Décès du Cardinal Jean-Marie LUSTIGER

Le cardinal Jean-Marie Lustiger s’est éteint à Paris, dimanche 5 août 2007, en la Vigile de la fête de la Transfiguration du Christ.

 

 

La messe des funérailles a été célébrée, le vendredi 10 août 2007, à 10h00, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Prés de 6000 personnes étaient présentes : plus de 2500 personnes sur le parvis, 2500 personnes à l’interieur, 500 prêtres, prés de 70 evêques et 16 cardinaux.

Une chapelle ardente avait été organisée jeudi 9 août de 9h00 à 22h00, dans la Cathédrale. Plus de 20 000 personnes ont pu ainsi prier près du Cardinal ou le saluer une dernière fois.

 

 

 
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Biographie du Cardinal Lustiger : cliquez-ici.

Communiqué de Monseigneur André Vingt-Trois, Archevêque de Paris

Le cardinal Jean-Marie Lustiger est mort le dimanche 5 août en la Vigile de la fête de la Transfiguration du Christ, après plusieurs mois d’un long
traitement qu’il a supporté avec constance. Les dernières semaines ont
été plus particulièrement douloureuses et pénibles pour lui. Je veux
d’abord exprimer notre reconnaissance à toutes celles et à tous ceux qui
l’ont accompagné au long de ces derniers mois, en particulier au personnel de la Maison Jeanne Garnier qu’il a quitté aujourd’hui. Nous sommes tous frappés par le chagrin de son départ, même s’il nous y avait préparé depuis quelques temps.

Pour moi, c’est à la fois un père, un frère et un ami que je perds, après
avoir reçu la lourde charge de lui succéder à la tête du diocèse de
Paris. Depuis deux ans, j’ai pu apprécier d’une manière nouvelle sa
délicatesse à mon égard. Toujours disponible pour répondre aux questions que je souhaitais lui poser et me donner les conseils dont j’avais besoin, sans jamais essayer d’interférer dans les décisions que j’avais à prendre ni vouloir s’en mêler de quelque façon.

Pour beaucoup d’évêques de France, de prêtres et de diacres de Paris, c’est celui qui les a consacrés dans leur ministère qui s’en va. Ils savent que ce départ n’est pas un abandon et qu’il continuera de veiller sur eux et de leur être proches.

Pour les catholiques parisiens, c’est un archevêque exceptionnel qui les
quitte. Pendant presque vingt-cinq années d’épiscopat à Paris, il a
marqué profondément la vie de notre diocèse. Sans cesse, il a eu le souci de relancer la mission des chrétiens dans un monde très changeant. Par ses nombreuses initiatives, il a profondément amélioré les moyens apostoliques de notre diocèse : moyens de formation, moyens de communication, moyens de relations culturels avec la société. Des noms évoqueront longtemps les institutions et les initiatives de son ministère épiscopal : École cathédrale, Radio Notre-Dame, Séminaire de Paris, KTO, Faculté Notre-Dame, Paris-Toussaint 2004, Collège des Bernardins, etc.
Pour notre pays, c’est une grande figure qui disparaît. Fils d’immigrés, il
avait à cœur de défendre les droits de l’homme dans une société
démocratique à laquelle il était profondément attaché. Toujours prêt à
intervenir dans les débats publics aux moments difficiles ou importants comme à accueillir discrètement des personnages officiels, il tenait une place particulière dans notre société et dans les débats intellectuels de notre temps, notamment par sa participation à l’Académie Française.

Cardinal de l’Église romaine, il a été un conseiller fidèle et discret des
papes successifs, tout entier dévoué au service de l’évangélisation dans
le monde. Ses nombreux voyages et ses relations internationales donnaient un lustre particulier au siège de Paris. Sa réflexion comme son histoire personnelle l’ont conduit à jouer un rôle important dans l’évolution des relations entre juifs et chrétiens.

La tristesse de sa famille que nous partageons, notre tristesse, bien
naturelle en ce moment pénible, est largement tempérée par l’action de
grâce que nous devons rendre à Dieu pour ce qu’Il a accompli par la vie de son serviteur. Nous croyons qu’il entend la phrase de l’Évangile :
« C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur. » ( Mt. 25, 21)

Lundi 6 août à 21h30, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, je célébrerai une Messe pour confier le Cardinal à la miséricorde de Dieu, en cette fête de la Transfiguration du Seigneur. Tous ceux qui le veulent sont invités à s’y joindre. Une chapelle ardente sera organisée jeudi 9 août de 9h00 à 22h00, dans la Cathédrale, pour permettre aux Parisiens et à ceux qui le voudront de prier près du Cardinal ou de le saluer une dernière fois.

Les obsèques seront célébrées le vendredi 10 août à 10h00, à la
cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

Monseigneur André Vingt-Trois, Archevêque de Paris.

