Solennité de la Dédicace de la cathédrale

Mardi 16 juin 2015

Le 16 juin sera marqué comme tous les ans par la solennité de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La Dédicace est la cérémonie qui consacre une église comme lieu de culte et de prière. Elle devient vraiment Maison de Dieu et Demeure de Hommes. Commémorer la Dédicace, c’est se rappeler la vocation de ce lieu, lieu de rassemblement du peuple chrétien, lieu d’où s’élèvent ses prières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 12h00 : Messe de la Dédicace solennisée au maître-autel

- 17h45 : Vêpres solennelles de la Dédicace
en présence des Chanoines du Chapitre cathédral

- 18h15 : Messe solennelle de la Dédicace
présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris
en présence de nombreux prêtres, diacres et séminaristes du diocèse de Paris.
Au cours de cette messe, les nouveaux clercs de la cathédrale recevront leur croix de clerc.

Maîtrise Notre-Dame de Paris, Jeune Ensemble, Chœur d’enfants
Henri CHALET : direction
Yves CASTAGNET : Orgue de Chœur

 

Hymne des vêpres de la dédicace

Église de toujours, aux écoutes du monde,
Entends-tu bouillonner les forces de l’histoire ?
La terre est travaillée d’une sourde violence,
Affamée d’unité, en mal de délivrance.

Église de toujours, au service du monde,
Enracine la foi au creux de nos détresses.
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d’angoisse et de promesse.

Église de toujours, Évangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante.
Baptise dans l’Esprit l’éclosion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire.

 

La Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dans l’Île de la Cité on trouve au VIème siècle l’ecclesia, constituée de trois édifices, dont les noms respectifs apparaissent par la suite :
- Saint-Étienne (690), l’église de l’évêque,
- Saint-Marie (775), celle du chapitre,
- Saint-Jean-le-Rond, le baptistère.
Par delà les destructions accumulées par les Normands, il en alla ainsi jusqu’au XIème siècle. C’est alors que Sainte-Marie supplanta Saint-Étienne. EN 1163, l’évêque Maurice de Sully entreprit de la reconstruire. Le culte fut inauguré dans le nouvel édifice en 1190, mais les travaux se poursuivirent au cours du XIIIème siècle.

Entre temps, Notre-Dame était devenue la maison du peuple de Paris et des rois de France, associée à toutes les joies et tous les deuils de la ville et de la nation. Après les vicissitudes de la Révolution et l’éclat passager du sacre impérial, Notre-Dame menaçait de ruine. Sa restauration, décidée en 1844, fut menée à bien par Viollet-le-Duc et couronnée par sa dédicace, le 31 mai 1864. La dédicace est désormais célébrée à l’anniversaire de la consécration du nouvel autel par le cardinal Lustiger le 16 juin 1989.

 

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Consécration de la cathédrale le 31 mai 1864

à l’issue des travaux de restauration entrepris en 1844 par Viollet-le-Duc. Gravure XIXème.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois lors de la Fête de la Dédicace 2014

- Ap 21, 9b-14 ; Ps 83 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 10, 22-30

Frères et Sœurs,

La célébration du jubilé du 850e anniversaire de cette cathédrale, au cœur de l’Année de la Foi promulguée par le Pape Benoît XVI, a été l’occasion pour beaucoup de chrétiens, et notamment pour beaucoup de communautés et de paroisses du diocèse de Paris, de venir ici en pèlerinage pour y renouveler la profession de foi de leur baptême. À cette occasion, ils ont eu la possibilité de découvrir, de redécouvrir ou d’approfondir, la connaissance qu’ils avaient non seulement du monument qu’est la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais aussi de son sens et de sa fonction dans la mission de l’Église. En célébrant la mémoire de sa dédicace, il est bon pour nous de revenir quelques instants sur la mission et la signification de cette cathédrale.

Quand la vision du Voyant de l’Apocalypse nous révèle une image de la Nouvelle Jérusalem, telle qu’il la découvrait, c’est évidemment pour nous faire comprendre que Jérusalem n’est plus seulement un lieu géographique, mais qu’elle est devenue la figure de la présence de Dieu parmi les hommes et que cette présence se révèle à travers la splendeur de l’Église, non seulement, évidemment, comme bâtiment ecclésial, qui n’existait pas dans les proportions où nous le connaissons aujourd’hui, mais surtout comme corps ecclésial.

Les douze cierges allumés devant les douze croix qui marquent les douze piliers de la consécration de la cathédrale évoquent le fondement apostolique de l’Église. De même que la cathédrale repose physiquement sur ses piliers, le corps ecclésial, qui est l’âme de cette cathédrale, repose sur la communion apostolique. Et de même que les portes imaginées dans la vision de l’Apocalypse évoquent la mission de l’Église dans toutes les directions de l’humanité, la place et la construction de notre cathédrale évoquent sa mission au cœur de la cité. La cathédrale au cœur d’un diocèse est d’abord, comme le temple au cœur de la ville de Jérusalem était le signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple, le signe de la présence du Christ à son Église. C’est le signe visible d’une présence invisible. Aucune, aucun d’entre nous ne verra jamais le Christ vivant, sinon après la mort. Durant le temps de notre vie sur cette terre, nous sommes appelés à reconnaître la présence du Christ à travers les signes qu’il nous donne. Nos églises sont des signes de la présence de Dieu au milieu des hommes. La diversité des périodes de construction, des styles, de l’aménagement de ces lieux est en elle-même un signe, car cette diversité évoque la manière dont la présence du Christ au monde se transforme et trouve des modes d’expression qui correspondent à la population à laquelle il veut être présent.

