"La solidarité : une exigence et une espérance"

Conférences de Carême

Chaque dimanche du 26 février au 1er avril 2012 à 16h30

Pour ce Carême 2012, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, a choisi pour thème "La solidarité : une exigence et une espérance", en cette année où le diocèse de Paris réfléchit aux fondements éthiques de la solidarité, on peut se demander comment ouvrir des chemins d’espérance sur fond d’une crise anxiogène et démobilisatrice.

 

Ces conférences seront suivies sur place d’un temps de questions aux intervenants, entre 17h15 et 18h.

 

 

"La solidarité : une exigence et une espérance"

En cette année 2012, où l’Église catholique à Paris réfléchit aux fondements éthiques de la solidarité, on se demande comment ouvrir des chemins d’espérance sur fond d’une crise anxiogène et démobilisatrice. Les ressources de l’éthique sociale, et en particulier de la doctrine sociale catholique, devraient permettre que chacun se sente concerné, appelé à réfléchir et à agir, quelle que soit sa place dans la société. Il s’agit, pendant ces conférences de carême, de réfléchir à des orientations qui donneraient sens à la volonté d’entreprendre et au mouvement social et répondraient à leur aspiration à plus de justice. La recherche d’une cohérence entre les ressources d’une société et les exigences de la solidarité peut trouver une source d’inspiration dans l’enseignement social de l’Eglise, en particulier dans les problématiques ouvertes par la dernière encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate (2009).

Ce texte souligne qu’il existe une vérité dynamique de la vocation humaine, personnelle et collective, capable de servir à une recherche commune de justice et de paix. Cette vérité s’enracine, pour les chrétiens, dans l’Amour de Dieu, mais les implications qui en découlent – le devoir de justice inséparable de la disponibilité au don, la vie comme relation à autrui et l’égale dignité de tous – peuvent être très largement partagés. L’amour, une voie juste pour l’humanité, pourrait-on dire. En raison de sa portée universelle, cette vérité anthropologique est adéquate aux besoins du temps qui lient les soucis et les espoirs de notre pays avec ceux de l’Europe et du monde.

Il reste cependant à vérifier dans le concret que cette perspective peut être partagée et permettre d’avancer en dépassant le stade des principes. De là découle le choix des thèmes proposés qui correspondent à des espoirs et à des craintes de la France d’aujourd’hui. En débattre, dans ce temps d’ouverture et d’écoute qu’est le Carême, au moment où notre pays vit un débat démocratique important, est dans l’esprit de cette laïcité de bonne intelligence qu’évoquait le Pape Benoît XVI le 26 mars dernier sur le parvis de cette cathédrale.

Pour vérifier dans le concret que cette anthropologie peut être partagée, chaque conférence, à deux voix, préparée de concert entre une voix représentant la conscience chrétienne et une voix représentant le point de vue d’autres expériences et la recherche des sciences humaines et sociales, sera suivie d’un dialogue mené en toute liberté avec le souci de progresser dans la recherche de la vérité. Les orateurs se seront concertés à l’avance, tout en s’exprimant en leur nom propre, afin de nous faire avancer, si possible, au-delà des principes généraux.

 

Dimanche 26 février 2012
« Ethique chrétienne et vie en société »

JPEG - 21 ko
Monseigneur Angelo SCOLA

par le cardinal Angelo SCOLA, archevêque de Milan

Monseigneur Angelo Scola est archevêque de Milan depuis 2011. Il est l’un des pasteurs les plus dynamiques et les plus écoutés de l’épiscopat italien. C’est aussi un des penseurs catholiques les plus en vue de sa génération. Cardinal depuis 2003, il est lié depuis fort longtemps avec le cardinal Joseph Ratzinger devenu le Pape Benoit XVI. Avant d’être archevêque de Milan, le cardinal Scola a été Recteur de l’Université Pontificale du Latran à Rome (1995) puis Patriarche de Venise (2002).

