Cathédrale d’art et d’histoire

Muséographie

C’est sur les bases scientifiques de la récente campagne d’inventaire général des objets d’art de la cathédrale qu’est conçue cette nouvelle muséographie, ancrée dans le XXIe siècle, et dont l’objectif est de donner une lisibilité à ce parcours historique dans l’art sacré et l’orfèvrerie religieuse du XIIIe au XXIe siècle.

Le trésor de Notre-Dame

Le trésor de Notre-Dame, comme les autres trésors d’édifices religieux, conserve les objets destinés à la liturgie de l’Église catholique. Vases sacrés, ornements et livres liturgiques servent à la célébration de la Messe, des autres offices et à l’administration des sacrements.

Avant la Révolution
Le trésor de Notre-Dame est traditionnellement placé sous la responsabilité du Chapitre, collège de chanoines chargés de l’exercice du culte. Les premiers inventaires remontent à 1343 et 1416. Périodes favorables et temps de crise se succèdent : des pièces furent envoyées à la fonte ou vendues. Ce trésor comptait néanmoins parmi les plus riches de France jusqu’à la Révolution de 1789 où il fut anéanti brutalement. Aucun objet de l’ancien trésor ne subsiste.

La reconstitution du trésor
La remise à Notre-Dame en 1804 de plusieurs Saintes Reliques de la Passion, conservées avant la Révolution à la Sainte-Chapelle, marque le début de la reconstitution du trésor. Des commandes du Chapitre et des dons, souvent de personnalités illustres ou d’ecclésiastiques, viennent l’enrichir. Ravagé à nouveau lors des émeutes de 1830 et du sac de l’archevêché en 1831, le trésor connait un nouvel essor avec la restauration de la cathédrale et la reconstruction de la sacristie dès 1849 par l’architecte Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc qui s’attache à lui donner un aspect cohérent en adoptant le style néo-gothique pour l’architecture, l’aménagement et l’orfèvrerie.

 

 

1. Les héritages du trésor de la Sainte-Chapelle

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La tunique de saint Louis.

© NDP

La Couronne d’épines et autres reliques de la Passion du Christ rachetées par le roi Louis IX, saint Louis, à l’empereur de Constantinople en 1239, comptaient parmi les pièces les plus prestigieuses du trésor de la Sainte-Chapelle. Celui-ci fut démantelé à la Révolution et les reliquaires envoyés à la fonte en 1793. Certaines reliques, considérées sans valeur marchande, furent déposées à la Bibliothèque Nationale puis confiées à Notre-Dame en 1804. Parmi elles figurent des reliques de la Passion du Christ, dont l’insigne Couronne d’épines, mais aussi les reliques de saint Louis (tunique et discipline), provenant du trésor du roi Charles VI. Mentionnées dans l’inventaire du trésor de la Sainte-Chapelle de 1480, ces reliques de saint Louis furent pour partie abritées à Notre-Dame dans le buste reliquaire du saint [9] réalisé en 1857, par Jean-Alexandre Chertier d’après un dessin de Viollet-le-Duc.

 

2. Baptême du prince impérial

Notre-Dame de Paris fut le théâtre de célébrations nationales, tel le sacre de Napoléon Ier en 1804, et de grands évènements historiques. À chacune de ces occasions, la cathédrale fut richement aménagée pour accompagner avec faste ces manifestations.

En 1856, lors du baptême du Prince impérial, fils de l’Empereur Napoléon III, une décoration grandiose fut conçue par les architectes Jean-Baptiste-Antoine Lassus (1807-1857) et Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879), alors en charge de la restauration de l’édifice. La restitution de la polychromie, selon l’usage au Moyen-Âge, attira le public qui fut invité, durant huit jours, moyennant un franc de droit d’entrée, à admirer le nouveau visage de la cathédrale.
Napoléon III offrit au Chapitre de Notre-Dame un ensemble considérable de vêtements sacerdotaux, en soie brochée, ornés de roses, de pivoines et de grenades, encore conservés dans les chapiers du trésor.

