25e anniversaire de la consécration épiscopale du cardinal Vingt-trois et de Mgr Soubrier

Dimanche 13 octobre 2013 à 18h30

Le cardinal André Vingt-Trois et Mgr Georges Soubrier célébreront une messe d’action de grâce le dimanche 13 octobre 2013 à 18h30 à Notre-Dame de Paris pour leurs 25 ans d’ordination épiscopale.

Le cardinal André Vingt-Trois est archevêque de Paris, Mgr Georges Soubrier est évêque émérite de Nantes. Ils ont été consacrés évêques le 14 octobre 1988 par le cardinal Jean-Marie Lustiger.

Tous les Parisiens sont invités à les entourer.

 

 

 

 

 

 

 

Biographie du Cardinal André Vingt-Trois

Monseigneur André VINGT-TROIS est l’archevêque du diocèse de Paris.

Né le 7 novembre 1942 à Paris, il a fait ses études secondaires au Lycée Henri IV (Paris 5e).

En 1962, il entre au séminaire de Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Il est licencié en théologie de l’Institut Catholique de Paris.
En 1964-1965, il effectue son service militaire en Allemagne.
Le 28 juin 1969, le Cardinal François Marty l’ordonne prêtre pour le diocèse de Paris.

Ministères :

- 1969-1974 : Vicaire à la paroisse Ste Jeanne de Chantal à Paris. Il travaille particulièrement pour les catéchismes paroissiaux et à la formation des laïcs.
- 1974-1981 : Directeur au Séminaire de Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux, professeur de théologie morale et sacramentelle. Il participe aux travaux de différents mouvements de pastorale familiale, notamment les CPM (Centre de Préparation au Mariage) et à des sessions de formation permanente de prêtres.
- 1981-1999 : Vicaire général du diocèse de Paris. Il a été chargé notamment des formations diocésaines (École Cathédrale, Séminaire diocésain), des moyens de communications (Radio Notre-Dame, Paris Notre-Dame, Centre d’Information), de la pastorale familiale, des aumôneries de l’enseignement public et de la catéchèse.
- 1988 : Nommé évêque auxiliaire de Paris et ordonné le 14 octobre 1988.
- 1999 : Archevêque Métropolitain de Tours (nomination le 21 avril 1999 et installation le dimanche 16 mai 1999).

Le 5 mars 2005, il succède au Cardinal Aron Jean-Marie Lustiger comme Archevêque de Paris et comme Ordinaire des catholiques de rite oriental en France.

Monseigneur André VINGT-TROIS est membre du comité de présidence du Conseil pontifical pour la famille. Pour la Conférence des évêques de France, il a été membre de la Commission épiscopale pour le Renouveau de 1988 à 1996, membre du Comité permanent pour l’information et la communication de 1988 à 1997 et membre du Comité permanent pour les affaires économiques de 1997 à 1999, il a été président de la Commission de la famille de novembre 1998 à novembre 2005, il est membre du Conseil Permanent depuis mars 2005.

Monseigneur André Vingt-Trois a été créé cardinal au titre de Saint-Louis des Français par le Pape Benoît XVI le 24 novembre 2007 à Rome.

L’Assemblée plénière des évêques de France, qui s’est tenue à Lourdes en novembre 2007, a élu président de la Conférence des évêques de France le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

 

Biographie de Monseigneur Georges Soubrier

Monseigneur Georges Soubrier est évêque émérite de Nantes

Né le 20 Novembre 1933, Monseigneur Soubrier est ordonné prêtre le 29 Juin 1960, puis évêque le 25 Juin 1988. Il sera consacré évêque le 14 Octobre 1988.

Etudes :

- Grand séminaire à Rodez (Aveyron) et séminaire universitaire de Toulouse
- Etudes supérieures de théologie et philosophie à l’Institut catholique de Paris

Diplômes :

Maîtrise de théologie et de philosophie

Ministères :

- Admis dans la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, en 1961
- Professeur de philosophie au séminaire interdiocésain de la région Midi Pyrénées(1963-1966)
- Aumônier départemental (Tarn) des Équipes enseignantes (1964-1969)
- Supérieur du séminaire de premier cycle de la région Midi (1966-1972)
- Supérieur du deuxième cycle du séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (1972-1983)
- Supérieur du séminaire des Carmes (séminaire de l’Institut catholique de Paris) (1983-1988)
- Evêque auxiliaire de Paris (1988-1996)
- Evêque de Nantes (1997-2009)

 

 

Message du Pape François au cardinal Vingt-Trois

À notre vénérable frère
André, cardinal Vingt-Trois,
archevêque métropolitain de Paris

Qu’il Nous soit permis de commémorer solennellement, Vénérable frère, l’anniversaire de vos vingt-cinq années d’épiscopat, qu’on fête en ce quatorze octobre. Votre long ministère est une raison puissante pour Nous comme pour l’Église universelle, de Nous féliciter grandement en ce jour, de toute cette tache apostolique ordonnée au bien des fidèles et accomplie si excellemment.

