Rencontre des conseils pastoraux autour du cardinal André Vingt-Trois

Samedi 22 septembre 2012 à 9h30

Seront réunis autour du cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de paris, les prêtres et les diacres de Paris et tous les membres des conseils pastoraux des paroisses parisiennes pour cette rencontre en début d’année.

- Qu’est ce qu’un Conseil pastoral ? À quoi servent-ils ? Découvrez des textes de références sur les Conseils pastoraux.

- 2012-2013 : Année de la Foi, année proposée par le pape Benoit XVI pour commémorer le 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. Cliquez ici pour plus d’informations.

 

 

 

 

EXHORTATION DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - CÉLÉBRATION D’OUVERTURE DE L’ANNÉE DE LA FOI LORS DU RASSEMBLEMENT DIOCÉSAIN DES CONSEILS PASTORAUX DU 22 SEPTEMBRE 2012

Frères et Sœurs,

Cette Année de la Foi est d’abord pour nous un appel à une immense jubilation, une immense action de grâce, une immense reconnaissance, puisque nous qui étions comme des étrangers, comme ceux qui n’ont pas de citoyenneté, comme ceux qui n’ont pas de Dieu en ce monde, nous avons vu s’ouvrir devant nous la Porte de la Foi, nous avons été accueillis comme citoyens de l’Église, membres du Corps du Christ, appelés à être enfants de Dieu.

Ce que nous aurions pu ne pas être, nous le voyons autour de nous, sur la face de ceux qui sont sans espérance. Nous le voyons autour de nous dans l’existence de ceux qui sont livrés à la culpabilité et aux regrets. Nous le voyons autour de nous dans le cœur de ceux qui sont habités par la convoitise et la jalousie, et qui se laissent entraîner à la violence envers les autres.

Tout cela est aussi dans notre cœur, dans notre vie, sur nos visages. Tout cela est la marque de la mort et du péché sur l’humanité. Nous en avons été délivrés par le baptême parce que Dieu a ouvert aux païens la Porte de la Foi. De cela nous devons, jour après jour, rendre grâce à Dieu. Jour après jour nous devons regarder notre relation avec Dieu, par le Fils, dans l’Esprit, comme la meilleure chance de notre vie. Et le moyen par lequel Dieu nous a ouvert la Porte de la Foi, c’est l’Église qui a été pour nous la chaîne ininterrompue par laquelle nous sont parvenus la Parole du Salut et les sacrements de la vie.

Il est normal, humain et compréhensible qu’à quelques moments de notre existence, cette élection divine qui nous a appelés des ténèbres à la lumière devienne pesante ou perde de sa signification. Il est dans l’ordre des choses que ce surcroît d’amour dépasse nos capacités d’accueil et de réponse. Mais quand nous entrons en nous-mêmes, quand nous regardons où sont les véritables ressources de notre vie, qu’est-ce qui nous tient debout ? Qu’est-ce qui nous remet debout chaque jour ? N’est-ce pas l’amour ? L’argent, la puissance, la convoitise suffiraient-ils à motiver tant d’hommes et de femmes à se dépenser pour le bien-être des leurs ? Suffiraient-ils à donner le courage à tant de femmes seules avec leurs enfants d’affronter la difficulté de l’existence s’il n’y avait l’amour ? Et cet amour n’est pas seulement la somme des sentiments et des attraits, mais c’est le choix de lier indissolublement notre existence à celle de ceux qui nous sont confiés. Cet amour nous permet de nous remettre debout chaque jour, de recommencer chaque année la tâche qui n’est jamais terminée. Cet amour, c’est Dieu vivant au cœur des hommes, cet amour c’est l’Esprit Saint répandu en nos cœurs par la foi. Cet amour c’est Jésus vivant en notre vie et c’est ce message de l’amour vivant de Dieu au cœur de l’humanité que l’Église est chargée de transmettre, d’annoncer et dont elle est appelée à témoigner.

L’Année de la Foi c’est le temps de l’action de grâce, c’est le temps de la conversion, le temps où nous sommes invités à débroussailler notre vie, élaguer ce qui nous détourne de cet amour, balayer ce qui encombre nos capacités d’aimer, effacer ce qui entache notre désir de devenir des saints.

Ce message de l’Église n’est pas seulement une prophétie incantatoire, c’est un message vécu et partagé à travers la vie de tous les membres du Corps du Christ. C’est pourquoi, la dévotion que l’Église nous appelle à vivre à l’égard des saints n’est pas une sorte de fétichisme, mais simplement la reconnaissance qu’au long des siècles, dans toutes sortes de situations à travers le monde, et plus particulièrement pour nous dans notre pays, des centaines et des milliers d’hommes et de femmes ont fait du message d’espérance de l’Église non pas simplement un verbiage, mais une réalité vécue, constatable et partageable.