 

3. Le trésor dans les sacristies successives

L’emplacement de la sacristie et du trésor de Notre-Dame de Paris n’a pas varié au cours des siècles.

Au XVIIIème siècle les constructions médiévales qui abritaient la sacristie et le trésor menaçaient ruine. L’architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) fut chargé en 1756 de l’édification d’une nouvelle sacristie. Cet édifice, dont le style tranchait avec la cathédrale, fut ravagé par les émeutes de 1830 et de 1831, à tel point qu’on dut renoncer à le restaurer.

Soucieux d’établir une unité architecturale avec la cathédrale, les architectes Lassus et Viollet-le-Duc proposèrent dès 1843 une sacristie de style néo-gothique. Plusieurs projets furent étudiés avant le lancement du chantier en 1849. Les salles de la sacristie et la salle capitulaire se répartissent autour d’un petit cloître quadrangulaire dont deux galeries donnent accès à la cathédrale.

L’aménagement, le mobilier et les vitraux du trésor furent exécutés sous la direction de Viollet-le-Duc. Sauvage et Milon réalisèrent la maçonnerie ; Lechesne, la sculpture d’ornement ; Boulanger, la serrurerie ; Mirgon, le mobilier ; Gérente, d’après les cartons de Steinheil, les vitraux du cloître sur le thème de sainte Geneviève, patronne de Paris ; Maréchal, les autres verrières.

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Premier projet de construction de la sacristie, 28 janvier 1843. J.-B. Lassus et E. Viollet-le-Duc.

Charenton, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.

 

4. Les grandes heures de la cathédrale

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Vaiselle Liturgique crée pour les JMJ de Paris en 1997.

© NDP

Le pape Jean-Paul II honora de sa présence Notre-Dame de Paris à deux reprises en 1980 lors de son premier voyage en France et en 1997 lors des douzièmes Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ).
Lors du voyage de 1997, le souverain pontife prononça à Notre-Dame de Paris la béatification de Frédéric Ozanam (1813-1853), universitaire qui obtint la fondation des Conférences de Carême à Notre-Dame avec le Père Lacordaire. Figure du catholicisme social, Ozanam consacra toute son énergie aux œuvres de charité et fonda notamment les Conférences Saint-Vincent de Paul en 1835. Au cours de la célébration, Jean-Paul II fit don à la cathédrale d’un calice au nœud ouvragé inspiré de l’orfèvrerie médiévale. Le calice créé par Sylvain Dubuisson fait partie de l’ensemble de vases sacrés commandé par le cardinal Lustiger, pour ces JMJ. Le couturier Jean-Charles de Castelbajac créa les vêtements liturgiques pour les 5500 ecclésiastiques qui participèrent aux célébrations.

En 2008, le Pape Benoît XVI, après son célèbre discours au Collège des Bernardins, est venu présider les vêpres solennelles à Notre-Dame, avec les prêtres, diacres, séminaristes, religieux, religieuses et consacrés d’Île-de-France. Il a vénéré la sainte Couronne d’épines.

Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris de 1981 à 2005, a demandé au sculpteur Jean Touret (1916-2004) de concevoir son bâton pastoral, objet sobre en bois, signe de la croix glorieuse du Christ.

À Notre-Dame de Paris, le jour de Noël 1886, Paul Claudel (1868-1955) se convertit en entendant aux vêpres le chant du Magnificat, « debout près du second pilier, à l’entrée du chœur, à droite de la sacristie ». Cet événement très connu est commémoré par une plaque au pied de ce pilier ; un manuscrit ainsi que des médailles à son effigie en évoquent ici le souvenir.

