Cathédrale spirituelle et vivante

Ouverture du Jubilé des 850 ans de Notre-Dame de Paris

mercredi 12 décembre 2012 à 18h00

Le mercredi 12 décembre à 18h, le cardinal André Vingt-Trois présidera l’ouverture des 850 ans de Notre-Dame de Paris.

Le coup d’envoi de ces festivités sera donné à 18 heures par Monseigneur André VINGT-TROIS, cardinal-archevêque de Paris.

La cérémonie commencera sur le parvis où une longue procession de plusieurs centaines d’évêques, prêtres, diacres précédés de tous les séminaristes d’Île-de-France, partira du beffroi et se poursuivra jusqu’à sommet de la voie jubilaire d’où le cardinal introduira la célébration. Tous se dirigeront ensuite vers le portail du Jugement dernier où le cardinal procèdera au rite d’ouverture des portes de la cathédrale (Psaume 23). Le cortège entrera dans la cathédrale au son du Te Deum, action de grâce pour ces 850 ans de Notre-Dame de Paris. La messe se poursuivra à l’intérieur de la cathédrale, les fidèles ne pouvant y accéder pourront prendre place à l’extérieur, sur les gradins de la Voie jubilaire, où des écrans seront disposés. à l’issue de la célébrations, les autorités civiles et religieuses ressortiront, un film, commenté par Madame Hélène CARRERE D’ENCAUSSE, Secrétaire perpétuelle de l’Académie française, retraçant 850 ans d’Histoire de la cathédrale et présentant les divers projets de ce jubilé, sera projeté. Monsieur Manuel VALLS, Ministre de l’Intérieur, prendra enfin la parole au nom de Monsieur François HOLLANDE, Président de la République française, sous le haut patronage duquel sont placées ces festivités des 850 ans de Notre-Dame de Paris.

Cette célébration sera également l’occasion pour le grand orgue de retentir à nouveau sous les voûtes de la cathédrale (et, pour l’occasion, sonorisé sur le parvis), après une période d’arrêt d’un an pour cause de travaux de restaurations.

 

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Chers amis,
Haut lieu spirituel de culte et de pèlerinage, monument historique du patrimoine parisien, national et international, la cathédrale Notre-Dame de Paris attire un nombre considérable de fidèles, pèlerins et visiteurs (près de 14 millions par an).
Perpétuant la tradition qui conduit à marquer, à intervalles cinquantenaires ou centenaires, les anniversaires des grands lieux, Notre-Dame de Paris célèbre du 12 décembre 2012 au 24 novembre 2013, le 850e anniversaire de la pose de sa première pierre.
Cette date anniversaire nous invite à contempler le passé, à relire la vie de la cathédrale, comme nous relisons notre vie lors de pèlerinages. Mais ce chef-d’oeuvre historique est avant tout un lieu de culte pleinement actuel et vivant. Rythmée par ses offices liturgiques, Notre-Dame de Paris reçoit le monde entier.
Je suis très heureux de vous accueillir à Notre-Dame de Paris en cette soirée exceptionnelle où nous inaugurons une année de festivités. Une année où nous célébrerons 850 ans d’art, d’histoire et de ferveur à travers les siècles. Nous célébrerons le travail de l’homme, des premières pierres de cette cathédrale aux derniers embellissements. Nous célébrerons cette splendeur architecturale créée à la gloire du Créateur, signe du Beau au coeur de la Cité.
Différents événements, manifestations liturgiques, culturelles, artistiques marqueront notre joie. Au-delà de fêtes ponctuelles, nous souhaitons que cette occasion qui nous est offerte soit un véritable tremplin vers l’avenir permettant de concrétiser de nombreux projets de restauration. J’espère ardemment qu’en cette année jubilaire vous puissiez (re-)découvrir ce diamant du patrimoine français et qu’à l’image de saint Augustin et de son célèbre « Via viatores quaerit »,
Je suis la voie qui cherche des voyageurs, vous choisissiez de parcourir le chemin de la vie en projetant votre regard et vos pas vers le Haut, vers le Beau.
Fraternellement en Jésus Christ par Marie.

