Messe à la mémoire de Mgr Berrar et de Mgr Rechain

vendredi 15 février 2013 à 18h15

Le vendredi 15 février à 18h15, Monseigneur Jérôme BEAU, évêque-auxiliaire de Paris, présidera une messe à la mémoire de Monseigneur Emile BERRAR et Monseigneur Claude RECHAIN, anciens recteurs-archiprêtres de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

Monseigneur Émile BERRAR

Monseigneur Émile BERRAR (1912-2009) est un lorrain qui s’est mis au service du diocèse de Paris depuis son ordination en 1938. Il fut d’abord enseignant de théologie au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, puis, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, aumônier diocésain des étudiants. C’était une mission difficile que de faire converger les dynamismes vigoureux qui se déployaient alors dans le monde des jeunes. Il en favorisa la coopération.

Simultanément s’appuyant sur la Maison diocésaine des étudiants qu’il dirigeait, il fut l’artisan remarquablement efficace du Centre Catholique des Intellectuels Français. Son nom ne figurait pas sur les affiches mais, sans son animation, la Semaine des Intellectuels Catholiques, la revue Recherches et Débats n’auraient connu le développement des années 1940-1960. C’était un service remarquable du diocèse de Paris mais plus largement du catholicisme dans notre pays. Cette présence des croyants en plein monde, en dialogue avec toutes les convictions, dont nous rêvons toujours, ce dialogue de la raison et de la Foi pour notre temps, il en fut un initiateur efficace, discret, estimé.

L’archevêque de Paris lui confie ensuite une nouvelle mission, curé d’une paroisse au cœur du monde intellectuel : Saint-Germain-des-Prés (dans le VIe arrondissement de la capitale). Son impulsion s’y poursuivra même après un séjour assez court car il devient en 1967 archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame où il restera jusqu’en 1983. Une cathédrale multiséculaire dans un monde étourdi d’innovations. Monseigneur BERRAR saura lui garder son style de « sanctuaire de la capitale », mais en ouvrant la cathédrale à de nouveaux auditoires passionnés de musique, de confrontations intellectuelles, autant qu’aux jeunes des écoles qui entreverront à travers une vieille église une parole qui peut être encore lumière pour leur génération.

 

 

Monseigneur Claude RECHAIN

Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.
Jean, XII, 26

 

En septembre 1995, le cardinal Jean-Marie Lustiger nomme recteur-archiprêtre de Notre-Dame l’abbé Claude Rechain, jusqu’alors directeur du Collège-Lycée Stanislas, pilier de l’enseignement catholique parisien.

Né le 3 octobre 1938 à Albert dans la Somme, Claude Rechain fréquentera au cours de ses études les Lycées Pasteur à Neuilly et Carnot à Paris avant d’intégrer la Faculté de Droit et des Sciences Économiques. Licencié de droit, diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales, diplômé d’études supérieures de sciences économiques, il débutera une carrière à la Société d’Analyse Financière et Économique ainsi qu’à la Banque de Paris et des Pays-Bas jusqu’en 1970, année où sa vocation le fera entrer comme séminariste à l’Institut Catholique de Paris.

Très marqué par la personnalité de Monseigneur Maxime Charles, alors aumônier de la Sorbonne, il sera ordonné prêtre pour le diocèse de Paris par le cardinal François Marty, à Notre-Dame, le 29 juin 1974. Nommé vicaire à la paroisse Saint-Pierre-de-Chaillot (Paris XVI°) de 1975 à 1977, il poursuivra son ministère au poste de sous-directeur du Monde scolaire et universitaire, en charge notamment de la pastorale. Directeur-adjoint de 1980 à 1982 puis directeur général du Collège-Lycée Stanislas (Paris VI°) de 1982 à 1995, poste qu’il occupera avec un engagement et un enthousiasme constants, il participera à la défense de l’École libre en 1984.

