Obsèques de Monseigneur POLLIEN

Samedi 19 janvier 2013 à 10h00

Monseigneur Michel POLLIEN, évêque auxiliaire de Paris de 1996 à 2012, est décédé à Paris ce mardi 15 janvier.

Comme il est d’usage pour les évêques de Paris et les Chanoines de la cathédrale, le mardi 15 janvier 2013 à 11H00, 75 coups ont sonné sur le grand Bourdon Emmanuel, hommage et action de grâce pour les 75 années passées en ce monde par Monseigneur POLLIEN.

Ses obsèques, présidées par Monseigneur VINGT-TROIS, cardinal-archevêque de Paris, seront célébrées en la cathédrale le samedi 19 janvier 2013 à 10h00.

 

Message du cardinal André VINGT-TROIS

Monseigneur Michel Pollien, vient de nous quitter après plusieurs années de maladie. Le diocèse de Paris garde mémoire de son long ministère de prêtre et d’évêque. Nous perdons un père et un frère. Ordonné prêtre en 1966, il fut vicaire à Sainte Marie des Batignolles et à Notre-Dame de la Gare avant de devenir curé de Saint Jacques-Saint Christophe de la Villette et vicaire épiscopal du 19° arrondissement. Vicaire Général en 1987, il devint évêque auxiliaire de Paris en 1996.

Ayant collaboré avec lui pendant de nombreuses années, j’ai été témoin, comme beaucoup de prêtres et de laïcs parisiens, de son sens pastoral, de sa délicatesse et de son attention fidèle à tous. Au-delà de la peine que nous cause son départ, nous sommes donc invités à rendre grâce à Dieu pour les fruits de son ministère.

Nous serons nombreux à l’accompagner dans la liturgie de ses obsèques que je présiderai à Notre-Dame de Paris, samedi 19 janvier, à 10h et à prier pour lui.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

 

Homélie du cardinal André VINGT-TROIS

Is 40, 9-11 ; Ps 39 ; Jn 11, 17-27

Frères et Sœurs,

Au mois de septembre dernier, quand nous avons célébré ici même une messe d’action de grâces pour les soixante-quinze ans de Mgr Michel Pollien, et pour ses années de ministère parisien, il nous avait cité ce verset du prophète Isaïe « comme un berger il conduit son troupeau, son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. » (Is 40, 11). Ce verset avait été pour lui une sorte de référence, de lumière et de modèle dans son chemin pour endosser, à son tour, la charge pastorale. Il ne s’agissait plus seulement de contempler la miséricorde et la tendresse du seul pasteur : Dieu, mais encore de manifester par son ministère, par sa manière d’être et de vivre ce ministère, cette miséricorde et cette tendresse aujourd’hui, pour les hommes de ce temps. Et nous savons combien le ministère de Michel Pollien a été éclairé et défini par cette volonté non seulement d’être proche de tous, mais de manifester et de mettre en œuvre un véritable amour pastoral. Je pense que pour beaucoup de prêtres - et en tout cas pour moi - cette manière d’exercer son ministère d’évêque a été une référence, un modèle et un encouragement.

Nous le savons Michel était très attentif à chacun, mais peut être de manière plus privilégiée à ceux auxquels personne ne prête attention. En effet, il vivait cette tendresse pastorale pour l’humanité, peut-être parce qu’à travers l’histoire de sa vie il avait traversé et connu beaucoup des situations dans lesquelles se trouvaient les personnes auxquelles il était envoyé et dont il était proche. Ainsi cette proximité découlait non seulement de l’intention pastorale de son ministère mais aussi de l’expérience intérieure de ce qu’il avait vécu et de ce qu’il vivait avec eux.

Proche, attentif, témoin de l’amour de Dieu pour les hommes, il n’était pas simplement un compagnon de route supplémentaire, il était un témoin de la foi. Un témoin serein, un témoin paisible mais un témoin indéfectible. Peut-être aussi parce que dans sa propre vie, il avait mesuré combien la relation avec le Christ pouvait changer quelque chose, et même changer le cours d’une existence. Il n’hésitait pas lui non plus à annoncer avec force : voici votre Dieu. Ce témoignage de la foi, dont il était persuadé et qu’il mettait en œuvre, il s’est employé tout au long de son ministère à y associer les chrétiens laïcs, hommes, femmes, à travers les équipes des différents mouvements qu’il a pu accompagner, en particulier dans la mission ouvrière, convaincu que la meilleure parole pouvant atteindre le cœur des hommes était le témoignage de leurs semblables. Et donc, il s’est toujours dépensé pour permettre au plus grand nombre de chrétiens et de chrétiennes de devenir ces témoins de la foi.

