Ordinations sacerdotales

Samedi 25 juin 2016 à 9h30

Au cours de cette grande célébration diocésaine, pour le service de l’Église, par le don de l’Esprit-Saint et l’imposition des mains, Son Éminence le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, ordonnera prêtres :
- Vincent Van Rie
- Charles de Geoffre
- Bruno de Mas Latrie
- Édouard Thomé
- Alexis Ossola
- Maxime de Montarnal
- Ollivier de Loture
- Matthieu Jannin
- Michaël Faure
- Sébastien Coudroy
- Philippe Cloarec.

 

Aux cours de ces ordinations, 500 places sont réservées pour les servants d’autel du diocèse de Paris. Des services leur seront proposés, notamment l’accompagnement des célébrants donnant la communion, la distribution des images et une haie d’honneur à la sortie. Ils seront attendus en aube, dès 8h00 sur le parvis pour la répétition.

 

Pour toutes les informations sur les vocations, les diocèses de Paris et de Nanterre mettent à votre disposition le site internet mavocation.org.

 

 

Augustin Bourgue, ordonné prêtre en 2013, interviewé dans la Matinale de RTL


 

 

PARTICIPER

Ces ordinations seront célébrées au cours d’une messe solennelle à laquelle plus de 5000 fidèles participeront. A cet effet, le parvis sera aménagé avec 3500 places assises et un écran géant qui retransmettra toute la célébration. Le parvis et l’intérieur de la cathédrale ne formeront alors plus qu’un seul et même espace liturgique, la cérémonie se déroulant en partie à l’extérieur et en partie à l’intérieur. Près de 500 prêtres seront assis dehors pendant les deux premières étapes de la célébration avant d’entrer en procession dans la cathédrale pour imposer les mains aux nouveaux prêtres.

Cette célébration est une grande image de l’Eglise, Peuple de Dieu, signe de sa présence au milieu du monde.

 

Prière

Seigneur Jésus, au cours de la sainte Cène, par amour pour ton peuple, tu instituas l’eucharistie que tu confias à tes apôtres.

Nous te remercions pour tous les hommes que tu as envoyés depuis ce jour pour qu’ils soient prêtres afin de guider ton peuple et dispenser tes sacrements.

Apprends-nous à les accueillir tels qu’ils sont, avec leurs richesses et leurs pauvretés, et à les soutenir fraternellement dans leurs joies et leurs épreuves. Rends-les toujours plus fidèles aux engagements de leur ordination, dans la joie de servir et de s’unir à toi.

Donne à tes prêtres la grâce de correspondre toujours mieux au Bon Pasteur que tu es, celui qui se fait le serviteur de ses frères et donne sa vie pour ses brebis.

Nous te prions de continuer à susciter de nouvelles vocations. Que ton Esprit soutienne ceux qui perçoivent ton appel et hésitent à te répondre.

Aide-nous aussi à encourager tous ceux que, dans nos familles et notre entourage, tu appelles à servir ton Corps.

Nous te le demandons, à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.

Amen.

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© Godong

 

Rencontres avec les futurs prêtres

Rencontre avec Ollivier de Loture

Ollivier (38 ans) est né au Gabon et a grandi en Anjou, où résident ses parents. Il a deux frères. Ollivier est venu à Paris à l’âge de 18 ans pour des études d’histoire de l’art et de gestion. Il a ensuite travaillé durant six années, dans des fonctions commerciales et de management. Avant d’entrer au séminaire, Ollivier a été longtemps engagé dans le groupe des jeunes de la paroisse Saint-Séverin et dans une fraternité liée à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Après son premier cycle à la Maison Saint-Louis-en-l’Ile, il a vécu deux années à la maison Saint-Bernard, et deux années à la Maison Saint-Vincent, avec un semestre d’étude l’an dernier au Séminaire Français de Rome et à l’institut Jean-Paul II pour la famille. En plus de nombreux apostolats de jeunesse (Pélé VTT, camp de Saint-Ferdinand des Ternes, catéchisme à Franklin et à Saint-Jean de Passy, MEJ...), Ollivier a été en service apostolique dans la paroisse de Notre-Dame de Grâce de Passy et à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Belleville, où il a été ordonné diacre en septembre dernier.