Notre Prédécesseur, le Bienheureux Jean-Paul II, vous voulut évêque auxiliaire de Paris, au titre de Thibili. Déjà auparavant, habituellement conscient de l’ancienneté de cette ville et de sa célébrité, vous avez suivi, sans trêve, les voies de l’Évangile. Jouissant d’une compétence étendue dans les matières humaines et sacrées, vous vous êtes donné avec empressement à la formation des séminaristes et à la charge de Vicaire général.

Ce même Souverain pontife vous a ensuite nommé archevêque métropolitain de Tours, vous introduisant dans cette lignée épiscopale qui compte d’éminents et saints évêques. Puis vous avez paru revenir chez vous en prenant la charge du siège de Paris. Et là, mettant en œuvre des forces pastorales accrues, vous avez agit avec empressement pour que cette communauté atteste publiquement jusque qu’en nos jours, cette piété exemplaire qu’elle avait pareillement montré dans les temps anciens. Et Nous savons que cela n’a pu se faire sans votre action éclairée et avisée.
D’un esprit à la fois, agissant, ferme et pénétrant, vous vous êtes acquis l’estime des prêtres et de bien d’autres. Votre action pastorale, distribuée sur des espaces de trois années, s’applique à promouvoir le rassemblement dominical, où la célébration eucharistique tient la place première. Nous ne devons pas passer sous silence la formation au ministère, surtout mise en œuvre par l’École cathédrale. Pour mettre un comble, pour ainsi dire, à tous ces mérites, notre prédécesseur Benoît XVI fut heureux de vous faire entrer dans le collège cardinalice. Il n’y a pas lieu de s’étonner que vos frères dans l’Épiscopat vous aient élu Président de la Conférence des Évêques. Puisque nos prédécesseurs témoignent de votre excellence et de votre activité, eux qui ont trouvé en vous un serviteur fidèle de l’Église et un intendant empressé du troupeau du Seigneur, Nous-même le proclamons par nos présentes lettres et publions hautement vos mérites.

Nous ne pensons pas qu’il soit besoin de beaucoup de mots pour vous marquer notre approbation comme notre reconnaissance, dont Nous désirons vous renouveler le témoignage, tout particulièrement en ces jours de votre anniversaire épiscopal. Aussi est-ce avec une affection particulière, vénérable Frère, que Nous y joignons, pour vous personnellement, la bénédiction apostolique que Nous étendons largement à vos évêques auxiliaires et à tous les fidèles, en demandant votre prière pour l’accomplissement de notre ministère de Pierre.

Donné au Vatican, le dix-huitième jour de septembre, en l’année deux-mille treize, la première de notre Pontificat.

François

 

Homélie du cardinal André Vingt-Trois

Homélie du cardinal André Vingt-Trois
Isaïe 52, 7-10 ; Ps. 95 ; I Th. 2, 2b-8 ; Jn 10, 11-15.

Mgr le Nonce apostolique,
Chers Frères évêques,
Chers Frères prêtres et diacres,
Frères et Sœurs,

Vous pouvez sans peine imaginer mon embarras à évoquer devant vous vingt-cinq ans d’épiscopat à la lumière des lectures que nous venons d’entendre. Elles sont proposées à notre méditation pour faire mémoire du fondateur de notre Église, saint Denis et ses compagnons et nous donnent une sorte de matrice scripturaire pour illustrer son martyre et son ministère apostolique. Elles nous donnent en même temps le profil d’un bon pasteur auquel Dieu a confié le soin de guider son peuple. Bien sûr, nous n’avons pas trop de difficultés à appliquer cette modélisation à l’histoire et à la personnalité de saint Denis. Nous avons d’autant moins de mal à le faire que nos informations sur lui sont pour le moins lacunaires. Mais l’exercice devient plus hasardeux et confondant quand nous l’appliquons à des pasteurs bien concrets que nous connaissons. Il devient même franchement redoutable quand celui qui doit le faire voit ces lumières de l’Écriture s’appliquer à sa propre vie. Comment ne serais-je pas obligé de mesurer combien je suis demeuré en-deçà du modèle du serviteur et du pasteur ? Au moins la festivité du jubilé me fournit une occasion incontournable de laisser la Parole de Dieu éclairer les ombres et les lumières de ce quart de siècle.

