Solennité de la Dédicace de la cathédrale

Samedi 16 juin 2012

Le 16 juin sera marqué comme tous les ans par la solennité de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La Dédicace est la cérémonie qui consacre une église comme lieu de culte et de prière. Elle devient vraiment Maison de Dieu et Demeure de Hommes. Commémorer la Dédicace, c’est se rappeler la vocation de ce lieu, lieu de rassemblement du peuple chrétien, lieu d’où s’élèvent ses prières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 8h00 : Messe de la Dédicace dans le chœur

- 9h00 : Messe de la Dédicace dans le chœur

- 12h00 : Messe de la Dédicace solennisée au maître-autel

 

- 17h45 : Vêpres solennelles de la Dédicace
présidées par Monseigneur Patrick CHAUVET, Doyen du Chapitre cathédral
en présence des Chanoines du Chapitre cathédral

- 18h30 : Messe solennelle de la Dédicace
présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris
en présence de nombreux prêtres, diacres et séminaristes du diocèse de Paris.
Au cours de cette messe, les nouveaux clercs de la cathédrale recevront leur croix de clerc.

Maîtrise Notre-Dame de Paris, Jeune Ensemble, Chœur d’enfants
Lionel SOW : direction
Yves CASTAGNET : Orgue de Chœur

- 21h15 : Nocturne de la cathédrale : projection de l’opéra d’images Réjouis-Toi, Marie

 

Hymne des vêpres de la dédicace

Église de toujours, aux écoutes du monde,
Entends-tu bouillonner les forces de l’histoire ?
La terre est travaillée d’une sourde violence,
Affamée d’unité, en mal de délivrance.

Église de toujours, au service du monde,
Enracine la foi au creux de nos détresses.
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d’angoisse et de promesse.

Église de toujours, Évangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante.
Baptise dans l’Esprit l’éclosion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire.

 

La Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dans l’Île de la Cité on trouve au VIème siècle l’ecclesia, constituée de trois édifices, dont les noms respectifs apparaissent par la suite :
- Saint-Étienne (690), l’église de l’évêque,
- Saint-Marie (775), celle du chapitre,
- Saint-Jean-le-Rond, le baptistère.
Par delà les destructions accumulées par les Normands, il en alla ainsi jusqu’au XIème siècle. C’est alors que Sainte-Marie supplanta Saint-Étienne. EN 1163, l’évêque Maurice de Sully entreprit de la reconstruire. Le culte fut inauguré dans le nouvel édifice en 1190, mais les travaux se poursuivirent au cours du XIIIème siècle.

Entre temps, Notre-Dame était devenue la maison du peuple de Paris et des rois de France, associée à toutes les joies et tous les deuils de la ville et de la nation. Après les vicissitudes de la Révolution et l’éclat passager du sacre impérial, Notre-Dame menaçait de ruine. Sa restauration, décidée en 1844, fut menée à bien par Viollet-le-Duc et couronnée par sa dédicace, le 31 mai 1864. La dédicace est désormais célébrée à l’anniversaire de la consécration du nouvel autel par le cardinal Lustiger le 16 juin 1989.

 

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Consécration de la cathédrale le 31 mai 1864

à l’issue des travaux de restauration entrepris en 1844 par Viollet-le-Duc. Gravure XIXème.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois lors de la Fête de la Dédicace 2012

- Ap 21, 9b-14 ; Ps 83 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 10, 22-30

Frères et Sœurs,

Les Juifs qui voyaient Jésus aller, venir et enseigner sous la colonnade de Salomon se demandaient de quel droit il pouvait s’adresser aux hommes dans le lieu Saint s’il n’était pas le Messie. Et ils lui posaient cette question : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ! » (Jn 10, 24). La réponse de Jésus nous aide à comprendre qu’il y a une interaction étroite entre, d’une part, le signe donné par Dieu et, d’autre part, l’ouverture du cœur, de l’intelligence et de la liberté de ceux à qui ce signe est destiné. La question des Juifs laisse supposer qu’il serait possible à Dieu d’imposer ce qu’Il veut (les signes) sans que la liberté humaine ne soit sollicitée pour entrer dans sa volonté et reconnaître le signe. C’est pourquoi Jésus répond aux juifs qu’ils ont reçu tout ce qui est nécessaire puisqu’ils ont entendu ses paroles et vu ses signes. Mais, pour que ces signes et ces paroles prennent la plénitude de leur sens, il faut que leur cœur soit ouvert et que leur liberté se mette en mouvement : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. » (Jn 10, 25)

La mission de l’Église dans le temps des hommes n’est pas de se substituer à la liberté des hommes. On n’impose pas la foi, pas plus que la reconnaissance de la parole de Dieu. On propose la foi. On annonce la Parole de Dieu. On essaye, autant que cela est donné, de lui rendre témoignage. Mais ni cette proposition, ni cette annonce, ni ce témoignage ne peuvent faire l’économie de la liberté intérieure de ceux à qui ils sont proposés. On peut répéter indéfiniment l’Évangile et montrer indéfiniment les signes de la charité. Mais si ceux qui sont les auditeurs de l’Évangile et les témoins de la charité ne sont pas prêts à laisser leur vie être transformée par ce qu’ils entendent, ils refuseront d’accueillir Dieu. « Ils ne l’ont pas cru parce que leurs œuvres étaient mauvaises » nous dit l’évangile de saint Jean (3, 19).

La cathédrale Notre-Dame est dressée au centre de la ville comme un signe, comme une parole. D’ailleurs, il en est ainsi de toute église. Mais cette fonction est plus imminente pour la cathédrale qui est la première église du diocèse. Elle symbolise l’Église, le Peuple que Dieu a constituée en assemblant comme des pierres vivantes ceux et celles qu’il a associés pour construire le Peuple de Dieu, et le Temple de l’Esprit dont il est à la fois l’architecte et le réalisateur.