 

Rencontre avec Philippe Cloarec

Philippe (25 ans) est l’aîné d’une famille de quatre enfants : il a une sœur et deux frères. Durant son adolescence, il a été longtemps engagé dans le service de l’autel. Philippe est entré au Séminaire tout de suite après son bac, préparé au Collège Stanislas. Après avoir vécu son premier cycle à la Maison Saint- Séverin, il est parti un an comme matelot dans la Marine Nationale. De retour à Paris, Philippe a fait tout son second cycle à la Maison Saint-Roch, en participant à la vie de l’aumônerie et de la paroisse de Villemomble (93), puis de la paroisse Saint-Lambert où il vient de vivre son année diaconale. Philippe commencera en septembre prochain une licence à l’Institut Biblique de Rome, tout en résidant au séminaire français.

 

Rencontre avec Vincent Van Rie

Deuxième d’une famille de cinq enfants, Vincent (29 ans), est né dans l’Orne et a grandi à Flers, Dijon, Cholet et Pontoise. Après son baccalauréat, Vincent est venu à Paris où il a fait des études de Chimie, tout en étant engagé dans le scoutisme à la paroisse de Sainte-Jeanne de Chantal. Après la Maison Saint-Augustin où il est entré en 2008, Vincent a vécu deux ans à la Maison Saint-Séverin, deux ans à la Maison Saint-Bernard et deux ans à la Maison Saint-Roch. Il revient d’un semestre d’études à l’Université Grégorienne de Rome, durant lequel il vivait au Séminaire Français. Ses engagements dans les paroisses de Notre-Dame de Lorette et de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle, à l’École Active Bilingue, ou dans le MCC durant les années du séminaire l’auront préparé à la mission qu’il commencera en septembre prochain.

 

Rencontre avec Charles de Geoffre

Charles (30 ans) est né à Rouen et a grandi à Rueil-Malmaison (92). Il a quatre sœurs. Après toute sa scolarité suivie à Saint-Jean de Passy, puis deux années d’études à Nanterre, Charles a poursuivi des études de commerce à Reims, où il s’est engagé dans le service liturgique, le catéchisme des enfants et l’aumônerie étudiante. Il est entré après ses études à la Maison Saint-Augustin et a vécu son premier cycle à la Maison Saint-Denys, et son second cycle à la Maison Saint-Germain puis à la Maison Saint-Vincent de Paul. Durant ces quatre dernières années, il a été envoyé à la paroisse de Sainte-Marie des Batignolles, puis à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle.

 

Rencontre avec Bruno de Mas Latrie

Bruno (30 ans) est le quatrième d’une famille de cinq enfants, avec un frère prêtre à la Communauté Saint-Martin et une sœur bénédictine à Notre-Dame du Pesquié. Installée à Paris depuis 1994, son adolescence et sa jeunesse ont été marquées par le scoutisme et la communauté de l’Emmanuel dont ses parents sont membres. Bruno a vécu toute sa scolarité à Saint-Jean de Passy avant de faire des études d’ingénieur des Travaux Publics qu’il a achevées juste avant d’entrer à la Maison Saint-Augustin. Il a vécu son premier cycle à la Maison Saint-Denis du Saint Sacrement, et tout son second cycle à la Maison Saint-Vincent de Paul, avec des services apostoliques dans les paroisses de Notre-Dame de Clignancourt et de Sainte-Marie des Batignolles. Après son ordination diaconale en septembre dernier, Bruno est parti pour un semestre d’étude à l’institut Sophia, tenu par le mouvement des Focolari, à Loppiano (Florence, Italie).

 

Rencontre avec Edouard Thomé

Troisième d’une famille de quatre enfants, Édouard, 28 ans, a grandi à l’ombre de l’église de Saint-François-Xavier (7ème). Il s’y est engagé dans le scoutisme et les servants de messe pendant 10 ans, ainsi que dans les camps d’hiver et d’été de « l’Eau-Vive » (Briançon). Après son baccalauréat passé à l’internat Saint-Jean-Baptiste de la Salle (Rouen), Édouard est parti à 18 ans pour une année de volontariat en Thaïlande avec les pères des Missions Étrangères de Paris (MEP). Au retour, il a passé un diplôme de chimie puis est entré au séminaire au double titre des MEP et du diocèse de Paris. Après son premier cycle à la Maison Saint-Séverin, Édouard achève maintenant quatre années de second cycle à la Maison Saint-Germain, en ayant reçu des apostolats à Saint-Joseph des Nations, Saint-Vincent de Paul, Saint-Ferdinand, et auprès des personnes de la rue avec l’association « Aux captifs la libération ». L’an prochain, Édouard commencera une année de licence de théologie patristique à l’Université Grégorienne de Rome, pour mieux se préparer à sa mission à Madagascar au titre des MEP, mission reçue à la fin de son ordination diaconale en septembre dernier à Saint-François-Xavier.