 

Message de sa Sainteté le Pape Benoît XVI à Monseigneur André Vingt-Trois

Apprenant avec une vive émotion le décès du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris, je tiens à vous exprimer ma profonde union de prière avec l’archidiocèse de Paris, avec les proches du défunt et avec tous ceux que touche la disparition de cette grande figure de l’Eglise en France.

Je confie à la miséricorde de Dieu le cher cardinal Lustiger qui consacra généreusement sa vie au service du peuple de Dieu dans le diocèse d’Orléans et dans l’archidiocèse de Paris. Je rends grâce au Seigneur pour son ministère épiscopal, gardant présent le souvenir de ce pasteur passionné par la recherche de Dieu et par l’annonce de l’Evangile au monde. De son ministère auprès des étudiants, il avait gardé le souci des jeunes. Dans les communautés qui lui ont été confiées, il contribua à développer l’engagement missionnaire des fidèles et il s’attacha particulièrement à renouveler la formation des prêtres et des laïcs. Homme de foi et de dialogue, il se dépensa généreusement afin de promouvoir des relations toujours plus fraternelles entre chrétiens et juifs. Intellectuel clairvoyant, il sut mettre ses dons au service de la foi, pour rendre présent l’Evangile dans tous les domaines de la vie de la société.

En gage de réconfort, je vous accorde, Monseigneur, la bénédiction apostolique, ainsi qu’à vos auxiliaires, aux proches du cardinal défunt, aux prêtres, aux diacres, aux personnes consacrées, aux fidèles de l’archidiocèse et à toutes les personnes qui prendront part aux obsèques.

Benedictus PP. XVI

 

Les obsèques du Cardinal Lustiger ont eu lieu le vendredi 10 août 2007

Plus de 5000 personnes étaient rassemblées ce vendredi 9 août pour la messe de funérailles du Cardinal Jean-Marie Lustiger. Sa famille, ses amis, environ 500 prêtres, 70 évêques et 16 cardinaux mais aussi une foule nombreuse représentant le peuple de Paris.
Monsieur Nicolas Sarkosy, président de la République et de nombreuses autorités civiles ont assisté à la célébration.
Le Cardinal Paul Poupard représentait le Saint Père.
Mgr André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, présidait la cérémonie.

Le cercueil a été porté en procession, par des séminaristes du diocèse de Paris, sur le parvis parmi la foule. Puis il fut déposé au pied de la façade de la cathédrale.

« Prière d’accompagnement » par la famille

Le cardinal Lustiger a souhaité que les membres de sa famille, juifs et chrétiens, et des amis disent pour lui quelques prières traditionnelles pour les défunts.

Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris a dit un mot d’accueil.

Jonas Moses-Lustiger, arrière-petit cousin du Cardinal a déposé sur le cercueil de la terre de Terre sainte.
Celle-ci a été recueillie en deux lieux différents. D’une part, le monastère Saint-Georges-Kosiba près de Jéricho, d’autre part, le jardin situé au sommet du Mont des Oliviers d’où l’on peut contempler Jérusalem.
Avant d’être scellée dans un coffret, cette terre a été portée au Kotel (Mur des Lamentations), au Calvaire et au Saint-Sépulcre.

Jonas Moses-Lustiger a lu le Psaume 113 en hébreu puis en français.

Arno Lustiger, cousin du Cardinal et la communauté juive présente a récité le Kaddish des endeuillés.

Procession du cercueil

Le cercueil fut porté à l’intérieur de la cathédrale par six prêtres du diocèse de Paris, revêtus de leur aube et de leur étole violette, au chant du Kyrie de la messe des défunts grégorienne.

Ouverture de la messe

Quatre cierges ont été allumés autour du cercueil du Cardinal par les religieuses qui l’ont accompagné quotidiennement durant son ministère parisien.
Le cercueil du Cardinal a ensuite été recouvert de l’aube et de l’étole, sa crosse de pasteur placée à côté.

Liturgie de la Parole

Les lectures ont été faites par des proches du Cardinal Lustiger.
Livre d’Isaïe 61,1-11
Psaume 39 (40)
Seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4, 5-5
Évangile selon saint Luc 1, 26-38

Puis l’Homélie de Mgr André Vingt-Trois.

Liturgie de l’Eucharistie

Les intentions de prière ont été lues par des collaborateurs du Cardinal Lustiger.

Dernier adieu

Hommage de M. Maurice Druon de l’Académie Française.
Message du Pape Benoît XVI lu par le Cardinal Poupard.
En rappel du baptême et en signe de respect, le corps a ensuite été encensé et béni par l’ensemble des évêques, prêtres et diacres présents.

Descente du cercueil au caveau

Le cercueil a été descendu dans le caveau des archevêques par les services funéraires ainsi que le coffret de Terre sainte.

