Messe d’action de grâces pour le ministère de Monseigneur Claude RECHAIN

Samedi 26 février 2011 à 18h30

Monseigneur Claude RECHAIN, prêtre, Prélat d’honneur, Chanoine honoraire du Chapitre de Notre-Dame de Paris, curé de la paroisse Sainte-Odile (Paris XVII°) depuis 2001, Doyen des Ternes, modérateur d’Aïn Karem, Directeur du Collège Stanislas à Paris de 1982 à 1995, Recteur-Archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris de 1995 à 2001, est retourné vers le Père le mardi 15 février 2011 en la 36ème année de son sacerdoce, au jour de la fête de son saint patron, saint Claude, sur lequel il aimait se reposer.

 

 

 

 

 

 

 

Comme il est d’usage pour les Archevêques de Paris et les Chanoines de la cathédrale, le mercredi 16 février 2011 à 11H00, 72 coups ont sonné sur le grand Bourdon Emmanuel, hommage et action de grâce pour les 72 années passées en ce monde par Monseigneur RECHAIN.

 

Ses obsèques ont eu lieu à l’église Sainte-Odile (Paris XVII°), le samedi 19 février 2011 à 10h00, et seront présidées par le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris.

Une messe d’action de grâces pour son ministère fut célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Paris le samedi 26 février 2011 à 18h30, présidée par Monseigneur Jean-Yves NAHMIAS, évêque auxiliaire de Paris, messe au cours de laquelle fut prononcée, par Monseigneur Patrick CHAUVET, l’allocution retranscrite ci-dessous.

 

Monseigneur Claude RECHAIN

Si quelqu’un me sert,
Mon Père l’honorera.

Jean XII, 26

Né le 3 octobre 1938 à Albert dans la Somme, Claude RECHAIN fréquenta au cours de ses études les Lycées Pasteur à Neuilly et Carnot à Paris avant d’intégrer la Faculté de Droit et des Sciences Économiques. Licencié de droit, diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales, diplômé d’études supérieures de sciences économiques, Claude RECHAIN débutera une carrière à la Société d’Analyse Financière et Économique ainsi qu’à la Banque de Paris et des Pays-Bas jusqu’en 1970, année où sa vocation le fera entrer comme séminariste à l’Institut Catholique de Paris.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Paris le 29 juin 1974, le Père RECHAIN sera vicaire à la paroisse Saint-Pierre-de-Chaillot (Paris XVI°) de 1975 à 1977, année où il occupera le poste de sous-directeur du Monde scolaire et universitaire, chargé notamment de la pastorale.

Directeur-adjoint de 1980 à 1982 puis directeur général du collège Stanislas (Paris VI°) de 1982 à 1995, poste qui le passionnera, il participera à la défense de l’École libre en 1984.

En septembre 1995, il succédera à Monseigneur Michel GUYARD comme Recteur-Archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, fonction dans le cadre de laquelle il recevra en 1997 la visite du Pape JEAN-PAUL II, à l’occasion des JMJ de Paris et de la béatification de Frédéric OZANAM, béatification qui lui était d’autant plus chère, qu’OZANAM avait été professeur de lettres à Stanislas. En 1996, Monseigneur RECHAIN deviendra membre de l’ordre du Saint Sépulcre. Il sera très actif au sein de cet ordre, en tant que commandeur et prieur de la province d’île-de-France-Paris. Il sera également animateur de groupes spirituels de l’ordre et partira régulièrement en Terre Sainte. Passionné d’archéologie, marqué par la personnalité de Monseigneur CHARLES et par les pèlerinages en Terre sainte, il lisait l’histoire à travers les pierres. Il donnera également de nombreuses conférences à Saint-Leu-Saint-Gilles (Paris I°), église capitulaire de l’ordre en France. Monseigneur RECHAIN sera nommé chanoine honoraire du Chapitre métropolitain en 1997. Pendant sa mission à Notre-Dame de Paris, il œuvrera avec l’ordre du Saint-Sépulcre pour la vénération de la Sainte Couronne d’épine. En 1998, il sera prorogé doyen du Marais, poste qu’il occupait depuis 1995, et modérateur d’Aïn Karem. Il sera nommé prélat d’honneur.

En 2001, il devient curé de la paroisse Sainte-Odile (Paris XVII°), et est nommé doyen des Ternes. Il termine sa mission en 2004 pour le Collège des Consulteurs. Homme de conviction, Monseigneur Claude RECHAIN était connu pour sa forte personnalité mais aussi pour sa bienveillance, sa présence et sa charité. Il accordait beaucoup d’attention au scoutisme de sa paroisse, à la qualité de la liturgie et à la restauration de l’église. Monseigneur Claude RECHAIN était malade depuis le début de l’année 2010, mais il a continué sa mission de curé à la paroisse Sainte-Odile curé jusqu’au bout, grâce à sa volonté et sa fidélité à Dieu, mais aussi avec l’aide de ses paroissiens qui l’ont soutenu durant toute cette année. Il n’a quitté son église que quelques heures avant sa mort.

