Solennité de la Dédicace de la cathédrale

Jeudi 16 juin 2016

Le 16 juin sera marqué comme tous les ans par la solennité de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La Dédicace est la cérémonie qui consacre une église comme lieu de culte et de prière. Elle devient vraiment Maison de Dieu et Demeure de Hommes. Commémorer la Dédicace, c’est se rappeler la vocation de ce lieu, lieu de rassemblement du peuple chrétien, lieu d’où s’élèvent ses prières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 12h00 : Messe de la Dédicace solennisée au maître-autel

- 17h45 : Vêpres solennelles de la Dédicace
en présence des Chanoines du Chapitre cathédral

- 18h15 : Messe solennelle de la Dédicace
en présence de nombreux prêtres, diacres et séminaristes du diocèse de Paris.

Maîtrise Notre-Dame de Paris, Jeune Ensemble, Chœur d’enfants
Henri CHALET : direction
Yves CASTAGNET : Orgue de Chœur

 

Hymne des vêpres de la dédicace

Église de toujours, aux écoutes du monde,
Entends-tu bouillonner les forces de l’histoire ?
La terre est travaillée d’une sourde violence,
Affamée d’unité, en mal de délivrance.

Église de toujours, au service du monde,
Enracine la foi au creux de nos détresses.
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d’angoisse et de promesse.

Église de toujours, Évangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante.
Baptise dans l’Esprit l’éclosion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire.

 

La Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dans l’Île de la Cité on trouve au VIème siècle l’ecclesia, constituée de trois édifices, dont les noms respectifs apparaissent par la suite :
- Saint-Étienne (690), l’église de l’évêque,
- Saint-Marie (775), celle du chapitre,
- Saint-Jean-le-Rond, le baptistère.
Par delà les destructions accumulées par les Normands, il en alla ainsi jusqu’au XIème siècle. C’est alors que Sainte-Marie supplanta Saint-Étienne. EN 1163, l’évêque Maurice de Sully entreprit de la reconstruire. Le culte fut inauguré dans le nouvel édifice en 1190, mais les travaux se poursuivirent au cours du XIIIème siècle.

Entre temps, Notre-Dame était devenue la maison du peuple de Paris et des rois de France, associée à toutes les joies et tous les deuils de la ville et de la nation. Après les vicissitudes de la Révolution et l’éclat passager du sacre impérial, Notre-Dame menaçait de ruine. Sa restauration, décidée en 1844, fut menée à bien par Viollet-le-Duc et couronnée par sa dédicace, le 31 mai 1864. La dédicace est désormais célébrée à l’anniversaire de la consécration du nouvel autel par le cardinal Lustiger le 16 juin 1989.

 

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Consécration de la cathédrale le 31 mai 1864

à l’issue des travaux de restauration entrepris en 1844 par Viollet-le-Duc. Gravure XIXème.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois lors de la Fête de la Dédicace 2015

- Ap 21, 9b-14 ; Ps 83 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 10, 22-30

Éminence, Messeigneurs, Chers Frères Chanoines, Frères et Sœurs,

La fête de la dédicace de cette cathédrale que nous célébrons aujourd’hui est un signe, non pas simplement pour sacrifier au rite de la commémoration, mais plutôt pour mieux percevoir l’actualité forte de la foi qui nous habite quand nous sommes réunis autour de l’autel du Seigneur. Combien de millions d’hommes et de femmes sont entrés dans cette église et auraient été très embarrassés de rendre compte de ce qu’ils avaient vu, entendu et compris ? Car tous ces visiteurs - dont beaucoup ignorent tout du christianisme, d’autres ont une vague culture chrétienne et d’autres sont des chrétiens convaincus -, quand ils entrent dans cet édifice, sont évidemment saisis par la beauté architecturale et par le langage mystérieux qui s’exprime à travers la hardiesse de la conception de ce grand vaisseau, et en même temps, par le recueillement qui règne en ce lieu. Tout cela ne fait que donner un signe, c’est le cœur qui accueille ce signe et qui lui donne sa force par la foi qu’il lui accorde. Nous connaissons quelques cas célèbres et exceptionnels de personnes qui sont entrées ici vaguement curieuses, ou esthétiquement intéressées, et dont le cœur a été bouleversé, non seulement par la vue de la beauté mais encore par la vue de la communauté vivante qui habitait ce lieu. Le plus célèbre d’entre eux, en tout cas le plus connu, est Paul CLAUDEL, mais il en est bien d’autres… Une église de pierres, comme celle qui a été ici consacrée et dont nous célébrons l’anniversaire de la dédicace fait partie de la totalité du mystère sacramentel de l’Église. Cela signifie qu’elle donne quelque chose à voir, mais on ne peut comprendre ce que l’on voit que si la liberté est engagée dans une relation de foi, sinon évidemment, il suffirait que les touristes circulent d’un côté à l’autre du bâtiment pour que ceux qui étaient entrés païens en ressortent chrétiens !

