Samedi Saint et Vigile Pascale

samedi 23 avril 2011

L’Église se souvient ce jour de la descente du Seigneur au séjour des morts ("est descendu aux enfers") et s’abstient de célébrer l’eucharistie. Les messes habituelles de 8h00, 9h00 et 12h00 n’ont donc pas lieu, de même l’office de vêpres de 17h45 est supprimé.

 

- 9H00 : Office des Ténèbres
présidé par Monseigneur BEAU, évêque auxiliaire de Paris
avec les chapelains de Notre-Dame
Pour télécharger la feuille liturgique de cet office, cliquez ici.

- 17h00 : Fermeture de la cathédrale

- 20h15 : Ouverture de la cathédrale pour la Vigile Pascale

- 21H00 : Vigile Pascale
présidée par le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris.
Diffusée en direct sur KTO, télévision catholique.
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’Enfants et Jeune Ensemble. Lionel SOW, direction
Jean-Pierre LEGUAY, grand orgue - Yves CASTAGNET, orgue de chœur

 

 

Depuis les temps les plus reculés, cette nuit est une veille en l’honneur du Seigneur, et la veillée célébrée cette nuit, en commémorant la nuit sainte où le Seigneur est ressuscité, est
tenue pour la mère de toutes les saintes veillées. Elle est le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du Christ sur la mort. C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge de Pâques seront allumés. La flamme du cierge pascal sera transmise aux fidèles. Comme dans des centaines de paroisses en France, des baptêmes d’adultes seront célébrés au cours de la Vigile à la cathédrale et la communauté des croyants sera invitée à renouveller avec eux la promesse du baptême, nouvelle naissance en Christ ressuscité.

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Le feu pascal ouvre la vigile sur le parvis de la cathédrale

© NDP

 

 

Semaine Sainte et Pâques 2011 à Notre-Dame de Paris

L’accès à la cathédrale, lieu de culte catholique romain, est libre et gratuit. Pour assister à l’une des nombreuses célébrations liturgiques de la cathédrale (messes, offices…), il vous suffit de vous joindre à l’assistance quelques minutes avant le début de la célébration. La participation aux célébrations liturgiques est publique et gratuite, aucune réservation n’est nécessaire ni possible.
Il est simplement conseillé d’arriver 15 à 20 minutes à l’avance.
Participation in liturgical celebrations is open to the public and free of charge, it is not necessary and not possible to make a reservation. To attend services, please take any seat in the nave 15 to 20 minuts before services.

- Dimanche des Rameaux et de la Passion 17 avril 2011 : Office et Messes avec Rituel d’ouverture des portes de la cathédrale, Bénédiction des rameaux, Lecture de la Passion, Conclusion du cycle de Conférences de Carême
- Mardi Saint 19 avril 2011 : Concert de le Semaine Sainte
- Mercredi Saint 20 avril 2011 : Messe chrismale
- Jeudi Saint 21 avril 2011 : Office des Ténèbres, Messe en mémoire de la Cène et Procession au reposoir
- Vendredi Saint 22 avril 2011 : Office des Ténèbres, concert spirituel, Vénération de la Sainte Couronne d’Épines, Office Choral, Chemin de Croix, Office de la Passion
- Samedi Saint 23 avril 2011 : Office des Ténèbres, Vigile pascale
- Dimanche de Pâques 24 avril 2011 : messe de la Résurrection avec 2500 compagnons et rovers de toute l’Europe et des pays du Sud, Offices, Messes, Audition au grand orgue

 

Homélie du cardinal André Vingt-Trois

La victoire du Christ sur la mort passe par les évènements de sa Passion. La vie que nous recevons dans le baptême et dont nous devenons témoins par la confirmation n’est pas la mise en œuvre de vagues « valeurs chrétiennes », mais la conformation au Christ mort en donnant sa vie et ressuscité dans la gloire du Père.

