Ouverture de la saison de concert 2007-08

Concert "Salve Regina"

Mardi 9 octobre 2007 à 20h30

Plus de 900 personnes étaient réunies dans la cathédrale ce mardi soir pour écouter ce programme dédié à la Vierge Marie avec lequel s’ouvrit la saison 2007-2008 de Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris.

Toutes les formations de la Maîtrise étaient unies pour ce programme atemporel placé sous le signe de la création, avec pour fil conducteur l’antienne Salve Regina. Inspirés par ce thème, deux organistes à Notre-Dame de Paris ont fait entendre leurs compositions inédites : la Messe Salve Regina pour deux orgues et chœur d’Yves Castagnet (organiste de chœur), et des versets pour orgue d’Olivier LATRY, que l’actuel titulaire des grandes orgues à lui-même reconstitués à partir de ses improvisations.

 

 

 

Le programme s’articulait comme suit :

- Antienne grégorienne Salve Regina
- Messe Salve Regina d’Yves CASTAGNET : Kyrie, Gloria
- Offertoire grégorien Beata es, Virgo Maria
- Messe Salve Regina d’Yves CASTAGNET : Sanctus, Agnus Dei
- Litanies à la Vierge Noire de Francis POULENC
- Communion grégorienne Regina Mundi
- Salve Regina pour voix et orgue d’Olivier LATRY

par la Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’adultes, Jeune Ensemble, Chœur d’enfants
Direction : Lionel SOW, Sylvain DIEUDONNE
Grand Orgue : Olivier LATRY
Orgue de Chœur : Yves Castagnet

Ce concert événement retraça mille ans de musique en l’honneur de Notre-Dame où les hymnes grégoriennes et monodies médiévales firent écho aux créations contemporaines ainsi qu’aux célèbres Litanies à la Vierge Noire de Poulenc. Il inaugura une saison musicale une fois encore riche et éclectique dans un lieu aussi prestigieux que le vaisseau de Notre-Dame de Paris, où patrimoine et création font depuis toujours osmose.

Tout les détails de la saison de concert 2007-08 en cliquant ici.

Ce concert fera l’objet d’un enregistrement discographique pour le label Hortus, dont la sortie est prévue en décembre 2007.

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Les chœurs de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris

© Godong

À propos de la "Messe Salve Regina" d’Yves CASTAGNET

Entièrement construite sur des thèmes issus du grand « Salve Regina » grégorien, cette messe pour chœur, soli et deux orgues comprend quatre mouvements dont trois furent composés en 2002 : le Kyrie, le Sanctus et l’Agnus Dei. Le Gloria, plus récent, date de 2007.
La composition de cette messe m’a été résolument inspirée « par » et « pour » la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette musique est en effet intimement liée à l’univers sonore de la cathédrale, à ses orgues, à sa Maîtrise, ainsi qu’aux ambiances spécifiques de ce lieu unique qui est au cœur de ma vie de musicien et de chrétien depuis de nombreuses années.

Le Kyrie s’ouvre sur une première présentation du thème principal, traité tout d’abord en canon par le Grand-Orgue, avant d’être développé par les voix et l’orgue de chœur.
Le deuxième thème (« Christe ») est lui aussi traité en canon par les voix ; mais pour quelques mesures, l’esthétique devient clairement médiévale, dans l’esprit du célèbre « Livre vermeil de Montserrat » (en particulier du canon « O Virgo », lui aussi dédié à la Vierge Marie).
Le Grand-Orgue vient alors reprendre à son tour la même incise thématique, pour la répéter et l’amplifier progressivement, alors que les supplications du chœur se font plus insistantes.
Pour finir, la flûte harmonique du Grand-Orgue vient chanter une nouvelle fois le thème principal, dans une couleur plus contemplative d’où va émerger le dernier Kyrie, en canon entre les voix aiguës, avant une dernière exposition du thème à l’unisson des quatre voix.

Le Gloria utilise à nouveau l’incise première du « Salve Regina », mais cette fois-ci en mouvement contraire. Conformément à l’usage liturgique, l’invocation initiale est d’abord lancée par le baryton solo, avant d’être reprise par le chœur. Tout au long de la pièce, le Grand-Orgue va alors ponctuer les interventions du chœur par de grandes volées d’accords, dans l’esprit d’un grand et puissant carillon. Plus loin, dans des ambiances plus contrastées, le « Domine Deus » et le « Qui tollis » seront respectivement confiés aux voix solistes de soprano et de baryton, avant que le Grand-Orgue ne vienne relancer les invocations finales du chœur.