Monseigneur Patrick JACQUIN,
chanoine, recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris,
président de l’association Notre-Dame de Paris 2013,
vice-président de la Fondation des 850 ans

 

 

Revivez cet évènement, diffusé en direct sur KTO Télévision Catholique

 

Retrouvez également l’émission spéciale consacrée aux 850 ans de la cathédrale

 

Homélie du Cardinal André VINGT-TROIS

(Gen. 3, 9. 15-20 ; Ps. 97 ; Eph. 1, 3-6. 11-12 ; Luc 1, 26-38)

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© Pierre-Louis Lensel

Frères et Sœurs,

En ce 850e anniversaire de la pose de la première pierre de notre magnifique cathédrale, nous ouvrons cette année jubilaire sous la protection de la patronne de notre Église en célébrant comme chaque année, mais avec un lustre exceptionnel, la fête de l’Immaculée-Conception de la Vierge Marie. C’est par son intercession que nous confions à Dieu notre Église diocésaine, le chapitre des chanoines de la cathédrale qui va accueillir ses nouveaux membres, le séminaire de Paris et la Faculté Notre-Dame. Cette année jubilaire nous permet d’accueillir ce soir tous les séminaristes d’Ile-de-France et nous en sommes particulièrement heureux. Notre joie sera encore amplifiée et soutenue dans son expression par l’accompagnement des grandes orgues rénovées.

Les lectures que nous avons entendues ouvrent pour nous un chemin de réflexion et de prière sur le sens des événements historiques tels que la foi nous propose de les lire et de les comprendre. La lecture du récit de la Genèse, comme celle de l’évangile de saint Luc, laissent le lecteur moderne bien insatisfait, avide qu’il est devenu de savoir exactement ce qui s’est passé. Mais les Écritures ne sont pas un reportage sur les événements. Elles sont une méditation inspirée par la foi et nous invitent à conduire la même lecture sur les événements dont nous sommes aujourd’hui les acteurs et les témoins.

Alors qu’il semble qu’en cédant à la tentation Adam et Ève ont entraîné l’humanité dans une histoire d’épreuves et de mort, dès ce premier récit le dénouement final est annoncé comme une espérance : le serpent sera frappé mortellement à la tête. Alors que l’annonce faite à Marie de la naissance d’un fils qui sera le Fils du Très-Haut, héritier du trône de David, tombe sur une jeune fille sans relation capable de susciter cette naissance, l’ange lui promet la fécondité de l’Esprit de Dieu lui-même : « rien n’est impossible à Dieu ». C’est la simple foi de Marie qui va transformer cette annonce inimaginable en réalité humaine et historique : « qu’il me soit fait selon ta parole ».

En cette année de la foi, nous découvrons avec émerveillement la puissance de Dieu à l’œuvre à travers la faiblesse des acteurs humains qui tissent l’histoire des hommes. C’est par la foi que l’impossible devient réalisable. C’est dans la foi de Marie que s’enracine et se fonde la grande geste de la réalisation du salut annoncé dès le proto évangile du livre de la Genèse. Mais, nous le savons, la foi n’est pas seulement le fait des géants de l’histoire biblique, elle est la condition préalable et nécessaire à la vie de tous les chrétiens. Aujourd’hui comme hier, c’est elle qui nous permet d’affronter les défis de l’existence autrement que comme des menaces qui submergeraient toujours les pauvres forces de notre humanité.

À quelles conditions cette foi peut-elle donner sens et fécondité aux événements toujours ambigus de l’histoire humaine, de l’histoire de chacune de nos vies comme de l’histoire de toute l’humanité ? L’épître aux Éphésiens nous donne une clé de lecture par son hymne liturgique qui est un long chant de bénédiction à la permanente prévenance de Dieu. Saint Jean l’exprimera également d’une autre manière : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier. »