Parler de manière crédible de la solidarité oblige à contourner deux obstacles majeurs, qui sont désormais des lieux communs du discours dominant. Le premier serait de ramener la solidarité à un terme purement rhétorique ou sentimental, ou à une simple invitation à « faire du bien ». Le second serait de ne voir la solidarité que comme un faux nez du capitalisme, une sorte d’étiquette destinée à maquiller un modèle économique souvent brutal, en échangeant des richesses contre des aides humanitaires. Il est clair que ces deux visions de la solidarité ne portent aucune exigence éthique, et encore moins d’espérance spirituelle.
Pour comprendre, comme le propose le titre des Conférences de Carême, que la solidarité est une exigence et une espérance, il nous faut comprendre que c’est le ressort de l’action qui fait toute la différence : une chose est de donner parce qu’on ne pense qu’à soi-même, et une autre de donner parce qu’on se reconnaît une dépendance

Le cardinal Angelo Scola, ordonné prêtre le 18 juillet 1970, a été nommé le 28 juin 2011 archevêque de Milan. Il vient d’être élu, le 11 octobre 2011, président de la Conférence des évêques de Lombardie. Après avoir été ordonné évêque de Grosseto en 1991, et nommé président de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille en 1995, il a été nommé patriarche de Venise puis cardinal, par Jean-Paul II, lors du consistoire du 21 octobre 2003.
Connu pour son engagement dans le mouvement « Communion et Libération », il a été assistant chercheur en philosophie puis assistant professeur de théologie morale à l’Université de Fribourg. En 1982, il a été nommé professeur d’anthropologie et de christologie contemporaine à l’Institut Jean-Paul II et en 1995, recteur de l’Université Pontificale du Latran.
Le cardinal Scola, membre notamment des Congrégations pour le clergé et pour le culte divin et les discipline des sacrements, est l’auteur de nombreux ouvrages dont son dernier Buone ragioni per la vita in comune. Religioni, politica, economia, Mondadori, Milano 2010, (De bonnes raisons pour vivre ensemble), revient sur la nécessité du « bien vivre ensemble ».

 

Dimanche 4 mars 2012
« Nouveau modèle de développement, nouveau mode de vie ? »

JPEG - 20.5 ko
Sœur Cécile RENOUARD
JPEG - 21.1 ko
Monsieur Emmanuel FABER

par Monsieur Emmanuel FABER, vice-président du Groupe Danone et Sœur Cécile RENOUARD, religieuse de l’Assomption, théologienne

Au détour d’une crise sans précédent, à la fois économique et écologique, nos sociétés se trouvent devant une question en apparence insoluble : notre mode de vie repose sur une croissance insoutenable, mais comment mettre en œuvre une autre économie qui favorise l’accès du plus grand nombre à un emploi et à des conditions de vie décentes, au Nord comme au Sud ? Puiser aux sources morales et spirituelles de l’Évangile permet de tracer des chemins nouveaux pour intégrer l’exigence de justice au cœur de la logique économique et pour privilégier les droits et capacités des plus vulnérables, aujourd’hui et demain.

Emmanuel Faber, marié et père de trois enfants, est actuellement vice-président du groupe agroalimentaire Danone. Après des études commerciales effectuées à HEC, il a choisi de s’orienter vers le monde de la finance, en débutant sa carrière comme consultant chez Bain & Company puis chez Baring Brothers. C’est en 1997 qu’il rejoint le groupe Danone, en tant que directeur financier.
Avec l’appui du président de la multinationale Franck Riboud, Emmanuel Faber et les équipes de Danone ont mis au point plusieurs outils relevant de l’entreprenariat social et développé des formes différentes d’activité économique. La plus célèbre est la filiale commune créée au Bangladesh avec la Grameen Bank de Muhammad Yunus, l’inventeur du microcrédit : une usine prototype qui produit des yaourts hautement nutritifs à prix très bas dont le lait est fourni par des éleveurs locaux et les produits commercialisés par des colporteuses travaillant à leur compte.
Dans son dernier livre, Chemins de traverse. Vivre l’économie autrement, 2011, il milite avec conviction pour un autre fonctionnement de l’économie, cherchant « un chemin de conscience » afin de montrer qu’« un autre monde est possible ».

religieuse de l’Assomption depuis 1991, Sr Cécile Renouard est aujourd’hui maître de conférences en philosophie au Centre Sèvres (Facultés Jésuites de Paris), enseignante à l’école des Mines de Paris, et directrice du programme de recherche « Entreprise et développement des pays émergents » à l’ESSEC. Dans le cadre de conventions de recherches, elle étudie l’impact sociétal de projets menés par de grands groupes (de secteurs variés : pétrole, eau, recyclage) dans des pays du Sud (Nigéria, Indonésie, Inde). Membre du Secrétariat International « Justice, Paix, et Intégrité de la création » des Petites Sœurs et Religieuses de l’Assomption, Sr Cécile Renouard est l’auteur de La Responsabilité éthique des multinationales (PUF 2007), Un monde possible (Seuil 2008), Michaël Walzer ou l’art libéral du civisme (Temps Présent 2010) ; elle a codirigé avec Gaël Giraud 20 Propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion 2009, 3ème édition révisée, collection « Champs », 2012).