Le Sanctus est écrit sous la forme d’une grande toccata pour orgue. Véhémente et ininterrompue, cette toccata est elle-même solidement appuyée, comme par de grandes « colonnes vocales », par les acclamations puissantes et répétées du chœur.
Ce grand tumulte ne s’apaisera que provisoirement pour laisser place aux couleurs plus sereines du premier « Hosanna » et du « Benedictus », avant que les deux orgues ne reviennent en force pour propulser l’« Hosanna » final du chœur.

L’Agnus Dei s’ouvre par une longue introduction de Grand-Orgue où l’incise thématique est progressivement développée vers l’aigu, avant de laisser la place aux voix. Celles-ci vont alors suivre le même cheminement, en insistant de plus en plus sur l’imploration « miserere nobis ».
Dans le deuxième verset, cette même supplication sera à nouveau répétée dans une alternance entre voix aiguës et voix graves qui vont ensuite se rejoindre pour mener cette progression encore plus avant.
Comme dans le Kyrie, c’est à nouveau le Grand-Orgue qui va amener l’apaisement final. L’alto solo vient alors déployer la dernière phrase (« dona nobis pacem ») dont la ligne mélodique n’est autre que la citation fidèle des dernières notes du grand Salve Regina : « O clemens, ô pia, ô dulcis Virgo Maria »

Yves Castagnet

À propos du "Salve Regina pour voix et orgue" d’Olivier LATRY

Le « Salve Regina » pour orgue et voix est largement inspiré d’une improvisation réalisée à l’université de Lawrence au Kansas en avril 1999. La genèse de cette pièce est pourtant bien antérieure à cette période : ce que l’on appelle communément « le grand Salve » m’avait été appris par l’Abbé Jacques Wiel, alors curé de la paroisse Saint-Michel à Boulogne-sur-Mer, lieu de mon éducation religieuse et de mes premières expériences d’organiste. L’Abbé Wiel avait créé une chorale d’enfants à laquelle j’appartenais, et nous avait initiés au chant grégorien notamment par cette antienne, dont il nous avait dévoilé le sens spirituel en regard aux mélismes de la mélodie. Son sens de la pédagogie et son enthousiasme communicatif face à ce répertoire n’avaient d’égal que la foi qui l’animait, et ces instants marquèrent à jamais l’enfant de huit ans que j’étais alors.

L’ensemble est conçu comme une alternance entre chaque phrase de l’antienne et sa paraphrase à l’orgue. Mais alors que les interventions de la voix demeurent de durée à peu près égale, la longueur des commentaires évolue constamment, figurant le refuge de l’âme que peut représenter la prière à un certain degré d’intériorité. L’aspect litanique de la plupart des versets contribue aussi à renfor-cer cet effet.

Le langage est volontairement tonal, pour permettre aux divers éléments de la mélodie grégorienne de s’épanouir pleinement, et de retracer le symbolisme des mots qu’ils portent. L’« affect » touche ainsi les versets dans leur globalité, leur conférant des caractères extrêmement contrastés, mais se situe également au niveau des idées génératrices, toutes issues de la musique d’un mot ou d’un groupe de mots : « Salve Regína » (1er verset), « et spes nóstra » (2ème verset), « Ad te suspirámus », mais aussi la « vallée de larmes » du 4ème verset, « misericórdes » et « ad nos convérte » (5ème verset)… L’association des éléments mélodiques procède de même, telle la superposition de « Ad te », « clamámus » et « éxsules fílii Hévae » (3ème verset) pour évoquer la véhémence de la détresse et de l’imploration ; en parallèle, l’utilisation simultanée de « Et Jésum » et « frúctum véntris túi » prépare, dans un grand crescendo, les paroles « nóbis post hoc exsílium » qui aboutiront sur le cri déchirant « osténde ». Puis viendra, dans le plus pur recueillement, l’ultime intervention du chant : « O clémens : O pía : O dúlcis Vírgo María »…

Conviction profonde, joie, doute, incompréhension, désespoir, révolte, espérance, béatitude… Quel chrétien n’a pas connu ces moments ? C’est ce que j’ai voulu exprimer ici, grâce à cette mélodie que je porte en moi depuis des décennies, et dont l’influence a sans cesse été ravivée par mon service à Notre-Dame de Paris, cathédrale pluriséculaire où, tous les soirs avant la fermeture des portes, la dernière prière des fidèles monte vers la Vierge Marie.

Olivier Latry

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