Obsèques du Père Pierre-Marie Delfieux

mercredi 27 février 2013 à 10h00

Le Père Pierre-Marie Delfieux, fondateur des Fraternités Monastiques de Jérusalem est décédé à Paris ce 21 février 2013. Ses obsèques, présidées par Monseigneur André VINGT-TROIS, cardinal-archevêque de Paris, seront célébrées le mercredi 27 février à 10h00 en la cathédrale.

 

 

Biographie

Pierre Delfieux naît le 4 décembre 1934, à Campuac (Aveyron), dans une famille chrétienne de six enfants dont il est le troisième. La maison familiale se trouve sur la place du village, en face de l’église où il fait sa première communion à 6 ans. À partir de ce jour, dit-il, il s’est nourri chaque jour de l’Eucharistie. Chaque matin, il va servir la messe avant d’aller à l’école communale. Il s’y montre bon élève puisqu’un jour le maître lui remet, en guise de prix, un livre racontant « la vie d’un officier qui est devenu curé ». Le jeune Pierre est fasciné par le visage de l’homme, sur la couverture, et le cœur rouge brodé sur sa poitrine. C’est le début d’une longue amitié avec Charles de Foucauld.

À son entrée en 6e, à 11 ans, il part comme interne au Collège de l’Immaculée Conception, à Espalion, où il a comme condisciple Georges Soubrier, le futur évêque de Nantes. Il y est assidu aux études, mais aussi au football. L’année de sa terminale, une retraite dans un centre marial s’avère décisive : il prend conscience de l’amour dont il est aimé, et choisit de répondre à l’appel qu’il a entendu lors de sa première communion.

Après son baccalauréat, il entre au Grand Séminaire de Rodez. Il est envoyé pour finir sa théologie à l’Institut Catholique de Toulouse, puis pour des études de philosophie et de sciences sociales, à Paris, à la Sorbonne. Après deux ans de service militaire, qu’il effectue dans la coopération à Madagascar, où il est enseignant dans un collège de jésuites, il est ordonné prêtre dans la cathédrale de Rodez, le 29 juin 1961. Il reste quelques années à Rodez comme vicaire de la cathédrale.

En 1965, il intègre, à la demande du futur Cardinal Lustiger qui la dirige, l’équipe d’aumôniers d’étudiants du Centre Richelieu, pépinière de futurs évêques, où il côtoie Jacques Perrier, Francis Deniau, Guy Gaucher… Il est plus spécialement chargé des étudiants en langues qui ont, à l’époque, leurs cours au Grand-Palais. La vie de l’aumônerie est intense et les initiatives nombreuses. Mgr Gaucher se souvient d’un week-end d’étudiants, organisé par le P. Delfieux pour les anglicistes, qui, avec 600 étudiants, battit tous les records de participation !

Des pèlerinages sont organisés, à Chartres bien sûr, mais aussi en Italie, Espagne, Terre Sainte… Le P. Delfieux y découvre l’importance que peut avoir pour la vie de foi, un pèlerinage sur les pas de Jésus ; très attaché à cette terre, il continuera d’y guider régulièrement des pèlerinages pour les frères et sœurs de Jérusalem et les laïcs proches des Fraternités, le dernier en avril 2012, alors qu’il est déjà malade. En ces années soixante, il découvre aussi le désert et devient, au Centre Richelieu, le spécialiste des méharées au Sahara, vers Tamanrasset et les lieux habités par le P. de Foucauld.

Aussi quand, au bout de sept ans de cet apostolat, marqué par les bouleversements introduits par Mai 68, lui est proposé de prendre une année sabbatique, il ne résiste pas à l’appel du désert et part d’abord à Béni-Abbès, dans la communauté des Petits frères de Jésus, puis à l’Assekrem, dans le massif du Hoggar. Sur ce plateau rocailleux, à plus de 2.000 m d’altitude, frère Charles s’était fait construire un ermitage où il a lui-même peu séjourné mais où habite toujours un Petit frère. Le P. Delfieux se construit de ses mains, à l’autre bout du plateau, un autre ermitage, auquel il donne le nom de Bethléem ; il va y passer une année, puis une seconde, avec la seule compagnie du frère Jean-Marie le dimanche, des pierres et des étoiles le reste du temps. Avec, dit-il, ce qui suffit : la Bible et le Saint-Sacrement.