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© NDP

 

5. L’évêque dans sa fonction et sa représentation

L’évêque est nommé par le pape pour être le premier responsable de la vie chrétienne dans son diocèse. Il reçoit l’ordination épiscopale qui lui confère la plénitude du sacerdoce. Plusieurs diocèses forment une province ecclésiastique présidée par un archevêque. La province de Paris, par exemple, compte huit diocèses.
L’évêque, comme l’archevêque, dispose d’attributs propres, caractéristiques de sa dignité au sein de l’Église :
- l’anneau qui lui est remis lors de son sacre,
- la crosse ou bâton pastoral, emblème de l’autorité du pasteur,
- la croix pectorale,
- la mitre, coiffure triangulaire portée durant les cérémonies.
L’évêque dispose aussi de livres liturgiques propres aux offices qu’il célèbre, ici le recueil des oraisons prononcées à la Messe. Les vêtements liturgiques se distinguent par une recherche de raffinement comme en témoigne l’étole présentée.

 

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6.1 Ostensoir
Copie réinterprétée de l’ostensoir offert par Louis XVIII en 1823 à l’occasion du Te Deum du 12 octobre de la même année pour la délivrance du Roi d’Espagne. Cette pièce s’inspire de l’original volé.

6.2 Ostensoir et Couronne
Ostensoir offert par la Corporation des orfèvres le premier mai 1949 pour célébrer le 500ème anniversaire de la tradition des dons des orfèvres à la cathédrale. La Vierge présente à l’adoration des fidèles l’hostie consacrée placée dans la lunule.
Couronne offerte par une généreuse donatrice pour la statue de la Vierge à l’Enfant dite de Charles X [24].

6.3 Reliquaire de la Couronne d’épines
Réalisé à la demande du Chapitre pour recevoir l’insigne relique de la Couronne d’épines. D’une grande originalité, ce chef-d’œuvre s’affranchit du modèle médiéval de la Sainte-Chapelle. La relique placée dans le globe porté par trois anges n’était ici pas visible. La statue de la Foi et le lion de Juda surmontent le reliquaire tandis que sur le socle sont représentés le Christ, les douze Apôtres et les instruments de la Passion. Les inscriptions relatent l’histoire de la relique.

6.4 Couronne et Croix
Ces dons récents illustrent le rayonnement international de Notre-Dame de Paris.
Couronne offerte grâce à une souscription de fidèles mexicains en 1949 pour couronner la mosaïque de Notre-Dame de Guadalupe qui orne une chapelle de la nef.
Croix offerte par l’Empereur Haïlé Sélassié Ier en souvenir de sa visite à Notre-Dame en 1954.

6.5 Reliquaire de la Croix dite de Saint-Claude
L’authenticité de la relique de la Croix de Saint-Claude, offerte au XVème siècle par le roi René au couvent des Célestins d’Avignon, fit l’objet d’une reconnaissance en 1895. Ce reliquaire de style gothique international fut exécuté sur les dessins de l’architecte Jules Astruc (1862-1935) grâce au legs du chanoine Jouan (1825-1895). Présenté à l’Exposition universelle de 1900, il fut salué par la critique.

 

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Détail du reliquaire de la Croix dite de Saint-Claude

P. Poussielgue-Rusand, 1896-1900. © NDP

 

7. Lanterne de procession

D’après les dessins de Viollet-le-Duc. Montées sur une hampe, les lanternes sont utilisées lors des processions du Saint Sacrement. Il était aussi d’usage d’accompagner avec une lanterne le prêtre lorsqu’il se rendait chez un malade pour lui porter la communion.

 

8. Orfèvrerie après la Révolution

L’arrêt des commandes et la suppression des corporations pendant la Révolution provoquent un temps d’arrêt dans la production de l’orfèvrerie. Avec le retour de la paix civile et le Concordat de 1801, la réouverture des lieux de culte entraîne la reprise de l’activité. Napoléon Ier donne en 1804 à Notre-Dame plusieurs vases sacrés.