Une plaque a été posée dans la cathédrale à la demande du Cardinal Lustiger avec le texte suivant :

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© NDP

Je suis né juif.
J’ai reçu le nom
de mon grand-père paternel, Aron.
Devenu chrétien
par la foi et le baptême,
je suis demeuré juif
comme le demeuraient les Apôtres.
J’ai pour saints patrons
Aron le Grand Prêtre,
saint Jean l’Apôtre,
sainte Marie pleine de grâce.
Nommé 139e archevêque de Paris
par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II,
j’ai été intronisé dans cette cathédrale
le 27 février 1981,
puis j’y ai exercé tout mon ministère.
Passants, priez pour moi.

† Aron Jean-Marie cardinal Lustiger
Archevêque de Paris

 

Homélies de Monseigneur André Vingt-Trois

- Lundi 6 août 2007, messe de la Fête de la Transfiguration pour confier le Cardinal Jean-Marie Lustiger à la miséricorde de Dieu : cliquez ici.

- Vendredi août 2007, messe de funérailles du Cardinal Lustiger : cliquez ici.

 

Hommage de Maurice Druon au Cardinal Lustiger

Est-ce un de ces immenses couchers de soleil tombant sur l’océan, dans un enchevêtrement somptueux de pourpres et de gloires ? Ou bien est-ce une de ces aurores superbes, s’élevant de la calotte arctique et embrasant tout l’horizon de sa lumière céruléenne ?

Depuis lundi, l’annonce du trépas de Jean-Marie, cardinal Lustiger, a pris une importance à chaque heure plus vaste et plus significative. Comme si sa forme humaine avait un peu caché sa grandeur, et que se révélait, dans sa totale amplitude, l’image d’un homme au-dessus des hommes.
Jean-Marie était un prédestiné. Le problème juif, la foi juive, le comportement juif, la politique juive et à l’égard des juifs allaient être au centre de l’histoire du siècle, ici et partout.

Comme nous sommes mal équipés, nous terrestres, à l’instant de verser l’hommage de notre admiration, pour tenter d’expliquer l’inexplicable !
Comment un petit juif, né de parents silésiens, dans une bonneterie du XIIe arrondissement de Paris, va, entre onze et quatorze ans, être happé par la foi chrétienne, jusqu’à se convertir contre la volonté des siens ? Comment va-t-il, dans le même temps, frôler les jeunesses hitlériennes et découvrir la haine antisémite, dont il prend une horreur définitive ? N’oublions pas que sa mère a été déportée et est morte à Auschwitz.

Sa foi pourtant ne rompit pas. Mais il ne lui suffisait pas d’être converti. C’est vers l’apostolat qu’il tend. Il veut être prêtre. II le devient.
Aumônier des étudiants, puis pendant dix ans directeur du centre Richelieu de la Sorbonne, où il formera toute une génération de jeunes adultes chrétiens, dix ans ensuite d’immersion paroissiale, et vingt-cinq ans archevêque de Paris, où il renouvellera l’Eglise alors que la société se renouvelait.
Ardent, vigoureux, mobile, multiple, prêchant, écrivant, créateur du message religieux audiovisuel, autoritaire parce que intransigeant sur l’essentiel, ami sans faille aucune de Jean-Paul II qu’il soutint, aida, représenta dans toutes ses entreprises universelles, vous fûtes, Jean-Marie, pendant un quart de siècle, une manière de miracle : l’incroyable survenu, l’invraisemblable manifesté, l’impossible existant ; vous fûtes le cardinal juif.

Cette quadrature du cercle, vous l’avez réalisée en vous et pour le bien de tous. Dans un monde en crise, vous avez repris, renoué, réconcilié en vous-même les deux fondements de notre civilisation et l’avez aidée à soutenir les coups de boutoir non du modernisme mais de la négation.

Longtemps, vous vous êtes dérobé aux avances qui vous étaient faites par l’Académie française. C’est la mort et la pensée trahie du cardinal Decourtray qui vous ont décidé à reconnaître que votre voix était indispensable sous la coupole du quai Conti. Ainsi, pendant douze ans, ai-je eu l’avantage d’être flanc à flanc avec vous, éprouvant tout ce qui vous hissait au-dessus de nous. Quand vous avez senti que la force de vivre se retirait de vous, vous êtes venu, dans un geste unique, simple et sublime, nous dire que nous ne nous reverrions plus. Ainsi avez-vous agi pour toutes les communautés auxquelles vous étiez lié. Vous étiez le fils non pas du hasard, mais de l’exception. Nous n’oublierons ni votre regard ni votre sourire.

Nous venons vous apporter l’hommage de notre attachement, douloureux mais infaillible, Aron Jean-Marie, notre frère supérieur.

Maurice DRUON
Secrétaire perpétuel (h) de l’Académie française.

 

Feuilles liturgiques

- Pour télécharger la feuille de la célébration du lundi 6 août 2007, cliquez ici

- Pour télécharger le livret de la célébration des obsèques du vendredi 10août 2007, cliquez ici

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