Mais touristes et pèlerins viennent parfois jusqu’à l’Assekrem apporter les bruits du monde. Un jour, c’est un prêtre ami à qui le P. Delfieux pense avoir remonté le moral, mais qui quitte peu après le sacerdoce. Un autre jour, c’est fr. Jean-Marie qui lui montre une coupure de journal : le Cardinal Marty y fait part de son souhait de voir naître à Paris des « moines de l’an 2000 ». Peu à peu s’organisent en lui ce qui n’était encore que des aspirations : mener une vie fraternelle, dans le partage de la liturgie, pour l’annonce de l’Évangile ; et une conviction s’impose : le vrai désert aujourd’hui se trouve dans les villes, c’est là qu’il faut aller creuser des oasis de prière. Sa décision est prise : en juin 1974, il quitte l’Assekrem et va confier au Cardinal Marty, rouergat d’origine comme lui et, à ce moment-là, archevêque de Paris, son désir : devenir moine dans la ville.

Ce désir rencontrant l’intuition du Cardinal, la fondation peut naître. Une église lui est confiée dans le centre de Paris, pour y établir la future fraternité : ce sera Saint-Gervais, proche de l’Hôtel de Ville et du quartier des Halles en pleine rénovation. Pendant une année, le P. Delfieux précise son projet et rassemble ses premiers compagnons. D’emblée l’essentiel est posé : une vie fidèle aux grandes exigences monastiques et professant les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance ; mais adaptée en sa forme concrète, aux réalités de l’Église post-conciliaire et du monde contemporain. L’accent est mis sur la prière personnelle et communautaire, avec d’amples liturgies chantées dans une église ouverte à tous. La vie fraternelle est fondamentale, mais elle se vit en ville, dans des appartements ou des maisons loués, sans que la Fraternité puisse acquérir de propriétés. Le travail, nécessaire pour gagner son pain, se veut aussi solidaire des contraintes vécues par les citadins : il se vit, de préférence, à mi-temps, comme salarié. Les frères veulent ainsi se situer en solidarité avec les citadins qui les entourent, mais aussi en contestation, pour affirmer le primat de l’amour et de la prière.

La première liturgie est chantée par une douzaine de frères, dans l’église Saint-Gervais, le 1er novembre 1975, fête de Toussaint. La feuille expliquant le projet justifie le choix de cette date : « Notre aventure sera celle de la sainteté, ou elle ne sera pas ». Dès lors, la vie du P. Delfieux, devenu frère Pierre-Marie, se confond avec celle de la Fraternité qu’il guide et anime inlassablement.

Une fraternité de moniales naît à son tour, le 8 décembre 1976. Même si frères et sœurs chantent ensemble toutes les liturgies, dès le départ les logements et les gouvernements des deux Fraternités sont bien distincts. Les vocations affluent, pas toujours bien mûries en ces premiers temps où le projet commence juste à se préciser et à s’approfondir. Une étape décisive est franchie en 1978-1979 où les Fraternités reçoivent le nom de « Jérusalem », la ville sainte de l’Écriture qui est aussi la ville où le Christ est mort et ressuscité, où sont nées les premières communautés chrétiennes et la ville qui sera, selon l’Apocalypse, notre demeure d’éternité. Frère Pierre-Marie met alors par écrit le tracé spirituel des Fraternités, fondé sur sa méditation de la Bible et sur l’expérience déjà accumulée. Sous le titre « Livre de Vie de Jérusalem », il est publié aux Éditions du Cerf (6e édition, 2000)et rapidement traduit en plus de vingt langues.

