Fête de la Dédicace de la cathédrale

Jeudi 16 juin 2011

Le 16 juin sera marqué comme tous les ans par la Fête de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La Dédicace est la cérémonie qui consacre une église comme lieu de culte et de prière. Elle devient vraiment Maison de Dieu et Demeure de Hommes. Commémorer la Dédicace, c’est se rappeler la vocation de ce lieu, lieu de rassemblement du peuple chrétien, lieu d’où s’élèvent ses prières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 8h00 : Messe de la Dédicace dans le chœur

- 9h00 : Messe de la Dédicace dans le chœur

- 12h00 : Messe de la Dédicace au maître-autel

 

- 17h45 : Vêpres solennelles de la Dédicace
présidées par Monseigneur Patrick CHAUVET, Doyen du Chapitre cathédral
en présence des Chanoines du Chapitre cathédral
Pour télécharger la feuille liturgique de cet office, cliquez ici.

- 18h15 : Messe solennelle de la Dédicace
présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris
en présence de nombreux prêtres, diacres et séminaristes du diocèse de Paris.
Au cours de cette messe, les nouveaux clercs de la cathédrale recevront leur croix de clerc.

- À l’issue de la célébration, adoration du Saint Sacrement jusqu’à 19h20.

Maîtrise Notre-Dame de Paris, Jeune Ensemble, Chœur d’enfants
Lionel SOW : direction
Yves CASTAGNET : Orgue de Chœur
Jean-Pierre LEGUAY : Grand Orgue

- 21h15 : Nocturne de la cathédrale : projection de l’opéra d’images Réjouis-Toi, Marie

 

Hymne des vêpres de la dédicace

Église de toujours, aux écoutes du monde,
Entends-tu bouillonner les forces de l’histoire ?
La terre est travaillée d’une sourde violence,
Affamée d’unité, en mal de délivrance.

Église de toujours, au service du monde,
Enracine la foi au creux de nos détresses.
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d’angoisse et de promesse.

Église de toujours, Évangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante.
Baptise dans l’Esprit l’éclosion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire.

 

La Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dans l’Île de la Cité on trouve au VIème siècle l’ecclesia, constituée de trois édifices, dont les noms respectifs apparaissent par la suite :
- Saint-Étienne (690), l’église de l’évêque,
- Saint-Marie (775), celle du chapitre,
- Saint-Jean-le-Rond, le baptistère.
Par delà les destructions accumulées par les Normands, il en alla ainsi jusqu’au XIème siècle. C’est alors que Sainte-Marie supplanta Saint-Étienne. EN 1163, l’évêque Maurice de Sully entreprit de la reconstruire. Le culte fut inauguré dans le nouvel édifice en 1190, mais les travaux se poursuivirent au cours du XIIIème siècle.

Entre temps, Notre-Dame était devenue la maison du peuple de Paris et des rois de France, associée à toutes les joies et tous les deuils de la ville et de la nation. Après les vicissitudes de la Révolution et l’éclat passager du sacre impérial, Notre-Dame menaçait de ruine. Sa restauration, décidée en 1844, fut menée à bien par Viollet-le-Duc et couronnée par sa dédicace, le 31 mai 1864. La dédicace est désormais célébrée à l’anniversaire de la consécration du nouvel autel par le cardinal Lustiger le 16 juin 1989.

 

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Consécration de la cathédrale le 31 mai 1864

à l’issue des travaux de restauration entrepris en 1844 par Viollet-le-Duc. Gravure XIXème.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

- Ap 21, 9b-14 ; Ps 83, 3-6a.8a.11c-d ; 1 P2, 4-9 ; Jn 10, 22-30

Frères et sœurs,

La vision du Livre de l’Apocalypse nous décrit la Cité sainte descendant du ciel d’auprès de Dieu. Les éléments et les symboles qui composent cette vision explicitent la nature et la mission de la Cité sainte que Dieu a bâtie pour son peuple. Les noms des douze tribus d’Israël qui sont inscrits sur les murs de la ville rappellent qu’il n’est pas d’alliance entre Dieu et l’humanité qui ne passe par l’Alliance scellée avec le peuple d’Israël et les douze tribus qui le composent. Le nom des douze apôtres inscrit sur les douze piliers évoque l’ouverture du peuple de Dieu à l’Église universelle par la médiation apostolique. Les quatre portes qui s’ouvrent vers le nord, le sud, l’orient et l’occident signifient l’universalité de la mission de l’Église, qui accomplit ainsi la vocation du Peuple élu. Cette vision de l’Apocalypse reprend donc en un regard esthétique les caractéristiques de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Le dessein de Dieu assume l’histoire de la première Alliance et déploie celle-ci dans l’Alliance nouvelle et éternelle conclue dans le sacrifice du Christ et vécue sacramentellement dans l’Église. Toute communion avec Dieu ne peut porter la plénitude de son fruit que dans une ouverture à l’humanité entière.