Le mardi 15 février 2011, il rejoint la Maison du Père le jour de la fête de son saint patron, saint Claude, sur lequel il aimait se reposer.

 

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Monseigneur RECHAIN recevant des mains du Saint-Père le calice et la patène que ce dernier offrit à la cathédrale

lors de la béatification de Frédéric Ozanam le 22 août 1997. © L’Osservatore Romano

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois
Aux obsèques de Monseigneur Claude RECHAIN

Monseigneur RECHAIN a été témoin du Christ dans son sacerdoce et tout particulièrement dans sa maladie. Il a exercé son ministère d’unité au service de la paroisse de Sainte-Odile.

Rm 6, 3-9 ; Ps 33 ; Jn 12, 24-28

 

Frères et sœurs,

Claude RECHAIN a été serviteur et disciple de Jésus pendant toute sa vie de baptisé et en particulier durant les trente sept années où il a exercé le ministère sacerdotal, dans lequel il avait été consacré à l’appel de Dieu.

Serviteur et disciple du Christ, il a donné sa vie à travers de nombreuses activités que nous avons évoquées tout à l’heure, dans de grandes réalisations et de vastes projets. Mais comment ne pas reconnaître qu’il a donné sa vie d’une manière toute particulière au cours de cette dernière année, durant laquelle il a porté avec confiance et espérance la souffrance que provoquait sa maladie, les inconvénients bien connus des traitements qu’il devait subir, et l’incertitude sur son avenir.

Par son ministère sacerdotal, il a été à de nombreuses reprises dans la situation (où je me trouve aujourd’hui) d’annoncer la foi en la résurrection à des familles, des amis ou des paroissiens endeuillés par le départ d’un proche. Nous le faisons toujours avec beaucoup de gravité, de sincérité et d’espérance. Mais nous savons que l’authenticité de notre parole, si elle n’est pas mise en doute, n’en est pas moins mise à l’épreuve quand la réalité rejoint la prédication. Vient une heure où il ne s’agit plus seulement d’annoncer la résurrection aux autres pour les autres, mais d’y croire totalement pour soi-même. Vient le moment où il ne s’agit plus seulement d’accompagner la mort de quelqu’un, mais de prendre conscience peu à peu de sa propre mort, au moins comme une éventualité prochaine.

Ces quelques mois au cours desquels cette éventualité s’est progressivement précisée dans la vie de Claude RECHAIN , ont été le temps où le grain de blé tombé en terre est conduit à porter la plénitude de son fruit. Les paroissiens qui l’ont entouré avec tant d’amitié et de fidélité, ont pu prendre conscience qu’à travers l’amenuisement progressif de ses capacités d’action, une fécondité nouvelle était en train de germer, dont nous recevrons les fruits de toutes sortes de manière, qu’il ne nous appartient pas de connaître.

Prêtre du Christ, Claude RECHAIN l’a été dans toutes les formes du ministère sacerdotal. Animateur de groupes de jeunes, éducateur de la foi, prédicateur de l’Évangile, il a exercé la fonction de l’enseignement, que le Concile assigne à ceux qui exercent le ministère. Il a assumé la fonction de sanctification en célébrant avec soin, mais surtout avec conviction et implication personnelle, la liturgie de l’Église, en apportant son talent et son savoir-faire à la qualité et à la beauté de ces célébrations. Envoyé pour gouverner le peuple de Dieu, il a été un pasteur de l’unité et a permis que se poursuive dans cette paroisse, non seulement la coexistence des deux formes liturgiques du rite latin, mais surtout le développement des relations humaines et chrétiennes dans l’unité entre les assemblées, selon la mission qui lui avait été confiée par son archevêque. Il ne s’agissait pas pour lui de faire des démonstrations de qualité liturgique comparée, mais de construire une communauté paroissiale unique dans laquelle deux formes du rite latin étaient célébrées. Cette mission confiée par le cardinal LUSTIGER à la paroisse Sainte-Odile, je l’ai maintenue et je la maintiens en espérant que l’exemple que nous a donné Monseigneur RECHAIN fera progresser dans le cœur de tous, la prise de conscience que l’eucharistie célébrée, quelque soit la forme du rite, est d’abord une source de charité pour construire l’Église et pour servir le monde.

Nous devons rendre grâce à Dieu pour ce long ministère d’éducateur, de prêtre, de leader – car il était aussi un leader actif et déterminé. Nous rendons grâce à Dieu pour ce témoignage qu’il a rendu parmi nous. Il nous a montré en acte comment la Résurrection du Christ inaugure pour nous une vie nouvelle qui ne finit pas. Le chemin par lequel Claude RECHAIN a progressivement approché de la fin de sa vie terrestre fut pour tous un chemin catéchétique. Par la manière dont il a vécu ces derniers mois, il nous invitait, avec la discrétion et la modestie qui était l’une de ses marques particulières, à reconnaître le chemin que le Christ trace à travers nos existences. « Le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt porte beaucoup de fruit, s’aimer soi-même c’est se perdre, se détacher de soi-même c’est se garder pour la vie éternelle » (Jn 12, 24-25).