Le témoignage de la foi peut être variable et incertain dans beaucoup de situations humaines. Mais nous voici aujourd’hui confrontés à une situation que connaissent tous les hommes : la fin de la vie. A ce moment-là, le témoignage de la foi ne se gradue pas, ne se module pas, ne peut pas se contourner. Il est appelé, il est sommé de s’exprimer à la manière dont le Christ pose la question à la sœur de Lazare : « je suis la Résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. … Crois-tu cela ?... Oui, Seigneur, tu es le Messie » (Jn 11, 25-27). Ce témoignage de la foi devant la mort, devant l’épreuve qu’elle représente, et devant la rupture sans solution qu’elle manifeste, nous sommes tous appelés à le rendre quand nous entourons des parents, des amis, des relations qui sont frappés par la mort de l’un de leurs proches. Michel Pollien, tout au long de son ministère, a eu à vivre cet accompagnement dans la foi pour quantité de familles, plus ou moins convaincues que Jésus était le Messie et qui n’auraient peut-être pas été toujours capables de répondre comme Marthe à la question de Jésus. Mais sommes-nous toujours capables de répondre comme Marthe à la question de Jésus ? Ou plutôt, ne sommes-nous pas toujours en chemin pour répondre comme Marthe à la question de Jésus ? Et ce récit de l’évangile de saint Jean ne nous est-il pas donné précisément comme une lumière pour nous fortifier dans la recherche de notre réponse personnelle au Christ ?

Par-delà ces situations constituées par le ministère sacerdotal dans l’accompagnement des familles frappées par le deuil, Michel Pollien nous a donné un témoignage de la foi plus direct et plus immédiat au cours des dernières années de sa vie, alors qu’il était frappé par la maladie, sans illusion sur les chances ou les possibilités d’une guérison médicale. Il avait cette conviction que la manière dont il portait et vivait cette situation était aussi un témoignage rendu au Christ ressuscité. Nous savons que, en particulier au cours de la dernière année, la souffrance a été très forte, très dure à porter. Mais nous avons toujours trouvé Michel conscient de ce qu’il vivait, et je crois pouvoir le dire : désireux que ce qu’il vivait contribue à l’accomplissement de son ministère sacerdotal, comme nous l’avons chanté tout à l’heure en reprenant le psaume 39 : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. » ». Il me semble que tout au long de ces mois écoulés, marqués par la souffrance et par l’accompagnement médical, Michel a vécu cette offrande ultime non plus simplement de ses activités, de ses réalisations pastorales, mais tout simplement l’offrande de lui-même, le don de sa vie dans le sacrifice du Christ pour la vie du monde.

En l’accompagnant aujourd’hui, nous recueillons les signes de ce témoignage, nous rendons grâce d’avoir pu en bénéficier, et nous prions le Seigneur pour que la vie et la mort de Michel au milieu de nous soient la source d’une force plus grande dans notre fidélité à l’Évangile et dans notre désir d’être nous aussi témoins du Christ. Amen.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

 

Pour écouter l’homélie du Cardinal VINGT-TROIS aux obsèques de Monseigneur Michel POLLIEN, cliquez ici ou sur le lecteur ci-dessous.

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Biographie

Né le 22 août 1937, Michel POLLIEN entre au séminaire des vocations tardives de Morsang sur Orge, avant de compléter sa formation au Séminaire Saint-Sulpice d’Issy les Moulineaux. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Paris le 26 juin 1966 à Notre-Dame de Paris.

Nommé vicaire à Sainte-Marie des Batignolles (1966-1968), puis à Notre-Dame-de-la-Gare (1968-1978), il se retrouve en Mission ouvrière dans le sud de Paris. De 1968 à 1978, il est aumônier d’Action Catholique spécialisée (ACO-JOC). En 1978, il est nommé curé de la paroisse Saint-Jacques-Saint-Christophe de La Villette, poste qu’il occupera jusqu’en 1987. Doyen du 19ème arrondissement en 1980 et 1981, il est nommé vicaire épiscopal en 1981 et vicaire général en 1987, charge qu’il conservera jusqu’à son départ en retraite en 2012. En 1988, il intègre le Chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris comme chanoine titulaire. Le 11 octobre 1996, le Père POLLIEN reçoit l’ordination épiscopale à Notre-Dame et devient ainsi auxiliaire du cardinal Jean-Marie LUSTIGER, alors archevêque de Paris, et de son successeur le cardinal André VINGT-TROIS. Il sera Responsable du Service des Prêtres de 2003 à 2012.

Monseigneur Michel POLLIEN était membre du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles au sein de la Conférence des évêques de France.

Le 29 septembre 2012, une messe d’action de grâce à l’occasion de ses 75 ans, rassemblait plusieurs milliers de prêtres et de fidèles à la cathédrale.

 

Message du Pape Benoît XVI à l’occasion du décès de Monseigneur Pollien

 

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Allocution de Monseigneur Michel POLLIEN
lors de la messe d’action à l’occasion de ses 75 ans

Le 29 septembre 2012, à la fin de la célébration d’action de grâce à l’occasion de ses 75 ans, Monseigneur Michel POLLIEN, très ému, prononçait ces quelques mots.

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Monseigneur Michel POLLIEN prononçant son allocution à la fin de la célébration.