Or, nous savons bien que cela ne se réalise pas ainsi, non seulement parce que beaucoup d’éléments constitutifs du lieu sont des symboles dont il faut connaître la clef d’interprétation, mais surtout, parce que c’est de notre cœur que dépend notre capacité à comprendre et à accueillir le message qui nous est livré. Ces symboles, le livre de l’Apocalypse nous en donnent un aperçu par les douze portes de la Ville sainte qui évoquent les tribus, puis les douze colonnes qui évoquent les apôtres et dont le souvenir est conservé dans les églises consacrées puisque douze piliers sont marqués de l’onction du Saint Chrême. Ceux-ci attestent que cette église repose sur le fondement apostolique. En ce jour de fête, ces piliers sont éclairés par des cierges qui brûlent devant les croix qui rappellent les onctions qu’ils ont reçues. Symbole encore que l’organisation liturgique de l’espace avec la centralité de l’autel qui figure le Christ au milieu de son Église. Symbole que l’ambon d’où je vous parle et qui magnifie la place de la Parole de Dieu dans notre liturgie. Mais symbole surtout du peuple de Dieu rassemblé, « pierres vivantes » comme nous dit l’apôtre Pierre, « pierres vivantes » d’une Église qui n’est pas un bâtiment mais qui est un peuple dont l’architecte, pour filer l’image du bâtiment, est Dieu lui-même d’après saint Paul. Symbole de ce peuple dont chacun et chacune des membres sont inégalement sanctifiés, inégalement convertis, et pourtant déjà pleinement unis au Christ dans l’espérance que la vie qu’il répand dans nos cœurs transformera nos existences et fera de nous des témoins et des lumières au milieu de ce monde.

Symbole aussi d’une Église qui ne peut pas se contenter d’être une Église spirituelle, invisible. Spirituelle elle l’est, invisible elle l’est, parce que jamais nous n’en maîtrisons les limites, jamais nous n’en pouvons connaître la composition exacte, jamais nous ne pouvons enfermer l’Église dans nos représentations, mais en même temps, cette Église spirituelle et invisible n’a de réalité pour l’intelligence et la liberté des hommes qu’à travers ce qu’elle est capable de montrer de visible. Car telle est la révélation du Dieu d’Israël, celui que nul n’a jamais pu voir sans mourir : il a voulu que sa parole se traduise par des événements historiquement repérables et s’incarne finalement dans la personne de Jésus.

Oui, nos églises, nos bâtiments, et nous comme peuple de Dieu, Église du Christ, nous sommes la partie visible d’une réalité invisible qui nous dépasse infiniment, et malgré nos limites et notre péché, nous savons que l’accès à la réalité invisible passe par la perception de l’élément visible. On peut évidemment toujours imaginer une Église des cœurs qui serait imperceptible aux sens mais elle serait alors aussi inaccessible aux hommes. Comme on peut imaginer un Dieu éthéré, d’une autre nature, mais que rien ne permet de rencontrer. Ce n’est pas ce Dieu-là qui s’est révélé à nous. Le Dieu qui s’est révélé à nous c’est celui qui a pris chair et qui s’est rendu visible à nos yeux, comme Jésus était visible dans le temple, et comme ses œuvres lui rendaient témoignage.

Aussi, frères et sœurs, nous sommes attachés à nos églises de pierres, mais surtout au corps du Christ ressuscité qui les habite et qui leur donne leur densité humaine. Cet attachement n’est pas simplement de l’ordre du souvenir ou de l’esthétique, c’est vraiment la conviction que nos églises sont le sacrement de la présence de Dieu au milieu des hommes, comme notre cathédrale est un signe de la présence de la foi au cœur de la Cité, comme chacun et chacune d’entre nous est appelé à devenir un témoin de cette foi par les œuvres qu’il accomplit dans la puissance de l’amour.

Rendons grâce à Dieu qui nous fait participer de cette visibilité de l’Église et ainsi du message que Dieu adresse à toute liberté humaine, même si chacune des libertés n’est pas capable de déchiffrer le message au moment où elle l’aperçoit, mais à travers les signes qui lui sont donnés, c’est le Dieu de l’univers, visible et invisible, qui s’offre comme Père et comme pasteur.

Amen.

André cardinal VINGT-TROIS

 

Le maître-autel de Jean et Sébastien TOURET

Lors de l’un de ses entretiens hebdomadaires [1] sur Radio Notre-Dame, le cardinal LUSTIGER présentait le nouveau maître-autel de la cathédrale réalisé par Jean et Sébastien TOURET :

Un magnifique coffre de bronze avec un haut-relief de huit personnages : les quatre évangélistes (Mathieu, Marc, Luc, Jean) [2] et les quatre grands prophètes (Ezéchiel, Isaïe, Jérémie, Daniel) [3], comme déjà au portail sud [4] de Notre-Dame suivant la tradition de l’Église. L’autel est élevé à la croisée du transept, au centre de la cathédrale que Viollet-le-Duc avait déjà marqué extérieurement d’une flèche. Il fait converger vers lui tous les regards lorsque nous célébrons le signe le plus éclatant de l’amour de Dieu, le mystère eucharistique.

Jean TOURET voyait dans cet autel le lieu-temple, le lieu de rassemblement, et l’endroit de la descente de Dieu construit pour accueillir le geste du prêtre, la monumentalité du prêtre à l’autel. Il existe un rapport objectif entre l’objet et le geste.

Ce nouvel autel fut consacré le 16 juin 1989, à 19h00, par le Cardinal LUSTIGER et ses évêques auxiliaires, en présence de nombreux prêtres, séminaristes et fidèles de Paris.

En 1190, Maurice de Sully, alors évêque de Paris, avait inauguré le culte dans la cathédrale en cours de construction. Au XIXème siècle, après la restauration de Viollet-le-Duc, la dédicace de la cathédrale fut célébrée le 31 mai 1864. Selon le vœu du Cardinal LUSTIGER, nous fêtons tous les ans à la même date du 16 juin ces deux événements de la dédicace de la cathédrale et de la consécration de son autel, puisque désormais le calendrier de l’Église universelle nous fait célébrer la Visitation le 31 mai.

 

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Messe à Notre-Dame présidée par le cardinal LUSTIGER.

On peut voir le maître-autel, l’ambon, les chandeliers, et sur pilier du choeur, Saint Denis et ses compagnons. Ensemble réalisé par Jean et Sébastien TOURET. © Godong

 

 

 

[1le 14 juin 1989

[2de face

[3sur le deux faces latérales

[4au centre de la claire-voie sous la Rose Sud

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