Cathédrale d’art et d’histoire

Notre Dame de Paris

Dans le sanctuaire, adossées au pilier sud-est du transept, des fleurs toujours blanches honorent une Vierge à l’Enfant priée sous le vocable de « Notre Dame de Paris ». Dès les origines de la cathédrale au XIIème siècle, un autel dédié à la Vierge fut disposé à cet emplacement.

Cette statue est la plus connue des trente-sept représentations de la Vierge que compte la cathédrale. Sculptée au milieu du XIVème siècle, elle provient de la Chapelle Saint-Aignan située dans l’ancien Cloître des Chanoines sur l’Île de la Cité. Transférée à Notre-Dame en 1818, elle fût d’abord placée au trumeau du Portail de la Vierge en remplacement de la Vierge du XIIIème siècle abattue en 1793. C’est en 1855, au cours de la campagne de restauration de Viollet-le-Duc, qu’elle fut installée à son emplacement actuel, emplacement historique puisque dès la fin du XIIème siècle, un autel à la Vierge était élevé au même endroit.

Longue, élégante, assez fortement hanchée, elle porte sur son bras l’Enfant Jésus qui joue avec la boucle de son manteau dont les larges plis retombent avec grâce ; une couronne couvre sa tête. [1]

À peine jolie, mais si bizarre avec son sourire joyeux éclos sur de mélancoliques lèvres ! Aperçue d’un certain côté, elle sourit à Jésus, presque railleuse. Il semble qu’elle attende un mot drôle de l’Enfant pour se décider à rire ; elle est une nouvelle mère, pas encore habituée aux caresses de son fils. Regardée d’un autre point, sous un autre angle, ce sourire, si prêt à s’épanouir s’efface. La bouche se contracte en une apparence de moue et prédit des pleurs. Peut-être qu’en parvenant à empreindre en même temps sur la face de Notre-Dame ces deux sentiments opposés, la quiétude et la crainte, le sculpteur a voulu lui faire traduire à la fois l’allégresse de la Nativité et la douleur prévue du Calvaire. [2]

C’est auprès de cette statue que le poète Paul Claudel se convertit, au cours des Vêpres du jour de Noël 1886, en témoigne une inscription sur le pavement. Dans son oeuvre, il y fait allusion :
C’était le plus sombre jour d’hiver, et la plus noire après-midi de pluie sur paris, les vêpres dans la demi-nuit de Noël, et le chœur au milieu illuminé or et lin et le grand tapis avec cette disposition d’officiants or et linge jusqu’à l’autel, la cérémonie par rapport à moi latérale et l’allumage de ce peuple blanc qui chante et qui accomplit quelque chose dans le temps réel. [3]
J’étais moi debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et JE CRUS. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. [4]

 

Depuis plus de huit siècles, les pèlerins et visiteurs prient au pied de cette statue Marie, Reine des Cieux, ces prières portées par de nombreuses flammes de dévotion brûlant jours et nuits tout au long de l’année.

 

 

[1"Notre-Dame de Paris, Notice historique et archéologique" de Marcel Aubert, 1950

[2"La Cathédrale" de J.-K. Huysmans, 1898

[3"Visage radieux", 1942

[4"Ma conversion", 1913

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