Ainsi la cathédrale signifie que l’Église existe. Mais nous comprenons bien qu’il ne suffit pas d’avoir une cathédrale aussi belle que l’est Notre-Dame, ni qu’elle soit dressée au centre de la cité pour que tout le monde reconnaisse que le Christ est le Messie. Il ne suffit même pas pour cela que nous nous efforcions de vivre ici une prière intense et belle.

Sur les millions de visiteurs qui parcourent chaque année les travées de cette cathédrale, beaucoup ignorent tout du Christ. Beaucoup ne sont pas disposés à le reconnaître. Mais notre responsabilité n’est pas de nous substituer à leur liberté. Notre mission est de déployer le sens de cet édifice par notre activité, par le témoignage que nous rendons, par la vie interne de la cathédrale, par la mise en valeur de la Parole de Dieu, en rendant visible le Peuple chrétien des assemblées quotidiennes et, d’une manière plus particulière encore, celui des assemblées dominicales. C’est déjà une très lourde responsabilité. À quoi bon répéter en effet que cette cathédrale est magnifique, si elle ne permet pas de rendre visible un peuple vivant, si nous ne sommes que les gardiens d’un monument historique qui n’aurait rien à voir avec le Corps de ceux que le Christ rassemble.

Nous héritons du signe de Notre Dame de ceux qui nous ont précédé dans la foi depuis plus de huit siècles, et même plus si l’on considère les églises qui ont précédé cette cathédrale sur cet emplacement. Le signe de Notre-Dame est pour nous une grâce et une mission. C’est une grâce, car il soutient notre intelligence, notre vision chrétienne, notre adhésion à l’Église. C’est une mission, car il nous incombe de donner à Notre-Dame sa pleine vitalité pour que ceux qui voient ce signe dressé reconnaisse la présence de Celui qui ne fait qu’un avec le Père, et dont la communion avec le Père fonde la communion ecclésiale.

Nous vivons cette responsabilité avec joie, nous qui nous rassemblons si souvent ici : les chanoines qui y sont attachés par la mission de la prière, les chapelains, les servants d’autel, les musiciens, les chantres, le personnel et les volontaires bénévoles. Tous permettent que ce lieu soit un lieu vivant, accueillant et significatif de l’amour de Dieu pour les hommes.

Pour terminer, je voudrais proposer à votre méditation quelques phrases que le cardinal Pacelli, futur Pie XII, a prononcées ici même le 13 juillet 1937, et qui nous ouvre largement la perspective de cette grâce et de cette mission : « Au milieu de la rumeur incessante de cette immense métropole, parmi l’agitation des affaires et des plaisirs, dans l’âpre tourbillon de la lutte pour la vie, témoin apitoyé des désespoirs stériles et des joies décevantes, Notre-Dame de Paris, toujours sereine en sa calme et pacifiante gravité, semble répéter sans relâche à tous ceux qui passent : orate frateres, “priez mes frères”, elle semble, dirais-je volontiers, être elle-même un orate fratres de pierres, une invitation perpétuelle à la prière ». Que le Seigneur nous donne de répondre généreusement à cette invitation en unissant chaque jour notre prière à celles qui s’expriment sous ces voutes.

Amen.

André cardinal VINGT-TROIS

 

Le maître-autel de Jean et Sébastien TOURET

Lors de l’un de ses entretiens hebdomadaires [1] sur Radio Notre-Dame, le cardinal LUSTIGER présentait le nouveau maître-autel de la cathédrale réalisé par Jean et Sébastien TOURET :

Un magnifique coffre de bronze avec un haut-relief de huit personnages : les quatre évangélistes (Mathieu, Marc, Luc, Jean) [2] et les quatre grands prophètes (Ezéchiel, Isaïe, Jérémie, Daniel) [3], comme déjà au portail sud [4] de Notre-Dame suivant la tradition de l’Église. L’autel est élevé à la croisée du transept, au centre de la cathédrale que Viollet-le-Duc avait déjà marqué extérieurement d’une flèche. Il fait converger vers lui tous les regards lorsque nous célébrons le signe le plus éclatant de l’amour de Dieu, le mystère eucharistique.

Jean TOURET voyait dans cet autel le lieu-temple, le lieu de rassemblement, et l’endroit de la descente de Dieu construit pour accueillir le geste du prêtre, la monumentalité du prêtre à l’autel. Il existe un rapport objectif entre l’objet et le geste.

Ce nouvel autel fut consacré le 16 juin 1989, à 19h00, par le Cardinal LUSTIGER et ses évêques auxiliaires, en présence de nombreux prêtres, séminaristes et fidèles de Paris.

En 1190, Maurice de Sully, alors évêque de Paris, avait inauguré le culte dans la cathédrale en cours de construction. Au XIXème siècle, après la restauration de Viollet-le-Duc, la dédicace de la cathédrale fut célébrée le 31 mai 1864. Selon le vœu du Cardinal LUSTIGER, nous fêtons tous les ans à la même date du 16 juin ces deux événements de la dédicace de la cathédrale et de la consécration de son autel, puisque désormais le calendrier de l’Église universelle nous fait célébrer la Visitation le 31 mai.

 

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Messe à Notre-Dame présidée par le cardinal LUSTIGER.

On peut voir le maître-autel, l’ambon, les chandeliers, et sur pilier du choeur, Saint Denis et ses compagnons. Ensemble réalisé par Jean et Sébastien TOURET. © Godong

 

 

 

[1le 14 juin 1989

[2de face

[3sur le deux faces latérales

[4au centre de la claire-voie sous la Rose Sud

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