Après le temps des découvertes et des tâtonnements – dont une première fondation à Marseille, en 1979, à la demande du Cardinal Etchegaray, qui ne peut tenir –, vient à partir des années 90, le temps des fondations, alors que les Fraternités comptent déjà une centaine de frères et sœurs. Les fondations sont toujours faites à la demande de l’évêque du diocèse dont les Fraternités veulent dépendre, selon l’ecclésiologie née de Vatican II. Ce sont toujours une Fraternité de frères et une Fraternité de sœurs qui sont envoyées en même temps : en 1993, à Vézelay, « ville en itinérance » où passent des dizaines de milliers de visiteurs et pèlerins ; puis à Strasbourg, en 1995 ; à Florence, première fondation hors de France, en 1998. Les premières années du XXIe siècle voient ce rythme s’accélérer : en 2001 naissent les Fraternités du Mont-Saint-Michel et de Bruxelles ; en 2004, la première Fraternité outre-Atlantique est établie à Montréal : en 2006, les Fraternités sont appelées sur le domaine de la Trinité-des-Monts, à Rome ; enfin en 2009, à Cologne et en 2010, à Varsovie. Cette internationalisation, qui n’avait pas été prévue au départ, s’explique par le fait que les presque 200 frères et sœurs, que comptent actuellement les Fraternités, sont originaires d’une vingtaine de pays différents.

Frère Pierre-Marie impulse et suit de près ces diverses fondations. Il est très attentif en particulier à l’aménagement des églises où vont se dérouler les liturgies et au cadre qu’il désire sobre, mais toujours empreint de beauté. Il travaille ainsi beaucoup à l’embellissement de Saint-Gervais et est à l’origine du programme de création de vitraux qui se poursuit depuis une vingtaine d’années. L’église confiée aux Fraternités à Varsovie n’ayant jamais servi au culte, il conçoit et supervise son aménagement, du pavage à l’éclairage, en passant par le mobilier.

Un autre édifice, juridique celui-là, retient aussi son attention. L’Église a soutenu dès le départ la fondation en confiant aux Fraternités l’église Saint-Gervais et en les appelant en d’autres lieux. Au terme d’un long processus de rédaction et d’approbation par les Congrégations de la Vie consacrée et de la Doctrine de la Foi, les Constitutions des Fraternités monastiques de Jérusalem sont définitivement approuvées par le Cardinal Jean-Marie Lustiger, le 31 mai 1996. Les Fraternités sont érigées en Instituts (l’Institut des Frères de Jérusalem et l’Institut des Sœurs de Jérusalem) de Vie consacrée d’inspiration monastique. Aux élections qui suivent cette reconnaissance canonique, frère Pierre-Marie est élu prieur général ; il est réélu pour un second mandat en 2003.

Il poursuit une activité intense : prédication plusieurs fois par semaine et permanences au bureau d’accueil de l’église, lorsqu’il est à Paris ; visite aux diverses Fraternités, de plus en plus éparpillées dans le monde ; conférences à l’extérieur, et enseignements à l’intérieur, pour les frères et sœurs, mais aussi pour les nombreux groupes de laïcs qui se rassemblent autour d’eux… Il dirige « Sources Vives », la revue des Fraternités, où il rédige de nombreux articles. Il publie plusieurs recueils d’homélies rassemblées sous le titre d’ « Évangéliques » et un essai synthétisant l’expérience des Fraternités : « Moine dans la ville » (Bayard, 2003).

À la fin de son second mandat, conformément aux Constitutions, un nouveau prieur général des Frères de Jérusalem est élu : frère Jean-Christophe Calmon (sœur Violaine étant élue en 2010 prieure générale des Sœurs de Jérusalem). Bien que malade depuis la fin de 2011, frère Pierre-Marie a continué à soutenir et encourager les différentes Fraternités, en les visitant, à prêcher et à enseigner. Il est décédé dans la maison de Magdala, en Sologne, où il s’était retiré, le 21 février 2013.

 

Hommage de Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

"Début octobre 1945, au soir d’une première rentrée au collège de l’Immaculée Conception d’’Espalion (Aveyron), je faisais la connaissance de Pierre Delfieux. Nous avons effectué une longue route ensemble : études secondaires, grand séminaire à Rodez et Toulouse, études universitaires à Paris. Nous avons partagé une même passion pour l’Evangile et un même attachement pour notre terre natale.Nous avions eu la joie de nous le redire lors d’une rencontre dans l’Aubrac.