 

Rencontre avec Alexis Ossola

Alexis a 34 ans. Il a un frère et est originaire de la paroisse Sainte-Odile (17ème). Après son baccalauréat passé à Fénelon-Sainte-Marie (8ème), il a étudié en classes préparatoires au lycée Chaptal (17ème) et fait l’École Nationale Supérieure Agronomique de Rennes, avant de travailler une année environ pour l’Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Aliments. Des engagements dans le scoutisme et auprès des personnes de la rue l’ont préparé à entrer au séminaire en 2008. Après son premier cycle à la Maison Saint-Louis-en-l’Ile, Alexis a vécu trois ans à la Maison Saint-Germain, tout en servant à la paroisse de Notre-Dame de Lorette, à la paroisse de Saint-Germain des Prés et à l’aumônerie de la Sorbonne et des Grandes Écoles-Paris Centre. Puis, Alexis a vécu une année d’apostolat avec l’équipe de la Fraternité missionnaire des Prêtres pour la Ville d’Aubervilliers. Depuis septembre dernier, il se trouve à la Maison de Notre-Dame de la Strada de Bruxelles et prépare, à l’Institut d’Études Théologiques, une licence de théologie dogmatique qu’il achèvera l’an prochain.

 

Rencontre avec Maxime de Montarnal

Maxime a 29 ans. Il est né à Paris et a grandi à Bruxelles, puis à Lisbonne jusqu’à l’âge de 8 ans. En 1994, sa famille s’installe à Paris, auprès de la paroisse de Saint-François-de-Sales. Maxime s’y engagera dans le service de l’autel, le scoutisme, l’animation liturgique et l’étude (scrutatio) de l’Écriture Sainte. Parallèlement, ses études le conduiront du lycée Fénelon-Sainte-Marie (8ème) à Telecom ParisTech (Paris 13ème), dont il sort en 2009 pour entrer à la Maison Saint-Augustin. Au séminaire, Maxime a vécu deux années à Saint-Séverin, deux années à la Maison Saint-Vincent de Paul, une année à la Maison Saint-Louis-en-l’Ile et enfin une demi-année à la Maison Saint-Bernard, après un semestre au Séminaire Conciliaire de Madrid (Espagne). Les services accomplis durant sa formation auprès des paroisses de Saint-Germain des Prés et de Saint-Joseph des Nations, mais aussi auprès des jeunes de l’aumônerie d’Assas (Paris II) et de l’Eau Vive, l’auront préparé au ministère qu’il aura l’an prochain.

 

Rencontre avec Matthieu Jannin

Matthieu a 36 ans et deux frères plus âgés que lui. Il a grandi à Dijon, où résident toujours ses parents. Matthieu a commencé des études de droit en Bourgogne, et est venu les achever à Paris en 2001. Il a ensuite exercé le métier d’avocat durant 6 ans, en plus d’une charge d’enseignement à Assas, tout en étant engagé dans les Équipes Notre-Dame Jeunes. Après son premier cycle de séminaire à la Maison Saint-Louis, Matthieu a vécu trois années à la Maison Saint-Germain l’Auxerrois, durant lesquelles il a été envoyé à la Paroisse Saint-Luc puis à la Paroisse Saint-Joseph des Epinettes. Il a également participé à des apostolats auprès des jeunes à Garges-lès-Gonesse, au MEJ… Depuis son ordination diaconale, Matthieu se trouve à la Maison Notre-Dame de la Strada des séminaristes de Paris envoyés à Bruxelles, où il prépare une maitrise de théologie dogmatique à l’Institut d’Études Théologiques, qu’il achèvera l’an prochain.