Cette lecture ouvre une nouvelle série de questionnements : comment pouvons-nous comprendre la liberté de Marie, et en elle toute liberté humaine, si Dieu déjà de toute éternité a présumé ce qui allait arriver ? Était-il possible qu’elle refuse ? Ou bien nos destinées sont-elles tellement écrites par avance, prédestinées comme dit l’épître aux Éphésiens, que les choix ne sont plus que des illusions ? À travers cette question, il s’agit pour nous de bien autre chose que de mieux comprendre l’histoire particulière de Marie de Nazareth. Nous touchons à quelque chose qui est au cœur de l’existence humaine. Sommes-nous vraiment libres ? Et jusqu’à quel point ? L’histoire que nous vivons, est-elle un enchaînement d’événements réels dans lesquels nous avons à prendre parti ? Ou n’est-elle qu’une sorte d’illusion qui recouvre une réalité qui nous échappe de toute façon ? Dieu a-t-il tout prévu et tout écrit ? Mais alors qu’aurions-nous encore à faire ? Veut-il vraiment que nous lui répondions librement ? Mais alors comment peut-il savoir que nous dirons oui ?

Cette question travaille tout homme qui essaye de suivre le Christ, à quelque moment de son itinéraire qu’il se trouve. Nous ne pouvons pas la trancher autrement qu’en reconnaissant que nous appartenons à deux systèmes différents quoi qu’inextricablement mêlés. Le système de notre expérience, du phénomène de l’existence humaine et de ses composantes qui est aussi celui du débat intérieur de l’homme, celui de la connaissance à travers l’expérience du sensible, avec ses limites, ses drames, ses interrogations. Et, à travers cette expérience chronologique de l’existence humaine comme à travers la manifestation des phénomènes visibles de la liberté humaine, la foi nous invite à reconnaître le système d’une existence non temporelle, non chronologique, non successive, mais toujours immédiatement présente, celle de Dieu et de son dialogue avec l’homme.

La foi nous invite à entrer dans la vision simultanée de l’histoire de l’humanité qui est celle de Dieu, dans l’acte unique de sa création, dans le drame du péché, dans l’acte rédempteur, et dans la manifestation glorieuse du Christ à la fin des temps. C’est comme une vision unique par laquelle Dieu tient dans un seul instant ce que notre intelligence conçoit sur une multitude de siècles. Là où nous épelons laborieusement les éléments successifs de la prise de conscience de notre filiation divine, Lui est immédiatement, pleinement, définitivement et simultanément toujours le Père de tous. Là où nous peinons à rassembler difficilement les hommes sous la promesse de Dieu, Lui voit l’humanité tout entière rassemblée en un seul peuple dans la Jérusalem Céleste.

C’est la foi en cette présence permanente de Dieu qui animait le talent et la persévérance des artistes qui ont édifié cette cathédrale. C’est la foi qui en est l’âme depuis la pose de la première pierre jusqu’à ce jour. C’est la foi qui a conduit le peuple de Paris à y reconnaître sa maison. C’est la même foi qui anima la longue cohorte des saints parisiens que nous invoquerons dans un instant. Oserais-je dire encore que c’est une certaine foi, même si elle n’est pas pleinement chrétienne, qui guide tant de personnes à y entrer ? En tout cas, c’est dans la foi que nous sommes invités à faire une démarche de pèlerin en cette année de la foi et à renouveler ici notre profession de foi au Christ sauveur.

En ce temps jubilaire, nous rendons grâce à Dieu pour le témoignage de foi que nous recevons de nos anciens, la foi des bâtisseurs, la foi des artisans, la foi du peuple de Paris et de ses pasteurs, la foi des saints qui ont illuminé notre capitale, et -pourquoi ne pas le dire ?- la foi des catholiques de Paris qui se dépensent sans compter en se laissant conduire par la prévenance de l’amour de Dieu. Notre profession de foi nous unit à ce témoignage et nous invite à apporter notre modeste pierre à la construction sans cesse poursuivie de la nouvelle cité de Dieu parmi les hommes.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

 

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Monsieur Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, représentait Monsieur le Président de la République française sous le haut patronage duquel sont placées ces festivitées des 850 ans de Notre-Dame de Paris.
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Monseigneur Luigi VENTURA, Nonce apostolique en France, a donné lecture à la fin de la messe du message rédigé pour l’occasion par le Saint-Père.
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À l’issue de la messe, Monsieur Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, s’est adressé, au pied de la façade de la cathédrale, aux autorités civiles, religieuses et aux fidèles venus assister à la célébration.
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Allocution de Monsieur Manuel VALLS, ministre de l’intérieur