J’ai toujours apprécié chez Pierre-Marie ses immenses talents de créativité.Il avait vraiment un charisme de fondateur.Son témoignage et celui des Fraternités Monastiques de Jérusalem m’ont aidé et m’aident à vivre ce qu’il livrait récemment à notre méditation :

"Nous n’avons pas fini de découvrir tout ce que nous sommes.

Et, pour chacune et chacun de nous,

de comprendre les paroles du Christ lui redisant,

comme en face à face : ’Si tu savais le don de Dieu ! ’ (Jn 4,10)" "

 

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Homélie du cardinal André VINGT-TROIS

Lectures : Ap 21, 1-5a.6b-7 ; Mt 17,1-9.

Frères et Sœurs,

Malgré toutes ses qualités que nous connaissons tous, la Ville de Paris, pas plus qu’aucune autre ville au monde, n’est encore comparable à la Jérusalem Céleste ! Sans grand risque de se tromper, on peut considérer qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour qu’elle resplendisse de la lumière de la Cité de Dieu !

Il fallait sans doute la foi indéracinable de deux fils de l’Aveyron, je veux dire François Marty et Pierre-Marie Delfieux, pour se lancer dans cette vie urbaine sans défaillir et sans douter. Car c’est vraiment par la foi, dans la foi qu’ils se sont lancés dans l’aventure des Fraternités monastiques de Jérusalem, estimant, sans doute, que si la ville, cette grande ville de Paris, pouvait cacher bien des vices, elle pouvait cacher encore plus de vertu qui avait besoin d’être manifestée, d’être éveillée, d’être soutenue, d’être encouragée, et que pour mener ce combat, les chrétiens qui essayent de témoigner de l’Évangile au cœur de cette ville avait besoin, comme toute l’Église, que quelque part, au cœur de leur dispositif, des hommes et des femmes prient, chantent la louange de Dieu, acceptent de partager le sacrifice du Christ dans leur chair, pour que la Bonne Nouvelle puisse être annoncée à tous les hommes.

C’est évidemment caricaturer à l’extrême l’idée originale du projet des Fraternités monastiques de Jérusalem, mais c’est au moins donner une idée du défi auquel elles répondaient, et auquel, j’espère, elles répondent toujours, plus seulement au cœur de la ville de Paris, mais en bien d’autres cœurs de villes à travers le monde.

Il y a dans ces masses humaines qui constituent les agglomérations modernes, une réserve d’énergie et de force spirituelle qui peut rester complétement cachée à nos yeux. C’est cette capacité d’avoir confiance en ce qui ne se voit pas encore, mais dont on ne doute pas, que Dieu répand dans les cœurs comme une grâce, c’est sur cette confiance que se base le défi d’élaborer d’abord une expérience, puis une règle de vie dans le cœur de la vie urbaine. Une expérience et une règle de vie qui se sont développées et structurées à travers le temps, et que le cardinal Marty continue, je pense, de surveiller du coin de son œil malicieux, et peut-être d’encourager encore, en intercédant auprès de Dieu pour les fruits de cette aventure dont il a partagé la responsabilité avec Pierre-Marie Delfieux.

Il serait peut-être gênant d’ailleurs pour les membres de la Fraternité monastique de Jérusalem que l’Archevêque de Paris évoque les fruits de leur vie et de leurs travaux dans la capitale. Mais je pense que cela n’est pas nécessaire parce que tout le monde, enfin tous ceux qui s’intéressent aux choses de la foi dans la ville de Paris, savent ce qui se passe à Saint-Gervais et discernent les fruits spirituels qui en résultent, non seulement pour les membres de la Fraternité monastique, non seulement pour leurs amis, non seulement pour ceux qui, régulièrement ou occasionnellement viennent participer à leur liturgie, mais pour tout le diocèse de Paris. C’est une des rares richesses de notre diocèse, qui n’est pas si pourvu en communautés contemplatives. Nous le voyons chaque année, au moment de l’appel décisif des catéchumènes. Quelques religieuses représentent ces communautés contemplatives, elles ne sont pas si nombreuses. Ces communautés sont donc d’autant plus précieuses au cœur de l’archevêque qui compte sur leur investissement et leur prière, non seulement pour accompagner les catéchumènes mais encore pour accompagner la mission de toute l’Église qui est à Paris. Chacun sait ce qu’il doit aux Fraternités monastiques de Jérusalem, chacun a pu constater les fruits qui en découlent.