 

Dimanche 11 mars 2012
« La finance est-elle éthique ? »

JPEG - 23.3 ko
Père Gaël GIRAUD
JPEG - 15.8 ko
Monsieur Jean-Pierre JOUYET

par Monsieur Jean-Pierre JOUYET, président de l’Autorité des Marchés Financiers et le Père Gaël GIRAUD, s.j., théologien

Dans le domaine de la finance de marchés, la question éthique revêt aujourd’hui une acuité particulière, alors que les pays développés et l’Europe en particulier traversent une grave crise économique et financière aux conséquences multiples. Dans ce contexte, nous devons nous interroger sur le sens à donner à cette crise et aux leçons qui peuvent en être tirées afin de redéfinir des valeurs éthiques, collectives et individuelles. L’une de ces leçons consiste certainement en la promotion d’une meilleure collaboration des acteurs financiers avec leurs autorités de tutelle, afin qu’une réforme de la régulation financière puisse être mise en place, qui permette de mettre la finance au service du bien commun. Ceci demande aussi de donner un sens à l’aventure collective que représente l’Europe, et à s’interroger sur une redynamisation possible du projet européen édifié pas à pas depuis quelques décennies.

Jean-Pierre Jouyet préside depuis décembre 2008 l’Autorité des Marchés Financiers. Actuellement président du Conseil d’administration de l’Institut Pasteur et du Conseil de surveillance de l’Institut Aspen, il a été par le passé secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes (2007-2008) et chef du service de l’Inspection générale des Finances (2005-2007). Nommé à l’Inspection générale des Finances à la sortie de l’ENA, il est devenu par la suite directeur du Trésor de 2000 à 2004 et directeur adjoint du cabinet du Premier ministre de 1997 à 2000. Il a été directeur adjoint puis directeur de cabinet du président de la Commission européenne (1991-1995).
Par ailleurs professeur associé à l’Université Paris Dauphine, Jean-Pierre Jouyet est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont N’enterrez pas la France, 2007 avec Philippe Mabille et Nous les avons tant aimés, aux Editions Robert Laffont (2010).

Le père Gaël Giraud, jésuite, est chercheur au CNRS en économie. Actuellement membre de l’Ecole d’économie de Paris, du conseil scientifique du Laboratoire d’Excellence ReFI (dédié à la régulation financière) et membre fondateur de l’observatoire européen Finance Watch, il enseigne en tant que professeur associé à l’ESCP-Europe et au Centre Sèvres (facultés jésuites de Paris). Avant d’entrer dans la vie religieuse, le P.Gaël Giraud, qui collabore à la commission « Famille et Société » de la Conférence épiscopale de France, a travaillé comme consultant scientifique pour différentes banques d’investissement.
Il est l’auteur de nombreux articles (notamment au sein de la revue Etudes et de la revue jésuite Projet) et de différents ouvrages. Récemment, il a publié La Théorie des jeux (Flammarion, 3e éd. 2009) et co-dirigé avec Sr Cécile Renouard 20 Propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion, 3ème éd. 2012).

 

Dimanche 18 mars 2012
« J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. »

JPEG - 18.9 ko
Monseigneur Michel DUBOST
JPEG - 18.1 ko
Monsieur Jérôme VIGNON

par Monsieur Jérôme VIGNON, président des Semaines sociales de France et Monseigneur Michel DUBOST, évêque d’Evry

Au cours de dernières années, l’Église catholique et les autres Églises chrétiennes n’ont cessé de rappeler publiquement les exigences inconditionnelles du respect des droits des étrangers qui demandent à être accueillis dans notre pays, en précisant toujours que cette exigence ne signifie pas qu’une politique d’immigration ne soit pas nécessaire. L’hospitalité due à l’étranger, image du Christ lui même, nous rattache de manière fondamentale à notre propre humanité. Tout ce qui conduit à ne considérer l’étranger que pour son utilité nous coupe d’une source vitale. Ce message demande cependant à être explicité dans les conditions de notre temps, afin d’ouvrir à une vision encourageante et de ne pas apparaître comme une injonction morale. Une telle vision peut inspirer une éthique de la responsabilité publique et donner le cadre des politiques migratoires et d’intégration.