Monsieur le Maire de Paris, Monseigneur, Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Mesdames et messieurs les ambassadeurs, Mesdames et messieurs,

Le génie tient dans sa capacité à provoquer, sans cesse, l’émerveillement. Et nous sommes aujourd’hui, une fois encore, dans l’émerveillement face à ce joyau de l’art occidental qu’est Notre-Dame de Paris. Par son architecture, ses sculptures, ses vitraux, Notre-Dame est un symbole. Un symbole de la Chrétienté, évidemment. Mais un symbole qui va bien au-delà. Au fil des siècles, Notre-Dame a pris sa place, grandiose et majestueuse, au cœur de Paris dont elle est un emblème ; elle a pris sa place dans le patrimoine des Hommes. C’est, pour moi, un grand honneur et une grande joie d’être, à vos côtés, pour l’ouverture de ce 850e anniversaire, d’y représenter le président de la République. Cet événement est marquant, pour l’Église. Il est marquant, également, pour toutes celles et tous ceux qui voient, dans les tours de Notre-Dame, l’image de la France, le témoignage remarquable de son histoire. Cet événement est aussi joyeux ; c’est l’étymologie même du mot jubilé.

Marquant et joyeux, cet événement est, avant tout, un moment privilégié pour l’Église catholique. C’est à elle que revient le mérite de l’organisation de cette grande célébration. Et c’est d’ailleurs – je ne l’oublie pas – sur ses épaules que repose, très largement, la notoriété de la cathédrale de Paris. Une cathédrale qui figure parmi les monuments les plus visités au monde.

Je veux, ici, rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui assurent, au quotidien, un travail remarquable pour que chaque pèlerin, chaque visiteur, chaque curieux trouve ici ce qu’il est venu chercher. Ce peut être la prière, car Notre-Dame est, bien entendu, par essence, un lieu de culte ; mais ce peut être, aussi, plus largement, la réflexion, l’introspection, le besoin de se retrouver face à soi- même, dans ce qui est un sanctuaire spirituel majeur. Ce peut être l’envie de prendre la mesure de cet édifice colossal, d’en découvrir l’histoire et les secrets, les anecdotes et les mythes. Ce peut être, enfin, le désir d’une rencontre avec la splendeur, avec l’art, la peinture, la sculpture, l’architecture, mais aussi la musique sacrée, comme l’a encore démontré magistralement, ce soir, la maîtrise de Notre-Dame. L’engagement et le dévouement des hommes et des femmes qui font vivre la cathédrale, notre cathédrale, est à la dimension de sa célébrité. Il a quelque chose d’absolu et d’universel.

Cet « absolu », cet « universel », c’est aussi le message que l’Église transmet à l’occasion de cet anniversaire, au travers de toutes les manifestations, de tous les événements liturgiques, culturels, artistiques qui se dérouleront au cours des douze prochains mois. L’Eglise transmet, également, un message d’accueil, de partage et d’ouverture à l’humanité, dans toute sa richesse. Par leurs origines, leurs modes de vie, leurs croyances, les visiteurs, les voyageurs, les pèlerins qui se pressent, chaque année, sous les voûtes de Notre-Dame sont d’une infinie diversité. Ils sont l’incarnation du monde. Et tous viennent partager, ici, quelques instants de silence, de paix, de recueillement. Ils mettent entre parenthèses tout ce qui pourrait les distinguer ou les opposer. C’est un message à méditer.

Dans nos sociétés contemporaines, les divergences, en effet, ne manquent pas. Elles existent aussi – pourquoi le nier ? – entre le spirituel et le temporel. Dans notre république laïque, l’État et les religions évoluent séparément et peuvent poursuivre des objectifs différents. Pour autant, ces divergences ne doivent pas éloigner. Elles ne doivent pas interrompre le dialogue constant et de grande qualité qui réunit ceux qui ont en partage les valeurs d’humanisme. Et il y a une continuité incontestable entre cette foi en l’Humanité que porte l’Eglise et les principes de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, qui est le fondement de notre droit.

