Messe d’action de grâces des 25 ans d’épiscopat de Monseigneur FRIKART

Dimanche 4 septembre 2011 à 18h30

Le cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris, présida cette messe d’action de grâces pour le Jubilé des 25 ans d’épiscopat de Monseigneur Claude FRIKART, ancien évêque auxiliaire de Paris, Vicaire général émérite.

 

 

Ordonné le 2 juillet 1948 pour la congrégation de Jésus et Marie (Eudiste), l’abbé Claude FRIKART passera les premières années de son ministère en Côte d’Ivoire avant d’arriver à Paris en 1971 comme curé de la paroisse du Saint-Esprit (XII°arrondissement). En 1983, il sera nommé vicaire épiscopal, responsable du service des migrants, puis, en 1985, vicaire général. Nommé évêque auxiliaire de Paris, avec le titre d’évêque in partibus de Summula, le 21 juin 1986, il sera consacré le 2 septembre suivant par le cardinal Jean-Marie LUSTIGER, alors archevêque de Paris, avant de devenir évêque auxiliaire de Paris l’année suivante.

Dès lors, il restera particulièrement chargé de la pastorale des migrants, mais aussi des relations avec le judaïsme et de l’œcuménisme, deux fonctions qu’il occupe avec cœur, dans l’élan missionnaire insufflé par le cardinal LUSTIGER. Au sein de la Conférence des évêques de France, il sera évêque délégué auprès de l’aumônerie des Français à l’étranger. Retraité de l’épiscopat depuis 1997, il aura été administrateur du diocèse de Pontoise durant plus d’un an (1999-2001), et, depuis dix ans, est directeur spirituel à la Maison Saint-Augustin du Séminaire de Paris.

 

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© Diocèse de Paris

 

Vingt-cinq ans d’épiscopat : l’espérance d’un évêque

Cet article est extrait de l’hebdomadaire Paris Notre-Dame du 8 septembre 2011.
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Propos recueillis par Laurence Faure

Paris Notre-Dame : Vous avez fêté vingt-cinq ans d’épiscopat dimanche dernier, lors d’une messe jubilaire célébrée à Notre-Dame de Paris par le cardinal André Vingt-Trois, de quoi rendez-vous grâce ?
Monseigneur Claude Frikart : Je rends grâce en premier lieu pour mon ordination sacerdotale. J’ai vécu ma mission d’évêque d’abord en tant que prêtre. Car si l’épiscopat est une distinction particulière, par laquelle le prêtre est appelé à se donner différemment, c’est l’ordination sacerdotale qui donne tout son sens à notre mission ; celle d’être un signe visible de la présence de Jésus parmi les hommes. Comme prêtre eudiste, œuvrer en tant que curé de paroisse – en l’occurrence au St-Esprit (12e), pendant douze ans – a été pour moi la mission la plus gratifiante de mon ministère. Dans la joie d’avoir été appelé au sacerdoce, je rends grâce également d’avoir pu travailler, en tant qu’évêque auxiliaire, aux côtés du cardinal Jean-Marie Lustiger, pour le soutien des vocations à Paris. Je suis encore frappé par son intuition forte dans ce domaine.

P.N.-D. - Quels ont été les points marquants de votre épiscopat ?
Monseigneur Claude Frikart : Ma mission d’évêque consistait d’abord à favoriser la communion et le travail pastoral de l’archevêque de Paris avec ses prêtres. Dans la dynamique insufflée par le cardinal Lustiger, nous avons pu encourager la coresponsabilité des laïcs dans le travail missionnaire que nous avons à faire dans l’Église. Particulièrement chargé de la pastorale des migrants, j’ai été heureux de travailler en lien avec le monde des étrangers à Paris – une mission pour laquelle mes treize années de ministère en Côte d’Ivoire m’ont beaucoup aidé. J’y ai appris à apporter le Christ en tenant compte de l’histoire d’un peuple. Enfin, chargé des Relations avec le judaïsme, je suis heureux d’avoir accompagné le travail du cardinal Lustiger dans cette reconnaissance du peuple juif comme « nos frères aînés », selon les mots de Jean-Paul II. Nous bénéficions tous encore aujourd’hui, de cette invitation à approfondir notre fraternité avec le peuple élu.

P.N.-D. : Quel message d’espérance adressez vous à l’Église de Paris ?
Monseigneur Claude Frikart : Nous avons la chance extraordinaire de compter quelque 500 prêtres à Paris : une communauté sacerdotale jeune et dynamique. Nous avons environ 80 séminaristes et j’ai eu la joie d’accompagner une bonne quinzaine de jeunes entrés à la Maison St-Augustin l’année passée. Enfin, la pratique religieuse a beau être décriée, elle reste forte à Paris. Il s’agit là d’un terreau très précieux pour notre vie pastorale et pour la mission. Je rends grâce pour cette vitalité, signe d’espérance pour l’esprit missionnaire insufflé à Paris par le cardinal Lustiger et, aujourd’hui, par le cardinal André Vingt-Trois.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

La vie de l’Eglise n’est pas la conjonction de démarches individuelles de disciples du Christ, mais une communion spirituelle dans laquelle tous cherchent à faire ensemble la volonté du Christ, sous la conduite du ministère d’unité des évêques.