Les orfèvres vont d’abord reproduire le style néo-classique, en vogue avant 1789, avant d’adopter le style Empire. Martin-Guillaume Biennais et Jean-Charles Cahier ont largement bénéficié du mécénat princier. Biennais fut l’orfèvre attitré de Napoléon Bonaparte et Cahier, à qui il céda son atelier en 1821, l’orfèvre protégé des rois Louis XVIII et Charles X.
Les œuvres des orfèvres Charles-Denis-Noël Martin et Joseph-Philippe Dejean, associés de 1837 à 1846, sont caractéristiques des réalisations postérieures à 1830 par leur surcharge décorative.

 

9. Buste-reliquaire de saint Louis

Réalisé d’après les dessins de Viollet-le-Duc. Ce dernier s’est littéralement inspiré du chef-reliquaire gothique de saint Louis exécuté par l’orfèvre Guillaume Julien pour le roi Philippe le Bel, et offert à la Sainte-Chapelle en 1306.

 

10. Orfèvrerie au XIXème siècle

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Paire de burettes et plateau

H.-F. Bertrand-Paraud, Première moitié du XIXème siècle. © NDP

La pérennité des formes, de l’ornementation et des motifs caractérise la production des ateliers qui s’industrialisent et produisent en série.

Hippolyte-François Bertrand-Paraud reprend des schémas traditionnels du XVIIIème siècle alliant décor végétal et médaillons figuratifs. Alexandre Thierry puis son fils Marie illustrent la continuité de l’atelier et leur fidélité à des modèles devenus stéréotypés.

Successeur du bronzier Choiselat et de Cahier qui l’avait initié à son art, Placide Poussielgue-Rusand a dominé l’orfèvrerie religieuse à partir du milieu du XIXème siècle, devenant le grand rénovateur du style néo-gothique. Ce ciboire, exceptionnel par sa taille car il pouvait contenir plus de 2000 hosties, témoigne de la diversité de la production de sa manufacture.

 

11. Chapelle du cardinal Morlot

Ce type de chapelle, propriété personnelle d’un prélat, comporte les objets nécessaires aux fonctions liturgiques. Elle se caractérise par son unité stylistique. Les objets sont marqués aux armes de son propriétaire, ici le cardinal Morlot (1795-1862), élevé au cardinalat en 1853 et archevêque de Paris en 1857. Elle comprend :
- le plateau et les burettes renfermant l’eau et le vin destinés à la célébration de l’Eucharistie,
- l’aiguière et son bassin permettant la purification des mains du célébrant,
- la clochette marquant les temps forts de la messe,
- le long bougeoir réservé aux prélats, éclairant les livres liturgiques durant l’office,
- le chrémeau et son plateau, contenant le saint chrême, huile sainte bénie par l’évêque qui est utilisée pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Cette chapelle, dont certaines pièces portent la marque estampée Cahier, peut être attribuée à Léon Cahier, fils de Jean-Charles.

 

12. Dons

Au cours du XIXème siècle, le trésor de Notre-Dame s’enrichit de dons de diverses provenances.

Le calice de l’orfèvre Antoine-Louis-Joseph Loque fut offert en 1823 par l’archiconfrérie royale du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Des chanoines de la cathédrale firent aussi don de pièces d’orfèvrerie.
Le chanoine de Place (1804-1871) remit au trésor en 1867 le calice et les burettes qu’il avait reçus de Napoléon III pour le remercier d’avoir prêché le carême aux Tuileries en 1865. Cette chapelle exécutée par Placide Poussielgue-Rusand est la copie de l’ensemble dessiné par le Père Arthur Martin pour le sacre de Monseigneur de Dreux-Brézé, évêque de Moulins en 1850. Présentées à l’Exposition universelle de Londres en 1851, ces pièces d’orfèvrerie furent pour beaucoup dans l’essor du style néo-gothique dans les arts décoratifs français.
En 1893, le chanoine Jouan offrit au Chapitre de Notre-Dame le ciboire de l’orfèvre Paul Brunet.