Marié et père de six enfants, Jérôme Vignon, préside actuellement les Semaines sociales de France, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale et l’Observatoire national de la précarité énergétique. Diplômé de l’ENSAE, il a choisi au sortir de l’Ecole Polytechnique, une orientation de service public tournée vers la compréhension des faits économiques. Il porte un intérêt particulier pour la planification géopolitique et l’aménagement du territoire. Il a occupé le poste de directeur de la stratégie à la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) auprès du Premier ministre français. Également engagé au sien du Mouvement Chrétien des Cadres, Jérôme Vignon a poursuivi sa carrière à Bruxelles, au sein de la Commission européenne et y a dirigé auprès de Jacques Delors une cellule de prospective, avant d’être responsable de la direction consacrée à la protection sociale et à la lutte contre la pauvreté. Il a notamment co-écrit aux côtés de Michel Camdessus le livre Chrétiens face à la crise (Bayard, 2009) qui se penche sur le positionnement des chrétiens face au monde actuel.

Mgr Michel Dubost a été ordonné prêtre en 1967. Depuis 2000, il est évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes. Il est également rédacteur en chef de la revue religieuse Théo, consulteur au Conseil pontifical des laïcs et a été président du service « Justice et paix France » de la Conférence des évêques jusqu’en 2011. Depuis quelques semaines, il préside le Conseil pour le relations inter-religieuses de la Conférence des évêques de France.
Licencié en théologie et lauréat à l’IEP de Paris, chevalier de la Légion d’honneur et commandeur dans l’Ordre National du mérite, Mgr Michel Dubost a notamment été chargé d’études à la SOFRES (Société Française d’enquêtes par Sondage (1969-1972)), chroniqueur à RTL (1976-1982), formateur à la maison de formation des Eudistes (1979-1982) et évêque aux armées françaises de 1989 à 2000.
Parmi ses publications les plus récentes, on trouve Ministre de la Paix (1995), Voyageurs de l’Espérance (2005), Choisis donc la vie (Desclée de Brouwer) 2009, C’est là que je te rencontrerai (Desclée de Brouwer) 2011, et Vous êtes comme des dieux (Desclée de Brouwer) 2012.

 

Dimanche 25 mars 2012
« Logement : quelles réponses durables à la crise ? »

JPEG - 19.7 ko
Père Jacques TRUBLET
JPEG - 18.3 ko
Monsieur Philippe PELLETIER

par Monsieur Philippe PELLETIER, avocat, président du comité stratégique du Plan Bâtiment Grenelle et le Père Jacques TRUBLET, s.j., théologien

Une réflexion sur la solidarité ne saurait esquiver la question du mal-logement qui perdure en France, - spécialement dans les régions très urbanisées comme l’Ile-de-France -, malgré les moyens humains et financiers considérables mis en œuvre. Le moment n’est-il pas venu d’essayer, tous ensemble, de réfléchir pour agir autrement en ce temps de crise ? Le mal-logement déstructure profondément ceux qui y sont confrontés parce que cela les expose au regard des autres et empiète sur leur intimité. L’absence de logement altère le lien social et condamne à l’exclusion. La tradition biblique et l’enseignement de l’Église offrent des pistes pour se donner les moyens d’éradiquer ce mal et pour inventer de nouvelles formes de luttes pour une sortie durable de la crise du logement.

Philippe Pelletier, marié et père de huit enfants, est avocat au barreau de Paris. Diplômé d’études supérieures de droit, il est actuellement président du Comité stratégique du plan bâtiment du Grenelle de l’environnement, membre du haut Comité pour le logement des personnes défavorisées et chargé d’enseignement (droit des baux) au master II de droit immobilier de l’université de Paris II.
Philippe Pelletier se consacre depuis les années quatre-vingt aux questions du logement : il a été président de l’Union nationale de la propriété immobilière, vice-président de la Commission nationale de concertation et président de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Il est également connu pour ses guides pratiques, notamment : Bien louer un appartement, MA éditions, 1990 et Investir dans l’immobilier d’habitation, ed. Litec, 2010.