À ses côtés, Monseigneur Patrick CHAUVET, doyen du Chapitre cathédral. © M.-C. Bertin

Le 25 juin 1966, l’Eglise m’appelait à être prêtre, dans cette Cathédrale.
Le 11 octobre 1996, ici-même, je recevais l’ordination épiscopale par le cardinal LUSTIGER, avec Eric AUMONIER.
A la fin de cette ordination, il convenait que je dise un mot.
Je cherchais à conclure et dans l’émotion qui m’envahissait, je me souviens de n’avoir pu dire que ces quatre mots : Je vous aime tous.

Je lis dans le Cantique d’Isaïe, au chapître 40 : « Comme un berger qui fait paître son troupeau, ses bras le rassemblent. Il porte ses agneaux sur son cœur. Il mène au repos ses brebis ».
C’est bien dans cette conviction que j’ai vécu mon ministère épiscopal.

Mes 75 ans accomplis, selon le vœu de l’Eglise, j’ai donc remis ma charge d’évêque auxiliaire entre les mains du Pape Benoît XVI.

Ce soir, à la fraternelle demande du cardinal VINGT-TROIS, je rends grâce à Dieu de tout ce qu’il m’a été donné de vivre, d’être et d’aimer.

Je remercie mes frères évêques, ceux qui m’ont accompagné dans mes premiers pas ; je remercie tous mes frères prêtres et diacres, sans qui je n’aurai pas pu faire grand-chose.

Mais surtout, je rends grâce à Dieu pour le peuple qu’Il m’a confié : ces laïcs, jeunes et vieux, rencontrés et accompagnés dans les communautés paroissiales comme dans les mouvements.
De tout mon cœur, j’ai voulu faire et j’ai tout fait pour que ces laïcs soient au cœur de ce monde, témoins de l’amour de Dieu pour chacun, mais qu’ils restent avec tous les hommes d’aujourd’hui quels qu’ils soient, compagnons d’humanité.

Votre présence ce soir me va droit au cœur et en vous voyant toutes et tous, le Cantique de Marie prend vraiment pour moi toute sa dimension : Le Seigneur fit pour moi des merveilles, et à cause de cela, je proclame : Saint est Son nom.

L’émotion et la fatigue ne me permettent pas de dire beaucoup plus, mais ce soir encore, j’éprouve le besoin de vous dire à nouveau : En Dieu, je vous aime tous.

Au jour de mon ordination épiscopale, j’ai aussi été nommé, et je le reste, évêque de Pulcheriopoli : siège ancien et historique.
Pulcheriopoli, on peut tout aussi bien traduire par « la belle ville ». Certains, avec humour, m’ont donc félicité d’être évêque de « Belleville ». Quoiqu’il en soit, je reste évêque de Pulcherriopoli, dans cette belle ville et ce beau diocèse qu’est Paris.

Je remercie le cardinal VINGT-TROIS de bien vouloir m’y accueillir.

En la Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 29 septembre 2012,

† Michel POLLIEN

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© M.-C. Bertin

 

« Je reste marqué par Christifideles Laici »

Propos recueillis en aout 2012 par Claire Le Guen pour la Conférence des Évêques de France.

Claire Le Guen : Vous avez été nommé évêque auxiliaire du cardinal Lustiger. En quoi a-t-il marqué votre ministère ?
Monseigneur Michel Pollien : Incontestablement, c’est le cardinal Jean-Marie Lustiger qui, m’ayant appelé, m’a aidé à construire mon ministère épiscopal. Il m’a laissé une grande et fraternelle liberté de le vivre, dans une confiance pour laquelle je le remercierai toujours. J’ai plutôt un parcours un peu particulier et un peu spécifique, lié à l’Eglise en mouvements, à toute une époque post-conciliaire. Il m’a aidé à construire mon épiscopat tout en le respectant dans son originalité.

CLG : Vous étiez très en lien avec le monde ouvrier. Comment a-t-il évolué ?
Mgr MP : Le monde ouvrier s’est beaucoup diversifié mais il existe encore aujourd’hui. Une masse de gens travaille dans la précarité. Certains n’ont pas de boulot, d’autres vivent avec peu d’avenir. Cette situation nous renvoie à l’attention que l’Eglise a toujours portée aux plus fragilisés dans la société.

CLG : Est-ce qu’une parole vous aide à traverser l’épreuve de la maladie ?
Mgr MP : Je dirais : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12, 9). Mais c’est assez difficile d’accueillir cette épreuve. Mon handicap limite beaucoup ce que je souhaiterais faire à la sortie d’une vie intense vécue dans le diocèse de Paris et dans mes responsabilités. J’aurais aimé continuer dans une vie dense personnelle et apostolique.

CLG : Que direz-vous aux Parisiens lors de la messe du 29 septembre ?
Mgr MP : Ce que je leur ai dit quand j’ai été ordonné évêque : je les aime profondément ! Je voudrais témoigner de cette amitié et de cet amour que j’ai vécus, du bonheur de vivre ce ministère qui m’a été confié par l’Eglise, en signe de l’amour de l’Eglise pour les hommes. Je dirai ce qui a compté dans ma vie : la vie sacerdotale vécue avec les autres prêtres et les autres évêques, mais surtout la présence dans le monde des baptisés laïcs. Je reste marqué par Christifideles Laici (1988), sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde. C’est pour moi une source essentielle.

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© Yannick Boschat

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