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© NDP

 

13. Croix de la princesse Palatine

La croix reliquaire à double traverse présente un intérêt exceptionnel. Elle abrite en effet l’œuvre la plus ancienne du trésor : une croix d’or renfermant un fragment insigne du bois de la vraie Croix. Au revers, une inscription en grec indique que la relique a appartenu à Manuel Comnène, probablement Manuel Ier, empereur de Trébizonde au milieu du XIIIème siècle.
Cette relique fut remise par Jean Casimir Wasa, roi de Pologne, à sa belle-sœur Anne de Gonzague, Princesse Palatine, qui la légua en 1683 à l’abbaye de Saint-Germain des Prés.

Dépourvue de son reliquaire, la croix sauvée à la Révolution fut déposée en 1828 au trésor de Notre-Dame. Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris de 1821 à 1839, commanda à l’orfèvre parisien Jean-Pierre Famechon un nouveau reliquaire dont le socle contient la pointe d’un des clous de la Passion, provenant également du trésor de l’ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

 

14. Dons et dépôts

Des dons de particuliers enrichissent le trésor au XIXème siècle tel le calice d’Edme Gelez, orfèvre attitré de la Duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X.

Destinée à recevoir une hostie consacrée le jeudi saint et vénérée au reposoir jusqu’à l’office de la Passion du vendredi saint, la custode en forme de tombeau, offerte en 1814par le cardinal Maury (archevêque de Paris par décret impérial de 1810 à 1814), a été dessinée par l’architecte François Debret et exécutée par l’orfèvre parisien Louis Legay. La croix reliquaire d’autel, œuvre de l’orfèvre Pierre Paraud date de la même époque.

L’ensemble constitué d’un calice et de sa patène, d’un plateau et d’une seule burette (l’autre a été volée en 1944) de Jean-Charles Cahier a été donné par le comte d’Artois, futur Charles X, au Chapitre de l’église Sainte-Geneviève en 1823. Après la désaffectation de l’église devenue le Panthéon, cette commande princière conservée au Mobilier National fut déposée en 1894 au trésor de Notre-Dame à la demande du chanoine Pousset (1841-1924) alors archiprêtre de la cathédrale.

15. Dons et souvenirs des souverains pontifes

Pie IX, pape de 1846 à 1878, offrit une crosse décorée de ses armes papales au cardinal Guibert, archevêque de Paris de 1871 à 1886. Ce dernier en fit don au Chapitre en 1874.

Léon XIII, pape de 1878 à 1903, donna à la cathédrale en 1888 le ciboire qu’il avait reçu de la ville de Pithiviers à l’occasion de son jubilé sacerdotal. Pour ce ciboire de style néo-médiéval portant les armes du souverain pontife, le registre capitulaire indique : « Chaque année, le jour de Pâques, il sera sorti du trésor pour être employé à la distribution de la communion que plus de trois mille hommes viennent recevoir à la messe de sept heures ».

Jean XXIII, pape de 1958 à 1963, offrit en 1961 à Notre-Dame un ciboire et légua le calice et sa patène que lui avait offerts le gouvernement italien lors de son voyage à Lorette et à Assise en 1962.

Le souvenir de Paul VI, pape de 1963 à 1978, est évoqué par les médailles remises à la cathédrale en 1964, qui commémorent son voyage en Terre Sainte.

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Croix pectorales des cardinaux Lustiger, Feltin, Amette

© NDP

 

16. Souvenirs des archevêques

Les objets personnels donnés au trésor par nombre d’anciens archevêques de Paris témoignent de leur attachement à la cathédrale.
Monseigneur Amette (1850-1920), archevêque de Paris en 1908, puis cardinal en 1911, remit au trésor en 1917 le très beau crucifix pédiculé qui lui avait été offert pour Notre-Dame et légua le calice portant ses armoiries, œuvre de l’orfèvre Edmond Lesage.
Monseigneur Feltin (1883-1975), archevêque de Paris en 1949, puis cardinal en 1953, fit don au trésor en 1963 d’un calice de Maurice Poussielgue-Rusand. Sa croix pectorale et son anneau épiscopal font également partie des collections du trésor tout comme ceux de plusieurs archevêques de Paris.