Ez 33, 7-9 ; Ps 94, 1-2.6-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

Frères et Sœurs,

Au cours des deux derniers dimanches, nous avons entendu dans le chapitre 16 de l’évangile de saint Matthieu le récit de la confession de foi de Pierre à Césarée de Philippe et le dialogue entre Pierre et Jésus qui lui fait suite. Le Christ, qui a pris le chemin de Jérusalem, y exprime les conditions requises pour celui ou celle qui veut se mettre à sa suite. Avec le chapitre 18, nous entrons dans une autre perspective. Il ne s’agit plus simplement de formuler les exigences individuelles du disciple, mais de définir les caractéristiques de la vie du groupe de ceux et celles qui suivent le Christ, c’est-à-dire de l’Église. Et l’évangéliste, peut-être aussi en raison d’expériences malheureuses dont il a été témoin, insiste particulièrement sur les questions de la communion ecclésiale et de la réconciliation.

Ce passage de l’Évangile, nous permet de découvrir le type de relation singulier qui existe entre les membres de l’Église. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Nous connaissons bien cette affirmation de Jésus mais peut-être n’avons pas été tout à fait au bout de ce qu’elle implique. Pour que la présence du Christ soit réelle, il ne s’agit pas simplement de juxtaposer deux ou trois disciples de Jésus. L’Église n’est pas un simple conglomérat d’individus ou une association de personnes ayant le même intérêt. Elle est un corps, une communion, une famille. C’est pourquoi Jésus dit d’abord : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiennent de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 19). Nous ne pouvons être simplement les uns à côté des autres, chacun apportant sa petite prière, sa petite attente, sa petite demande, sans se préoccuper de ce que sont l’attente, la demande et la prière des autres. Nous devons nous mettre d’accord. Ce que nous demandons à Dieu n’est pas la simple somme de nos attentes individuelles. Le Corps tout entier se fond dans une prière commune.

Cet accord repose donc sur la communion étroite entre les membres de l’Église. Et l’évangile nous montre les étapes du processus destiné à ramener dans l’unité celui qui sort des limites de l’épure. Ainsi, nous découvrons que la communion des disciples du Christ est une solidarité spirituelle et que la question n’est pas tellement de porter un jugement moral les uns sur les autres, mais plutôt de savoir comment chaque membre de l’Église se sent partie prenante de ce qui advient de son frère ou de sa sœur. Notre entrée dans l’Église par le baptême nous constitue comme une famille et un corps. Dans cette communion, chacun devient responsable de lui-même mais aussi de ses frères et de ses sœurs. Chacun prend sa part pour faire vivre cette communion. Chacun entre dans un mouvement qui aboutit à se mettre d’accord, non par négociations et concessions mutuelles, mais par l’unification des attentes de tous à travers l’accueil de ce que le Christ nous donne. Notre participation à l’eucharistie et notre communion à la vie de l’Église ne sont pas le résultat d’une conjonction de démarches individuelles, mais l’entrée dans une action unique qui est celle du Christ lui-même.

Le soin de cette communion entre les membres de l’Église est confié aux apôtres, comme nous l’avons entendu dans le récit de saint Matthieu : « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt 18, 18). La mission particulière du ministère apostolique est de se soucier et de travailler à cette cohésion du Corps avec une attention particulière. Nous ne pouvons assurer cette mission en stratifiant les différences et les clivages, mais en appelant tout le monde à la communion, par-delà justement ces différences et ces clivages. Le prophète Ezekiel désigne la fonction prophétique comme celle d’un veilleur. Les apôtres et les évêques leurs successeurs doivent être les veilleurs de l’unité, les veilleurs de la communion.

Le Christ appelle chacun d’entre-nous. Il appelle chaque homme et chaque femme à le choisir dans la liberté. Il appelle tous ceux qui le suivent à s’unir dans l’acte fondateur de l’offrande qu’il fait de sa vie pour constituer son Corps qui est l’Église.

Frères et sœurs, à travers les siècles, les générations d’évêques se sont succédées. Pour notre part, avec Mgr Frikart et les évêques qui m’entourent, nous avons assumé cette charge et nous continuons de le faire. Toujours, j’en suis témoin, nous avons voulu le faire avec le souci de faire grandir la communion de l’Église, c’est-à-dire en proposant à chaque baptisé de participer à l’action de l’Église, en ouvrant à chaque communauté particulière la possibilité de s’unir aux autres dans l’action et l’espérance du diocèse, en permettant à tous les membres de l’Église de découvrir la grandeur de la communion que Jésus veut pour son Corps, pour que notre prière puisse être exaucée.

Frères et sœur, nous, évêques, qui avons reçu cette mission, nous rendons grâce pour l’accueil que nous trouvons parmi les chrétiens de notre diocèse. Nous rendons grâce pour la disponibilité de tant d’hommes et de femmes pour entrer dans cette construction de l’Église Corps du Christ. Nous rendons grâce pour l’espérance que cette communion nous donne. Oui, notre prière sera exaucée parce que nous la faisons au nom du Christ en nous mettant d’accord entre nous, sur ce qu’il convient de demander : que la plénitude de l’Esprit fasse de nous des témoins de l’Evangile ! Amen.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

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