Le père Jacques Trublet, jésuite, a été ordonné prêtre en 1969. Il est actuellement professeur d’exégèse biblique au Centre Sèvres à Paris et chargé de mission auprès de la gendarmerie au sein du diocèse aux armées. Après des études bibliques à Cambridge et à l’École Biblique de Jérusalem, il est devenu professeur d’études bibliques au Centre Sèvres (facultés jésuites de Paris) où il a enseigné surtout les Psaumes, les livres sapientiaux et l’anthropologie biblique. Bien qu’émérite depuis 2007, il y poursuit son enseignement ainsi qu’au Studium des Bernardins. Aumônier à l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale pendant une dizaine d’années, son intérêt pour les questions de sécurité l’a amené à participer à la 14e session nationale de l’IHESI et à étudier plus spécialement les problèmes d’incivilités et de délinquance. Auteur de quelques livres sur les Psaumes et la Bible dont l’Approche poétique et théologique des psaumes, Analyses et Méthodes, (Paris, 1983). Il rédige également de nombreux articles (notamment au sein du magazine Biblia) sur les Psaumes, mais aussi sur des questions d’actualité comme la violence, la nature ou la ville.

 

Dimanche 1er avril 2012
« Solidarité : réalisme et esprit »

JPEG - 28.6 ko
Monsieur Andrea RICCARDI

par Monsieur Andrea RICCARDI, Fondateur de la Communauté de Sant’Egidio

Notre époque troublée est marquée par des sentiments de peur, d’incertitude et de déstabilisation. Pour l’Église, c’est un temps particulièrement opportun pour prendre ou reprendre l’initiative et déployer les richesses de son « expertise en humanité ». Face aux impasses de l’individualisme et à la dictature du matérialisme, l’Église, qui est « mère de tous et particulièrement des pauvres » (Jean XXIII), ouvre la perspective généreuse de l’humanisme chrétien qui se fonde sur l’amour et la défense des plus fragiles. Ceux-ci ne sont-ils pas « le trésor précieux de l’Église » (Benoît XVI) ?
L’expérience humaine et spirituelle de la Communauté de Sant’Egidio avec les personnes pauvres a permis d’écrire une histoire de charité inventive, de solidarité et de sympathie pour le monde, à commencer par ceux qui en sont exclus. Partir des derniers pour arriver à tous n’est pas une utopie, mais un travail concret. Pour bâtir une culture de paix et redonner les raisons du vivre ensemble, notre époque a besoin d’hommes et de femmes spirituels. Dans des sociétés en panne de vision et d’espérance, nous pouvons changer le monde en partant des plus faibles, car ils peuvent être des maîtres d’espérance.

Andrea Riccardi est le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, communauté créée en 1968 et reconnue comme l’un des acteurs les plus efficaces au niveau mondial dans les domaines de la paix et de la réconciliation. Il est, depuis le 16 novembre 2011, ministre de la Coopération internationale et de l’Intégration au sein du gouvernement de M. Mario Monti. Également connu pour son travail universitaire d’historien et d’enseignant, Andrea Riccardi est considéré comme l’un des plus grands experts de l’Eglise contemporaine et du dialogue entre religions et cultures. En 2003, le magazine Time l’a intégré dans la liste des trente-six « héros modernes » d’Europe et l’année suivante, la Fondation internationale du prix Balzan lui a décerné le prix Balzan 2004 pour l’humanité, la paix et la fraternité entre les peuples.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Jean-Paul II. La biographie, 2011, qui trace le portrait complet de la figure du pape comme grande figure du 20e siècle.

 

Pour suivre ces conférences

- Y assister de 16h30 à 17h15 dans le nef de la cathédrale : l’entrée est libre.
Les conférences sont suivies d’un débat avec les conférenciers, sur place, de 17h15 à 17h55, de l’Office des Vêpres à 18h00 et de la messe à 18h30 présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris.

- Suivre les radio et télédiffusions chaque dimanche :
En direct sur KTO, Télévision Catholique : conférence, débat, vêpres et messe.
En direct sur France Culture : conférence.
En différé à 18h15 sur les radios du réseau RCF (conférence) et à 21h sur Radio-Notre Dame (100.7 en Ile de France) (conférence et débat)

- En librairie avril 2012 : textes des conférences publiés chez Parole et Silence.

