exploration des timbres si caractéristiques des grands instruments d’Aristide Cavaillé-Coll dont les plus beaux joyaux sont certes Saint-Ouen de Rouen… mais aussi Notre-Dame de Paris.

Yves Castagnet

 

II. Mardi 13 novembre 2007 à 20h30

-  Deuxième Symphonie de Louis VIERNE :
Allegro
Choral
Scherzo
Cantabile
Finale

-  Messe solennelle en ut dièze mineur pour deux orgues et chœur de Louis VIERNE :
Kyrie
Gloria
Sanctus
Benedictus
Agnus

Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’enfants, Jeune Ensemble, Chœur d’adultes
Orgue de chœur : Yves CASTAGNET
Grand-orgue : Philippe LEFEBVRE
Direction : Lionel SOW

La Symphonie n° 2 est la première grande œuvre que Vierne ait composée pour l’orgue de Notre-Dame. Elle s’attira les bonnes grâces d’un critique souvent sévère, et que l’on n’imaginait pas forcément bien disposé à l’égard de l’orgue : Claude Debussy. L’auteur de La Mer fit ce commentaire dans son feuilleton du Gil Blas daté du 23 février : Samedi dernier, la Société nationale donnait son 308e concert […]. On y découvre toujours quelque chose d’intéressant ; c’est ainsi que samedi on entendit des extraits d’une symphonie pour orgue de M. Vierne, où la musicalité la plus généreuse s’unit à d’ingénieuses trouvailles dans la sonorité spéciale de cet instrument. Le vieux J.-S. Bach, notre père à tous, eût été content de M. Vierne. De la Deuxième Symphonie émane une joie que Vierne ne retrouvera dans aucune autre, en effet, à l’époque de la composition, il jouit de ses rares années de bonheur. Fraîchement nommé à la tribune de Notre-Dame, jeune marié, en attente de son second fils, Vierne voit s’ouvrir devant lui une vie pleine de promesses mais le destin sera tout autre...
Sa
Messe solennelle est intimement liée à la vie musicale de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Elle témoigne de la force de cette source inépuisable d’inspiration que constituent la Messe et ses paroles et évidement le vaisseau multiséculaire qu’est la cathédrale. Cette messe qui fut créée en 1900, devint au fil des années, grâce en particulier à la présence du compositeur aux claviers du Grand-Orgue, de l’année de sa création jusqu’à sa mort en 1937, une œuvre phare du répertoire de la Maîtrise Notre-Dame de Paris. Elle marque toutes les grandes heures liturgiques de la Cathédrale, dont elle constitue en quelque sorte l’identité sonore.

 

Concert donné à l’occasion de la sortie du nouveau CD de la Maîtrise : Grandes Messes du XXe siècle pour Notre-Dame de Paris

 

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Philippe LEFEBVRE à la console du grand orgue de Notre-Dame de Paris

© Godong

 

III. Mardi 4 décembre 2007 à 20h30

-  Première Symphonie de Louis VIERNE :
Prélude
Fugue
Pastorale
Allegro vivace
Andante
Final

-  Sonate III de Jean-Pierre LEGUAY
D’une rive l’autre
Falaise

Par Jean-Pierre LEGUAY au grand-orgue

Ce programme met en perspective deux compositeurs, tous deux organistes à Notre-Dame de Paris : Louis Vierne (de 1900 à 1937) et Jean-Pierre Leguay (depuis 1985), et ce à travers deux œuvres : la Première Symphonie de Louis Vierne et la Sonate III de Jean-Pierre Leguay.
La Première Symphonie de Louis Vierne fut publiée en 1899. Elle est dédiée à Alexandre Guilmant qui la joua à plusieurs reprises, y compris en Amérique. Des six Symphonies de Vierne, la Première est la seule à compter six mouvements. Son esprit s’apparente à la fois à la sonate (forme du final, par exemple) et à la suite (diversification et multiplication des mouvements). Dans In memoriam Louis Vierne, Maurice Duruflé écrit : Dans cette œuvre de jeunesse, qui a victorieusement subi l’épreuve du temps, l’auteur indique déjà très nettement les caractéristiques définitives de sa personnalité. Par la noblesse et la grandeur de son style, l’équilibre et la solidité de la construction, la riche polyphonie de son écriture, Louis Vierne s’affirme sans aucun doute comme le continuateur de l’esthétique de son maître Widor dont il se réclame d’ailleurs avec enthousiasme dans ses « souvenirs ».
La Sonate III de Jean-Pierre Leguay fut composée en 2005-2006. Elle est dédiée à Bernard Foccroulle (organiste et compositeur) et Pascal Quoirin (facteur d’orgues). Ainsi que je l’ai dit en son temps de ma Sonate I, j’ai voulu ici à nouveau, mais selon une autre approche, faire « sonner » un grand orgue. Proposer un monde musical qui évoque le voyage, la fresque, le roman. J’avais besoin d’une durée substantielle : pour m’y aventurer, m’y risquer, le convoiter, le peupler. Le premier mouvement D’une rive l’autre célèbre particulièrement la sonorité finement clapotante, tendrement ensoleillée ou étincelante de jeux chatoyants, dans un va-et-vient entre allègre mobilité et temps suspendu. Le second mouvement Falaise ne se réduit pas à l’évocation métaphorique de l’escarpement, de l’ascension, mais procède par impulsions nées de surplombs dont s’envolent pour s’éployer ensuite autant de perspectives.