Cet anniversaire est un rendez-vous spirituel. Il est, également, une rencontre avec la prouesse des Hommes, avec cette ambition qu’ils ont de bâtir, de s’élever, de créer. Notre-Dame de Paris, avec ses deux tours quadrangulaires, est un symbole d’innovation, d’audace et de maîtrise. Elle a, par son harmonie, sa puissance, sa grâce, bouleversé les codes architecturaux du Moyen-Âge. Il faut s’imaginer, aujourd’hui, cette époque si singulière de l’histoire de l’Europe, celle de l’an mil, au temps des premières universités. A Paris, Chartres, Amiens, Reims, on décide, pratiquement la même année, d’engager des chantiers gigantesques. Les plus grands investissements et les plus vastes entreprises artisanales du monde se font ici, au cœur de la France. On y allie la maîtrise technique et le perfectionnement mécanique qui vont faire de ces édifices des lieux de lumière, de géométrie. Des lieux où l’on gomme les murs, où l’on perce des rosaces et où l’on essaie de construire toujours plus haut. Comme le disait Georges DUBY, ici, la ligne droite devient maîtresse ; elle figure l’acte créateur et la grâce divine, l’élan de la dynamique rationnelle, de tout le progrès de ce temps, qui file droit vers son but.

Notre-Dame, c’est la quintessence de l’art gothique. Et c’est finalement CHATEAUBRIAND qui l’écrit le mieux dans son Génie du christianisme : « On ne peut entrer dans une église gothique sans éprouver une sorte de frissonnement et un sentiment vague de la Divinité ». L’architecture gothique est née dans les bois qui couvraient la France. Notre-Dame est une forêt de pierre, avec ses voûtes, ses piliers, qui sont autant de troncs d’arbre et de feuillages, à la fois frais, ténébreux et mystérieux. Les cathédrales font écho à la foi, à la croyance mais elles font aussi écho à la science. Elles expriment toutes les dimensions de l’intelligence humaine. C’est pour cela que les pouvoirs publics ont, toujours, soutenu la conservation et l’embellissement de ces monuments témoins d’une époque exceptionnelle. Ce fut le cas, bien sûr, lors de la restauration ambitieuse d’Eugène VIOLLET LE DUC, au 19e siècle, qui rendit à Notre-Dame son éclat et sa flèche, un siècle après sa démolition. C’est le cas, de manière continue, depuis cette date. Je veux, à cet égard, saluer l’action du ministère de la Culture et la détermination du Maire de Paris.

Ce 850e anniversaire de Notre-Dame est, enfin, une invitation à parcourir les siècles passés, à se pencher sur notre histoire et sur les événements qui se sont produits dans et autour de ce monument. Un monument dont la première pierre fut posée au cœur d’un Paris médiéval, frêle capitale d’un royaume à peine constitué. Notre-Dame a, en quelque sorte, vu naître Paris. Elle en est aujourd’hui une part de son visage, de son horizon. Elle est imprimée dans la mémoire de tous les Parisiens. Elle est, pour moi, depuis toujours, l’identité d’une capitale dont le nom est indissociable de la grandeur et de la culture. Combien d’épisodes de notre histoire se sont déroulés sous ses hautes tours ! De la guerre de Cent ans au Te Deum de la Libération, on s’est rassemblé, ici, pour manifester l’unité de notre Nation autour d’un événement, d’un homme, ou d’une cause. Ce ne fut pas toujours des moments de joie ou de concorde ; beaucoup de drames ont trouvé ici leur épilogue. Notre-Dame de Paris est un lieu de mémoire nationale. C’est dire combien elle appartient à tous les Français. Elle est une scène de roman, non seulement celui de Victor HUGO, mais beaucoup plus largement, une scène de notre roman national.

Monseigneur, Mesdames, Messieurs, Cet immense vaisseau qui domine Paris, baigné par la Seine, a vu « 80 rois, deux empereurs et cinq Républiques ». Il a survécu aux guerres, il a survécu aux assauts du temps. Il entre, chaque jour un peu plus, dans l’éternité, accomplissant ainsi le vœu de ses concepteurs.

En cette année de jubilé, toutes celles et tous ceux qui viendront à Notre-Dame rencontreront, sous une forme ou sous une autre, la manifestation du Beau, une ouverture vers le Sublime.

 

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