 

Les "conférences" de Carême à Notre-Dame de Paris

En 1835, Frédéric Ozanam suggère à Mgr de Quelen, archevêque de Paris, d’inviter l’Abbé Lacordaire à donner dans la cathédrale Notre-Dame de Paris ses « conférences » pour l’Avent et le Carême. Elles eurent immédiatement un immense retentissement. Ozanam note un peu plus tard : Il nous semblait assister à la résurrection religieuse de la société actuelle. Pour s’adresser à l’ensemble de la société, Lacordaire et ses amis choisissent le titre alors nouveau de « conférences » plutôt que celui des « sermons » de Carême. A tous ses contemporains, quelle que fût leur position, Lacordaire parlait en témoin de la foi catholique dans les questions majeures que posait à la conscience humaine l’évolution de la société.
Les successeurs de Mgr de Quelen et de l’Abbé Lacordaire se laissèrent guider par la même orientation dans le choix des thèmes des « conférences ».

JPEG - 94.4 ko
Conférence de Carême dans les années 1950

D.R.

Ce titre de « conférences », étonnamment moderne, est donc contemporain des « Conférences de charité », les Conférences de Saint-Vincent de Paul organisées par Ozanam et ses amis : à son époque, le catholicisme français redémarre avec un dynamisme éclatant, dans les années d’un nouveau printemps pour l’Église, comme l’écrit l’historien Yves-Marie Hilaire. Le souci d’une formation chrétienne, chez tous les jeunes gens qui retrouvent ou rejoignent l’Église, anime en profondeur les conférenciers depuis Lacordaire.

Jésuites et dominicains vont alterner dans ces conférences sacrées : le P. Félix, s.j, de 1853 à 1870, le P. Monsabré, o.p., de 1872 à 1890. Le fondateur de l’Institut catholique, Mgr d’Hulst, les assure entre 1891 et 1896, puis les dominicains occupent le premier tiers du XXe siècle (avec l’interruption d’un Oratorien, le P. Sanson (1925-1927), dont les textes sont rédigés par son confrère, alors interdit de parole, le philosophe Laberthonnière). Ce fut ensuite le tour des jésuites (les Pères Pinard de la Boullaye 1929-1937, Panici 1941-1945, Riquet), L’alternance des jésuites (Sintas, Thomas, Calvez) et des dominicains (Carré, Bro, Bruguès) a été reprise. Plus récemment, les conférences ont été prêchées par le Père Armogathe, des archevêques des cinq continents à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, le Père Joseph-Marie Verlinde, le cardinal Poupard, les cardinaux des diocèses partenaires du Congrès International pour la Nouvelle Evangélisation (Lustiger, Schönborn, Erde, Policarpo, Danneels).

 

 

En 2005, les conférences ont pris la forme qui est la leur cette année. Il s’agit d’un dialogue où la foi chrétienne et la pensée contemporaine s’expliquent l’une l’autre sur un grand sujet de société.

En 2005 : "Foi et Raison" Les conférences ont été confiées à Jean-Luc Marion, au P. Frédéric Louzeau, Marcel Gauchet, au P. Antoine Guggenheim, à Marguerite Harl, à Philippe Sers, à Catherine Grenier, au P. Patrick Faure, à Jean-Louis Chrétien et conclues par le cardinal Cottier.

En 2006 : "Voici l’homme" Les conférences ont été confiées à Jean Vanier, Axel Kahn, Marguerite Lena, Michel Serres, Anne-Marie Pelletier, Julia Kristeva, au P. Brice de Malherbe, Marie de Hennezel, au P. Henry de Villefranche, Claude Vigée, et conclues par Mgr Pierre d’Ornellas.

En 2007 : "Qu’est-ce que la Vérité ?" Les conférences ont été confiées à Pierre Manent, au P. Michel Fédou, à Philippe Boutry, au P. Gérard Pelletier, à Francis Balle, Bruno Frappat, Valère Novarina, Jérôme Alexandre, Monette Vacquin, au P. Alain Mattheeuws et conclues par Mgr André Vingt-Trois.

En 2008 : "Qui dites-vous que je suis ?" Les conférences ont été confiées à Claude Lepelley, au P. Rafic Nahra, à Jean de Loisy, Benoît Chantre, François Villeroy de Galhau, au P. Edouard Herr, à Maurice Godelier, Mgr Jérôme Beau, Fabrice Midal et Rémi Brague et conclues par le Cardinal André Vingt-Trois.