Je n’ai malheureusement pas besoin de me livrer avec vous à une introspection détaillée. Tous, à un moment ou à un autre, vous avez pu faire l’expérience de mes limites, de mes lenteurs ou de mes erreurs. Si je les évoque ici, c’est parce qu’elles font aussi partie de mon action de grâce à laquelle vous avez bien voulu vous associer. Sans doute, le plus extraordinaire de ce que j’ai vécu avec vous est-il que Dieu ait mené son œuvre à bien malgré mes insuffisances. Si bien que je peux moi aussi me glorifier avec Paul, non pas de mes titres et de mes succès, mais plutôt de mes faiblesses : « Je mettrai mon orgueil bien plutôt dans mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ…Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Cor. 12, 9-10). C’est mon premier motif d’action de grâce : Dieu a fait une force même de ce qui aurait pu être une source de faiblesse pour son Église.

Je voudrais que cet anniversaire célébré ensemble soit une occasion de faire mémoire de tous les dons que j’ai reçus du Seigneur pendant ces vingt-cinq ans. Je ne les ai pas reçus pour ma satisfaction personnelle, mais comme des dons qui m’étaient faits pour ma vie et la fécondité de son Église. Vous me pardonnerez si ce petit tour d’horizon est un peu hétéroclite. Avant tout, je veux rendre grâces pour l’expérience que j’ai faite de la vitalité de l’Église. Les visites pastorales que j’ai eu la joie de mener comme Vicaire Général du cardinal Lustiger pendant plus de quinze ans à Paris m’ont permis d’être un témoin émerveillé de la dynamique spirituelle du peuple chrétien, comme aussi plus tard la découverte du diocèse de Tours en visitant ses villes et ses villages et en rencontrant l’expression de la fidélité du peuple chrétien. Dans ces années autour de l’an 2000, les deux diocèses que je connaissais ont mené chacun selon son histoire et son génie propres un cheminement persévérant pour développer la mission de l’Église à travers l’implication de chaque baptisé et des communautés eucharistiques. « Paris-Toussaint 2004 » a donné une visibilité urbaine à cette mission de l’Église. À Tours, « Avance au large » a été l’occasion d’une large mobilisation sur l’ensemble du département. En entrant dans la troisième et ultime étape de mon épiscopat comme archevêque de Paris, j’ai dû apprendre à perdre cette proximité habituelle avec chaque paroisse. Je me réjouis que les Vicaires Généraux puissent vivre cette expérience. Et je suis d’autant plus reconnaissant aux paroisses françaises, orientales ou étrangères de m’accueillir chaque dimanche pour la célébration du Jour du Seigneur.

Ce dynamisme ecclésial n’a été possible que par la qualité humaine et spirituelle du tissu ecclésial du diocèse de Paris. J’ai été témoin de cette qualité à travers l’histoire apostolique des diocèses dans lesquels j’ai pu m’inscrire avec bonheur. Comment ne pas évoquer ici les créations du cardinal Lustiger qui marquent encore tellement le diocèse de Paris ? J’ai aussi été témoin de cette vitalité à travers les collaborateurs et les collaboratrices qu’il m’a été donné de recevoir. Que ce soit à Paris ou à Tours, j’ai toujours bénéficié d’un soutien loyal et efficace de la part des responsables diocésains, prêtres, diacres ou laïcs. J’ai eu la grâce particulière, et je l’ai encore, de recevoir de mes prédécesseurs des équipes solides et compétentes et de pouvoir les remplacer avec bonheur. Si vous avez quelque reconnaissance pour mon ministère, n’oubliez jamais d’y associer celles et ceux qui sont mes conseillers et collaborateurs fidèles. Sans eux je serais démuni et inopérant. Sans eux et sans la volonté de communion des évêques de France et le personnel de la Conférence des évêques, je n’aurais sans doute pas pu remplir mon service de Président de cette conférence ni répondre aux charges romaines que me vaut ma qualité de cardinal.