Mat. 28, 1-10

1. La victoire sur la mort

Frères et Sœurs, L’ange est assis sur la pierre qui fermait le tombeau du Christ. Il a roulé la pierre et il s’est assis dessus, symbole de la victoire de Dieu sur la mort. Il est le signe de la puissance divine devant ce qui est le drame de l’histoire humaine. Cette histoire, l’Écriture nous en donne un vaste panorama dont nous avons parcouru quelques étapes par les lectures que nous venons d’entendre. Depuis la création de l’homme, jusqu’aux dernières prophéties, la Bible nous propose non seulement une chronique des grands événements qui ont marqué l’histoire du Peuple d’Israël, mais elle nous en donne une lecture éclairée par la foi. À travers les récits des événements produits par la force aveugle des éléments déchaînés ou par les luttes des peuples, un message nous est sans cesse répété de différentes manières. Ce message le voici : Dieu est un Dieu de vie et d’alliance. Il a voulu que l’homme vive et qu’il connaisse la vigueur et la fidélité de son amour à travers les siècles, son amour éternel. Ce message que nous venons de méditer à nouveau a été pour toutes les générations d’Israël une promesse d’espérance. Il l’est encore pour nous qui l’entendons aujourd’hui. Car aujourd’hui encore la mort est toujours bien présente à l’expérience humaine. Le monde entier retentit toujours de bruits de mort. Bruits de mort des guerres qui ensanglantent les peuples d’Asie Centrale et du Moyen-Orient, des guerres civiles d’Afrique. Bruits de mort du terrorisme partout où des peuples désespérés ne voient plus de salut que dans des luttes suicidaires, mais aussi là où des groupes minoritaires incapables de convaincre démocratiquement de leur cause cherchent à s’imposer par la violence et le meurtre. Bruits de mort des crimes délirants dont notre pays a encore été témoins ces jours-ci à Nantes. Bruits de mort des catastrophes naturelles comme le séisme du Japon. Si la mort est un sujet tabou dans notre société, elle prend sa revanche et s’impose à nous de toutes manières.

Il est inutile de poursuivre ce tableau macabre. Nous le savons la mort est une réalité bien présente à l’histoire des hommes de tous les temps et de tous les pays. Chaque être humain de notre terre est marqué dès sa naissance par la certitude qu’il est promis à mourir. Cette nuit nous célébrons la résurrection du Christ et nous sommes tout à la joie de sa victoire sur la mort. Mais comment comprenons-nous cette victoire ? Ne sommes-nous pas tentés d’y voir parfois comme la promesse d’échapper à la loi commune de la mort ? La résurrection du Christ n’est pas une échappatoire. Elle n’est pas une victoire sur l’apparence de la mort, sur une idée de la mort ou sur nos peurs de la mort. Jésus de Nazareth est vraiment mort sur la Croix. Il a vraiment été enterré et tous les siens ont bien pensé que tout était fini, comme le diront les disciples d’Emmaüs sur le chemin du retour qui les éloigne de Jérusalem et les ramène vers leur vie antérieure. C’est ainsi que nous pouvons comprendre la stupéfaction et la crainte des soldats et des femmes devant le tombeau ouvert et vide. La réalité historique des événements qui ont marqué la vie de Jésus et, particulièrement, son procès, sa Passion et sa mort, ne sont pas des détails anecdotiques qui ne changeraient rien à un message évangélique capable de séduire beaucoup de monde. Ce serait une erreur de notre part de transformer les évangiles en une sorte de recueil de sagesse, de nous attacher à un soi-disant esprit évangélique ou de n’y voir qu’une réserve de valeurs disponibles pour les bons esprits. Tout cela peut être intéressant, attrayant peut-être, mais cela ne fait pas le poids devant la mort, la mort dans l’humanité, la mort de chaque femme et de chaque homme de notre espèce, notre mort. Le salut ne vient pas de valeurs, même évangéliques, ni d’un esprit, même évangélique. Il vient d’une personne : Jésus de Nazareth, de la manière dont il a vécu sa vie d’homme dans la fidélité absolue à Dieu jusqu’à donner sa vie. La seule victoire authentique sur la mort, c’est l’amour qui se donne et la vie qui se livre par amour.

C’est pourquoi les récits des premiers témoins sont tellement déterminants pour notre foi chrétienne. A travers eux, c’est la réalité des événements qui nous est attestée et c’est à cette réalité que nous croyons. Notre foi ne va pas d’abord à un art de vivre parmi d’autres sagesses. Elle ne s’appuie pas sur des grands sentiments généreux. Elle vise exclusivement une personne : Jésus de Nazareth, mort et ressuscité, glorifié par le Père. C’est à cette personne que nous croyons, ce sont les événements de sa vie et les paroles qui les éclairent qui sont une lumière pour notre vie.