En 2009 : "Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa personnalité, sa mission" Les conférences ont été confiées à Alain Decaux, Giorgio Agamben, au P. Éric Morin, à Chantal Delsol, à Mgr Job Getcha, à Mgr Pierre Debergé, à Marie-France Baslez, au Pasteur Claude Baty et conclues par le Cardinal André Vingt-Trois.

En 2010 : "Vatican II, une boussole pour notre temps". Plus de quarante ans après, qu’est devenu le concile ? Les conférences ont été confiées à Monseigneur Éric de MOULINS-BEAUFORT, au Frère Enzo BIANCHI, au Père Denis DUPONT-FAUVILLE, au Père Dominique de LA SOUJEOLE, à Monsieur Michel CAMDESSUS, au Père Matthieu ROUGÉ, au Rabbin Rivon KRYGIER à Monsieur Dominique FOLSCHEID et conclues par le Monseigneur Jean-Louis BRUGUES.

En 2011 : « La famille : héritage ou avenir ? » Les conférences ont été confiées à Madame Martine SEGALEN, sociologue, au Père Jacques de LONGEAUX, théologien, à Monsieur Olivier REY, philosophe, au Père Frédéric LOUZEAU, théologien, à Madame Françoise DEKEUWER-DEFOSSEZ, juriste, au Père Alexis LEPROUX, théologien, à Monsieur et Madame Antoine et Stéphanie BONASSE, au Père Philippe BORDEYNE, théologien, à Monsieur Jacques ARÈNES, psychanalyste, à Monsieur Antoine RENARD, Président des Associations Familiales Catholiques, et conclues par Monseigneur Pierre d’ORNELLAS, archevêque de Rennes.

 


 

Dimanches de Carême à Notre-Dame de Paris

Samedi :

- 17h45 : Offices des premières Vêpres du dimanche de Carême
- 18h30 : Messe anticipée du dimanche de Carême

- 20h30 : Heure musicale du Temps de Carême

 

Dimanche :

- 8h30 : Messe du dimanche de Carême
- 9h30 : Offices des Laudes du dimanche de Carême
- 10h00 : Messe grégorienne du dimanche de Carême
- 11h30 : Messe internationale du dimanche de Carême
- 12h45 : Messe du dimanche de Carême

- 16h30 : Conférence de Carême
- 17h15 : Débat avec le(s) conférencier(s)
- 18h00 : Office des Vêpres du dimanche de Carême
- 18h30 : Messe du dimanche de Carême célébrée par le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris

 

Semaine Sainte et Pâques 2012 à Notre-Dame de Paris

L’accès à la cathédrale, lieu de culte catholique romain, est libre et gratuit. Pour assister à l’une des nombreuses célébrations liturgiques de la cathédrale (messes, offices…), il vous suffit de vous joindre à l’assistance quelques minutes avant le début de la célébration. La participation aux célébrations liturgiques est publique et gratuite, aucune réservation n’est nécessaire ni possible. Il est simplement conseillé d’arriver 15 à 20 minutes à l’avance.
Participation in liturgical celebrations is open to the public and free of charge, it is not necessary and not possible to make a reservation. To attend services, please take any seat in the nave 15 to 20 minuts before services.

- Dimanche des Rameaux et de la Passion 1er avril 2012 : Office et Messes avec Rituel d’ouverture des portes de la cathédrale, Bénédiction des rameaux, Lecture de la Passion, Conclusion du cycle de Conférences de Carême
- Mardi Saint 3 avril 2012 : Concert de le Semaine Sainte
- Mercredi Saint 4 avril 2012 : Messe chrismale
- Jeudi Saint 5 avril 2012 : Office des Ténèbres, Messe en mémoire de la Cène et Procession au reposoir
- Vendredi Saint 6 avril 2012 : Office des Ténèbres, Vénération de la Sainte Couronne d’Épines, Office Choral, Chemin de Croix, Office de la Passion
- Samedi Saint 7 avril 2012 : Office des Ténèbres, Vigile pascale
- Dimanche de Pâques 8 avril 2012 : Offices, Messes

Diocèse de Paris Notre-Dame de Paris 2013 Facebook Google Twitter Flickr Youtube Foursquare RSS
Français
English
Faire un Don
Calendrier
Horaires
Visites
Contacts
Newsletter
Crédits