 

17. Buste-reliquaire de saint Denis

Réalisé d’après les dessins de Viollet-le-Duc qui s’est inspiré du chef-reliquaire gothique du saint fait en 1281 pour l’abbaye de Saint-Denis.

 

18. L’évolution des formes

Les formes et l’iconographie des calices, longtemps ancrées dans une tradition stylistique, tendent à s’émanciper au cours du XXème siècle.

Maurice Poussielgue-Rusand, successeur de son père Placide à la tête de la manufacture d’orfèvrerie, perpétue la renommée de l’atelier. Toutefois, sa production s’affranchit du répertoire ancien et témoigne d’une esthétique renouvelée.

Les modèles, qu’ils soient d’inspiration extrême-orientale, d’expression Art Déco ou d’un traitement naturaliste stylisé, s’inscrivent dans un courant novateur. Plus récent, le calice offert à Monseigneur Lustiger en 1981, en terre cuite et non en métal précieux, tend vers un retour aux formes élémentaires.

Le haut calice, œuvre de 1989, fut commandé à Jean Touret par le cardinal Lustiger en même temps que le nouveau maître-autel de la cathédrale.

19. Lampe à Notre-Dame

Réalisée d’après les dessins du peintre-verrier J. Le Chevallier (1896-1987). Pour perpétuer une tradition de la dévotion parisienne instituée en 1357, cette lampe fut offerte par des fidèles en 1941 et déposée au pied de la statue de Notre-Dame. Elle remplaça celle, détruite à la Révolution, offerte en 1605 par les Échevins de Paris. Sur la Nef de Paris, la Sainte Vierge remet le rosaire à saint Dominique et à sainte Bernadette de Lourdes.

 

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20.1
Reliquaire du Clou et du Bois de la Croix
Commandé par le Chapitre de Notre-Dame. Le projet de Viollet-le-Duc s’inspire du type de reliquaire soutenu par deux anges connu dès le milieu du XIIIème siècle. Présenté à l’Exposition universelle de Londres en 1862, en même temps que le reliquaire de la Couronne d’épines, il rencontra un tel intérêt que l’orfèvre commercialisa ce modèle.
Chrémeaux
Les deux chrémeaux de même forme sont destinés l’un à contenir le saint-chrême, huile sainte utilisée au baptême, à la confirmation et aux ordinations ; l’autre l’huile pour le sacrement des malades. Celui en forme de colombe, réalisé d’après un dessin de Viollet-le-Duc de 1866, inspiré de l’émaillerie limousine, servait à contenir le baume utilisé le Jeudi Saint pour la bénédiction des Saintes Huiles.

20.2 Ostensoir de Sainte-Geneviève
Il provient de l’ancienne église du même nom, actuel Panthéon, et fut déposé au trésor par le Mobilier National, à la demande du chanoine Pousset en 1894.

20.3 Reliquaire de la Couronne d’épines
Commandé par le Chapitre de Notre-Dame. Également conçu d’après les dessins de Viollet-le-Duc, il fut réalisé pour remplacer le reliquaire de 1806 de l’orfèvre Cahier [6.3], jugé démodé. De style néo-gothique, il s’inspire du reliquaire médiéval de la Sainte-Chapelle disparu à la Révolution. Plusieurs artistes collaborèrent avec l’orfèvre dont le sculpteur Geoffroy-Dechaume pour les figures.
Les arcades ajourées laissaient percevoir la relique enfermée dans une couronne en cristal de roche, dessinée par l’architecte Jules Astruc et exécutée en 1896 par Maurice Poussielgue-Rusand, successeur de son père. La précieuse relique, enchâssée encore aujourd’hui dans ce tube-reliquaire, est déposée dans la chapelle absidiale de la cathédrale depuis 2008.

20.4 Ostensoir
Réalisé d’après le dessin de Viollet-le-Duc, ce chef-d’œuvre d’orfèvrerie au décor néo-gothique a remporté un large succès à l’Exposition universelle de 1867. En 1893, il figure sur le catalogue de la manufacture.