Frères et sœurs, demandons au Seigneur que le témoignage de la vie et la mort de Claude RECHAIN nous aide à grandir dans cette conviction que notre véritable vie, c’est le Christ, que notre avenir est dans le Christ, que notre présent est dans la communion du Christ, et que notre participation à la vie de l’Église est fondée sur l’amour et le service de nos frères. Amen.

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris
Église Sainte-Odile, 19 février 2011

 

Allocution de Monseigneur Patrick CHAUVET

Il y a tout juste un mois, lors d’une visite d’amitié, Monseigneur RECHAIN m’a dit avec une lucidité que tous les malades en phase terminale ont de temps en temps, que j’allais bientôt célébrer ses obsèques. Ce temps est toujours un moment de grâces pour les prêtres, car il permet d’aller à l’essentiel, de pouvoir partager de cet essentiel entre nous, prêtres, et de se préparer à vivre notre mort comme une récapitulation de toutes les eucharisties célébrées tout au long de nos ministères.

En effet, pour nous chrétiens, la mort n’est pas repli sur soi, mais ouverture au don de Dieu, une véritable pâque, une entrée dans la vie comme le dit la petite Thérèse.

Je ne souhaite pas retracer le parcours de Monseigneur RECHAIN ; comme amis prêtres, je me permets simplement de souligner quelques traits que Monseigneur RECHAIN nous livre comme testament spirituel.

Tout d’abord sa vie de prière. J’ai toujours été frappé par cette intimité qu’il avait avec le Seigneur. Nos rencontres mensuelles s’achevaient toujours avec le chant de l’office des complies. Nous prenions aussi des temps d’oraison comme il aimait prendre seulet ce temps de cœur à cœur avec Celui qui est le tout de sa vie. Mais n’est-ce pas ainsi que l’on façonne un cœur sacerdotal. Et je suis sûr qu’il a transmis à d’autres amis prêtres cette intériorité. Je pense naturellement aux pères, frères, sœurs de la communauté Aïn Karem dont il était le modérateur, communauté missionnaire, mais toute centrée sur le Christ et sur cette prière intérieure.

Ensuite sa fidélité.
Fidélité à nos maîtres ; je pense à Monseigneur Maxime CHARLES qui lui a tant apporté au Sacré-Cœur.
Fidélité à ses amis ; toujours disponible et prêt à rendre service.
Fidélité à l’Église qu’il aimait passionnément. Il s’est donné sans compter, à l’image du Bon Pasteur. Il aimait la foi catholique et sa Tradition de l’Église . Il y avait des points sur lesquels il ne voulait pas négocier ! Mais connaissez-vous des anciens banquiers qui acceptent des négociations en votre faveur ? Il faut dire que Monseigneur RECHAIN proposait des SICAV à longs termes ! Et Dieu sait qu’elles rapportent aujourd’hui !
Fidélité à son tempérament ! Il s’acceptait comme il était ; il avait offert ses limites à l’Amour miséricordieux. Il savait qu’il avait du caractère. Il faut dire que lorsque nous disons qu’un être a du caractère, nous pensons toujours à un mauvais caractère ! Ce n’était pas toujours son cas ! Mais il savait être chef ! Et cette distance n’était peut-être pas toujours comprise ! Mais dans l’éducation, cette distance est importante. Le prêtre ne doit pas jouer au grand frère, et les élèves n’ont pas à taper sur le ventre du directeur. Remarquez, personne ne s’y serait risqué ! Les exigences qu’il imposait étaient toujours au service de l’épanouissement de la personnalité des jeunes. Mais ce tempérament était assoupli par son sourire et ses délicatesses qu’il avait pour toutes les brebis confiées par l’Église .

Il faut que le grain de blé meure en terre pour qu’il devienne une gerbe généreuse.
Puisse cette vie donnée au Seigneur porter beaucoup de fruits.
Puisse cette vie susciter de nombreuses vocations sacerdotales, car c’était vraiment le souci de Monseigneur RECHAIN ! Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers qui soient des prêtres selon le cœur du Christ.

Et puisque Monseigneur RECHAIN est en marche vers la Jérusalem céleste, je suis sûr qu’il va déposer toutes nos demandes à la Vierge marie, à Notre Dame qu’il a tant priée ici dans cette cathédrale ; cette dernière va donner les « dossiers », nos prières, nos demandes, à son Fils. Et le Fils ne peut rien refuser à la Reine Mère… Je ne vous dis pas… Il va falloir construire de nouveaux séminaires !

Amen.

† Monseigneur Patrick CHAUVET
Curé de Saint-François-Xavier
Notre-Dame de Paris, 26 février 2011

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