Chaque Église particulière à travers le monde est comme une réalisation réduite de l’Église du Christ : elle hérite des promesses données à Israël et reçoit la mission apostolique d’ouvrir cette Alliance à toutes les nations du monde. Les églises construites ici-bas, et tout particulièrement bien-sûr cette cathédrale, portent la même symbolique que la vision de l’Apocalypse. Aujourd’hui, douze cierges sont allumés sur les douze piliers de la cathédrale marqués par l’onction sainte lors de sa consécration. Ils rappellent le fondement apostolique de l’Église et la mission reçue par les douze d’étendre à l’humanité entière le don qui Dieu avait fait aux douze tribus du Peuple d’Israël. La cathédrale, comme chacune de nos églises, donne ainsi un signe visible de la portée universelle de l’Alliance de Dieu avec les hommes. De plus, à travers toutes ses dimensions artistiques, chaque église manifeste d’une façon sensible et concrète la beauté de l’Alliance entre Dieu et les hommes.

C’est pourquoi, les églises plantées au cœur de la cité humaine ne sont pas d’abord le signe d’un particularisme quelconque, ni le refuge qui nous permettrait d’échapper au tumulte du monde. Elles sont le signe de l’appel que Dieu nous adresse : la foi qu’il a mise en nos cœurs et qui anime notre existence nous rend capables d’être témoins de son Alliance à travers les événements du monde et dans nos relations avec ceux qui nous entourent.

De plus, les églises sont à la fois le moyen et le signe du rassemblement du peuple de Dieu. Nous nous y retrouvons pour fortifier et nourrir notre communion dans le Christ à travers la célébration eucharistique, afin de recevoir encore et de mieux assumer la mission que Jésus a confiée à ses disciples de porter la Bonne Nouvelle aux limites de la terre. L’Église, peuple de Dieu rassemblé dans les églises, est le temple de l’Esprit qui nous permet d’être des adorateurs en esprit et en vérité. Notre prière n’est pas enfermée dans des bâtiments. Elle y est comme centrée pour devenir perceptible pour tous ceux qui sont hors de ces bâtiments. Nous avons reçu la mission de vivre la communion au Christ. Nous sommes le peuple rassemblé par le don qu’Il nous fait de son Corps et de son Sang, pour que ceux et celles qui habitent notre ville sachent que la promesse de Dieu n’est pas épuisée et qu’elle est rendue présente et active dans nos existences.

Voilà pourquoi c’est une joie de célébrer la Dédicace de cette cathédrale en présence d’une représentation du peuple chrétien, avec le Chapitre des chanoines et avec les clercs qui vont recevoir leur croix, mais également avec tous ceux et toutes celles qui nous sont unis spirituellement par la prière et avec tous ceux et toutes celles qui lèvent les yeux vers ce bâtiment sans toujours comprendre (intellectuellement) ce qu’il représente. A travers l’émotion esthétique et l’admiration sensible, puissent-ils percevoir que la beauté de ce qu’ils contemplent n’est pas une simple esthétique humaine mais un reflet de la beauté divine qui illumine le peuple de Dieu assemblé !

Amen.

André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris
Notre-Dame de Paris, 16 juin 2011

 

Le maître-autel de Jean et Sébastien TOURET

Lors de l’un de ses entretiens hebdomadaires [1] sur Radio Notre-Dame, le cardinal LUSTIGER présentait le nouveau maître-autel de la cathédrale réalisé par Jean et Sébastien TOURET :

Un magnifique coffre de bronze avec un haut-relief de huit personnages : les quatre évangélistes (Mathieu, Marc, Luc, Jean) [2] et les quatre grands prophètes (Ezéchiel, Isaïe, Jérémie, Daniel) [3], comme déjà au portail sud [4] de Notre-Dame suivant la tradition de l’Église. L’autel est élevé à la croisée du transept, au centre de la cathédrale que Viollet-le-Duc avait déjà marqué extérieurement d’une flèche. Il fait converger vers lui tous les regards lorsque nous célébrons le signe le plus éclatant de l’amour de Dieu, le mystère eucharistique.

Jean TOURET voyait dans cet autel le lieu-temple, le lieu de rassemblement, et l’endroit de la descente de Dieu construit pour accueillir le geste du prêtre, la monumentalité du prêtre à l’autel. Il existe un rapport objectif entre l’objet et le geste.

Ce nouvel autel fut consacré le 16 juin 1989, à 19h00, par le Cardinal LUSTIGER et ses évêques auxiliaires, en présence de nombreux prêtres, séminaristes et fidèles de Paris.

En 1190, Maurice de Sully, alors évêque de Paris, avait inauguré le culte dans la cathédrale en cours de construction. Au XIXème siècle, après la restauration de Viollet-le-Duc, la dédicace de la cathédrale fut célébrée le 31 mai 1864. Selon le vœu du Cardinal LUSTIGER, nous fêtons tous les ans à la même date du 16 juin ces deux événements de la dédicace de la cathédrale et de la consécration de son autel, puisque désormais le calendrier de l’Église universelle nous fait célébrer la Visitation le 31 mai.

 

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Messe à Notre-Dame présidée par le cardinal LUSTIGER.

On peut voir le maître-autel, l’ambon, les chandeliers, et sur pilier du choeur, Saint Denis et ses compagnons. Ensemble réalisé par Jean et Sébastien TOURET. © Godong

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1le 14 juin 1989

[2de face

[3sur le deux faces latérales

[4au centre de la claire-voie sous la Rose Sud

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