20.5 Ensemble dit de Napoléon III
La croix de procession, l’aiguière, le plateau et les chandeliers, ont été exécutés par Placide Poussielgue-Rusand.
Deux baisers de paix de l’orfèvre Alexandre Chertier (1857-1890) complètent l’ensemble. Le baiser de paix est donné en signe de réconciliation avant la Communion. Autrefois, en certaines circonstances, les fidèles embrassaient l’instrumentum pacis, une plaque à l’image du Christ, ici la Crucifixion et le Christ aux limbes.

 

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Ostensoir. Détail.

P. Poussielgue-Rusand d’après les dessins de Viollet-le-Duc. 1867. © Godong

 

21. Les reliquaires

Dès les origines du christianisme, le corps des martyrs et des saints fondateurs a fait l’objet d’un culte. Celui-ci atteint son apogée au Moyen-Âge avec le développement des pèlerinages. Les reliquaires, réceptacles destinés à abriter les restes corporels du saint ou un objet sanctifié par son contact, témoignent de la vitalité de l’orfèvrerie.

Les reliquaires exécutés au XIXème siècle pour recueillir les reliques qui avaient été préservées à la Révolution reproduisent les formes, les styles et les décors des époques antérieures. La collection de Notre-Dame illustre bien cette diversité : reliquaire en forme de châsse ou de tombeau, d’inspiration médiévale ou Renaissance, croix pédiculée caractéristique de l’émaillerie limousine du Moyen-Âge, reliquaire-monstrance laissant visible la relique, en forme de cylindre par exemple, ou reliquaire topique qui adopte la forme de la relique conservée comme, ici, un crâne.

 

22. Reliures

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Lutrin monumental.

P. Poussielgue-Rusand d’après les dessins de Viollet-le-Duc. Vers 1868. © NDP

L’architecte Viollet-le-Duc s’efforce de compléter les travaux de restauration de la cathédrale (1844-1865) en reconstituant une orfèvrerie de style médiéval. Réalisées sur ses dessins, ces trois reliures sont marquées par l’influence des reliures limousines du XIIIème siècle en émail champlevé.

 

23. Lutrin

Viollet-le-Duc, au-delà de la copie ou de l’adaptation des formes médiévales, réalise aussi de véritables créations à l’instar du chandelier pascal [25], du reliquaire de la Couronne d’épines [20.3]. C’est aussi le cas du grand lutrin à la baroque envolée, chef-d’œuvre de l’architecte, où les représentations raisonnées comme le Tétramorphe (symboles des quatre évangélistes) et les douze Apôtres côtoient un végétalisme fantastique.

24. Vierge à l’Enfant

Le roi Louis XVIII a rétabli en 1814 la procession du « Vœu de Louis XIII » (consécration de la France à la Vierge en 1638) et promis d’offrir une vierge en argent. C’est son successeur, Charles X, qui la remet à la cathédrale le 15 août 1826. Elle sera restaurée suite aux mutilations subies lors des émeutes de juillet 1830. Coiffée depuis 1929 par la couronne de l’orfèvre Boucheron [6.2], cette statue est encore portée tous les ans en procession dans les rues de Paris aux fêtes de l’Assomption, renouvellement annuel du vœu royal.

 

25. Chandelier pascal

Dans la perspective de reconstituer le mobilier liturgique de la cathédrale, Viollet-le-Duc ne s’inspire pas seulement de pièces médiévales mais se livre à de véritables créations comme ce chandelier pascal monumental au végétalisme surpassé, chef-d’œuvre de serrurerie.

 

26. Les archevêques de Paris dans les troubles du XIXème siècle

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Ces souvenirs rendent hommage à la mémoire des trois archevêques de Paris morts dans des circonstances tragiques entre 1848 et 1871.