C’est pourquoi, en entrant dans cette Année de la Foi, je vous invite à invoquer la figure de cette multitude d’hommes et de femmes pour qu’ils renforcent en nous la certitude que la seule richesse que nous puissions vraiment partager avec les hommes, ce n’est ni l’or, ni l’argent, ni la puissance, mais c’est l’amour.

+ André cardinal Vingt-Trois
archevêque de Paris.

 

 

INTERVENTION DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS : “ALLEZ ! ANNONCEZ !”, RENCONTRE DES CONSEILS PASTORAUX DU 22 SEPTEMBRE 2012

Chers amis,

Je me réjouis de cette rencontre qui ouvre notre année pastorale et qui est presque devenue une tradition. Elle nous permet de rassembler des représentants des Conseils Pastoraux, de partager avec eux une évaluation du chemin parcouru et de leur proposer les objectifs communs du diocèse qu’ils auront à adapter à leur situation particulière et auxquels ils pourront se référer pour relancer leur action.

1. Un chemin parcouru (2005-2012).

Il y a bientôt sept ans ici-même, je vous invitais à approfondir et développer l’action missionnaire de notre Église dans la continuité de Paris-Toussaint-2004. Cet approfondissement et ce développement ont été encouragés par les visites pastorales et les Assises diocésaines qui les ont suivies. À partir de ces Assises diocésaines, j’avais retenu et je vous avais proposé trois thèmes pour les trois années de Paroisses en mission. Toutes ces étapes ont été marquées par une implication de plus en plus régulière des conseils pastoraux dans le discernement des objectifs de chaque communauté paroissiale. Je veux d’abord rendre grâce avec vous pour ce chemin parcouru ensemble et vous remercier de votre implication dans notre effort commun pour mieux identifier et organiser la délibération des laïcs dans la vie de notre Église.

Au terme de ces trois années de Paroisses en mission, appuyés sur les résultats des initiatives diverses qui ont été lancées et poursuivies, nous sommes mieux en mesure de tourner notre regard vers l’avenir, du moins je l’espère. Aujourd’hui, je voudrais vous proposer un projet pour les deux prochaines années pastorales. Mais avant de vous l’exposer, permettez-moi d’attirer votre attention sur les circonstances particulières de notre calendrier. En ce mois d’octobre 2012, l’Église universelle fait mémoire de l’ouverture du Concile Vatican II en octobre 1962 et du vingtième anniversaire du Catéchisme de l’Église catholique et Benoît XVI nous invite à célébrer cet anniversaire en vivant une Année de la Foi inaugurée par la session du synode des évêques sur la Nouvelle évangélisation. Ce double événement de l’anniversaire du Concile et de l’Année de la Foi ne constitue pas une distraction par rapport au chemin dans lequel nous sommes engagés, au contraire.

Cinquante ans après, nous mesurons combien le Concile Vatican II, vingt-et-unième concile œcuménique, a été et demeure une grâce pour notre Église, et peut-être si nous en suivons les aspirations et les orientations, tout simplement une grâce pour notre temps et une espérance pour l’humanité. Fidèles à la foi de l’Église catholique, nous recevons ce concile avec la même générosité et la même fidélité que tous les conciles qui l’ont précédé au long de presque deux millénaires et nous le comprenons et nous essayons de le vivre à la lumière de l’interprétation qu’en donne le Magistère de l’Église et non selon nos préférences ou nos tentations de libre examen. C’est dans la fidélité à ces orientations du Concile que le Bienheureux Jean-Paul II a travaillé avec le synode des évêques à la mise en œuvre d’une réflexion systématique sur la mission des laïcs dans l’Église, session synodale qui a abouti à l’Exhortation Apostolique Christi Fideles Laici. C’est dans la même dynamique conciliaire que le Pape Benoît XVI prolonge et développe la réflexion de l’Église sur la mission des laïcs. Vous trouverez dans les documents qui vous seront remis plusieurs de ces interventions dans ce sens. Les laïcs ne sont pas de simples exécutants, ils sont appelés à partager la réflexion et le discernement sur la vie de leur communauté, ses objectifs et ses actions.