En évoquant cette richesse de notre Église, je n’aurais garde d’oublier ceux que j’appellerais les « ouvriers inconnus. » Les ouvriers inconnus, ce sont cette multitude de chrétiens prêtres, diacres, religieux, religieuses et laïcs dont l’activité quotidienne et discrète fait la vie de nos communautés. Ce sont ces personnes qui me saluent discrètement au sortir d’une messe et m’assurent de leur prière. Ce sont les contemplatifs qui portent la vie du corps devant Dieu. Ce sont les pauvres qui se tournent vers nous et qui nous rappellent avec constance notre vocation première. Ce sont ceux, malades ou handicapés, qui complètent dans leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ. Ce sont les jeunes chrétiens qui sont plus réels et vivants qu’on ne le dit généralement et qui sont dès aujourd’hui les acteurs de l’avenir de notre Église.

À un regard sociologique ou superficiel, cette extrême diversité des chrétiens parisiens et de leurs communautés rend très improbable leur intégration dans un même corps. Et moi, j’ai reçu la mission de faire de ce patchwork une communion, d’assurer que chacun est reconnu pour ce qu’il est, avec ses réalisations, ses erreurs et ses péchés, et d’unir les membres du corps sous un seul chef le Christ. Cette mission de communion, je l’assure sacramentellement et symboliquement dans les célébrations diocésaines, comme celle que nous vivons ce soir. Je l’assure aussi par ma présence physique dans tous les secteurs de Paris. Je l’assure enfin par la communion fraternelle qui m’unit à mes vicaires généraux dans leur diversité. Je l’assure enfin par le presbyterium exceptionnel qui veille avec moi au lien de la charité.

Depuis huit ans, j’ai eu la joie de présider à la croissance de l’Église qui est à Paris, de poursuivre son engagement dans la mission que le Christ confie à son Église, de le raviver et de le stimuler. La réactivité de nos communautés et leur implication dans les programmes que j’ai proposés comme cadre de cette action m’ont souvent émerveillé. Par-delà les divergences bien légitimes et les caractéristiques propres à chaque paroisse, je crois que nous sommes vraiment unis dans le désir de porter ensemble la mission pour notre agglomération si belle dans sa diversité. Je crois que nous partageons tous le désir d’annoncer Jésus-Christ et la Bonne Nouvelle du Salut.

Si je m’efforce de suivre le chemin du seul « Pasteur de nos âmes » et de donner chaque jour ma vie pour le troupeau qui m’est confié, jamais cette offrande ne m’apparaît comme une servitude décourageante. Elle est plutôt une consolation quotidienne, puisque en faisant modestement mon travail de chaque jour, j’ai la certitude d’être uni au Christ et de pouvoir me laisser conduire par lui pour progresser derrière lui, pour devenir un véritable apôtre selon le modèle que nous en donnait saint Paul dans l’épître que nous avons entendue. C’est pourquoi en terminant, je sollicite encore votre prière pour vivre mieux ce qu’il nous disait à l’instant :

« Comme vous le savez, nous avons trouvé en notre Dieu l’assurance qu’il fallait pour vous prêcher son Évangile à travers bien des luttes. C’est que notre prédication ne repose pas sur l’erreur, elle ne s’inspire pas de motifs impurs, elle n’a pas recours à la ruse. Mais Dieu nous ayant éprouvés pour nous confier l’Évangile, nous prêchons en conséquence : nous ne cherchons pas à plaire aux hommes, mais à Dieu qui éprouve nos cœurs. C’est ainsi que jamais nous n’avons eu de paroles flatteuses, vous le savez, jamais d’arrière-pensée de profit, Dieu en est témoin, et jamais nous n’avons recherché d’honneurs auprès des hommes, ni chez vous ni chez d’autres, alors que nous aurions pu nous imposer, en qualité d’apôtres du Christ. Au contraire, nous avons été au milieu de vous plein de douceur, comme une mère réchauffe sur son sein les enfants qu’elle nourrit. Nous avions pour vous une telle affection que nous étions prêts à vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais même notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers. » (I Th. 2, 2b-8).

Que par votre prière, Dieu veuille bien accomplir encore ce miracle.

AMEN !

+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

 

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Ordination du cardinal Vingt-Trois et de Mgr Soubrier le 14 octobre 1988 en la cathédrale

© Diocèse de Paris

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Ordination du cardinal Vingt-Trois et de Mgr Soubrier le 14 octobre 1988 en la cathédrale

© Diocèse de Paris

 

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