Succédant à Monseigneur Michel Guyard à la tête de l’église-mère du diocèse, l’abbé Rechain sera le premier recteur à ne plus être « curé de Notre-Dame », la paroisse Notre-Dame de Paris ayant cessé d’exister au 1er septembre 1995. Il sera nommé chanoine honoraire du Chapitre cathédral le 8 septembre 1995. Débuteront alors six années de passion consacrées à la cathédrale et à son rayonnement, avec l’appui d’une équipe de chapelains totalement investie dans l’accueil quotidien des millions de fidèles, pèlerins et visiteurs.
En 1996, le chanoine Rechain deviendra membre de l’ordre du Saint Sépulcre où il sera très actif. Commandeur et prieur de la province d’Île-de-France-Paris, animateur de groupes spirituels, il partira régulièrement en Terre Sainte où, passionné d’archéologie, il lisait l’histoire à travers les lieux et les pierres pour témoigner des Écritures. Il donnera également de nombreuses conférences à Saint-Leu-Saint-Gilles (Paris I°), église capitulaire de l’ordre en France. Il œuvrera avec l’ordre du Saint-Sépulcre pour la vénération de la Sainte Couronne d’épines conservée à Notre-Dame.
En 1998, il sera prorogé doyen du Marais, poste qu’il occupait depuis 1995, et modérateur d’Aïn Karem. Il sera nommé prélat d’honneur.
En 2001, à l’issue de la période de six ans pour laquelle il avait été nommé, il quittera la cathédrale et deviendra curé de la paroisse Sainte-Odile (Paris XVII°) et doyen des Ternes. Il y sera pasteur de l’unité et permettra que se poursuive dans cette paroisse, non seulement la coexistence des deux formes liturgiques du rite latin, mais surtout le développement des relations humaines et chrétiennes dans l’unité entre les assemblées, selon la mission qui lui avait été confiée par son archevêque [1]. Il termine en 2004 son mandat pour le Collège des Consulteurs.
Affaibli par la maladie dès le début de l’année 2010, il continuera jusqu’au bout sa mission de curé à la paroisse Sainte-Odile, grâce à sa volonté et sa fidélité à Dieu, et avec l’aide de ses paroissiens qui l’ont soutenu, ne quittant son église que quelques heures avant sa mort. Le mardi 15 février 2011, jour de la fête de son saint patron, saint Claude, sur lequel il aimait à se reposer, Monseigneur Rechain rejoint la Maison du Père.

Parmi les temps forts de son rectorat à Notre-Dame de Paris, on pourra citer :
- en novembre 1995, l’accueil de Sa Sainteté, Bartholomeos Ier, Patriarche Œcuménique ;
- en janvier 1996, la messe en mémoire du Président François Mitterrand qui réunira sous les voûtes de la cathédrale un nombre considérable de chefs d’État, d’autorités civiles, religieuses et politiques du monde entier ;
- en août 1997, la visite du Pape Jean-Paul II à l’occasion des JMJ de Paris et de la béatification de Frédéric Ozanam, béatification qui lui était d’autant plus chère que ce dernier avait été professeur de lettres à Stanislas ;
- à la veille de l’an 2000, la fin des travaux de restauration de la façade occidentale et des tours de la cathédrale en 1991 ;
- l’année sainte et le jubilé de l’an 2000.

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Monseigneur RECHAIN recevant des mains du Saint-Père le calice et la patène que ce dernier offrit à la cathédrale

lors de la béatification de Frédéric Ozanam le 22 août 1997. © L’Osservatore Romano

Il témoignera à la cathédrale d’une grande fidélité par sa présence aux offices, vêpres et messes. Très attaché à la liturgie, il y officiera avec soin mais surtout avec conviction et implication personnelle. Conscient, comme le rappelait le pape Pie X et ses successeurs, que la beauté des rites favorise l’élévation des esprits et des cœurs vers Dieu, il s’attachera avec juste mesure à la magnificence du culte y voyant un bras d’évangélisation tendu vers les foules cosmopolites qu’accueille Notre-Dame. Prédicateur de l’Évangile, pasteur soucieux des pierres vivantes qui constituent l’Église, il exhortera à un engagement toujours plus intense à la suite du Christ, en témoigneront les conséquents éditos rédigés chaque semaine pendant ses six années de rectorat dans les feuilles liturgiques à l’attention des fidèles. Éducateur de la foi, il s’attachera à donner un nouveau dynamisme à l’équipe des clercs de la cathédrale, assurant leur recrutement et leur formation spirituelle pour un service de l’autel engagé et responsable. À l’instar de son prédécesseur, il œuvrera malgré les difficultés et les revers au développement et à la pérennisation de l’association Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris avec, en mélomane averti, un intérêt tout particulier pour la musique à la cathédrale. Soucieux de la formation et du devenir des enfants et étudiants des chœurs de la maîtrise, il aura toujours pour eux une attention toute paternelle, réminiscence peut-être de son passé de directeur de Stanislas capable d’appeler chaque élève par son prénom… Le chanoine Rechain, serviteur fidèle de l’évangile, saura tout au long de son rectorat, mettre à disposition l’église-mère du diocèse et ses moyens pour soutenir les actes pastoraux initiés chaque année par le cardinal Jean-Marie Lustiger.

Homme de conviction, actif et déterminé, Monseigneur Claude Rechain laissera à Notre-Dame l’image d’un recteur-archiprêtre connu pour sa forte personnalité mais aussi pour sa bienveillance, sa présence et sa charité, dans la discrétion et la modestie.

 

[1Cardinal André Vingt-Trois, homélie prononcée lors des obsèques de Monseigneur Claude Rechain, Paris, église Sainte-Odile, 19 février 2011.

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