Évidemment, Pierre-Marie Delfieux, dans cette aventure conjuguée avec le cardinal Marty, a été un personnage décisif non seulement par l’implication de sa propre vie et de sa personne, mais par son dynamisme personnel, par ses intuitions, par sa ténacité, son endurance, et peut-être -il ne faut pas le répéter- à certains moments par son entêtement ! Car il arrive parfois que certains défauts puissent profiter à l’avènement du Royaume. Nous avons donc bénéficié de cette force considérable que Pierre-Marie Delfieux portait en lui.

J’ai eu le privilège, comme un certain nombre d’autres parmi vous je pense, de découvrir cette personnalité en même temps que je découvrais la Terre Sainte, puisque la première fois que je suis allé en pèlerinage en Terre Sainte, j’étais dans un groupe conduit par Pierre-Marie Delfieux. J’ai donc pu simultanément découvrir une richesse de l’Évangile que je ne soupçonnais pas à travers les lieux mêmes où Jésus a vécu et parlé, et une richesse de l’Évangile qui transparaissait à travers celui qui était notre guide. C’est donc en connaissance de cause que je peux parler de cette motivation, de cette puissance, de cette force évangélique qui habitait le cœur de Pierre-Marie Delfieux.

Mais, si les villes, comme les personnes, sont porteuses de richesses qui n’apparaissent pas encore et qu’il faut éveiller et soutenir, ce travail ne se fait pas tout seul. Car ce qu’il s’agit de faire apparaître, c’est tout simplement la présence divine sous les apparences d’une banalité affreusement ordinaire. C’est la conviction que dans nos immenses cités, Dieu travaille le cœur des hommes, qu’il poursuit inlassablement son chemin de miséricorde à la rencontre du cœur humain, qu’il sollicite mystérieusement et secrètement les libertés des uns et des autres. C’est donc porter sur nos villes un regard de visionnaire. Ce regard ne peut se constituer et se mettre en œuvre que par la rencontre du Christ Ressuscité qui se dévoile à travers l’humanité de Jésus de Nazareth. Les disciples en ont fait l’expérience au cours de la transfiguration pour s’engager dans le chemin qui les conduirait à la suite de Jésus, non seulement aux événements décisifs qui se dérouleraient à Jérusalem, mais encore au terme de leur propre existence, où ils seraient invités à leur tour à attester la puissance de Dieu par l’offrande de leur vie.

Cette transfiguration, placée au cœur des évangiles comme un tournant dans la connaissance et la suite du Christ, chacune et chacun d’entre nous dans l’itinéraire d’une vie spirituelle est appelé à en faire l’expérience. Mais pour enraciner ce projet de vie contemplative que j’ai évoqué tout à l’heure, Pierre-Marie Delfieux a voulu se laisser conduire au désert, probablement pour y être tenté, mais surtout pour y faire la rencontre absolue de la présence du Ressuscité. Pendant une année il a vécu le désert à Tamanrasset, avant de s’engager dans le projet des Fraternités monastiques et de leur donner le visage qu’elles ont aujourd’hui.

C’est dire que la foi, que j’évoquais au début de mon propos, n’est pas simplement l’héritage d’une civilisation perdue, elle est le creuset dans lequel s’éprouve la volonté de suivre le Christ et de manifester sa présence au cœur du monde. C’est pourquoi une vie contemplative au cœur de la cité n’est pas simplement une expérience exotique par rapport aux autres formes de vie monastique, c’est une manière de rejoindre et de participer au combat spirituel qui marque toute l’expérience de l’Église.

Frères et sœurs des Fraternités monastiques, vous savez que depuis un certain nombre d’années - que nous aurons la pudeur de ne pas calculer - j’ai eu le privilège de suivre avec attention le développement de votre famille, de contribuer, dans la modeste part qui était la mienne, à son affermissement, son développement, et je voudrais vous dire aujourd’hui que je partage à la fois votre peine et votre espérance, non seulement pour Pierre-Marie mais encore pour votre Fraternité et à travers elle pour l’Église qui est à Paris. Amen.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

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