Démenti à propos de vidéos diffusées sur internet

Quelques précisons suite à de fausses informations diffusées sur internet.

L’État français est propriétaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris et de la majeure partie de son mobilier classé, dans sa presque totalité, « monument historique » .

En 2004, suite à l’accord de la Commission nationale des Monuments historiques, le Diocèse de Paris a procédé, à sa charge, au réaménagement des espaces liturgiques à la croisée des transepts. Ce chantier a été réalisé sous le contrôle permanent de la Direction Régionales des Affaires Culturelles d’Île-de-France (DRAC).
Les services de la DRAC ont profité de cette période de travaux pour effectuer le nettoyage de trois statues propriété de l’État :
- la Vierge à l’Enfant (milieu du XIVème siècle) dite Notre Dame de Paris ou Vierge du pilier ;
- la statue de saint Denis par Coustou (1722) ;
- la statue de la Vierge à l’Enfant par Vassé (1722) dite Notre Dame des Étudiants.
Aucune statue n’a quitté la cathédrale durant cette période. Leurs nettoyages se sont succédés pendant plusieurs semaines dans une chapelle du déambulatoire du chœur où fidèles, pèlerins et visiteurs ont pu admirer le travail et les compétences spécifiques des restaurateurs agréés « Monument historique » qui sont intervenus sur ce chantier de l’État.

L’archevêque de Paris et le recteur-archiprêtre de la cathédrale (desservant-affectataire), tiennent à réaffirmer que tous les travaux entrepris à leur demande, se font, comme le prévoit la Loi, après autorisation et sous le contrôle des services compétents du Ministère de la Culture et de la Direction Régionales des Affaires Culturelles d’Île-de-France. Il en est de même pour tous les projets afférents au 850ème anniversaire de la cathédrale qui sera fêté en 2013.

 

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Mai 2004. La statue déposée et en cours de restauration dans la chapelle Saint-Guillaume.

© NDP

la statue de Notre Dame de Paris

Dans le sanctuaire, adossées au pilier sud-est du transept, des fleurs toujours blanches honorent une Vierge à l’Enfant priée sous le vocable de Notre Dame de Paris.
Cette statue est la plus connue des représentations de la Vierge à la cathédrale. Sculptée au milieu du XIVème siècle, elle provient de la Chapelle Saint-Aignan située dans l’ancien Cloître des Chanoines sur l’Île de la Cité. Transférée à Notre-Dame en 1818, elle fût d’abord placée au trumeau du Portail de la Vierge en remplacement de la Vierge du XIIIème siècle abattue en 1793. C’est en 1855, au cours de la campagne de restauration de Viollet-le-Duc, qu’elle fut installée à son emplacement actuel, emplacement historique puisque dès la fin du XIIème siècle, un autel à la Vierge était élevé au même endroit.
Le nettoyage réalisé en 2004 a permis de retrouver sur cette statue de nombreuses traces de polychromie médiévale.

Longue, élégante, assez fortement hanchée, elle porte sur son bras l’Enfant Jésus qui joue avec la boucle de son manteau dont les larges plis retombent avec grâce ; une couronne couvre sa tête. [1]

À peine jolie, mais si bizarre avec son sourire joyeux éclos sur de mélancoliques lèvres ! Aperçue d’un certain côté, elle sourit à Jésus, presque railleuse. Il semble qu’elle attende un mot drôle de l’Enfant pour se décider à rire ; elle est une nouvelle mère, pas encore habituée aux caresses de son fils. Regardée d’un autre point, sous un autre angle, ce sourire, si prêt à s’épanouir s’efface. La bouche se contracte en une apparence de moue et prédit des pleurs. Peut-être qu’en parvenant à empreindre en même temps sur la face de Notre-Dame ces deux sentiments opposés, la quiétude et la crainte, le sculpteur a voulu lui faire traduire à la fois l’allégresse de la Nativité et la douleur prévue du Calvaire. [2]

C’est auprès de cette statue que le poète Paul Claudel se convertit, au cours des Vêpres du jour de Noël 1886, en témoigne une inscription sur le pavement. Dans son oeuvre, il y fait allusion :
C’était le plus sombre jour d’hiver, et la plus noire après-midi de pluie sur paris, les vêpres dans la demi-nuit de Noël, et le chœur au milieu illuminé or et lin et le grand tapis avec cette disposition d’officiants or et linge jusqu’à l’autel, la cérémonie par rapport à moi latérale et l’allumage de ce peuple blanc qui chante et qui accomplit quelque chose dans le temps réel. [3]
J’étais moi debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et JE CRUS. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. [4]

 

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Saint Denis par Coustou

© NDP

la statue de saint Denis
par Nicolas Coustou

De marbre blanc, cette statue de saint Denis préchant la Foi fut réalisée par le sculpteur Nicolas Coustou en 1722, celui-là même qui réalisera la Piéta du chœur de la cathédrale. Elle ornait l’autel de la chapelle Saint-Denis alors adossée au jubé et réaménagée en 1726 aux dépens du cardinal de Noailles, archevêque de Paris. Le premier évêque de Paris est représenté debout, crosse en main, mitre à ses pieds, tenant un rouleau où l’on peut lire l’inscription Filioli mei quos iterum parturio, donec formetur Christus in vobis (Galates, IV, 19 : "Mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ ait pris forme chez vous...")

Lors des travaux de réaménagement de la cathédrale au XIXème siècle, Viollet-le-Duc disposa cette statue sur une colonne de style néo-gothique.

 

 

 

 

 

 

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Vierge à l’Enfant par Vassé

© NDP

La Vierge à l’Enfant
par Antoine Vassé

De marbre blanc, cette Vierge à l’Enfant a été sculptée par Antoine Vassé en 1722 pour la chapelle de la Vierge, au dos du jubé de la cathédrale, chapelle réaménagée en 1726 aux dépens du cardinal de Noailles alors archevêque de Paris. Au XIXème siècle, Viollet-le-Duc la fit disposer sur sa colonne en marbre du Languedoc. La dévotion des étudiants envers cette statue lui attribua le vocable de Notre Dame des Étudiants à partir du XIXème siècle.

Son nettoyage en 2004, dont l’élimination d’une importante couche de poussières grasses accumulées, permit d’en révéler à nouveau toute la finesse des traits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1"Notre-Dame de Paris, Notice historique et archéologique" de Marcel Aubert, 1950

[2"La Cathédrale" de J.-K. Huysmans, 1898

[3"Visage radieux", 1942

[4"Ma conversion", 1913

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