 

Rencontre avec Michaël Faure

Michaël (37 ans) est né et a grandi à Cannes. Il a deux sœurs plus jeunes que lui. Michaël est venu à Paris pour préparer ses études de commerce au lycée Carnot, achevées ensuite à Lyon. Après ses études, il a pris une année sabbatique en parcourant l’Amérique du sud à vélo, puis a travaillé durant quatre ans dans une entreprise de conception de jeux vidéo, tout en étant engagé à la paroisse de Notre-Dame du Perpétuel Secours (20ème). Après la Maison Saint-Augustin, Michaël a vécu sa formation à la Maison Saint-Denys du Saint Sacrement puis à la Maison Saint-Roch, avant de s’engager durant deux ans au service des personnes handicapées à l’Arche d’Aigrefoin. Depuis septembre 2014, il achève sa formation au séminaire en participant à la vie de la paroisse de Sainte-Rosalie et de l’aumônerie du Lycée Le Rebours.

 

Rencontre avec Sebastien Coudroy

Âgé de 32 ans, Sébastien, qui a un frère ainé marié, est issu d’une famille paroissienne de Notre-Dame des Victoires à Paris. Élève aux Francs-Bourgeois puis à St Jean de Passy, Sébastien intègre en 2004 l’École Centrale Paris après une classe préparatoire. Durant ses études, il a eu divers engagement pastoraux : groupe de prière, catéchèse, cérémoniaire à Notre-Dame de Paris… Après l’année à la Maison Saint-Augustin et son premier cycle à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles, Sébastien a vécu deux années à Venasque pour approfondir sa connaissance du Carmel et de la spiritualité de l’institut Notre-Dame de Vie. Puis il a repris sa formation à Paris (Maison Saint-Germain, paroisses de Saint-Étienne du Mont et de Notre-Dame de Lourdes). Actuellement, Sébastien prépare une licence de théologie au Studium de Notre-Dame de Vie à Venasque, qu’il achèvera l’an prochain.

 

Homélie du Cardinal André VINGT-TROIS lors des ordinations sacerdotales 2015

Ac 12, 1-11 ; Ps 33 ; 2 Tm 4, 6-8.17-18 ; Mt 16, 13-28

Mes chers amis,

Notre Église de Paris est dans la joie au moment où vous allez être ordonnés prêtres du Seigneur pour l’annonce de l’Évangile et le service des communautés chrétiennes. Notre joie s’unit à celle de la famille de saint Jean Bosco qui fête le deuxième centenaire de son fondateur et à laquelle appartient Pierre Hoang. Nous célébrons cette ordination en communion avec la communauté chaldéenne de France pour laquelle le Patriarche Louis Sako ordonnera prêtre Narsay Soleil dimanche prochain à Sarcelles. Toute l’Église se réjouit de voir que l’appel du Christ retentit encore aujourd’hui et que l’amour de Dieu, répandu en nos cœurs par la foi, suscite la générosité pour répondre à cet appel. Elle rend grâce pour le chemin que vous avez parcouru depuis des années et pour tous ceux qui vous ont accompagnés au long de ce chemin : vos familles que je remercie aujourd’hui, vos éducateurs, compagnons d’étude ou collègues de travail, etc. Même si tous ne reconnaissent peut-être pas le rôle qu’ils ont joué dans votre accueil de l’appel du Christ et dans votre réponse, dans la foi, nous reconnaissons les signes de la présence active de Dieu, même à l’insu de ceux qui en sont les agents.

Nous rendons grâce parce que, en ce troisième millénaire, l’évangélisation continue, mieux, elle se renouvelle pour répondre aux nouvelles conditions de vie des hommes et des femmes à qui la Bonne Nouvelle doit être annoncée. Nous le savons, il n’y a pas de recettes définitives pour la mission. Il n’y a qu’un seul mot d’ordre : aller au-devant de ceux avec lesquels nous voulons partager le trésor de la foi et leur ouvrir sans crainte le livre de la révélation de l’amour de Dieu pour l’humanité. Ce dévoilement du mystère de la miséricorde n’est pas une œuvre simplement humaine dont nous viendrions à bout à force d’imagination apostolique. L’année de la miséricorde décidée par le Pape François n’est pas un simple thème d’année. C’est un appel à entrer plus résolument dans le mystère de la miséricorde, œuvre de la puissance de Dieu.