Monseigneur Denys Auguste Affre (1793-1848) était archevêque de Paris quand éclatèrent les violentes émeutes de 1848. Soucieux d’œuvrer au retour de la paix, il se rendit sur les barricades du faubourg Saint-Antoine où il fut mortellement blessé par une balle perdue le 25 juin. Sa mort tragique suscita une vive émotion.

Monseigneur Marie Dominique Auguste Sibour (1792-1857), attentif à la condition ouvrière et partageant des sympathies démocrates, fut assassiné le 3 janvier 1857 par un prêtre déséquilibré dans l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris.

Monseigneur Georges Darboy (1813-1871) refusa de quitter son diocèse lors de l’avancée des troupes prussiennes et le siège de la capitale en 1870. Arrêté sur ordre de la Commune le 4 avril 1871, il fut l’un des premiers otages exécutés par ce gouvernement insurrectionnel le 24 mai suivant.

 

27. Objets d’Ancien Régime

Cette vitrine regroupe des objets datant de l’Ancien Régime, pour la plupart intégrés au trésor après la Révolution française.

On ignore les circonstances d’entrée au trésor de ces canons d’autel qui, toujours au nombre de trois, portent certains textes invariables de la messe et sont utilisés comme aide-mémoire par l’officiant. Les deux statuettes reliquaires de saint Pierre et saint Paul furent, quant à elles, remises au Chapitre en 1825 par Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris de 1821 à 1839, qui les avait reçues du pape Léon XII. Grâce au don du chanoine Guédon, la statue de la Vierge à l’Enfant a intégré le trésor en 1970.

Parmi les quelques ouvrages conservés de l’ancienne bibliothèque du Chapitre, le graduel de Notre-Dame de Paris tient une place à part. Composé de sept volumes, réalisés par Jean Fossard, Etienne Damoisel et le peintre Etienne Compardel en 1669 et 1670, il développe les versets chantés lors des offices de la cathédrale à la fin du XVIIème siècle. Un huitième volume lui fut adjoint en 1827.

 

28. Orfèvrerie religieuse datant de l’Ancien Régime

Cette vitrine présente des pièces d’orfèvrerie antérieures à la Révolution, intégrées au trésor à partir du XIXème siècle.
Les vantaux articulés de l’armoire sont décorés de peintures de Perrodin illustrant les épisodes de la vie de saint Louis.

 

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29. La collection de camées des Papes

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Torre del Greco, Italie, XIXème siècle. © NDP

De telles collections représentant tous les papes depuis saint Pierre jusqu’à nos jours sont extrêmement rares. La plus célèbre, commencée au Vème siècle, est celle des médaillons en mosaïque de la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs à Rome.

Les 258 premiers camées (de saint Pierre à Pie IX) furent sculptés en Italie au pied du Vésuve par les graveurs des ateliers de Torre del Greco, capitale incontestée de cet art. Offerts par un généreux donateur en 1887, ils furent installés par délibération du Chapitre dans cette salle capitulaire l’année suivante.
La finesse et le souci du détail dans l’exécution en font des joyaux. Si la posture de chaque pape est hiératique, une grande expressivité se dégage de cet ensemble de médaillons tous différents. De face ou de profil, agrémentés pour certains d’éléments de décor, en buste ou à mi-corps, les attitudes varient : les uns bénissent, les autres sont en prière ou en méditation, devant un crucifix, lisant, rédigeant… De même les postures : assis sur le trône, la sedia, debout dans un geste ferme ou esquissant un mouvement. Coiffés de la tiare à une, deux ou trois couronnes, de la mitre, de la simple calotte, du camauro ou encore tête nue. Vêtus pour la plupart du mantum, cette chape pontificale pour laquelle les graveurs se sont surpassés dans les détails, ou du camail avec ou sans étole pontificale…

À l’occasion de la venue à Notre-Dame de Paris en septembre 2008 du pape Benoît XVI, cette collection est complétée par les camées des dix derniers papes, de Léon XIII à Benoît XVI, réalisés par l’orfèvre Goudji et le graveur Pierre Rouge-Pullon.

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