Cette détermination à développer le rôle et la mission des conseils pastoraux n’est pas une simple réponse à la pénurie des prêtres. Récemment un journal honorablement connu a présenté un article sur la pénurie des prêtres à Paris. Pour beaucoup ce fut une surprise. Laissez-moi vous donner un aperçu de la réalité. Le diocèse de Paris compte 565 prêtres dont 200 ont plus de 70 ans. Une centaine de prêtres de Paris sont en service hors de la capitale, soit dans des services nationaux, soit au service du Saint-Siège soit dans d’autres diocèses avec la Fraternité des Prêtres pour la Ville ou à titre individuel. En recevant avec joie l’aide d’un certain nombre de religieux, on peut compter sur environ 300 prêtres en pleine activité dont un tiers est engagé dans des services de formation, des aumôneries d’hôpitaux ou de jeunes ou d’autres ministères. Il y a 110 paroisses à Paris. Mais quand bien même nous aurions le double de prêtres, cela ne nous dispenserait pas de mieux équilibrer la participation des fidèles à la vie de l’Église. C’est sur eux d’abord que repose le témoignage de l’évangile dans tous les domaines de la société. Je ne vous dis pas cela pour me plaindre. Je mesure chaque jour combien les chrétiens de Paris sont généreux et actifs et je souhaite seulement que leur participation à la mission de l’Église soit encore plus forte et mieux reconnue.

2. « Paroisses en mission »

Les trois années de Paroisses en mission ont été orientées par des thèmes que je vous avais proposés : 2009-2010 : Eucharistie et Mission, 2010-2011 : Famille et Jeunesse et 2011-2012 : Éthique et solidarité. Ces années ont été scandées par des assemblées paroissiales et par des modules de formation. Elles ont été dynamisées par une implication plus forte de nombreux conseils pastoraux. Au terme de ces trois années, je voudrais partager avec vous quelques réflexions que j’ai déjà eu l’occasion de dire aux prêtres lors de la rencontre du presbyterium du 1er mai dernier.

« Nous sommes invités à un travail persévérant et à long terme. Je ne pense pas à des réformes bureaucratiques, dans lesquelles il faudrait décider brusquement de s’organiser comme ceci ou comme cela. Nous savons bien que les gens ne fonctionnent pas de cette manière ! Ce que nous devons faire évoluer, ce n’est pas la définition bureaucratique des situations, c’est la mentalité des participants, c’est leur manière de comprendre et de vivre la vie ecclésiale. Cette évolution des mentalités demande un travail patient et doit être accompagnée avec beaucoup de délicatesse, de finesse, et de persévérance. Mais en attendant, notre ministère de prêtre et la charge qui nous est confiée de conduire l’Église, nous confrontent de manière permanente à une frustration, frustration personnelle pour nous-mêmes et frustration institutionnelle pour notre Église.

Cette frustration vient du décalage que nous n’arrivons pas à rattraper entre le dynamisme de l’Evangile et le sentiment de la lenteur, voire de l’inertie, qui caractérise l’Eglise comme tous les corps sociaux. Quand nous avons une certaine idée de ce qui pourrait être fait, quand nous identifions un peu les projets et les initiatives à réaliser, nous constatons notre difficulté à surmonter cette inertie et à entraîner la générosité et le dynamisme des chrétiens. Mais il ne sert de rien de les accuser et de les culpabiliser. Il faut petit à petit que nous les aidions à bouger, pas à pas, insensiblement mais réellement. C’est ce travail à long terme que nous avons essayé de mettre en œuvre dans le diocèse. Nous avons pris trois années pour essayer de toucher les chrétiens qui participent à l’assemblée eucharistique, pour qu’ils prennent conscience que la dynamique de l’eucharistie à laquelle ils communient les entraîne vers des changements de leur manière de vivre, vers des initiatives d’action à l’égard des autres, et vers une meilleure communication entre les membres de la communauté chrétienne. C’est ce que nous avons essayé de mettre en œuvre à travers les assemblées paroissiales, à travers les modules de formation et à travers les projets mis en route ici ou là dans les paroisses.

Pour évaluer ce travail, on peut toujours essayer de faire un catalogue des réalisations. Mais ces dernières sont finalement secondaires par rapport au travail de fond qui est la mise en mouvement des chrétiens, la prise en compte de leur dynamisme, la stimulation de leur générosité et l’animation, peut-être plus active qu’elle ne l’était, de leur communauté chrétienne. Dans ce domaine, ces trois années ont aidé à progresser dans un certain nombre de paroisses. Elles avaient aussi pour but de stimuler la pratique habituelle des conseils pastoraux, peut-être de la faire évoluer, en tout cas de l’encourager. Car si nous voulons adapter peu à peu la pratique de nos communautés chrétiennes à la situation réelle, il faut que nous (c’est-à-dire les fidèles et les prêtres) apprenions progressivement à mettre mieux en œuvre une collaboration qui est acquise dans les esprits ou dans les termes, mais qui passe parfois difficilement du stade de l’idée et de l’intention à celui de la mise en œuvre pratique.