Entrer dans cette mission où nous sommes livrés aux questions et à la curiosité des hommes suppose que nous soyons d’abord délivrés de nos prisons ; délivrés de l’isolement où nous enferme notre peur d’un environnement supposé hostile, où nous risquons d’être hantés par la « christianophobie » et de trop prétendre au statut tellement envié aujourd’hui de victime. Nous risquons de vivre dans un petit Cénacle avant la visite de l’Esprit-Saint. Isolement aussi où l’on voudrait nous enfermer pour restreindre la mission de l’Église à l’organisation de la piété privée ou à la célébration des rites familiaux. De ces isolements, il faut que l’ange nous délivre en défaisant nos chaînes et nous ouvre la « porte de fer », comme il le fit pour Pierre, et qu’il nous envoie par les rues de la ville témoigner de notre liberté.

Ce que nous vivons aujourd’hui est vrai, ce n’est pas une vision. Peut-être que, comme Pierre, chacun de vous a du mal à y croire, même si vous avancez vers ce moment depuis des années. Non seulement vous avez vécu vos années de préparation directe à l’ordination, mais encore chacun d’entre vous est arrivé à ce temps de préparation après des années de cheminement personnel qui est le secret de Dieu. Les uns sont en marche depuis la petite enfance, d’autres ont vécu une conversion au Christ dans un âge plus avancé. Tous, un jour de votre vie, vous avez été confrontés à la question cruciale : es-tu prêt à tout lâcher pour me suivre ? Es-tu prêt à me faire confiance au point de t’en remettre complètement à moi pour l’avenir de ta vie ?

Le pas que vous avez franchi au moment de votre ordination diaconale a manifesté votre intention de répondre à cet appel. Votre ordination aujourd’hui vous consacre tout entiers pour le service de la mission de l’Église. Par l’imposition de mes mains, accompagnés de tout le presbyterium de Paris et de tous les prêtres présents, vous allez recevoir la puissance de l’Esprit Saint qui fera de votre vie une offrande dans l’offrande du sacrifice de notre Bon Pasteur, Jésus de Nazareth. Vous serez les collaborateurs privilégiés de vos évêques dans la mission « d’annoncer jusqu’au bout l’Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes » présentes en notre ville à la population si diverse. Soyez les bienvenus dans la vigne du Seigneur. Il y a pour vous tout l’ouvrage que vous pouvez espérer, et même plus.

Vous prenez votre service dans une Église parisienne qui a été revivifiée dans sa mission par plusieurs décennies de réflexion et d’initiatives missionnaires. Pour ne parler que de la période récente, comment oublier les Journées Mondiales de la Jeunesse de 1997 ? Comment oublier la grande aventure de Paris Toussaint 2004 ? Ce ne fut pas seulement un congrès sur l’évangélisation, avec la participation de quelques spécialistes. Ce fut une véritable mobilisation dans toutes les communautés parisiennes pour aller au-devant de nos concitoyens et témoigner auprès d’eux de l’espérance qui nous vient du Christ lui-même : le bonheur est offert à tous et il vient du Christ. Au cours des dix années écoulées, j’ai invité sans cesse les catholiques parisiens à prendre leur part de l’activité missionnaire de l’Église. Les trois années de « Paroisse en mission » ont été comme une longue mobilisation de nos forces pour vivre un nouvel élan de la mission. L’Avent 2014 a été une étape décisive dans cet envoi en mission. Il a permis à beaucoup de chrétiens de sauter le pas et de devenir des « disciples-missionnaires » comme nous y invite le Pape François.

L’anniversaire de saint Jean Bosco remet en lumière la mission auprès des jeunes. Certes, les jeunes que nous rencontrons aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux auxquels s’adressait Don Bosco. Cependant, ils ont en commun une attente, parfois une inquiétude, qui concerne leur avenir. Et nous devons nous demander si les perspectives que leur ouvre notre société sont capables de répondre à cette attente et d’apaiser cette inquiétude. En France, beaucoup s’étonnent de la disponibilité de certains jeunes pour croire aux messages délirants d’un fanatisme virtuel. Mais combien vont jusqu’à se demander si notre modèle de société consumériste et libérale ne provoque pas leur indifférence ou leur dégoût ? La réduction d’un avenir idéal aux indices économiques n’est-elle pas le symbole du vide auquel nos jeunes sont confrontés ? Le rejet collectif des réfugiés de la misère humaine qui viennent sombrer sur les côtes de l’Europe ne vient-il pas contredire nos élans de générosité ? Nous voulons bien que le monde change pourvu que rien ne change pour nous. Les mesures coercitives pour combattre les influences sectaires sont nécessaires. Elles ne peuvent pas se substituer au véritable combat : celui des convictions et des projets. Il fait partie de notre mission de montrer, par notre exemple vécu, que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Et ce message, nous devons le porter dans une société traversée par une multiplicité de cultures et de religions.

