Cathédrale d’art et d’histoire

L’orgue médiéval 1357-1609

L’histoire des orgues de Notre-Dame de Paris commence au XIIIème siècle. Dès 1357 est attestée la présence du premier instrument, suspendu en « nid d’hirondelle » sous une fenêtre haute de la nef, et qui devait s’y trouver sans doute depuis près de cent ans. C’est sans doute cet orgue que l’Organista de Notre-Dame, Pierre de LA CROIX, utilise en 1299. C’est encore un instrument modeste comprenant un petit clavier (peut-être de 36 touches), un plein jeu progressif et dont le plus grand tuyau devait mesurer 6 pieds de haut. En 1392 le Chapitre nomme l’organiste Renaud de Reims qui obtient dès l’année suivante une visite d’experts concluant à la nécessité d’une réparation considérable. Restauré en 1394 grâce à la générosité du roi Charles VI, il est ensuite considéré comme insuffisant pour nourrir la vaste nef de la cathédrale ; les chanoines trouvent en la personne du Duc de Berry un généreux donateur et commandent un nouvel instrument au facteur d’orgue Frédéric Schambantz.

En 1401 on décide donc de placer le nouvel instrument sur une haute et étroite tribune de pierre au-dessus du grand portail ouest, alors que l’ancien orgue continue son office. Ainsi pendant plusieurs décennies il y eut deux instruments dans la grande nef de la cathédrale. Le 25 octobre 1403 le nouvel orgue est terminé ; un dessin du chœur de la cathédrale, d’Israël Sylvestre, laisse deviner à l’arrière plan le buffet en fond de nef.

Trois tourelles de 12 à 15 pieds de haut, la plus haute au centre (sans doute de 18 pieds), entourent quatre plates-faces, l’ensemble ayant 20 pieds de large. L’instrument est alimenté par 12 petits soufflets placés derrière le buffet. La partie inférieure est décorée d’ornements mais aussi d’automates (un soleil qui tourne et un petit homme qui joue). Il comprend un clavier de 46 notes et déjà un pédalier. L’organiste Renaud de Reims dispose ainsi d’un grand blockwerk mais toutefois plus modeste que les orgues des cathédrales d’Amiens et de Reims : environ 600 tuyaux avec 8 tuyaux par note dans le grave et de 15 à 18 en haut dans les dessus.

Trois ans plus tard, pour protéger le buffet non équipé de volets, on y fait mettre une courtine. En 1415, l’instrument fait l’objet de réparations et un nouvel organiste, Henri de Saxe, est nommé sur concours. On précise également ses obligations : 23 fêtes dans l’année aux premières vêpres et à la messe (Kyrie, Gloria, Séquence, Sanctus, Agnus) ; il doit aussi entretenir l’orgue. A ces services ordinaires s’ajoute déjà la participation à des évènements exceptionnels (tels que le sacre du jeune roi d’Angleterre Henri VI couronné à Notre-Dame en 1430).

Pendant ce temps le vieil orgue du XIIIème siècle, toujours accroché dans la nef, est laissé à l’abandon et finalement, en 1425, on décide de le vendre au poids du métal (800 livres d’étain). Plusieurs organistes se succèdent en peu de temps : Jacques Lemol (1436-1440), Arnoul Gréban, organiste et maître de musique des enfants (1440-1453), Jean Bailly (1453-1458), Jean Campana.

Ce dernier, nommé en 1458, fait revoir l’orgue par le facteur d’orgues Jean Bourdon de Laon. En 1463 on fait appel à l’organiste de la Sainte Chapelle et un relevage de l’instrument est réalisé par le facteur troyen Jean Robelin, grâce au mécénat de l’évêque de Troyes. Dans les décennies qui suivent, quatre organistes tiendront successivement les claviers : Jean Hannyn (1475), Etienne Farcilly (1477), Jean Peu (1504), Jean Regnault (1515). A ce dernier les chanoines reprochent trop de modernisme à l’égard des modes musicaux car il change le ton des Antiennes : alors, le 14 mars 1527, on le remercie ! Pendant deux ans il est remplacé par Pierre Mouton (1527-1529) puis reprend sa place et fait réaliser un relevage de l’instrument par le facteur Pasquier Bauldry. Il ne verra pas l’achèvement de ces travaux importants (sommiers neufs, protection contre la poussière, harmonisation plus douce à la demande du Doyen du Chapitre, remplacement de tuyaux). Loys Regnault succède à son oncle et obtient en 1564 un nouveau relevage effectué par Nicolas Dabenet : le clavier est étendu, des tuyaux sont réparés, les soufflets sont revus, la mécanique de tirasse est équipée d’un abrégé.

Par la suite bien des tuyaux sont remplacés, le plus souvent à l’identique ; ainsi le facteur d’orgues Valéran de Héman intervient en 1619 et remplace 300 tuyaux mangés de rouille. Pour autant les sommiers et la disposition générale restent intacts (et seront ainsi en place jusqu’en 1730). De nouveaux organistes se succèdent au clavier : Henri Bérenger (1568), Jean D’Oisy (1570) qui obtient du chapitre l’achat d’un petit orgue pour la formation des enfants de la maîtrise, puis Pierre Chabanceau de la Barre (1579). Enfin en 1600 Guillaume Maingot devient le dernier titulaire de l’orgue médiéval encore intact.

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