Veillée pour la Vie

Mardi 21 mai 2013 à 20h30

Cette veillée de prière qui rassemble tous les franciliens autour de leurs évêques aura lieu le mardi 21 mai à 20h30 à Notre-Dame de Paris.

Le Pape François nous interroge : « Savons-nous accompagner la vie ? ». Avec Marie, nous prierons pour que la vie soit respectée de son début jusqu’à sa fin.

L’an dernier, la quatrième veillée pour la vie a été un beau moment de prière dans la cathédrale Notre-Dame. Les pèlerins étaient encore plus nombreux cette année, en particulier avec les enfants et les jeunes de leurs familles. Car l’éducation au respect de la vie est plus que jamais importante.

 

 

 

 

 

 

Catéchèse du cardinal VINGT-TROIS

Jn 10, 7-11

Frères et Sœurs,

Nous ne sommes pas les adorateurs d’une divinité étrange qui s’appellerait la vie. La vie que le Christ veut nous donner en plénitude a une valeur incomparable non pas en elle-même, mais parce qu’elle est le signe et la réalité d’une relation d’amour. C’est parce que Dieu nous aime qu’il nous appelle à la vie, c’est parce que le Christ nous aime qu’il nous appelle à la plénitude de la vie et si nous voulons aimer nos frères à la manière dont le Christ nous a aimés, nous sommes appelés à notre tour à donner notre vie pour nos frères. Nous ne sommes pas des gardiens de la vie, nous sommes les serviteurs de la vie parce que nous bénéficions de l’amour de Dieu et que nous sommes appelés à aimer Dieu et à aimer nos frères en mettant notre vie à leur service. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est cela la valeur incomparable de la vie, elle est le langage de l’amour de Dieu pour l’humanité, elle est le langage de l’amour d’un homme pour une femme et d’une femme pour un homme. Elle est le langage de l’amour des parents à l’égard de leurs enfants, elle est le langage de l’amour des frères à l’égard de leurs frères, elle est le seul bien que nous possédions et qui est tellement identifié à nous, que nous donner nous-mêmes par amour, c’est donner notre vie.   Ainsi, dans une société et une culture où chacun est plus inquiet ou angoissé de préserver ce qu’il a -et il l’est d’autant plus qu’il a peu de choses à préserver, quelquefois même pas le nécessaire- dans une culture fondée sur la possession des biens, dans une culture qui se construit sur la consommation de la création pour la prospérité de notre vie, nous risquons de perdre de vue le sens de la vie elle-même, qui n’est pas sa propre subsistance, qui n’est même pas sa défense comme un bien sacré, mais qui est la seule monnaie que nous puissions donner par amour, pour l’amour, et pour être aimés.

Nous sommes serviteurs de la vie, nous sommes témoins de l’évangile de la vie dans la mesure où nous acceptons de suivre le chemin du Christ Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Les mauvais pasteurs, les usurpateurs, les voleurs, qui ne viennent que pour voler, égorger et détruire, ceux qui sont les agents de mort, ne peuvent pas entrer dans le chemin du Christ qui donne sa vie pour ses frères. Pour que nous ayons la vie en abondance, il a fallu que Jésus perde sa vie sur la croix. Pour que nous puissions naître à la vie d’enfants de Dieu, il a fallu que Jésus descende aux profondeurs des enfers. Pour que la puissance de Dieu accomplisse son œuvre en ressuscitant le Fils, il a fallu que Dieu lui-même s’engage pour la vie des hommes.

Il y a beaucoup de façons d’accompagner la vie, mais il n’y a qu’une façon de servir la vie : c’est d’ouvrir notre propre vie pour la vie des autres, c’est d’ouvrir notre propre cœur pour l’amour de nos frères, c’est de laisser l’amour transformer notre vie pour qu’elle devienne vraiment une source de vie pour tous.

Prions le Seigneur avec confiance, il a voulu que nous vivions, il a voulu sauver notre vie pour que nous puissions vivre de sa vie en plénitude, c’est notre espérance et c’est notre joie. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

 

Interview de Monseigneur Éric de MOULINS-BEAUFORT,
évêque auxiliaire de Paris

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© Agnès de Rivière

P. N.-D. – La cinquième veillée de prière pour la vie, organisée par les évêques d’Île-de-France, aura lieu le 21 mai. Quel bilan peut-on faire des précédentes veillées ?

Mgr Éric de Moulins-Beaufort – En cinq ans, cette veillée s’est bien installée dans le paysage, même si je regrette que la mobilisation soit trop faible. Le Cardinal voudrait que la cathédrale déborde ce soir-là ! C’est ce que nous espérons : cela nous permettrait d’envisager, une autre fois, un événement plus visible. Cette prière commune est voulue par les évêques pour signifier leur attachement à la culture de vie et pour aider tous les chrétiens à y entrer pleinement. Nous sommes tous soumis aux tentations du progrès technique et nous ne devons pas cesser d’aller vers une intelligence toujours plus profonde de ce qu’est la vie, cette réalité qui nous vient d’en haut. C’est une grâce à demander !

P. N.-D. – Cette année, quelle note particulière aura la veillée ?

Mgr E. de M.-B. – L’actualité est marquée par les débats sur l’autorisation de la recherche sur l’embryon, le mariage dit « pour tous » et les projets sur la fin de vie. Or, les fortes mobilisations de janvier et de mars montrent le désir de beaucoup de personnes de vivre pleinement la vie humaine selon sa réalité. Ces foules ont montré leur engagement. Travaillons à ce qu’il soit toujours plus intérieur, plus libre, plus humble. Lors de la veillée, nous poursuivrons sans doute la démarche proposée l’année dernière : les participants pourront réciter une prière qui les engage à respecter la vie. Cette fois-ci, ils seront aussi invités à porter un regard nouveau sur toutes les personnes fragiles – chômeurs, étrangers, personnes âgées – afin d’être toujours plus cohérents avec eux-mêmes.

P.N.-D. – La prière peut-elle combattre des forces qui, dans le monde, agissent contre la vie ?

Mgr E. de M.-B. – Pour nous chrétiens, la prière consiste à nous mettre humblement devant Dieu, à reconnaître que souvent, nous abîmons Son plan, mais que Sa grâce nous permet de vivre en faisant le bien avec un cœur libre. Cette prière commune nous permet de nous porter les uns les autres, dans le désir d’accueillir la vie comme un don. Elle nous permet de réaliser que nous ne sommes pas seuls à avoir ce désir. La foule rassemblée ce soir-là dans la cathédrale nous montre que ceux qui souhaitent vivre de cette grâce sont plus nombreux qu’on ne l’imagine. N’oublions pas que la puissance de la prière doit tout d’abord convertir nos cœurs, afin que nous considérions toujours la vie comme un don.

P. N.-D. – Comment garder l’espérance quand le combat semble perdu ?

Mgr E. de M.-B. – À Pâques, nous célébrons la victoire du Christ qui passe par la croix. Ne soyons pas étonnés que la vérité suscite des rejets ou des résistances de la part des hommes, et que beaucoup ne se voient pas vivre à ce niveau. Ne nous durcissons pas. La prière nous aide à voir dans les personnes dont les idées nous effraient les attentes et les désirs cachés. La prière nous aide à vivre sans juger. Elle nous assure que l’humanité n’évolue pas à sens unique : ce n’est pas parce que nous sommes dans une période de remise en cause que l’histoire est « fichue ». Notre foi comporte des richesses que nous n’avons pas encore suffisamment montrées et qui peuvent régénérer les générations à venir.

Propos recueillis par Agnès de Rivière pour le Magazine Paris Notre Dame

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