Comme au temps de Jésus, cette multiplicité de cultures et de religions fait que chacun a son opinion sur lui et chaque opinion reflète à la fois les espoirs enfouis et les réticences méconnues ou cachées comme les nostalgies inavouées. Nous constatons aujourd’hui aussi cette pluralité des regards et des attentes. La question posée par Jésus à ses disciples ne vise pas à solliciter une parole supplémentaire à son sujet. Dans sa formulation même, elle est déjà une question missionnaire : « Et vous que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». La réponse ne juxtapose pas une nouvelle opinion particulière aux précédentes déjà énoncées. Elle témoigne d’une parole qui dépasse son auteur et qui ne vient pas de la sagesse humaine : c’est du « Père qui est aux cieux » que vient la confession de la foi.

À juste titre, la « Confession de Foi de Césarée » est considérée comme un passage charnière dans la constitution du collège apostolique et dans la mise en œuvre de sa mission. A travers le dialogue entre Jésus et Pierre se dessinent les arêtes de la préparation des apôtres à leur mission : connaître quel est le chemin dans lequel Jésus est engagé par sa fonction messianique et apprendre à reconnaître la figure du Serviteur souffrant. L’objection de Pierre nous montre l’écart qui le sépare encore de l’accomplissement du sacrifice. C’est l’itinéraire de toute formation au ministère apostolique qui nous est ainsi manifesté.

C’est pourquoi votre longue formation n’a pas visé à faire de vous des spécialistes en controverse mais des témoins qui se nourrissent de la parole même qu’ils ont la charge d’annoncer. Vous n’êtes pas d’abord des experts en religion, mais des témoins appelés à rendre compte de l’espérance qui est en vous en gageant votre parole sur le don total de votre vie dans le sacrifice du Seigneur.

Cette mission de témoins de l’espérance nous engage chaque jour davantage dans la rencontre avec la raison humaine et les sagesses qu’elle produit. Mais notre champ spécifique n’est pas la marge de l’irrationnel dans une société vouée à l’efficacité de la raison scientifique. La confrontation de la foi chrétienne et de la raison n’est pas un combat perdu d’avance. Elle suppose un véritable engagement des ressources de l’intelligence humaine au service de la compréhension de la Parole de Dieu qui éclaire et nourrit notre vie. Si les hommes de notre temps sont en quête, ou du moins s’ils ont besoin, de repères existentiels ou de sagesse, nous n’avons pas à rougir de la sagesse du Christ que nous proposent les évangiles. Elle supporte aisément la comparaison avec les sagesses qui l’ont concurrencée au XXe siècle qui fut d’abord un siècle de barbarie et d’horreur. Et malheureusement le XXIe siècle montre en ses débuts que la soif du pouvoir et de la domination ne cesse pas de faire ses ravages à travers le monde, au Moyen-Orient et même en Europe.

Mais l’histoire personnelle de Jésus et l’histoire de la mission de l’Église à travers les siècles nous montrent comment cette sagesse qui vient de Dieu lui-même peut être perçue comme une folie aux yeux du monde : la folie de la croix, la folie de l’amour. Que la personne du Christ et la mission de l’Église soient controversées n’est pas une nouveauté particulière à notre temps. C’est une donnée permanente de la rencontre de la Révélation divine avec les attentes humaines ou les utopies sur l’avenir. Cette controverse n’est pas un simple débat intellectuel. Elle est le reflet de la lutte de la liberté humaine avec la Vérité qui l’éclaire et la questionne. Elle ne doit ni nous surprendre ni nous effrayer. Elle est le régime normal du combat de l’homme pour accéder à la plénitude de sa vocation de fils de Dieu.