Nous savons depuis longtemps que dans l’Église, les laïcs ne sont pas simplement les auxiliaires des prêtres, et que même s’il est utile qu’il y ait des laïcs qui soient des aides pour les prêtres, leur mission dans l’Église n’est pas simplement d’être leurs serviteurs. De cela, nous sommes convaincus, mais comment le vivons-nous ? Comment, dans la pratique des conseils pastoraux, une responsabilité peut-elle s’exercer réellement, même si ce n’est pas la responsabilité ultime et dernière confiée aux pasteurs ? Et comment pouvons-nous évoluer progressivement pour que les conseils pastoraux ne soient pas simplement une chambre d’échos et de réactions aux initiatives du clergé, mais plutôt une instance où s’expriment des propositions originales de la part des fidèles, par rapport auxquelles le prêtre exerce un discernement pour apporter son encouragement, ou au contraire exprimer des réserves et ne pas pousser davantage ? Ce sont des opérations délicates dans lesquelles il faut que nous progressions et qui impliquent des changements et des évolutions pour tout le monde.

Cette période de trois années, qui a été un peu une période de mobilisation des communautés chrétiennes, doit donc déboucher sur une évolution des pratiques dans les conseils pastoraux et dans la manière dont les prêtres exercent leur ministère. Plus les laïcs pourront exercer leur responsabilité, et mieux le prêtre pourra identifier la spécificité de sa mission dans la communauté chrétienne, qui n’est pas d’être le seul et unique leader de l’action commune, mais d’être celui qui exerce un discernement pastoral par rapport à des projets dont il n’a pas forcément l’initiative. Cette évolution demande un changement de perspective pour beaucoup d’entre nous, en tout cas une évolution des pratiques. »

La progression que vous avez pu vivre ou tenter dans votre pratique du conseil pastoral au cours de ces trois ans, il est temps maintenant de la constater, de la vérifier et de la relancer. Ce sera l’objet des visites pastorales que feront les vicaires généraux au cours des mois qui viennent. Dans ces semaines-ci, ils les préparent avec les curés de leur vicariat.

Mais tout ça pour aller où ?

3. « ALLEZ ! ANNONCEZ ! 2014 »

Pour éclairer les deux années qui viennent, je voudrais nous remettre d’abord devant l’un des éléments constitutifs de notre Église, sa raison d’être et sa mission, hors de laquelle elle n’aurait plus de sens, plus d’avenir et plus d’intérêt. Je le ferai en me référant aux nombreuses formulations de la mission que nous trouvons dans la bouche de Jésus dans les évangiles : « Allez par le monde entier, proclamez l’évangile à toutes les créatures... » (Marc 16, 15). C’est pour cela que lui-même est venu dans le monde. C’est pour cela qu’il a appelé ses disciples et qu’il les a envoyés. C’est pour cela qu’il a fondé l’Église. Chaque fois que nous oublions ce fondement constitutif, nous laissons se dévitaliser, se tarir et se nécroser les richesses que nous avons reçues. En essayant d’appliquer cet ordre de mission du Seigneur à notre situation présente, en 2005, je vous partageais une question qui m’habite de façon lancinante : Comment rejoindre ceux qui ne nous demandent plus rien ? Comment aller à leur rencontre et leur annoncer la Bonne Nouvelle, l’évangile de la miséricorde de Dieu ?

Ce chemin où nous sommes appelés à rencontrer les hommes de notre temps, ce sont d’abord toutes les circonstances de l’existence dans lesquelles la liberté humaine est engagée et sollicitée. Notre capacité à être pour nos contemporains des interlocuteurs crédibles et sérieux est un des fondements de notre efficacité missionnaire. C’est ce que beaucoup de groupes, de mouvements, d’associations diverses de chrétiens essaient de développer dans leur action et leur dialogue quotidien avec leur environnement. À l’échelon du diocèse, -et plus largement grâce à KTO et à internet-, c’est le projet auquel est consacré le Collège des Bernardins. En quatre ans, nous mesurons la place qu’il a prise, non seulement dans les cercles ecclésiaux, mais plus largement dans la réflexion et le débat social. Un lieu d’enseignement, de parole et d’écoute est ouvert où la Sagesse chrétienne propose ses richesses à quiconque à l’esprit ouvert. L’élan donné par le Pape à l’objectif de la nouvelle évangélisation consonne bien avec cette réalisation dans laquelle la démarche de foi tente de rendre compte de son enjeu devant la raison humaine et interpelle celle-ci sur ses présupposés.