2. Baptisés dans le Christ

Ce soir plus de trois cent cinquante adultes vont être baptisés dans le diocèse de Paris. Cinq d’entre eux, qui appartiennent à la paroisse Notre-Dame de Lorette, vont entrer ici même dans la vie chrétienne par les sacrements de l’initiation, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie. Chacune et chacun d’entre eux ont parcouru un long chemin pour parvenir à la Profession de Foi qu’ils feront tout à l’heure. Pour certains, ce chemin a commencé dans d’autres lieux, dans d’autres communautés que la nôtre, mais c’est le même Seigneur qu’ils ont rencontré à travers le témoignage des chrétiens qu’ils ont connus. Les uns l’ont découvert dans leur famille, d’autres en faisant leurs études, d’autres encore à travers des expériences personnelles particulières. Tous, ils ont appris, au long de leur chemin de catéchumène, à connaître Jésus de Nazareth et à croire la réalité des événements rapportés par les évangiles à son sujet.

Vous le savez mes chers amis, être baptisé dans le Christ, ce n’est pas simplement ajouter quelques valeurs nouvelles à l’arsenal de votre sagesse ancienne. Ce n’est pas simplement non plus faire un pas de plus dans la logique et la cohérence d’un cheminement personnel. C’est vraiment naître à une nouvelle vie. Et cette naissance passe par une mort. De même que la victoire du Christ sur la mort est passée par le don qu’il a fait de sa vie, de même notre naissance à la vie chrétienne passe par notre mort à notre ancienne manière de vivre. Saint Paul nous le disait tout à l’heure : « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il vit. » (Rom. 6, 8-10). Vous portez encore l’écharpe violette du pénitent, le signe de votre ancienne vie. Quand vous serez baptisés, cette écharpe vous sera ôtée en signe de l’abandon de votre péché et vous recevrez le vêtement blanc, signe de la vie nouvelle à laquelle vous êtes engendrés ce soir. Désormais, c’est pour Dieu que vous vivrez.

3. Confirmés dans l’Esprit-Saint.

De cette vie nouvelle, vous avez déjà quelque connaissance à travers votre cheminement et à travers la vie des chrétiens que vous avez rencontrés. Vous avez pu en mesurer la puissance, vous avez pu aussi constater combien nous sommes faibles pour la vivre pleinement et en donner un témoignage ouvert. Vous savez que vous n’êtes pas meilleurs que vos frères et que là où nous peinons à suivre le Christ, vous peinerez vous aussi. Porter témoignage de l’œuvre de Dieu pour les hommes, n’est pas un défi que nous pourrions nous donner à nous-mêmes. C’est une mission que nous recevons du Christ comme les disciples l’ont reçue, par le don de l’Esprit-Saint. C’est pourquoi votre baptême se parachève par le don de l’Esprit-Saint que vous recevrez dans la confirmation, comme d’autres chrétiens baptisés depuis longtemps le recevront à la Pentecôte.

Entrés dans la vie nouvelle avec le Christ ressuscité, vous recevrez la plénitude des dons de l’Esprit pour être constitués comme témoins de la foi dans chacune de vos existences et dans tous les domaines de votre vie. Suivez l’appel de saint Paul : « Quoi que vous fassiez, que vous mangiez que vous buviez, faîtes tout pour la gloire de Dieu. » (I Cor.10, 31) Alors vous pourrez prendre pleinement votre place dans cette Eglise qui est désormais votre famille et vous approcher de la table du festin où le Christ lui-même se donne à nous en nourriture et en boisson : pain de la vie et coupe du salut. Et nous tous, mes frères, en cette nuit très sainte, nous sommes invités non seulement à être témoins du baptême, de la confirmation et de la communion de nos nouveaux frères et sœurs. Nous sommes invités à renouveler aussi les engagements de notre baptême et de notre confirmation. Après avoir demandé aux futurs baptisés s’ils croient à la foi de l’Eglise dans laquelle ils souhaitent entrer, je vous demanderai à vous aussi de renouveler cette profession de foi dans une démarche personnelle en répondant : JE CROIS. Je verserai sur vous l’eau vive qui rappellera votre propre baptême, dont vous avez pu retrouver la force initiale par le sacrement de la Réconciliation. Pour nous tous, c’est un nouveau départ dans la vie chrétienne, un renouveau de la puissance de l’Esprit dans un cœur renouvelé.

Alors, nous pouvons entendre la parole du Christ adressé aux saintes femmes : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mat. 28, 10). Amen

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

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