Mais ces lieux symboliques de la présence du Christ à la cité n’auraient aucune importance, ni aucune valeur, ni aucune efficacité s’ils ne représentaient pas en même temps le corps vivant de l’Église, c’est-à-dire non plus des temples de pierres, mais les temples spirituels que constitue le peuple de Dieu rassemblé par l’Esprit Saint. Pierres vivantes, le Christ nous assemble pour que, réunis, nous puissions constituer un autre signe visible de sa présence au milieu des hommes. De même que la cathédrale dans la beauté architecturale du bâtiment pose un signe au cœur de notre cité, de même les communautés chrétiennes, dans la diversité de leur composition, dans la multiplicité des fruits que la grâce produit à travers le cœur de chacun de leurs membres, dans la parole qu’elles expriment au cœur de la société, représentent le Christ vivant et agissant pour le monde. Mais il va de soi que cette présence des chrétiens à la société, que le témoignage qu’ils peuvent rendre au Christ dans les différentes circonstances de leur vie, puisent leur identité et leur force dans la célébration eucharistique qui les rassemble au cœur de l’Église. Il n’y a pas d’Église vivante sans chrétiens vivants, témoins du Christ. Il n’y a pas de chrétiens vivants, témoins du Christ sans la communion eucharistique au corps de Jésus tel qu’il s’est donné à ses disciples.

Et ainsi, nos églises, et tout particulièrement les cathédrales, deviennent à la fois le lieu où nous sommes rassemblés pour accueillir le don de la grâce de Dieu et le lieu où nous pouvons donner le signe d’un peuple uni dans la communion de l’amour, comme le Père est uni au Fils et ne fait qu’un avec Lui.

Frères et sœurs, en célébrant cette fête de la Dédicace, nous sommes remplis d’action de grâce, non seulement pour les premiers bâtisseurs de cette cathédrale, non seulement pour la communauté de foi qui a permis qu’elle s’élève au cœur de la cité, mais encore pour toutes les générations de chrétiens qui ont apporté leur contribution à son embellissement, mais surtout qui ont contribué à faire de ce lieu, le lieu vivant de la présence du Christ. Notre cœur est rempli d’action de grâce parce que parmi ces millions de visiteurs qui parcourent chaque année le parvis, puis l’intérieur de la cathédrale, beaucoup pour la première fois de leur vie, ont une chance de découvrir un signe que Dieu n’abandonne pas les hommes et que le Christ garde ceux que le Père lui a donnés pour être témoins de son amour.

Amen.

André cardinal VINGT-TROIS

 

Le maître-autel de Jean et Sébastien TOURET

Lors de l’un de ses entretiens hebdomadaires [1] sur Radio Notre-Dame, le cardinal LUSTIGER présentait le nouveau maître-autel de la cathédrale réalisé par Jean et Sébastien TOURET :

Un magnifique coffre de bronze avec un haut-relief de huit personnages : les quatre évangélistes (Mathieu, Marc, Luc, Jean) [2] et les quatre grands prophètes (Ezéchiel, Isaïe, Jérémie, Daniel) [3], comme déjà au portail sud [4] de Notre-Dame suivant la tradition de l’Église. L’autel est élevé à la croisée du transept, au centre de la cathédrale que Viollet-le-Duc avait déjà marqué extérieurement d’une flèche. Il fait converger vers lui tous les regards lorsque nous célébrons le signe le plus éclatant de l’amour de Dieu, le mystère eucharistique.

Jean TOURET voyait dans cet autel le lieu-temple, le lieu de rassemblement, et l’endroit de la descente de Dieu construit pour accueillir le geste du prêtre, la monumentalité du prêtre à l’autel. Il existe un rapport objectif entre l’objet et le geste.

Ce nouvel autel fut consacré le 16 juin 1989, à 19h00, par le Cardinal LUSTIGER et ses évêques auxiliaires, en présence de nombreux prêtres, séminaristes et fidèles de Paris.

En 1190, Maurice de Sully, alors évêque de Paris, avait inauguré le culte dans la cathédrale en cours de construction. Au XIXème siècle, après la restauration de Viollet-le-Duc, la dédicace de la cathédrale fut célébrée le 31 mai 1864. Selon le vœu du Cardinal LUSTIGER, nous fêtons tous les ans à la même date du 16 juin ces deux événements de la dédicace de la cathédrale et de la consécration de son autel, puisque désormais le calendrier de l’Église universelle nous fait célébrer la Visitation le 31 mai.

 

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Messe à Notre-Dame présidée par le cardinal LUSTIGER.

On peut voir le maître-autel, l’ambon, les chandeliers, et sur pilier du choeur, Saint Denis et ses compagnons. Ensemble réalisé par Jean et Sébastien TOURET. © Godong

 

 

 

[1le 14 juin 1989

[2de face

[3sur le deux faces latérales

[4au centre de la claire-voie sous la Rose Sud

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