Notre ministère, fondé sur la consécration de notre vie par le don de l’Esprit, fait de nous des compagnons de tout homme dans ce combat où nous devons nous-mêmes convertir sans cesse notre regard et notre engagement pour ne pas devenir un obstacle à l’accomplissement du Salut. Il ne nous constitue pas en juges, moins encore en accusateurs. Il fait de nous des témoins qui attestent que la vie des hommes n’est pas dominée par la fatalité des forces obscures. Nous annonçons que Dieu ouvre, même aux païens, « la porte de la foi. » Il ne leur promet pas la mort.

La joie de notre ministère ne vient pas des avantages sociaux ni du confort de notre existence ou de l’intérêt de nos activités. Notre véritable joie, la plénitude de la joie que Jésus promet aux siens, une joie que nul ne peut nous ravir, c’est l’espérance dont nous sommes porteurs au bénéfice de tous les hommes et de toutes les femmes de notre temps. Vous êtes consacrés comme témoins de cette espérance comme le furent jadis les prêtres qui vont vous imposer les mains. Parmi eux, les jubilaires dont nous partageons la joie et l’action de grâce attestent la fidélité de Dieu à ceux qu’Il choisit et qu’Il envoie. Ne doutez pas de cette fidélité de Dieu !

Ne doutez pas de la mission de notre Église ! C’est elle qui définit votre propre mission et qui vous porte maternellement dans sa prière comme nous allons le faire à l’instant en invoquant les saints qui nous entourent invisiblement. Elle vous porte quotidiennement par la prière et l’offrande secrètes de tant de vie cachées dans les cloîtres ou dans les monastères invisibles de notre mégapole. Elle vous porte par la prière communautaire faite avec vos frères dans le ministère et dans la communion avec eux. Elle vous porte dans cette magnifique assemblée. Elle vous porte dans la supplication quotidienne de votre archevêque. Comme le psaume nous le dit des anges : ils te porteront pour que ton pied ne heurte les pierres !

Soyons tous dans la joie et l’allégresse car le Christ nous a choisis pour être avec lui et devenir ses amis !

Frères et Sœurs, vous qui êtes présents à cette célébration et vous qui vous joignez à notre prière par la télévision et la radio, je vous invite à prier avec ferveur pour ceux que le Seigneur a choisis. Je vous invite à les soutenir dans leur ministère. Ils sont envoyés pour présider à la charité entre les membres de l’Église et pour vous soutenir dans votre mission de témoins du Christ dans les différents domaines de votre existence. Ils sont une grâce pour notre Église de Paris et pour l’Église entière. Avec saint Paul, nous bénissons Dieu pour les « dons qu’Il fait aux hommes… Il a donné certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres encore comme évangélistes, d’autres enfin comme pasteurs et chargés de l’enseignement, afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ… » (Eph. 4, 8…11)

Enfin, je m’adresse aux jeunes hommes qui sont ici et dont la vie n’est pas encore engagée. Chers amis, c’est parmi vous que le Seigneur choisit ceux qu’Il veut pour « être avec lui » et les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle. C’est à votre liberté qu’Il s’est adressé et qu’Il s’adresse aujourd’hui. C’est pour la mission de son Église qu’Il vous appelle. C’est pour le plus grand service que l’on puisse rendre aux hommes que je vous appelle aujourd’hui. Ne laissez pas la question se diluer et se perdre. Voyez l’immensité de la mission dans notre grande cité, dans la province d’Ile de France et dans le monde entier. Voyez la multitude des hommes qui attendent une parole d’espérance et une promesse de vie. Réfléchissez et décidez !

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris
27 juin 2015, Notre-Dame de Paris

 

le prêtre, témoin du Christ !

Ce n’est pas le spécialiste en communication qui doit dire au martyr comment il doit confesser le nom du Christ, c’est l’Esprit de Dieu.
Cardinal Jean-Marie LUSTIGER

 

Extrait de l’homélie du Cardinal Jean-Marie Lustiger pour les ordinations, le 28 juin 1997 à Notre-Dame de Paris.

 

Vous trouverez des centaines de documents - imprimés, sonores ou vidéo - du Cardinal LUSTIGER sur le site de l’Institut Jean-Marie LUSTIGER.

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