Jean-Pierre Leguay

 

IV. Mardi 11 mars 2008 à 20h30

-  Fantaisie et Fugue sur Ad nos ad salutarem undam de Franz LISZT

-  Quatrième Symphonie de Louis VIERNE :
Prélude
Allegro
Menuet
Romance
Final

Par Johann VEXO au grand-orgue

Le quatrième volet de cette série de concerts consacrée aux Symphonies de Louis Vierne se propose de mettre en parallèle deux œuvres majeures du répertoire symphonique pour orgue.
La
Fantaisie et fugue sur le choral « Ad nos, ad salutarem undam » fut composée par un Franz Liszt (1811-1886) parvenu à maturité musicale. Monumentale fresque en trois parties qui s’articule autour d’un seul et unique thème, elle est une paraphrase - tant novatrice que spectaculaire pour l’époque – d’un choral anabaptiste. D’un caractère orchestral évident, elle utilise l’ensemble des ressources de l’orgue dans un jeu de contrastes où dialogueront les différents timbres du grand-orgue de Notre-Dame. Camille Saint-Saëns la décrira d’ailleurs comme le morceau le plus extraordinaire qui existe pour l’orgue.
Œuvre non moins atypique, la
Quatrième Symphonie pour orgue de Louis Vierne, composée en 1914, révèle les tourments de celui qui fut titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de 1900 à 1937. En cinq mouvements, le compositeur y dépeint une douleur langoureuse par une écriture à la fois résolue et tourmentée, tiraillée entre anxiété et espérance.

 

V. Mardi 6 mai 2008 à 20h30

-  Cinquième Symphonie de Louis VIERNE :
Grave
Allegro
Scherzo
Larghetto
Final

Par Pierre GRANDMAISON au grand-orgue

-  Sechs geistliche Lieder d’Hugo WOLF
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’adultes
Direction Lionel SOW

L’association de deux compositeurs aux esthétiques bien divergentes en apparence pourra surprendre plus d’un auditeur. En effet Louis Vierne est un brillant représentant de l’orgue symphonique français, tandis qu’Hugo Wolf prolonge les feux crépusculaire du Lied romantique Allemand. Pourtant un réseau de correspondances rapproche malgré tout (n’oublions pas l’antagonisme franco-allemand au début du XXème siècle) ces deux compositeurs : un intense
lyrisme magnifie leur inspiration, puisée dans l’ombre tutélaire de Richard WAGNER, modèle avoué. Le chromatisme étreignant de
Tristan trouve une étrange résonance chez les deux génies à la sensibilité exacerbée. La Cinquième Symphonie de Vierne (1923-24) est marquée par le désespoir et la dépression devant un destin tragique. Ces pressentiments funestes, ces fêlures angoissées sont néanmoins intégrés dans une forme maîtrisée au plus
haut niveau. Outre le chromatisme omniprésent, on notera l’emploi du leitmotiv, propulsant les cinq mouvements en un même souffle. Les références wagnériennes se retrouverons dans les
six Lieder spirituels d’Hugo Wolf, composés en 1881. Les poèmes d’Eichendorff, si chers à notre compositeur, dégagent un sentiment pesant de mystère nocturne. Si Wolf demeure
un point d’ancrage essentiel du Lied Allemand, nous connaissons moins sa production sacrée. Pourtant les Lieder ouvrant le célèbre
livre Espagnol sont eux aussi d’inspiration spirituelle. Le jeune compositeur s’affirme ici par un emploi du chromatisme très réussi et par une grande sûreté dans le traitement des textures vocales. Ainsi le sentiment mortifère du quatrième
Lied,
Derniers regards, aura rarement atteint une telle intensité soulignant ainsi les merveilleux vers d’Eichendorff : Comme un combattant blessé à mort qui s’est égaré, je titube, et ne peux plus avancer, tant la vie m’a épuisé. La nuit recouvre tout alentour. Tout est silencieux autour de moi, Seigneur, donne moi la paix !

 

VI. Mardi 10 juin 2008 à 20h30

-  Choral sur « Victimae paschali laudes » de Charles TOURNEMIRE
(Improvisation retranscrite par Maurice DURUFLÉ)

-  Scherzo de Maurice DURUFLÉ

-  Première et Deuxième Fantaisies de Jehan ALAIN

-  Sixième Symphonie de Louis VIERNE :
Introduction et Allegro
Aria
Scherzo
Adagio
Final

Par Olivier LATRY au grand-orgue

Ce programme, proposé par Olivier Latry en clôture de cette série de récitals dédiée aux six Symphonies de Louis Vierne, s’affirmera comme un émouvant chemin du
cœur et de l’esprit, rassemblant amis et disciples en une même soirée. La

Sixième Symphonie du Maître de Notre-Dame, son ultime du genre, se trouvera
sertie par des œuvres de Charles Tournemire, Maurice Duruflé et Jehan
Alain. Ecrin subtilement agencé en vérité ! Est-il besoin de rappeler que c’est Maurice
Duruflé, le disciple préféré de Vierne, qui tenait les claviers du grand orgue
lors de la création de cette
Sixième Symphonie en 1934 ? Ce même Duruflé
abattait un travail titanesque en reconstituant d’oreille (!) les
improvisations du génial Tournemire enregistrées à Sainte Clotilde en
1930, dont Olivier Latry jouera la plus célèbre. Autre fleuron de la jeune
école d’orgue française des années trente, Jehan Alain, qui nous étonnera par
la nouveauté fulgurante et la fraÎcheur d’inspiration de ses deux
fantaisies, composées en 1932. Ainsi le crépuscule d’une tradition légendaire sera salué par la flamme juvénile d’un art de l’orgue en pleine mutation.

 

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Les tirants de jeux de l’ancienne console du grand orgue sur laquelle joua Vierne tout au long de son titulariat.

Musée Notre-Dame. ©NDP

 

 

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