Messe pour l’anniversaire de la Fondation Notre-Dame

le mercredi 6 juin 2012 à 18H15

Le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, présidera cette messe.

A propos de la Fondation Notre-Dame

« Ce qu’il reste à faire, c’est tout le bien que nous n’avons pas encore pu faire ensemble... » [1]

La Fondation Notre Dame a été créée en 1992 par le Cardinal Jean-Marie Lustiger qui en a occupé la présidence pendant treize ans, lui confiant la mission d’être, au plus près des paroisses, un soutien aux projets de solidarité, d’éducation et de culture.

Le 30 novembre 1992, la Fondation Notre Dame est reconnue d’utilité publique.

En 2001, le Cardinal Lustiger confie à la Fondation le soin de soutenir le développement de KTO Télévision Catholique, puis en 2005 la recherche de financement pour permettre la rénovation du Collège des Bernardins.

Comme le prévoient les statuts de la Fondation, lorsqu’il remet au pape Jean-Paul II, le 11 février 2005, sa démission du siège de l’archevêché de Paris, il cède aussi sa place de Président de la Fondation à son successeur, Monseigneur André Vingt-Trois. Le 28 avril 2005, le Conseil d’administration de la Fondation réuni désigne le cardinal Jean-Marie Lustiger Président d’Honneur de la Fondation. Le Cardinal a rejoint la maison du Père le dimanche 5 août 2007.

Depuis le 23 janvier 2008, la Fondation Notre Dame est devenue Fondation abritante, statut lui permettant désormais d’accueillir des fonds individualisés, créés par des personnes physiques ou morales désirant exercer leur propre mécénat.

En 2009, dans un contexte d’augmentation du nombre de situations de détresse, la Fondation Notre Dame créée un fonds d’aide d’urgence à Paris doté de 100 000 euros pour aider les paroisses à venir en aide à ceux qui en ont besoin. Une nouvelle fondation abritée « Fondation pour l’insertion par le logement » voit le jour.

Début 2010, deux nouvelles fondations rejoignent la fondation Notre Dame, la Fondation Sainte Geneviève et la Fondation Saint Irénée.

Si vous souhaitez aider la Fondation Notre-Dame, cliquez ici.

Homélie du cardinale André Vingt-Trois

Frères et Sœurs,

La manière de comprendre la durée de notre vie, notre appréhension du temps dont nous disposons sur cette terre et notre disposition à le faire fructifier dépendent étroitement de l’idée que nous nous faisons de la mort, et de ce qui nous attend après la mort. Même si l’avenir ne se déroule jamais comme prévu, nous imaginons couramment la suite de notre vie comme une projection dans la répétition de ce que nous sommes et de ce que nous vivons déjà.

Mais cette vision se heurte immanquablement au mur et à la coupure de notre mort. Et l’erreur dans laquelle s’enferme les sadducéens dans ce passage d’Évangile que nous avons entendu, est d’ignorer cette coupure et son caractère définitif. La loi du lévirat qui, en Israël, enjoint à la veuve de devenir la femme de son beau-frère pour assurer une descendance concerne exclusivement notre avenir en ce monde. Mais s’enfermer dans cette vision, c’est céder à l’illusion de croire que l’humanité assure son salut par ses propres moyens de reproduction. C’est pourquoi, Jésus, en répondant aux saducéens, décale les perspectives et invite à porter le regard sur une réalité qui n’est pas le prolongement de celles que nous connaissons : quand on est ressuscité, il n’y a plus ni homme ni femme, nous sommes « comme des anges » (Mc 12, 25), leur explique-t’il.

Le Dieu vivant, le Dieu des vivants, est celui qui a appelé l’homme à la vie et lui promet une vie éternelle. Mais ceci ne signifie pas que Dieu nous promet l’éternité de cette vie. D’un autre côté, certains ont pu s’appuyer naïvement ou insidieusement sur cette certitude que la vie éternelle est d’un autre ordre, pour imaginer qu’il n’y avait aucune relation entre cette éternité et le temps que nous vivons. Or, nous savons que notre Dieu est le Dieu des vivants et non pas le Dieu des morts. Nous avons confiance qu’Il nous gardera dans sa vie éternelle. Et c’est justement à cause de cela que nous sommes capables, à la fois de relativiser les années de notre vie terrestre sans les projeter dans l’éternité, et en même temps de comprendre que notre manière de vivre ces années de vie terrestre conditionne de quelque façon ce que nous serons capables de vivre ensuite.

Ceux qui mettent toute leur espérance dans le temps de cette vie s’orientent délibérément vers une déception radicale, puisque de toute façon leur vie ici-bas s’arrêtera. Plus encore, ils se trompent sur le sens des années qu’ils vivent, et sur l’usage des biens qu’ils possèdent. Pour assurer la pérennité de leur existence et s’inventer un palliatif d’éternité, ils sont entraînés inéluctablement dans une logique de thésaurisation et d’accaparement des biens, pour garantir leur avenir, comme si leur avenir dépendait d’eux… Mais la juste attitude à l’égard des biens de ce monde, celle qui ouvre à une véritable générosité et à une véritable liberté, vient de la certitude que nous perdrons ces biens, et qu’il vaut mieux les perdre en leur donnant du sens, plutôt que de les perdre sans qu’ils aient pris de sens.

Job dit qu’il est arrivé nu sur cette terre et qu’il repartira nu (Jb 1, 21). C’est la condition de chacun d’entre nous. La question n’est donc pas de nous inquiéter pour accumuler des garanties sur notre vie, mais d’engager notre liberté pour faire fructifier la véritable richesse que nous avons reçue : celle de pouvoir donner sens à notre vie et à nos biens.

Comme bien d’autres, celles et ceux qui se sont associés depuis vingt ans à l’action de la Fondation Notre Dame ont pu entrer dans cette logique et voir comment les biens qu’ils possèdent prennent leur véritable valeur quand ils sont partagés, quand ils ne sont plus retenus pour fabriquer son propre avenir, mais deviennent gages d’avenir pour autrui.

Rendons grâce à Dieu qui a suscité par la puissance de son Esprit la générosité de tant d’hommes et de femmes pour venir en aide à leurs frères. Rendons grâce à Dieu qui vous a permis de promouvoir des actions qui donnent sens à l’existence humaine et ouvrent l’esprit de l’homme au-delà de la finitude de ce monde. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

[1Citation de Jean-Marie Lustiger, lettre d’information de la Fondation Notre Dame, n°26, 1er semestre 2005 Archevêque Emérite de Paris, Ancien Président de la Fondation Notre Dame

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