Mais la nouvelle évangélisation ne se borne pas à répondre aux attentes et aux recherches des esprits curieux. Elle nous appelle aussi à aller au-devant de ceux qui, non seulement ne nous demandent plus rien, mais encore qui ne soupçonnent plus qu’il y aurait quelque chose à espérer. Alors que les traces diffuses d’une culture chrétienne, même rudimentaire, s’effacent peu à peu de la mémoire collective et de la société, nous sommes invités plus que jamais à ne pas laisser disparaître ce qu’il en reste, mais au contraire à le valoriser. Plus encore, notre société pluriculturelle et sécularisée absorbe ou occulte la réalité et les signes des religions et, particulièrement du christianisme. Il ne s’agit plus de retrouver le catéchisme perdu de son enfance lointaine. Il s’agit de découvrir un continent inconnu dont l’existence même est ignorée. Il nous faut avancer vers cette mission avec résolution.

C’est dans cette perspective d’un effort missionnaire renouvelé que je vous propose l’objectif : « Allez ! Annoncez ! 2014 » comme un nouvel élan pour la mission. Vous vous souvenez sans doute de Paris-Toussaint-2004, dans le cadre des Congrès pour l’évangélisation auxquels Paris avait participé avec Budapest, Vienne, Bruxelles et Lisbonne. Ils reposaient principalement sur des actions organisées et médiatisées à l’échelon de la ville entière. Ils ont aidé beaucoup de chrétiens à mesurer que la foi chrétienne avait besoin de s’exprimer dans l’espace culturel et public. Ils ont mobilisé peu à peu les paroisses qui ont clôturé la période parisienne par un pèlerinage à Notre-Dame de Paris.

Aujourd’hui, il me semble que nous avons la possibilité de susciter un mouvement d’évangélisation proche des quartiers de la ville, une mission parisienne, dont chacune des paroisses sera l’organisatrice et l’actrice dans son quartier. L’effet médiatique ne viendra pas d’abord d’événements spectaculaires, mais de la simultanéité des initiatives en même temps que de leur diversité. J’ai donc choisi et je vous propose de préparer cet effort important pour l’Avent 2014. Je vous invite à annoncer Noël, la bonne nouvelle de la venue de Dieu chez les hommes, dans chacun des quartiers de Paris au cours des semaines du mois de décembre 2014. C’est le but vers lequel nous marchons et pour lequel nous allons vous proposer un calendrier et des moyens.

2012-2013 : Au cours de l’année pastorale qui commence, je vous invite à investir vos efforts dans trois directions :

Préparation et réalisation de la visite pastorale des conseils pastoraux.
Journées de formation pour les membres des conseils pastoraux par vicariat. Il est sans doute clair pour tous qu’une participation plus déterminante au discernement pastoral suppose un minimum de formation.
Mise en œuvre des propositions pour l’année de la foi :
Valoriser la profession de foi dans la célébration du dimanche pendant le carême et le temps pascal.
Diffuser le livret diocésain « La Porte de la Foi » pour encourager des groupes de chrétiens à s’en servir.
Profiter du Jubilé de la cathédrale pour y organiser des pèlerinages paroissiaux et inviter au pèlerinage diocésain à Rome.
Participer à Diaconia 2013.
Encourager et soutenir les jeunes qui pourront participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro.
2013-2014 : Ce sera une année de l’appel.

Je voudrais que chaque conseil pastoral mette en œuvre une pratique de l’appel pour le service de la mission. Qui peut-on appeler pour la réaliser la mission de l’Avent 2014 ? Qui peut-on appeler pour assurer les services courants de la communauté paroissiale ? Comment appelons-nous ? Comment vivons-nous cette mission d’appeler dans nos relations, nos familles, etc. Évidemment, parallèlement à cette campagne d’appel, nous aurons à cœur de proposer des formations soit locales, soit diocésaines.

Il me reste à souhaiter à chacune et à chacun d’entre vous de trouver et de voir grandir la joie de la mission. Je ne puis mieux vous y inviter qu’en vous disant à nouveau la parole du Seigneur lui-même à ses disciples : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a d’amour plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’il aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l’ignorance ce que veut faire son maître ; je vous appelle amis, parce que je tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure : tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jn 15, 11-17).

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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